La Voie lactée 250feignant un ton de discours: «Hamdan tu es à présent membre of-ficiel de Fath, une partie d’un groupe, tu ne dois plus réfléchir toutseul, nous réfléchirons ensemble, c’est certain que tu vas aller àBeyrouth, mais tu dois obéir au Front».Ensuite Il mit sa main danssa poche,sortit dix Dinar, les lui donna en disant:« Beyrouth a émisavis favorable pour ta libération pour le travail national et a fixé pourtoi la somme de dix Dinars par mois...Félicitations! Maintenant tu esun des nôtres». Il ne fut impressionné ni par ce qu’il venait d’entendre ni par lefait de son appartenance au front, ceci était son droit, son droit légi-time en tant que jeune palestinien qualifié pour être un leader .Il sedemandait « pourquoi il rendrait service à cet homme qui n’est pasplus important que moi?». Mais il lui répondit :«merci !» et ajouta«ce sera jusqu’à la victoire» sur un ton de discours plus grand Il le quitta, puis entra, le billet bleu dans sa main droite, dansle petit boulevard menant au campement qu’il détestait attendantimpatiemment le jour où il le quitterait et ne plus y retourner. Il était le plus jeune de trois frères et une sœur. Son père mourut dedépit face à Jérusalem devenu l’aéroport LAD, dont il était proche,et qui la lui rappelait jour et nuit : chaque atterrissage d’avion là leramenait à la mémoire de Jérusalem et chaque décollage l’unissaità elle. Il ne fit pas long feu et mourut d’une tumeur au cerveau. Samère travaillait dans une usine qui fabriquait des sucreries ;avec unsalaire de trente qirchs par jour et une boite de sucrerie par semaine.Ses frères avaient quitté Ramallah très tôt, avant cette colonisationhorrible. L’aîné se trouvait en Arabie Saoudite sans nouvelles de lui,le cadet à Amman comme employé d’Arab Bank; et sa sœur s’étaitmariée à Damas, où elle avait fait ses études, avec un palestinien ducampement Yarmouk. Il détestait le campement, Ramallah et les sucreries, mais il sen-tait un air de soulagement à travers ce billet dans une main digne:
La Voie lactée 251il ne sera plus contraint de travailler à Jaffa l’été prochain dans leschamps d’orangers, tailler les arbres et nettoyer la terre autour de lui,passant d’un arbre à un autre, encaissant une injure après une autreplus humiliante de cet insolent juif qui ne lui laissait pas un momentde répit, il ne sera plus obligé de se réveiller à trois heures du matinpour aller à Jérusalem et faire ce trajet quotidien de l’humiliation deJérusalem vers Jaffa, juste pour gagner quelques livres. Il tenait dans sa main ce billet avec la tendresse de celui qui tientun oiseau !. Par la suite sa révolte s’attisait de plus en plus, son ex-trémisme s’approfondissait Maintenant, il dessinait la route de lamanifestation, écrivait une nuit avant ses slogans Il était devenu unpetit dirigeant entouré de jeunes. Il eut son baccalauréat «mention très bien» lui ayant laissé lechoix du lieu de ses études. Il opta pour Beyrouth, à laquelle il tenaittellement Mais il en fut autrement; le Front l’obligea d’étudier à l’universitéjordanienne d’Amman où il avait le plus besoins de lui Le coupqu’avait reçu Fath en septembre fut dur; les combattants étaient auLiban et la plupart des encadreurs de l’élite militante étaient empris-onnés La grâce décidée ce mois de mai 1973 pour libérer les détenusétait conditionnelle: les libérés devaient s’écarter du monde de lapolitique par engagement écrit et dûment signés par eux. Mais com-ment faire confiance à ces ex-détenus?Comment garantir qu’ils nefont pas partie d’une autre organisation ? Comment savoir qu’ils necoopéreraient pas avec les services de renseignements?. Le Front avait besoin de jeunes, en Jordanie, comme Hamdanpour reconstruire ce qui a été détruit, préserver le nom de la Pales-tine et aider les gens sortant de la guerre civile à reprendre confianceen eux. Avant de poursuivre ses études à Amman. Il devait aller à
