Liban : 10 000 LLCouverture 5645 Finale copy_Couverture base-Version 4 10/2/13 2:51 PM Page1 Revue économique mensuelle • 84e année • Nº5645 • Octobre 2013 Les privilèges des députés Bookwitty à la conquête du livre en ligne SYRIE Le lourd préjudice économique du Liban Les banques résistent
3 Editorial 645_Editorial 5565 10/2/13 11:57 AM Page1 éditorial Par Sibylle Rizk Revue économique mensuelle Choc 84e année • No 5645 • Octobre 2013 démographiqueÉditeur L es estimations sont impression- privé ou des organisations humanitaires, deSociété de la Presse Économique SAL nantes. Si le flux de réfugiés syriens la plus petite association caritative auxCap.: 160 500 000 LL - RCB: 11323 entrant au Liban ne diminue pas, ces grands acteurs comme le HCR. Dans son derniers représenteront la moitié de la rapport publié en septembre destiné à éva-Président-directeur général population libanaise à la fin de l’année pro- luer l’impact de ce choc sur le Liban, laNayla de Freige chaine ! Le phénomène atteint une telle Banque mondiale conclut que l’aide [email protected] ampleur que le stade des sonnettes d’alar- cière internationale pourrait contribuer à me est largement dépassé. On en est à l’atténuer ajoutant qu’une autre façon de leRédactrice en chef l’état d’urgence. Sauf que, paradoxale- faire consisterait à mettre en œuvre lesSibylle Rizk ment, le Liban officiel a beau réclamer l’ai- réformes destinées à améliorer l’efficacité[email protected] de de la communauté internationale, des prestations des services publics. La recommandation pourrait sembler ironiqueSecrétaire de rédaction On en est tant cette rengaine a perdu de son impact.Marie-Joe Sawaya à l’état d’urgence L’État libanais, c’est bien simple, n’a [email protected] ne velléité de réforme ou de programme notamment à la tribune des Nations unies, d’action quelconque. Et à ce stade, ce quiRédacteurs on ne le sent nullement mobilisé. Il assiste est le plus frappant ce n’est pas tant l’im-Muriel Rozelier impuissant, comme à son habitude, au mobilisme des autorités que la capacité [email protected] gonflement du problème sans l’analyser, résistance et d’adaptation de la société sans établir de stratégie pour y faire face et, libanaise, sa souplesse exceptionnelle. IlOnt collaboré à ce numéro a fortiori, sans mettre en œuvre la moindre suffit pour s’en convaincre d’imaginer l’ef-Guillaume Boudisseau, Lucien Chardon, politique. Tout est laissé à l’initiative du fet que produirait sur n’importe quel paysMireille Najm Checrallah, Carmen Durand, l’arrivée sur son territoire d’une populationNayla Megarbané, Louise Meunier, équivalente au tiers de la sienne. CNagi Morkos, Cyrille Nême, Monique Poupon,Lina Raphaël, Jihad YazigiCorrectriceMonique [email protected] [email protected] Demarque, Mark Mansour,L’Orient-Le JourCouverturePhoto : Greg DemarqueDirecteur responsable : Michel ToumaSéparation de couleurs et impressionRAIDY www.raidy.comAdresseBaabda, Route de Damas,Imm. L’Orient-Le Jour, 3e étageTél. : 05 952259 - 05 956 444Fax : 05 453644B.P. : 45-332 Hazmié-Libanredaction@lecommercedulevant.comwww.lecommercedulevant.comPour les abonnés de Reuters : www.reuters.comResponsable abonnementsEliane DaccacheTél. : 05 952259. Fax : 05 [email protected] abonnement annuelLiban : 105 000 LLÉtranger : Europe 160 $ ; États-Uniset Canada 200 $ ; pays arabes 130 $Le numéro est en vente en lignewww.lecommercedulevant.comwww.lorientlejour.comPublicitéPressmedia Tamam SALAccaoui, Imm. Media CenterTél. : 01 577 000. Fax : 01 561 380B.P. : 11-688. Beyrouth - [email protected] - Tél. : 01 487 999 3 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
4-6 Sommaire 645_4-6 sommaire 10/2/13 11:56 AM Page1so m maire No 5645 • Octobre 201328 éditorial48 3 Choc démographique actualité 10 Tableau de bord 14 Économie 18 Finances 22 Affaires 28 Agriculture Abdallah Basbous : l’apiculteur aux 1 001 douceurs 30 Immobilier Les rues marchandes les moins chères du centre-ville • Bassam Chamoun : « Nous proposons des appartements à la carte » 34 Hôtellerie et tourisme Samer Chehlaoui vend ses parts du groupe Roadster à Donald Daccache • WonderEight sélectionnée pour les Restaurant & Bar Design Awards 2013 à Londres • Au Bistrot de Michel ouvre à Achrafié • Babel inaugure à Amchit sa troisième enseigne au Liban • Liza Soughayar et Ziad Asseily lancent Liza à Beyrouth 40 Médias et pub Mediaquest mise sur le numérique • ABC News rouvre son bureau de Beyrouth • La Voix du Liban signe avec Sky News Arabia • Transterra Media dans le top 100 Asie de Red Herring • Dépenses publicitaires : +0,6 % en août 44 Lebanon Valley Achieve-Careers, un nouveau site de recherche d’emploi • Dawlati, le portail dédié à la e-administration • Élie Nasr et Ghady Rayess ont imposé FOO comme référence de la production d’applications “Made in Lebanon” • L’armée promeut la sécurité participative 48 Lebanon Valley Bookwitty aspire à devenir l’Amazon des livres en langue étrangère finances 50 Banques Les banques libanaises résistent dans un contexte régional difficile • Les banques libanaises limitent leurs activités en Syrie • Makram Sader « Les crédits bancaires soutiennent la croissance libanaise » • La Banque centrale encourage les banques à investir dans les start-up • Bank Audi, le pari réussi de la Turquie • La Blom Bank se tourne vers l’Irak • Byblos Bank : ratio record de liquidités • BLC Bank : une année au féminin • La Banque libano-française maintient son activité de crédits • La BBAC étend son réseau libanais 4 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
4-6 Sommaire 645_4-6 sommaire 10/2/13 2:55 PM Page2 sommaire économie66 66 Finances publiques Les privilèges des députés Bulletin d’abonnement • Les députés français ont un budget pour des collaborateurs Je m’abonne au Commerce du Levant pour un an 72 Réfugiés Guerre en Syrie : 7,5 milliards de dollars de préjudice Nom/prénom financier pour le Liban • L’Onu diminue son aide aux réfugiés syriens au Liban Adresse 76 Transports Peut-on éviter la Syrie ? • Des pays arabes passent Tél Fax par Israël • Libanais et Syriens continuent de transiter par la Syrie E-mail • Oliver Fayssal, PDG d’Alphagreen, producteur de salades et de légumes de la Békaa Date Signature perso Tarif : Liban : 105 000 LL - Étranger : Europe 160 $ ; États-Unis et Canada 200 $ ; pays arabes 130 $ 80 Vos droits Le bailleur doit-il payer la TVA sur les loyers ? Le règlement peut être effectué : - Au comptant • Peut-on librement céder des actions nominatives - Par chèque au nom de “Société de la Presse Économique SAL” dans une société anonyme (SAL) ? - Par virement bancaire : Beyrouth : Société Générale de Banque au Liban, compte Nº 207960 82 Nouvelles parutions Tél. : 961 1 483001. Fax : 961 1 502820 84 Tentations Paris : Bank Audi, compte Nº 13788 86 Culture 73, avenue des Champs-Élysées - 75008 Paris Service abonnements régional & international Tél. : 961 5 952 259. Fax : 961 5 453 644 [email protected] 88 Régional Repères Irak, Égypte, Arabie saoudite, Qatar 92 Régional L’énergie n’est pas un enjeu majeur du conflit syrien guide 98 Salons et foires6 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
8 Index 645_Index-569 10/2/13 3:23 PM Page1i n d e x des noms et des entreprises cités dans ce numéro ACH MRAbchee, Michel 22 Chamoun, Bassam 32 Haaretz 78 Madi, Cynthia 36 Race Week 40 Habshi, Katia 24 Madi, MichelAbou Ghazalé, Talal 46 Chamseddine, Mohammad 68 Hadji-Thomas, Cyril 49 Magharian, Movsès 36 Ramco Real Estate Advisers 30 Hariri, Bahia 67 Majdalani, Atef 26 Raphaël, Walid 50, 54, 64Abourizk, Karim 34 Chehlaoui, Samer 34 Hawari, Alexandre 40 Mallin, Joel 67 Rayess, Ghady 44 Hawari, JulienAchour Holding 38 Chehwan, Georges 24 Hawari, Yasser 22 Red Herring 42 HayaAdd Mind 36 CMA CGM 22 Hernando, Milagros Hochar, GastonAficionado 40 Communicate Levant 40 Hochar, Serge 40 Marie-Claire 40 S 40 Marquardt, Alexander 42Afkar Holding 36 IAir France 77 D Information International 40 Martha Stewart Weddings ME40Alphagreen 77 J 15 Media Plus 24 Saab, Jade 44Aridi, Ghazi 14 Jaroudi, Hassan 22 Mediaquest 40 Saad, Fouad (el) 67 Jennings, PeterAssaf, Ghassan 62 Daccache, Donald 34 22 Menassa, Sam 42 Saadé, Jacques 22 KAsseily, Henri 42, 44 Debbas, Ralph 19 Mercedes Magazine 40 Saadé, Lara 67 Kabbani, HassanAsseily, Ziad 38 Dubaï Calendar Event Guide 40 Karadeniz Powership Mikati, Nagib 22, 50 Saadé, Riad 76 Kassatly Boulos, GhidaAutocar Middle East 40 Kassatly, Akram Mikati, Taha 22 Sader, Makram 50, 54, 56 Kassatly, NayefAzhari, Saad 50, 54, 60 Keeward Mindset Holding 36 Safadi, Mohammad 14 Khabbaz, Julien E Khazen, Fouad (el) 68 Mir, Bilal (el) 77 Saneou al-Hadath 40 L Mjawaz, Khaled 36 Sawan Guzman, Catalina 15 B Levant Distributors Moran, Terry 42 Schmid Holding 34 Emap 40 Moukhaiber, Ghassan 69 Sites Architects 32 Emirates 77 Sleiman, Hussein 36 F 77Bachoura 987 38 19 N77 Soros, Georges 44Bank Audi 54, 60 Fayssal, Oliver 54Banker (The) FFA Private Bank 67 42 Soughayar, Liza 38Banque 62 First National Bank 54libano-française Forbes 68 Najjar, Cyrille 26 TBarakat, Sabah 50, 54, 64 Fransabank Nasr, Élie 45Basbous, Abdallah 38 Freige, Nabil (de) 67Bassil, Gebran 28 44 Nasrala, Boudy 34Bawarshi, Fouad 16 G 16Baz, Freddie 76 24 45 Nasrala, Walid 34 Toukan, Samih 44BBAC Gemayel, Samy 40 16 Nassour, Viviane 36 Transports Gezairi 76Bemo 54, 60 Ghandour, Fadi 24 Naufal, Samy 49 Transterra Media SAL 42Beydoun, Nawaf 62 Goldman Sachs 24 Nehmé, Raoul 50, 62 Trends 40BLC Bank 54 Group PlusBlom Bank 36 Gulf Marketing Review 24 O, P W, ZBloomberg 49Business Monitor 50, 62International 50, 54, 60 19Byblos Bank 22 14 Ousseimi, Maria 38 19 Policy 40 W Motors 50, 54, 62 46 50, 54, 62 Wanna, Alain Q White sur White 26 Williams, Jon 42 49 Quarterly (The) 30 Zouein, Gilberte 67 8 - Le Commerce du Levant – Octobre 2013
10-11 tableau de bord 645_68-69 affaire tourisme 10/2/13 11:55 AM Page1 plus de 150 indicateurs et leurs graphes sur www.lecommercedulevant.com actualitétableau de bordSecteur réelIndicateurs d’activité Immobilier Période Valeur Unité Var./an (%) Période Valeur Unité Var./an (%) AoûtIndicateur synthétique de la BDL Juin 265,5 points +1,7 Permis de construire Juillet 924 191 m2 -0,4 Livraisons de cimentChèques compensés Janv.-août 47,8 milliards dol. +1,5 Janv.-août 540,9 milliers +10,7 milliards dol. -1,6 Nombre de ventes immobilières Janv.-août de tonnes- Dont chèques compensés en dollars Janv.-août 36,8 - Dont ventes aux étrangers Janv.-août JuinChèques retournés Janv.-août 1 006 millions dol. -2,8 Valeur des ventes immobilières Juin 43 883 -4,6 +90,5 Taxes foncières Juin 803 -8,1Importations de dérivés pétroliers Juin 695,2 milliers de tonnes - Dont droit d’enregistrement - Dont impôts sur la propriété bâtie 5 311 millions dol. -3,2Production électrique Juin 1 001 kWh +19,2 64,5 millions dol. -11,9Importations d’équipements industriels Juin 25 millions dol. -12,1 51,8 millions dol. -3,6Exportations industrielles Juin 284 millions dol. +12,3Exportations agricoles Août 25 millions dol. +47,1 7 millions dol. -16,2Transport Période Valeur Unité Var./an (%) Tourisme Période Valeur Var./an (%) Août Janv.-août 891 079 -9,6 Ventes de voiture neuves Août 3 487 +23,4 Nombre de touristes - Dont voitures européennes Août 602 -15,4 - Dont voitures japonaises Août +49,6 10 %Le tourisme en baisse de - Dont voitures coréennes Août 1 083 +36 - Dont voitures américaines Août 1 563 -7,7 fin août - Dont voitures chinoises Août +31,8 Nombre de navires au port 181 Les performances du secteur touristique ont poursuivi leur chute de Beyrouth Août 58 -11,1 cet été. Le Liban a accueilli 891 079 touristes sur les huit pre- Nombre de conteneurs traités miers mois de l’année 2013, en baisse de 9,7 % par rapport à au port de Beyrouth Août 176 la même période un an plus tôt (986 649). - Dont conteneurs en transbordement Août Le nombre de touristes arabes a baissé en rythme annuel de Volume du fret maritime 98 623 +6 18,8 %, celui d’Océanie de 15 %, des pays d’Asie de 10,5 %, d’Amérique de 7,6 % et d’Europe de 2 %.Recettes du port de Beyrouth Août 29 524 -22,3 0,7 millions +1,4Nb. de passagers à l’aéroport de Beyrouth Août de tonnes +17,5Volume du fret aérien Août 18,9 millions dol. +15,7 0,7 millions -11,1 8 048 tonnes Secteur externeInflation Période Valeur Unité Var./an (%) Flux de capitaux Août 148,8 points +2,5 Indice des prix CRI Août 128,7 points +1,3 Période Valeur Unité Var./an (%) Indice des prix CAS Entrée de capitaux Janv.-juillet 9 milliards dol. +2 Balance des paiements Janv.-juillet -957,2 millions dol. +28,7 Réserves en devises de la BDL Juillet 31,3 millions dol. +5,5Télécoms Période Valeur Var./an (%) Commerce Période Valeur Unité Var./an (%) Décembre 878 105 +1,4 Janv.-août 14 339 millions dol. -0,4 Nombre d’abonnés au réseau fixe Octobre 4 000 000 +18 Importations Janv.-août 2 875 millions dol. +1,6 Nombre d’abonnés au réseau mobile Octobre 2 752 257 +18,8 Exportations Janv.-août -11 466 millions dol. +0,9 Nombre d’abonnés aux lignes prépayées Octobre 513 610 +9,7 Balance commerciale Nombre d’abonnés aux lignes postpayées 10 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
10-11 tableau de bord 645_68-69 affaire tourisme 10/2/13 11:55 AM Page2Secteur financierBanques Garanties Kafalat Actifs Période Valeur Unité Var./an (%) Période Valeur Unité Var./an (%) Dépôts Juillet 539 -23,2 - Dont dépôts des non-résidents Juillet 157,8 milliards dol. +8,5 Nombre de garanties Janv.-août 76,9 millions dol. -19,6 Dollarisation des dépôts Juillet 133,9 milliards dol. +9,9 Crédits au secteur privé résident Juillet Valeur de garanties Janv.-août Dollarisation des crédits Juillet 32 milliards dol. +14,6 au secteur privé résident Juillet 65,8 % Crédits au secteur public 39,8 milliards dol. +10,2 - Dont dépôts auprès de la BDL Juillet 73,8 % Fonds propres Juillet Avoirs extérieurs nets Juillet 32,9 milliards dol. +10,9 Masse monétaire Valeur Unité Var./an (%) Taux d’intérêt crédits en livres Juillet 55,3 milliards dol. +8,5 107,3 milliards dol. +6,8 Taux d’intérêt crédits en devises Juillet 13,6 milliards dol. +14,2 Période 112,5 milliards dol. +6,2 Taux d’intérêt dépôts en livres Juillet -6,6 milliards dol. -68,3 M3 Juillet Taux d’intérêt dépôts en devises Juillet 7,87 % M4 Juillet Juillet 6,97 % 5,39 % 2,86 %Bourse de Beyrouth Secteur publicCapitalisation boursière Période Valeur Unité Var./an (%) Budget de l’ÉtatVolume des transactions Août 10,4 milliards dol. +2,9 Janv.-août 198,2 millions dol. -37,5 Période Valeur Unité Var./an (%)Cartes bancaires Dépenses totales Janv.-juin 6 754 millions dol. +8,9 Dépenses budgétaires +3,8 Période Valeur Unité Var./an (%) - Dont service de la dette Janv.-juin 5 318 millions dol. +0,5 - Dont transferts à EDL Janv.-juin 1 916 millions dol. -4,1Nombre de DAB Mars 1 441 +7,4 Décaissements du Trésor Janv.