La Voie lactée 252Beyrouth avant, c’était un ordre décidé dont l’informait son supéri-eur qui rajoutait «à Beyrouth, tu recevras de nouvelles instruction»,sortait de sa poche une liasse de billets bleus dont il lui avait donnéquelques uns en lui disant : «voici trois cents dinars, ils te suffirontpour aller à Amman, obtenir ton visa et t’inscrire à l’université ; en-suite tu pourras voyager à Beyrouth !». « Beyrouth ? » Ce vocable atténua sa surprise, il va partir àBeyrouth et là peut-être qu’il pourrait changer la décision par rap-port à Amman Trois cents Dinars l’aideront plus .plus même sil’ampleur des frais supposés dépassait l’ampleur de son rêve Il commençait à accepter au fond de lui l’idée d’ Amman. Amman sera la porte de la chance ! 13. IV................. Mais Amman l’accueillit clairement avec tristesse; il y arrivaitavant le coucher du soleil, la voiture Le déposa près de la gare desvoyageurs d‘Al-bdali, trouva difficilement un taxi pour le déposerà la Montagne ‘At-taj en passant par le centre ville qui convenaitplutôt à Ramallah qu’à une capitale comme Amman Quelle dif-férence entre Amman et Tel-Aviv! Et quelle différence entre Ammanet Jérusalem de l’Est ! Les grandes capitales veillent jusqu’à l’aube,et le voilà regardant les commerçants fermer leurs boutiques déjà aucoucher du soleil. Il n’aima pas Amman dès le premier abord... Il n’aima pas également ses habitants . Pendant qu’ils cherchaient l’adresse de son frère, plusieurs pa-
La Voie lactée 253trouilles les avaient arrêtés pour vérification d’identité, le taximanl’avait vraiment offensé pour avoir contesté le tarif exagéré du trans-port, et son frère l’avait froidement accueilli après tant d’années sansse voir Il ne supporta plus Amman au bout de la deuxième journée. Tôt,le lendemain il partit au service des passeports pour faire le sien , at-tendit très longtemps son tour, après une heure de l’après midi, justeaprès il se dirigea vite vers‘Al-abdali, au ministère de l’éducationpour déposer une demande d’inscription à l’Université de la Jor-danie pour ses études Il déjeuna au Restaurant de Jérusalem au centre ville, comptason argent pour se rendre compte qu’il n’avait plus que deux centquarante dinars; parcourut les deux principaux boulevards formantle cœur commercial d’Amman; fit d’abord le Boulevard Bassman entrès peu de minutes pour un tour de quelques boutiques de chaussuresdu côté du cinéma, prit à gauche de la Mosquée ‘Al-Housseine, pourentamer Boulevard Salt et voir les nouveautés des vitrines en deuxminutes pour se retrouver devant le Restaurent de Jérusalem qu’ilvenait tout juste de quitter, sur le même trottoir, en face du côtéparcouru, il fut attiré par une galerie de bijouteries, et pendant qu’ilobservait une bague d’or brillante; il entendit de loin une voix criant:« Beyrouth une place...pour Beyrouth ! » Il se dirigea vers le côté de l’appel à la fin du Boulevard Chab-sour , vit écrit : « Beyrouth, Damas, Amman » sur la portière d’unevoiture et à côté le chauffeur répétant : « une place encore pourBeyrouth ! » L’idée l’intéressa pour se dire:«pourquoi ne pas voyager mainten-ant ...à quoi bon attendre?» Il demanda alors au conducteur :: je vais à Beyrouth, vous pourriez m’attendre un quart d’heure, letemps de faire mes valises?
La Voie lactée 254 où? interrogea le chauffeur qui une fois avoir su l’endroit, luiproposa d’y aller par la même voiture Ainsi il prit ses valises et partit à Beyrouth . Quelle différence entre hier et aujourd’hui ! Si Amman où il était arrivé au coucher du soleil à l’heure de lafermeture des boutiques, il était arrivé à Beyrouth à leur ouverture,à l’heure de <‘al-çichaâ> (< de la quatrième prière>), ce qui con-vient à une capitale, ce qui convient à Beyrouth; il avait vite oubliéla fatigue des deux jours précédents, les tracas du voyage, le pontde l’attente, «la honte», l’humiliation de tout individu le traversantles frontières jordano-syriennes, sans oublier ces interrogations con-stamment répétées du côté Sud :«pourquoi vous allez à Damas?»,etle même refrain sur les frontières syriennes-libanaises au côté Nord«qu’est ce que vous allez faire au Cham ?». Mais il oublia tout une fois avoir déposé sa valise sur un lit bienfait d’une chambre de Jérusalem House, une petite habitation dansune avenue prolongeant Boulevard ‘Al-Hamra, il ne s’y trouva paspar hasard, c’est son supérieur au sein du Front qui le lui avait indi-quée et il l’avait facilement repérée. A la réception il fut abordé par une dame élégante assise derrièrela barrière qui lui dit : - désolée, nous n’avons plus de chambre. Mais quand il évoqua le nom de son supérieur lui apprenant:: - il m’a envoyé ici, je viens de Ramallah. Le visage de la dame et son langage changèrent : - salut...salut...et bienvenue aux gens de Ramallah,.quelles ensont les nouvelles ?. Il la prenait au début pour une libanaise, mais quand son dialectela trahissait et devenait nord-palestnien, celui d’une venant deNazareth ou de Haïfa.