-juin 941,8 millions dol. +32,7 Recettes totales -4,2Nombre de TPE Décembre 22 430 +8,5 Recettes budgétaires Janv.-juin 1 435 millions dol. -5,7 Recettes fiscales -3,9Nombre de cartes bancaires Mars 1 887 106 +4,5 - Dont impôt sur le revenu Janv.-juin 4 854 millions dol. -3,5 - Dont TVA -3,3 Décembre 710 millions dol. +25,5 - Dont taxes sur le commerce Janv.-juin 4 586 millions dol. +2,5 internationalMontant des achats Décembre 332 millions dol. +5 Recettes non fiscales Janv.-juin 3 599 millions dol. -11,9en cartes bancaires Encaissements du Trésor Janv.-juin 1 148,6 millions dol. +31,2 Solde primaire Janv.-juin 1 074 millions dol. -97,8 Solde public Janv.-juin 708 millions dol. -67,6 Solde public sur dépenses totalesMontant des retraits en cartes4,5 %Les cartes bancaires en circulation en hausse de Janv.-juin 985,8 millions dol. Janv.-juin 269 millions dol.fin mars Janv.-juin 16,5 millions dol. Janv.-juinSelon les chiffres publiés par la Banque du Liban, 1 887 106 Janv.-juin -1 899 millions dol.cartes bancaires étaient en circulation au Liban fin mars, en -28,1 %hausse de 4,5 % par rapport à la même période un an plus tôt.Quelque 95,6 % des cartes bancaires sont détenues par les Dette publique Période Valeur Unité Var./an (%)résidents.Le nombre de distributeurs de billets (DAB) a augmenté de Dette publique brute Juillet 60,2 milliards dol. +8,77,4 % sur un an à 1 441. Ceux installés dans le Grand Beyrouth - Dont dette en devises Juillet 26,2 milliards dol. +5ont représenté 42,9 % du total, suivis de ceux du Mont-Liban - Dont dette en livres Juillet 34,1 milliards dol.avec 29,5 %, du Nord avec 9,7 %, du Sud avec 8,5 %, de la +13,8Békaa avec 7,6 % et de Nabatiyé avec 1,8 %. 11 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
14-16 actualite economie 645_68-69 affaire tourisme 10/2/13 11:54 AM Page1actualitééconomieL’État doit 200 millions de dollarsaux entrepreneurs des travaux publicsL es entrepreneurs libanais chargés des civil, nous opterions pour une solution léga- travaux publics par l’État n’ont pas été le. Avec l’État c’est différent, nous savonspayés depuis mai 2013. que le contentieux n’aboutirait pas. De plus,Cette date marque l’échéance des bons du personne ne conteste la dette, c’est sonTrésor utilisés par le gouvernement en guise règlement qui est en cause. »de paiement. L’association des entrepreneurs s’est déjàDepuis, les bons n’ont pas été renouvelés réunie avec le ministre des Finances parpar le ministère des Finances, affirme l’as- intérim Mohammad Safadi et le Premiersociation des entrepreneurs qui menace l’ar- ministre démissionnaire Nagib Mikati sansrêt complet des travaux, tant que la dette qui parvenir à un accord.s’élève à près de 200 millions de dollars « Nous avions rendez-vous en septembren’est pas acquittée. avec le ministre des Travaux publics Ghazi« Cette situation crée un climat d’instabilité Aridi, qui est le premier concerné par ce pro-chez les entrepreneurs qui se voient refuser blème étant donné son rôle de maître d’ou-des crédits par les banques, car c’est de vrage. C’est dans l’intérêt des deux partiesnotoriété publique que nous ne sommes pas que le problème soit réglé le plus rapidementrémunérés pour les travaux effectués pour le possible », annonce Fouad el-Khazen.compte de l’État », explique Fouad el- Contacté par Le Commerce du Levant, leKhazen, président de l’association des ministère des Finances n’a pas souhaitéentrepreneurs. faire de commentaire.« Si nous avions affaire à un cocontractant M. S.Risque pays : Le Liban Compétitivité : le Liban En brefà la 112e place mondiale en chute libre > La Commission européen-B usiness Monitor International (BMI) a L e Forum économique mondial (FEM) a ne a autorisé le Liban à classé le Liban à la 112e place sur 159 classé le Liban à la 103e position parmi exporter 50 000 tonnes depays dans le monde en termes de risques 148 pays dans le monde et à la 11e place pommes de terre en Europe,et à la 12e position parmi 20 économies parmi 15 économies arabes en termes de levant ainsi un embargo dearabes. Le Liban obtient un score de 46,3 compétitivité. plus de cinquante ans.points, soit une note inférieure à la moyenne Dans l’étude précédente (2012-2013), le En vertu de cette décision,mondiale (54,8 points) et à celle des pays Liban était arrivé 91e dans le monde et neu- allant jusqu’en 2015, learabes (48,8 points). La notation de BMI est vième dans la région. Le classement du Liban exportera jusqu’àune moyenne pondérée de plusieurs indica- Liban chute ainsi de douze places par rap- 50 000 tonnes de pommesteurs : les scores concernant l’environnement port à l’étude précédente, ce qui constitue de terre originaires despolitique et économique sur le long terme, la septième baisse la plus importante dans régions du Akkar et de laceux évaluant ces critères sur le court terme, le monde et le recul le plus important dans Békaa « introduites dansainsi qu’une note sur l’environnement des le monde arabe. L’indice sur la compétitivi- l’Union par des points d’en-affaires dans le pays. Les notes sont attribuées té évalue la capacité d’un pays et de ses trée désignés, ce qui doitsur une échelle allant de 0 à 100, la borne entreprises à être compétitifs sur les mar- garantir des contrôles effi-supérieure étant le meilleur score. chés mondiaux. Il se base pour cela sur la caces et une réduction duDans la sous-catégorie qui évalue la santé résilience des institutions du pays, ses risque phytosanitaire », aéconomique d’un pays donné, le Liban se infrastructures, ses politiques économiques souligné la Commission euro-place à la 144e place mondiale parmi 173 ainsi que son système de santé et d’éduca- péenne. L’origine des lotséconomies et à la 15e place parmi 20 pays tion. L’indice est calculé en fonction de libanais devra être certifiée etarabes sur la performance économique douze indicateurs regroupés en trois sous- ils seront soumis à des exa-sur le court terme. catégories : les critères de base, l’efficacité mens et des échantillons et l’innovation, ainsi que l’originalité. analysés de manière continue. P. S. 14 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
14-16 actualite economie 645_68-69 affaire tourisme 10/2/13 11:54 AM Page2Hausse des échangescommerciaux avec l’EspagneL ’ ambassadrice d’Espagne, Milagros meubles, du matériel de construction, des équi- Hernando, a organisé une soirée le 19 pements industriels, etc. Certaines entreprisesseptembre en l’honneur des partenaires com- espagnoles s’y sont même établies (Amadeusmerciaux de Madrid au Liban pour saluer l’aug- société de tourisme et immobilier, Gaviotamentation des échanges entre les deux pays. Symbac spécialisée dans les matériaux deSelon les chiffres espagnols, ces derniers s’éta- construction...). Les exportations libanaises versblissaient à 550 millions de dollars en 2012, en l’Espagne sont composées de graisses ethausse de 36,1 % par rapport à 2011. Avec d’huiles animales, de produits chimiques, de2 500 entreprises espagnoles comme Inditex, matières premières et de produits intermé-La Piara, Porcelanosa ou Cosentino, qui ven- diaires, et d’accessoires mécaniques pour ledent leurs produits au Liban, les exportations bâtiment. « En revanche, les flux d’investisse-espagnoles vers le Liban ont augmenté de ments entre les deux pays ne sont pas très44,1 %, de 271,3 millions à 390,9 millions importants, même s’il y en a un peu », affirmed’euros. L’Espagne est désormais le 12e four- Catalina Sawan Guzman, analyste de marchénisseur du Liban en quantité et le 16e en valeur du bureau économique et commercial de l’am-marchande. Quant au Liban, ses exportations bassade espagnole. « Le stock d’investisse-vers l’Espagne sont en hausse de 83,3 % ments espagnols au Liban (excluant les entitésdepuis 2010 : elles sont passées de 18 millions en devises) s’élevait en 2010 à environ 8 mil-d’euros il y a trois ans à 33 millions d’euros en lions d’euros. »2012. Le Liban importe surtout du textile, des M. S.