La Voie lactée 255 Elle avait pris une clé du tableau mural, le précédant vers lesescaliers, à droite d’un couloir comportant quatre chambres, elle luiouvrait la dernière chambre en lui exprimant encore un chaleureuxaccueil : - bienvenue aux gens du pays, que la chambre vous plaise<inchallah> (<par la Volonté de Dieu>) !. Cette finesse excessive l’étonnait Dans la chambre il sentit l’odeur de la propreté et du confort qu’ilsouhaitait aussi durer pendant les jours à venir...et pendant des an-nées... Pour vu que cela dure toute une vie... ! Il la remercia et s’excusa de ne pouvoir répondre à son invitationau souper dans le restaurant du rez-de-chaussée à cause d’un rendez-vous . Le voilà enfin à Beyrouth !. Le voilà chez la Dame des villes du Moyen Orient, la capitale del’amour, de la révolution, de la pensée, la beauté et de la nuit ! Après quelques pas rapidement faits, le Boulevard ‘Al-Hamral’attendait, la synthèse de Beyrouth:au milieu, au bout du boulevard,à l’entrée, il s’arrêta très émerveillé. Dans un jour non loin, il se tenait dans le boule-vard Jaffa, l’un des plus importants de Jérusalem occidentale juivesouhaitant qu’‘Al-Hamra lui ressemble, .certes il y a une ressem-blance quelque part entre les deux, seulement ici on vit autre chose,ici on vit un monde arabe, en voici les tableaux portant les formesarabes, en voici les voix des gens marchant en fête quotidienne,arrivant avec l’arabe, ce dialecte libanais délicieux. Les bruits des voitures mêlés aux chansons émanant des cafésl’emportaient d’une part, et l’odeur des grillades de viandes mélan-gées à celles des restaurants des hamburgers d’une autre part,.et les
La Voie lactée 256lumières éblouissantes des parcs de jeux mêlées à celles tamiséesdes façades de restaurants de luxe... Son esprit s’embrouillait dansable difficile équation délicieuse,l’équation du Boulevard ‘Al-Hamra».il savourait le cappuccino au Horse Showet le café au Strand; il mangea un sandwich de shawarma au coind’un restaurant et dan un autre les dernières saucisses. il allait d’unesalle de cinéma à une autre Sarola présentait un film qui semblaitobscène d’après les images de l’affiche que tout le monde regardaiten mangeant du Bachar Il terminait le boulevard du côté occidental, et le côté ouest del’avenue une seconde fois, avant de passer à l’autre.. Il marcha un peu sur le côté gauche où il y avait une grande af-fiche de Faïrouz dans une artère à travers laquelle il se dirigea authéâtre Piccalill où Faïrouz qu’il aime beaucoup, présentait la piècethéâtrale Lulu Combien de fois il l’avait écoutée dans sa chambre à ‘Al-amri> !Combien, lui et ses compagnons, la chantaient à Ramallah !. Comme il souhaitait la voir et l’entendre de vive voix. il entraitlire l’affiche avec sa grande photo «le spectacle commence à vingtdeux heures»; mais se rendait compte qu’il était déjà vingt deux heu-res et vingt minutes; et lisait devant le guichet une autre «Les billetssont épuisés», et il avait décidé de la voir le lendemain.. Il revint au Boulevard.‘Al-Hamra, et marchait calmement, ob-servait tout , ressentait la différence entre la vie vécue et une autrequ’il souhaite se réaliser. A à la fin de l’avenue, une grande photo deGhaouar et de Housni Bourzane, deux stars syriennes dont les sériesne peuvent parvenir à Ramallah que sur autorisation israélienne, ex-posant la présentation de la pièce théâtrale «Le ferme de Tichrine»par Darid LaHam et Naad qali. . Il s’était dit : j’irai la voir aussi .