14-16 actualite economie 645_68-69 affaire tourisme 10/2/13 11:54 AM Page3 actualitééconomieRéfugiés syriens : Bruxelles alloue En bref58 millions d’euros au Liban > La Commission européen-L a Commission européenne a accordé libanais, et les opportunités d’apprentissa- ne a débloqué une nouvelle une aide de 58 millions d’euros au Liban ge pour les adolescents et les jeunes, aide financière de 22 mil-pour atténuer l’impact de l’afflux des réfu- selon le communiqué. lions d’euros en faveur degiés en provenance de Syrie. L’autre partie (18 millions d’euros) servira à trois programmes menés dansCette aide répondra aux besoins à moyen financer des initiatives bénéficiant principa- le domaine de la sécurité etet long terme des réfugiés en provenance lement aux communautés d’accueil liba- des affaires sociales au Liban.de Syrie et ceux des communautés d’ac- naises telles que l’amélioration de l’infra- Une partie de l’enveloppe estcueil libanaises, précise Bruxelles. Ce sou- structure locale de base (approvisionnement destinée à soutenir les forcestien comprend des fonds du programme en eau, assainissement, gestion des de sécurité pour favoriser lad’aide globale récemment annoncée, qui déchets solides) et le soutien à l’économie stabilité et la cohésion natio-mobilise un montant additionnel de 400 locale, les initiatives génératrices de reve- nales (8 millions d’euros). Unemillions d’euros pour les conséquences de nus, la création d’emplois et le soutien social autre visera à renforcer lala crise syrienne dans les pays d’accueil. intensif (prévention des conflits, soutien aux cohésion sociale (10 millionsLa majorité de ces fonds (40 millions d’eu- personnes vulnérables). d’euros) en aidant notammentros) sera utilisée principalement par les Il s’agit de la plus importante aide finan- l’Administration centrale de laagences des Nations unies (le HCR, cière accordée par la Commission euro- statistique à produire des sta-l’Unicef et l’Unrwa) pour améliorer l’éduca- péenne au Liban pour la crise syrienne, tistiques sociales de meilleuretion préscolaire des enfants syriens et liba- portant le montant total de son aide huma- qualité et d’améliorer la qualiténais, l’accès à une éducation de qualité nitaire et non humanitaire à 235 millions des services sociaux offerts parpour les enfants en âge scolaire syriens et d’euros depuis 2011. la Caisse nationale de Sécurité sociale. La dernière seraEnvironnement Gaz offshore : la clôture consacrée à l’amélioration desde la croissance : de l’appel d’offres conditions de logement et de lale Liban à la traîne repoussée situation sanitaire des réfugiés palestiniens au Liban (4 mil-L a banque d’investissement Goldman L e ministre par intérim de l’Énergie et de lions d’euros). Sachs a classé le Liban à la 127e place sur l’Eau, Gebran Bassil, a repoussé au 10183 pays dans une étude qui porte sur le cli- décembre la date de clôture de l’appel > Le ministre par intérim demat des affaires en 2012 baptisé Growth d’offres pour la première attribution de l’Énergie Gebran Bassil aEnvironment Scores Index (GES). licences d’exploration pétrolière dans les annoncé que le 20 juillet 2014,Le Liban gagne deux places dans le classe- eaux territoriales libanaises. La date butoir la centrale de Jiyé sera enment par rapport à l’année 2011, mais en a était initialement fixée au 4 novembre. capacité de produire 55 méga-perdu 63 par rapport à 1997. Dans la région Les 46 compagnies qualifiées ne peuvent watts (MW), puis 78 MW le 20Mena, le Liban se hisse à la 16e place sur 23 en effet pas présenter leurs offres tant août 2014. La nouvelle cen-pays, gagnant ainsi deux places en glissement que deux décrets indispensables n’ont trale de Zouk produira quant àannuel, mais dégringole de neuf places par pas été adoptés par le Conseil des elle 193 MW en octobre 2014.rapport au classement effectué en 1997. ministres. Il s’agit d’un décret définissant « Les projets se poursuivent,Le GES est un indice composite qui mesure les les coordonnées des blocs de la conces- selon les délais et les contratsconditions propices à la croissance écono- sion dans la zone économique exclusive en cours », a déclaré Gebranmique dans les différents pays, selon leur du Liban et d’un décret précisant les Bassil.capacité à accéder à leur potentiel de crois- modalités du contrat devant lier l’État auxsance. Le GES comprend 18 sous-indicateurs sociétés concessionnaires. Ces décrets > La société turqueregroupés en six catégories : la stabilité sont prêts et le modèle de contrat a fait Karadeniz Powership devramacroéconomique, les conditions de l’envi- l’objet de négociations avec les compa- s’acquitter d’une amende deronnement macroéconomique, la conjonc- gnies qualifiées, mais ils doivent être 5,5 millions de dollars à l’Étatture politique, le capital humain, les capaci- adoptés dans un certain délai avant la libanais pour le retard de 67tés technologiques et enfin l’environnement remise des offres. jours pour l’arrivée au Liban demicroéconomique. la barge Orhan Bey, a déclaré P. S. le ministre par intérim de l’É- nergie Gebran Bassil. La barge était attendue le 27 juin. 16 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
18-19 actualite finances 645_68-69 affaire tourisme 10/2/13 11:53 AM Page1actualitéfinancesL’analyse du Credit Suisse Bank Audi lance un espace d’information EgalleryUne rentrée sous tensions L a Bank Audi, en collaboration avec Visa Liban, expose àL ’ été a été marqué par le décrochage de nombreux marchés travers son concept de Egallery toutes les nouvelles émergents. L’escalade de la tension en Syrie ces dernières technologies liées au paiement et au commerce électroniques.semaines a servi d’accélérateur à un mouvement de correction qui « Nous avons voulu créer cette Egallery pour informer lesremonte en fait au mois de mai dernier, lors de l’annonce par la consommateurs des possibilités qui s’offrent à eux », expliqueRéserve fédérale américaine de son intention de restreindre pro- Randa Bdeir, directrice générale adjointe de la banque.gressivement sa politique d’injection de liquidités. Ouverte à Bab Idriss de 10h à 22h y compris le dimanche,Ce repli général de l’appétit pour le risque, aggravé par la recru- la Egallery expose les différentes technologies de paiementdescence de tensions géopolitiques, la hausse des prix du brut et électronique, de la plus simple comme la carte bancairele décrochage des devises émergentes, tend les rendements obli- prépayée, à la plus technologique, l’identification par radiogataires, faisant craindre à certains le retour des crises de la fin fréquence (RFID). Cet espace est aussi le moyen de pro-des années 1990, lorsque les pays émergents exportateurs et mouvoir le Emall, une plate-forme de commerce électro-endettés en dollars avaient subi de plein fouet le renchérissement nique lancée par la Bank Audi pour faire le lien entre lesde la devise américaine. commerçants libanais et les consommateurs étrangers etLà où les déficits courants s’accroissent – c’est notamment le cas vice versa. (Voir Le Commerce du Levant n° 5643). « Lesde l’Inde, de l’Indonésie ou encore du Brésil ou de la Turquie – et moyens de paiement électronique sont encore très peu uti-alors que l’économie domestique ne constitue pas un relais de lisés au Liban, mais compte tenu du haut niveau d’instruc-croissance suffisant face au ralentissement des exportations, les tion de la population, le potentiel de croissance du marché estmarchés s’inquiètent de la persistance de pressions inflationnistes très élevé – 45% environ contre 10 % dans le reste duimportantes et des risques de dépendance accrue à l’endettement monde », explique Ramzi Sabboury, gérant de Visa au Liban.extérieur. Certains de ces pays ont aussi connu des tensions Plusieurs kiosques présentent de façon pratique les nou-sociales importantes au printemps et beaucoup devront faire face velles technologies et les services que la Bank Audi souhai-à d’importantes échéances électorales l’an prochain. te proposer à ses clients. Par exemple, la technologie d’in-Mais il faut aussi constater que les situations ont clairement évo- dentification par radio fréquence (RFID) qui se fait sanslué depuis les années 1990 : contact, en intégrant une puce électronique EMV (Europay- La plupart des pays concernés ont depuis cette époque adopté MasterCard Visa) et une antenne (contenue à l’intérieur dedes systèmes de change flottant et sont de ce fait moins contraints l’objet) à toutes sortes d’objets : une carte bancaire, un télé-dans la défense de leur devise. Ayant reconstitué des réserves de phone mobile, une montre, etc. Ce service est appelé lechange, certains sont un peu moins tributaires des investisse- tap2pay et sert à régler de petits et moyens montants. Pourments extérieurs. les commerçants, les procédés de transaction seront facili-- La montée en puissance – puis le ralentissement récent – de tés par la possibilité d’utiliser leurs téléphones portablesla Chine crée une nouvelle dépendance de certains pays expor- comme moyen de traiter les paiements. Ce service esttateurs de matières premières, notamment face à l’évolution de appelé MPos.la demande de la deuxième économie mondiale. Aussi, ces Des applications pour téléphones mobiles et tablettes sontpays sont-ils plus directement affectés par la conjoncture chi- aussi proposées, comme PinPay qui permet à l’utilisateurnoise qu’auparavant. de créditer les téléphones mobiles, de payer les contraven-- Les économies émergentes ne forment pas un tout uniforme. tions, les factures Internet et le câble etc. La date de dispo-Ainsi, l’Europe de l’Est, qui a connu une période de restructuration, nibilité de ces services n’est pas encore fixée.bénéficie de sa proximité à la zone euro et de la perspectived’amélioration de la conjoncture dans la zone. De même, en Asie, M. S.la Corée ou Taïwan résistent bien mieux aux turbulences actuelles.Il n’en reste pas moins que le contexte géopolitique actuel accentue les Erratumrisques à court terme du fait, d’une part, de l’incertitude qui continuede peser sur l’évolution du conflit syrien notamment. Nonobstant les Une erreur s’est glissée dans l’entretien avec Rogersignaux de reprise concordants enregistrés aux États-Unis, en Europe Bejjani, fondateur et PDG de MedNet et NextCare ainsiet en Chine, les marchés risquent de connaître à court terme une phase que conseiller technique de la Mutuelle des employés dede volatilité accrue, alors que le report par la Réserve fédérale de sa banque, paru dans l’édition de septembre du Commerce dudécision a instillé un peu plus d’incertitude, incitant les investisseurs à Levant : contrairement aux propos qui lui sont attribués, uneprocéder à des arbitrages à court terme en faveur d’actifs de refuge. mutuelle doit bien assurer des “provisions techniques”, à hau- teur de 25 % de ses primes annuelles. En revanche, une Valérie Plagnol mutuelle étant une organisation à but non lucratif, elle ne Directeur de la recherche Credit Suisse AG, génère pas de profit à reverser à ses actionnaires. Ce qui rend en collaboration avec Credit Suisse (Lebanon) Finance SAL les primes payées par les adhérents plus compétitives. 18 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
18-19 actualite finances 645_68-69 affaire tourisme 10/2/13 11:53 AM Page2FFA Private Bank lance un placement privépour W MotorsW Motors s’est tourné vers trois millions, correspond à une pourra atteindre 30 à 40 % L’allemand RUF Automobile FFA Private Bank pour l’ai- prise de participation au capital de annualisés sur quatre à cinq développe le moteur et le châs-der à trouver les six millions de W Motors, la deuxième, de trois ans, selon les scénarios. « Le sis (il fournit notamment lesdollars nécessaires au lance- millions aussi, correspond à la risque sera aussi “minimisé” par moteurs Porsche). La branchement de sa voiture de sport souscription d’un prêt obligataire le fait qu’une voiture ne sera italienne de Magna Steyrgrand luxe, la Lykan Hypersport. garanti par des terrains situés au produite que si elle est vendue International s'occupe du déve-Fondée par Ralph Debbas, un Liban portant un intérêt annuel de au préalable. « W Motors a un loppement technique et de l'as-jeune designer automobile liba- 10 %. Le montant minimum de business plan ingénieux grâce à semblage de la Lykan.nais, l'entreprise basée à Dubaï chaque titre est de 100 000 dol- ses partenariats, son besoin en Ralph Debbas explique que ladéveloppe la voiture la plus lars et « chaque investisseur parti- capital est donc restreint. » Lykan allie « performance etexclusive du monde. La Lykan cipe obligatoirement aux deux Les futurs investisseurs seront luxe » : elle atteint les 100sera limitée à sept modèles qui tranches », explique Julien représentés au conseil d'admi- km/h en 2,8 secondes pourseront vendus à 3,5 millions de Khabbaz, senior manager chez nistration de la société par FFA une vitesse maximum de 395dollars chacun. Le prototype est FFA Private Bank. Private Bank. « Nous avons km/h. Côté luxe, les phares LEDactuellement en production et Le remboursement de l’emprunt lancé le produit début sep- sont incrustés de diamants et lessera dévoilé au Dubai Motor obligataire « sera assuré en prio- tembre et nous avons déjà des sièges en cuir cousus au fil d'or.Show en novembre 2013. rité », assure-t-il, tandis que le investisseurs intéressés », confie Chaque acheteur aura accès à unLa banque d'investissement a éla- reste des gains sera distribué Julien Khabbaz. service de conciergerie 24h/24 etboré pour cela un produit financier sous forme de dividendes. W Motors a conclu des partena- se verra offrir une montre suissecomposé de deux tranches du FFA Private Bank prévoit un riats avec deux constructeurs Cyrus édition limitée.même montant : la première, de retour sur investissement qui automobiles de prestige. Carmen Durand