La Voie lactée 257 14. IV. ................... Il pensait au Boulevard ‘‘Al-Hamra et ne rêvait quand letéléphone continuait à sonner, et qu’une voix lui dit sur un ton dereproche : - comment, Hamdan tu es à Beyrouth et tu ne nous contactespas ! - excusez-moi, vous demandez qui? Répondit-il en toute sim-plicité - ô Hamdan, je suis Abou Ghanim, je t’attends pour le déjeunerau restaurant d’en bas, poursuivit la voix : Il se ressaisit : - Pardon frère Abou Ghanim, un quart d’heure et je suis à toi ! Son supérieur lui avait déjà parlé de ce chef du Comité de Ramal-lah en exagérant son héroïsme lors de la «Bataille de la <karama>»(<dignité>), et dans les champs de Jarache, au point d’avoir imaginéet dessiné son image dans sa tête pour constater le contraire après. Jusqu’aux années trente Abou Ghanim était d’une maigreur in-quiétante, et avait une voix profonde et grave des fois qui ne concor-dait pas avec son corps Ils déjeunèrent ensemble au restaurant de l’hôtel, leur conversa-tion se limita à faire connaissance l’un de l’autre Quand ils sortirent, Ghanim le surprit par : - ici, ton nom est Abou-l-çiz, par rapport à ‘Al-qassam Il l’avait surpris encore plus par la voiture stationnée devant lebâtiment, avec un chauffeur en uniforme militaire moucheté, et àcôté de lui ce jeune qui, dès qu’il les avait aperçus, était descenduouvrir la portière arrière à Abou Ghanim il était encore plus ému
La Voie lactée 258et plus fier. Il se sentait encore plus fier quand Abou Ghanim le présentait ai-nsi «le frère Abou-lçiz est l’un de nos héros de la rive, et égalementlui faisait connaître le jeune assis devant lui: «le frère Fadi est toncompagnon a Beyrouth ! » La voiture roulait dans la région de l’université arabe pour arriverdevant un bâtiment de quatre étages Abou-lçiz ; qui gardant du paysage de la route le souvenir de labelle Rwicha et la grande statue d’Abdenacer, se redressait et ob-servait l’accueil que lui réservait Abou-Ghanim depuis la voiture,passant par l’entrée de l’immeuble, les escaliers des quatre étagesjusqu’à la salle grande salle où il prenait place derrière une table,sans Abou Ghanim A l’angle de ce vaste espace, ce dernier lui indiquait l’un dessièges formant un demi-cercle, et lui répétait la formule de cour-toisie: «bienvenue au héros, mettez-vous là» qui prenait place àcôté d’Abou Ghanim. Ce dernier entreprit un discours qu’il voulait apparemment his-torique dans l’esprit de Hamdan et pour le graver dans sa mémoire,et voulait aussi tester celui dont les rapports émanant de Ramallahaffirment être un militant dur : Abou ‘al-çiîz je sais que tu es encore fatigué par les deux joursde voyage à Amman et Beyrouth mais nous devons commencer letravail, car les circonstances sont graves Ce que tu connais mieuxque moi A son tour Hamdan examinait les climats, ceux lui inspirantl’amour de la direction à laquelle il aspirait , et qu’il ne refuseraitsi on la lui proposait, seulement il en était bien loin, ce dont il était
La Voie lactée 259d’ailleurs conscient ! Le prénom ‘Abou-çiîz, lui plaisait ainsi quela répétition du mot héros, mais il n’était pas héros, du moins à lahauteur de Azzedine ‘Al-qassam ! Il réfléchit un moment et répondit frère Abou Ghanim, tu me gênes ! Abou ‘Al-Hakam n’avait pas l’intention de le gêner mais il leflattait pour en faire son homme à l’université, l’université jordani-enne, il avait besoin d’un dirigeant là-bas, créer les élites militantes, celles sûres, pour que assurer la présence du Front! Abou Ghanim revint dire : Non Abou ‘al-çiîz tu es un de nos meilleurs jeunes et tu n’ignorespas que notre situation à Ramallah est excellente, mais nous som-mes... à Amman... ! Il se tut et posa longtemps son regard sur Hamdan et rajouta : notre situation en Jordanie est difficile, nous devons commenc-er à zéro, et je t’ai choisi pour commencer là-bas à organiser notreprésence à nouveau, notre présence à nouveau, ta mission ne serapas dure, les jeunes sont toujours de notre côté, mais il nous manquel’encadrement, je serai avec toi à partir d’ici, de Beyrouth, et nousallons nous rencontrer souvent. A présent je suis chargé d’organiserl’Université Jordanienne... Ils s’étaient mis d’accord sur les meilleures plumes pour le styledu travail de l’avenir, et qu’ils discuteront dans les jours suivants,Abou Ghanim lui donna trois mille lires libanaises pour ses frais àBeyrouth avant de se séparer
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