22-26 actualite affaires 645_68-69 affaire tourisme 10/2/13 11:52 AM Page1 actualitéaffairesDes millésimes de Château Musar En brefvendus aux enchères à New York > Le groupe M1L ’ Américain Joel Mallin a engagé la 1959, dont la fourchette d’estimation se situe du Premier ministre célèbre institution britannique Christie’s autour de 600 dollars la bouteille. Ce vin s’est sortant Nagib Mikati apour mettre aux enchères quelque 700 bou- cependant vendu jusqu’à 1 790 dollars dans réduit sa participation auteilles sur les 6 000 que compte sa cave. Parmi des enchères précédentes, assure le magazine capital de la troisième chaîneles références vendues, de prestigieux vins Bloomberg, qui révèle l'information. Pour de supermarchés en Grande-français… Mais aussi l’un des ambassadeurs Musar, 1959 marque un tournant dans l’histoi- Bretagne Sainsbury.du vin libanais : Château Musar. Richissime, re de cette maison libanaise, fondée en 1930 Le groupe M1, établi parJoel Mallin, qui a fait carrière comme avocat fis- par Gaston Hochar à Ghazir. Il s’agit du premier Nagib Mikati et son frèrecaliste, est surtout connu pour sa passion pour millésime assemblé par son fils, Serge, qui Taha, a réduit à 3,9 % sal’art. On sait moins qu’il a débuté, presque en reprenait alors les rênes. « J’avais mis en bou- participation dans Sainsburymême temps, une collection des plus grands teilles le 1956, mais le 1959 est le premier que alors qu’elle était de plusvins du monde. À 80 ans, il a décidé de se j’ai réalisé par moi-même », assure-t-il. Les vins de 4 % en juillet dernier.séparer de certains de ses flacons, parmi les- seront vendus sur le site Internet de Christie’s La participation de M1 auquels figurent de prestigieux vins français pendant deux semaines. En salle, la vente aux capital du groupe depuiscomme Château Latour (Bordeaux) ou La Tache enchères aura lieu le 11 courant à New York. mars 2012 avait redynamisédu Domaine de la Romanée-Conti (Bourgogne). L’ensemble des vins mis aux enchères est esti- l’action en Bourse deDeux étiquettes qui devraient s’échanger entre mé à 200 000 dollars, soit une moyenne de Sainsbury.2 000 et 3 000 dollars. Plusieurs millésimes de 286 dollars la bouteille, révèle encore le siteChâteau Musar figurent également dans le d’information Bloomberg. > CMA CGM, numérocatalogue Christie’s. On y trouve Château Musar trois mondial du transport M. R. maritime par conteneurs, dirigé par le Franco-Libanais Distribution Jacques Saadé, a publié un chiffre d’affairesMonop’ ouvre à Sassine et Gemmayzé de 4 milliards de dollars au deuxième trimestre,L e groupe Admic détenteur de la franchi- Hayek sont encourageants. Moyennant en baisse de 2,4 % se Monoprix ouvre dans les prochains quelques adaptations mineures de la par rapport au deuxième tri-jours trois autres “Monop’”, son nouveau gamme, l’offre a été bien accueillie par la mestre de 2012.concept de supérette de quartier inauguré en clientèle. » Le concept est celui d’une supéret- Les volumes transportésmai à Furn el-Hayek à Achrafié. Le premier te de quartier, avec des prix alignés sur ceux s’élèvent à 2,9 millionsouvrira dans le quartier de Sassine, tout en haut des Monoprix classiques, moins chers que la d’EVP, en haussede la rue Adib Ishac (montée de l’hôtel “dekkené” du coin, et, surtout, une gamme de de 6,9 % en rythme annuel.Alexandre) sur une surface de 150 m2. Le produits frais de qualité (fromage, viande, char- Le groupe affichedeuxième au tout début de la rue Gouraud. Le cuterie, etc.), explique Michel Abchee. un résultat net de 418 mil-local de 220 m2 loué par l’enseigne Fauchon, La productivité de chaque Monop’ varie suivant lions de dollars, en hausseégalement exploitée par le groupe Admic, sera la taille des emplacements, l’importance du de 7 %. CMA CGMdivisé en deux : l’épicerie fine d’un côté, qui linéaire qui va de 2 000 à 5 000 produits com- a parallèlement poursuivicontinuera de servir café et sandwichs et de posant le panier d’achat de base, ainsi que sui- le renforcementvendre ses produits, mais renonce au service vant le pouvoir d’achat de la clientèle du quar- de sa structure financièrede restauration et, de l’autre, un Monop’. La tier. Au final, il faut 10 à 15 Monop’ pour avec une réduction de latroisième supérette sera rue Pasteur. Le atteindre le chiffre d’affaires d’un Monoprix, dette financière nette quidéploiement de ces petites enseignes de quar- explique Michel Abchee, sans donner de s’élève à 3,8 milliards detier doit se poursuivre dans les prochains mois. chiffres plus précis. L’investissement pour dollars au 30 juin,« Nous visons une dizaine de Monop’ d’ici à la chaque Monop’ varie de 200 000 à 500 000 en baisse de 385 millionsfin de l’année, confie au Commerce du Levant dollars, selon le PDG. Au total, Admic comp- de dollars depuis le 31 marsMichel Abchee, PDG d’Admic. « Les quartiers te deux grandes surfaces Monoprix de plus et une progressionprivilégiés sont ceux d’Achrafié, Hamra et de 2 000 m2 à Jnah et à Jeita, et compte en de ses fonds propresVerdun à ce stade. » « Le moment n’est pas ouvrir une autre à Achrafié, ainsi qu’un for- à 4,8 milliards de dollars,encore venu de dresser un bilan, mais les mat intermédiaire à Naccache, inauguré en en augmentation de 363premiers résultats du Monop’ de Furn el- juin 2013 sur 900 m2. millions de dollars sur le trimestre. 22 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
22-26 actualite affaires 645_68-69 affaire tourisme 10/2/13 11:52 AM Page2Kassatly Chtaura se lance 60 000 dollarsdans la bière pour un nouveau service d'emballageK assatly Chtaura a investi six millions de Nous espérons doubler ce chiffre avec le lan- de bagages dollars pour ouvrir une brasserie dans cement de notre bière, prévu pour l’été à l’aéroportson site industriel de la Békaa en janvier 2014 », confirme Ghida Kassatly Boulos, de Beyrouth2014. « Nous voulons nous positionner sur le responsable commerciale.marché à la même échelle qu’Almaza, qui « Kassatly Chtaura a tous les atouts pour être M edia Plus, une entrepriseest actuellement la seule grande brasserie le deuxième gros acteur du marché de la spécialisée dans l’installa-du Liban », explique Nayef Kassatly, gérant bière libanaise : la ligne d’embouteillage est tion et la gestion des panneauxde la société. déjà présente, ainsi que la capacité et le publicitaires, à l’Aéroport inter-Avec un investissement financé au moyen savoir-faire en matière de production et de national de Beyrouth, lance und’un prêt bancaire, Kassatly Chtaura voit distribution de boissons. Nous sommes les nouveau service d’emballage degrand : une capacité de production de 20 seuls au Liban aujourd’hui à pouvoir nous bagages.millions de litres par an. lancer dans un projet de cette envergure, qui Deux machines sont désor-Cela représente une grande part du volume devrait créer au moins cinquante nouveaux mais à la disposition desannuel du marché libanais qui est de 24 mil- emplois. Nous importons notre savoir-faire et voyageurs qui souhaitentlions de litres, dont 80 % sont dus aux pro- bénéficierons de l’aide de professionnels mieux protéger leurs valises.ducteurs locaux, Almaza (détenu par le grou- allemands. » Coût de l’investissement :pe Heineken) essentiellement, mais aussi Très présente sur le marché libanais grâce à quelque 60 000 dollars.961 lancée en 2006, qui revendique une son portefeuille de boissons variées, « Ces emballages de nylonpart de 5 %, soit environ 1,5 million de litres Kassatly Chtaura enregistre une évolution transparent sont vendus 5 dol-(source BlomInvest). annuelle de son chiffre d’affaires variant lars. Ils protègent les bagages« Almaza est en situation de quasi monopo- entre 20 et 25 %. contre d’éventuelles détériora-le. Notre analyse est que l’apparition sur le Akram Kassatly, fondateur de Kassatly tions, voire des ouvertures acci-marché d’un concurrent de son calibre sera Chtaura en 1974, a entamé sa diversification dentelles », explique Katiabénéfique à l’ensemble du marché. La en 2005 en se lançant dans le vin, avec Habshi, directrice des ventes deconcurrence au niveau des campagnes Château Ka, qui produit entre 100 000 et Media Plus pour l’aéroport.publicitaires et du marketing augmentera la 150 000 bouteilles par an. Parmi les autres Media Plus est une filiale depopularité de la bière. Notre objectif n’est produits de la marque on retrouve aussi les Group Plus, société qui gère despas de nous attaquer frontalement aux parts jus Nectar, la boisson alcoolisée Buzz et panneaux publicitaires sur l’en-du marché d’Almaza, mais d’agrandir le Freez un rafraîchissant non alcoolisé. semble du Liban. Fondée enmarché suffisamment pour nous permettre Les produits Kassatly Chtaura sont présents 1992 par Georges Chehwan,de coexister », explique Nayef Kassatly. sur le marché international, aussi bien en l’entreprise est aussi installée« D’après nos études, la consommation de Asie qu’en Europe et en Amérique. en Syrie, aux Émirats arabesbière au Liban s’élève à 5 litres par habitant. unis et à Bahreïn. M. S. Erratum > Une erreur s’est glissée dans le Perso Tentation du mois de septembre du Commerce du Levant : Shadi Bawab n’est pas à l’origine de Kitchen Lab, le nouveau concept-store dédié à la cuisine et aux arts de la table à Gemmayzé. Il n’a pas non plus de rapport avec Mum & I, le restaurant du Musée. Il intervient en revanche dans le cadre des cours de cuisine que Kitchen Lab organise au long de l’année. Renseignements : 01/587870. 24 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
22-26 actualite affaires 645_68-69 affaire tourisme 10/2/13 11:52 AM Page3 Enquête actualitéaffaires 27 % des entreprises libanaises envisagent L’innovation technologique libanaise de recruter aux Jeux de la francophonie prochainement Le prototype de la Solar Box présenté par le designer libanais D ’ après une enquête effec- Cyrille Najjar et qui a coûté 19 000 dollars. tuée par le site Internet régional de recherche d’emploiL ’ entreprise libanaise d’architecture et vent défaillant en Afrique et au Moyen- Bayt.com, seulement 27 % des de design White sur White a présenté Orient, en utilisant le soleil, qui brille 300 entreprises libanaises ont affirméun générateur d’électricité mobile fonc- jours par an dans cette zone, explique-t-il. “avec certitude” avoir l’intentiontionnant à l’énergie solaire en finale des Ainsi, nous serons peut-être en mesure de recruter durant les trois pro-Jeux de la francophonie, qui a réuni du 7 de venir en aide aux réfugiés, au Liban et chains mois et 23 % en ont l’in-au 15 septembre à Nice des représentants dans les pays en situation d’urgence tention “probable”. En revanche,des 77 pays de la francophonie, dans la humanitaire. » 78 % de celles qui sont prêtes àcatégorie “Innovation pour l’environne- Le prototype a coûté 19 000 dollars, finan- élargir leur effectif ne prévoientment” remportée par RIABD de Côte cés par le ministère libanais de la Culture, pas de recruter plus de cinq per-d’Ivoire, suivie par SALS des Seychelles et qui a alloué un budget aux neuf membres de sonnes alors que ce pourcentagede Amina Halidou du Niger. la délégation libanaise aux Jeux de la fran- n’est que de 45 % pour l’en-Fondée par le designer Cyrille Najjar en cophonie, dont l’ingénieur en télécom semble des pays interrogés cou-2009, White sur White a concouru avec Movsès Magharian pour l’entreprise de créa- vrant la région Mena. En moyen-un dispositif capable de produire de tion numérique EyeSeeExperience (les ne régionale, 30 % des chefsl’électricité grâce à l’énergie solaire : le équipes sportives étant soutenues par le d’entreprise interrogés vont “cer-“solar cell”. Le prototype adopte la forme ministère de la Jeunesse et des Sports). Au tainement” recruter dans les troisd’une valise à roulettes afin de faciliter total, le directeur de White sur White estime prochains mois, ce qui place leson transport, car il pèse 80 kilos, et se la recherche et le développement à 45 000 Liban en 8e position sur 14. Parmibranche au réseau électrique, ce qui per- dollars, comptés en heures de bureau et celles qui disent ne pas vouloirmet de recharger ses batteries et d’em- investissement personnel des collaborateurs embaucher dans le prochain tri-magasiner de l’énergie. Des panneaux de l’entreprise. Cyrille Najjar espère par la mestre, on trouve 15 % des entre-photovoltaïques contenus dans la “valise”, suite lancer le “solar cell” sur le marché, à 5 prises libanaises, contre 8 % dansune fois dépliés, peuvent réunir de 5 à 10 ou 6 000 dollars la pièce. « Les batteries la région Mena. Quand on élargitampères, ce qui suffit à alimenter l’équi- seraient garanties 15 ans avec une mainte- l’horizon aux douze prochainsvalent d’un studio où vivent deux-trois nance tous les deux ans et les panneaux mois, on retrouve 24 % despersonnes durant dix heures. Cyrille garantis 25 ans, ce qui amortirait l’investis- entreprises libanaises interrogéesNajjar a imaginé ce dispositif au vu du sement sur le long terme, estime-t-il. Nous envisageant “avec certitude” decoût (près de 600 000 000 dollars par an) recherchons actuellement un investisseur recruter contre une moyenne deet de la pollution engendrés par l’usage qui pourrait financer à hauteur de 280 000 31 % dans la région Mena. Enfin,des générateurs au Liban. « Je souhaite dollars le projet. » si en moyenne dans la régioncompléter le réseau électrique, très sou- Mena 35 % des personnes inter- Monique Poupon rogées jugent leur marché du tra- vail national suffisamment attractif et ne cherchent pas un emploi à l’étranger, au Liban 8 % soutien- nent cette affirmation. Cette enquête a été réalisée entre juin et juillet 2013 auprès de 3 430 personnes âgées de plus de 18 ans et résidant au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et au Pakistan, avec un échantillon représentatif de 137 Libanais. M. B. 26 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
28 agriculture actualite 645_44-46 banque en couverture 10/1/13 5:00 PM Page1 actualitéagricultureAbdallah Basbous :l’apiculteur aux 1 001 douceursMiel d’Or a été fondé par Abdallah Basbous il y a 40 ans. Aujourd’hui, la marque offre différentes variétésde miel, selon les fleurs ou les plantes butinées par les abeilles des 200 ruches de cet apiculteur réputé.À 80 ans, Abdallah Basbous a l’air d’un et 30 dollars le pot d’un kilo. « L’apiculture Basbous ne désespère pas. Pour mieux faire vieux cow-boy… Un regard bleu demande peu d’investissement : un essaim délavé, qu’on hésite à regarder plus coûte entre 80 et 125 dollars, une ruche aux entendre sa différence, il a choisi l’itinérance :de quelques secondes ; une carrure d’athlè- alentours de 300 dollars. En revanche, il fautte, habitué aux cavalcades par 50 °C à beaucoup de savoir-faire. » Son miel, Abdallah on retrouve ses ruches dans le Akkar oul’ombre. Pourtant, l’homme n’a rien d’un Basbous l’écoule dans son magasin depistolero. Au contraire, il fait partie de ces Mansourié, sous la marque Miel d’Or, fondé il entre Saïda et Tyr pour un miel de fleursêtres dont on pressent vite le cœur géné- y a un peu plus de 40 ans, juste après avoirreux. Sans doute, est-ce son métier : a-t-on démissionné de son poste de chef de la sec- d’orangers très parfumé ; à plus de 1 200jamais vu un apiculteur méchant ? Avec 200 tion apicole au ministère de l’Agriculture. « Lesruches, Abdallah Basbous vit de son activité, commerçants “oubliaient” de me payer. J’ai mètres d’altitude, pour un miel de chardonmême si sa retraite de fonctionnaire lui assure préféré ne compter que sur moi-même. »une autre source de revenu. « On peut vivre de Formé en France, à l’Institut national de la dense et puissant, ou dans la région del’apiculture, si on installe 300 à 400 ruches, recherche agronome de Montfavet, il sait lemais nous avons peu d’élevages industriels au contexte peu favorable aux productions Mansourié où des productions plus com-Liban. Le miel reste ici une culture complé- locales : faux étiquetage, trafic sur l’origine,mentaire pour l’agriculteur, qui, en général, ajout de sirop de sucre… « Les consomma- munes. « Cela fait plus d’un demi-siècle queconserve une vingtaine de ruches pour sa teurs ont perdu confiance dans le miel liba-consommation et celle de sa famille. » nais. Aucun contrôle ne permet de garantir la j’étudie la flore des lieux où j’implante mesAbdallah Basbous récolte entre 20 et 30 kilos qualité. » Un constat terrible alors que lepar ruche (miel toutes fleurs). Liban, « pays du miel et du lait », fait désor- ruches. Après, je mène des analyses pourSon miel, il le vend selon les variétés entre 20 mais mentir sa légende. Mais Abdallah certifier la variété dominante. » On se saurait trop recommander d’y goûter. M. R. La filière selon le Creal 4 kilos de miel par ruche au Liban La filière apicole libanaise est en crise endémique. La responsabilité en incombe au manque de profes- sionnalisme et de moyens des api- culteurs, incapables d’assurer les soins nécessaires aux abeilles. Les rendements s’en ressentent : en moyenne 4 kg par ruche contre 20 kg/ruche de moyenne mondia- le. En 2012, on comptait 80 000 ruches au Liban, contre 16 000 en 2011. Cette baisse dramatique s’explique par la prolifération d’une bactérie, la Loque américai- ne : les traitements – assurés nor- malement par le ministère de l’Agriculture – n’étant pas dispo- nibles, la bactérie a décimé la population des abeilles au Liban. Le problème se présente avec encore plus d’acuité en 2013 avec une autre bactérie, la varroa- se, notamment responsable du syndrome de l’effondrement des colonies d’abeilles, un phénomène mondial. 28 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
30-32 immobilier actualite 645_68-69 affaire tourisme 10/1/13 5:02 PM Page1actualitéimmobilierLes rues marchandes les moins chèresdu centre-villeC ’ est l’un des para- quelques secondes. Ces restric- place Souk Bazerkane n’a emplacement disponible de doxes du centre de tions pénalisent totalement le jamais retrouvé son lustre d’an- 2003 à 2005. Les enseignes Beyrouth. D’une ruelle potentiel de la rue. tan. La présence d’un restaurant Crepaway, Sushi Express età l’autre, les loyers peuvent pas- de renom au rez-de-chaussée Mémoires de Chine y avaientser du simple au triple. Tandis Le secteur Uruguay et de l’immeuble Atrium n’y a rien pignon sur rue. Depuis le sit-inqu’Allenby et Foch font partie Argentine est injustement changé. Le secteur reste très de 2007, cette partie du centredes rues marchandes les plus boudé par les professionnels. peu fréquenté et aucun restau- n’attire plus. La contagion aprestigieuses de la capitale, plu- Pourtant le sud de la rue rateur ou commerçant n’ose y même touché dernièrement lasieurs ruelles semblent totale- Uruguay autour de la place investir. Le déclin commercial de rue Maarad qui commence éga-ment en marge de la dynamique Samir Kassir où les loyers flirtent la rue Omari qui mène à Souk lement à collectionner les ferme-commerciale du centre-ville. avec les 1 000 dollars le m2 Bazerkane n’augure rien de tures. Ainsi, Costa, Scoozi, LeDans la dernière édition de sa annuel est en plein boom. La positif à moyen terme. Relais de l’Entrecôte ont mis lapublication The Quarterly, la multiplication des pubs y est une clé sous la porte.société Ramco Real Estate belle réussite. Parallèlement, les C’est l’une des ruelles les plusAdvisers a établi le classement locaux situés au nord d’Uruguay pathétiques du centre-ville, la La région Lazarié et Markaziédes cinq destinations mar- et d’Argentine autour de l’hôtel rue Toubia Aoun est un aligne- compte des dizaines de locauxchandes les plus abordables de Le Patio pourraient tirer leur ment de boutiques fermées. La commerciaux fermés. La façadeSolidere. Peu fréquentées, elles épingle du jeu avec des loyers multiplication des affiches “à nord est la mieux exposée et laaffichent des loyers de 300 à inférieurs de 60 % par rapport à louer” traduit un malaise pro- moins affectée par la défection500 dollars le m2 annuel. ceux de la partie sud. fond. Actuellement, cette adres- des enseignes. En revanche, c’estToutefois, étant donné leur se est totalement blacklistée par la misère à l’intérieur du centrepotentiel, ces tarifs sont suresti- Malgré un environnement urbain les commerçants. Pourtant, il y Lazarié et au rez-de-chaussée demés : ils ne devraient pas dépas- agréable, le quartier autour de la était impossible de trouver un l’immeuble Markazié.ser 200 à 250 dollars le m2.Certaines de ces rues ont connudes périodes de prospérité avantles événements de 2006 tandisque d’autres n’ont jamais réussià s’imposer depuis la recons-truction du centre-ville à partirde la fin des années 1990. Bienque les locaux soient fermésdepuis plusieurs années, leurpotentiel n’est pas à négliger.Une fois les loyers réajustésd’une manière cohérente, uneinitiative comme celle qui a redy-namisé le secteur autour du jar-din Samir Kassir pourrait donnerun nouveau souffle à ces ruellesaujourd’hui marginalisées.Adjacente à Bab Idriss et auxSouks de Beyrouth, la rue AbdelHamid Karamé est l’une desprincipales entrées du centre-ville. Le trafic routier y est consi-dérable et les boutiques y ontune excellente exposition.Toutefois, les mesures sécuri-taires à cause de la proximité duParlement interdisent aux véhi-cules de stationner même 30 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
30-32 immobilier actualite 645_68-69 affaire tourisme 10/1/13 5:02 PM Page2actualitéimmobilier InterviewBassam Chamoun : « Nous proposonsdes appartements à la carte »Situé dans le secteur Nazareth, The Quarter s’impose par ses chiffres : 45 appartements,10 surfaces différentes, quatre blocs indépendants, 11 000 m2 de surfaces résidentielles.En l’espace de 15 mois, 65 % du projet est déjà vendu. Une belle réussitealors que le marché immobilier à Beyrouth passe par une phase d’accalmie.Entretien avec Bassam Chamoun, promoteur du projet.Où se trouve exactement des appartements à la carte en Projets Adresse Surfaces des Prix de vente DateThe Quarter à Nazareth ? fonction des demandes des appartementsLe projet se situe le long de la clients. Nous avons un total de (dollars par m2) de livraisonfaçade sud de l’école Nazareth. dix types de logements diffé- The Quarter Nazareth De 135 à 605 m2Ce site offre un luxe indéniable, rents. Chacun en fonction de K7030 Faraya De 140 à 250 m2 À partir de 4 000 Début 2016celui d’avoir de la verdure et de son budget peut y acquérir un Moyenne de 2 550 Fin 2014larges dégagements. Le projet logement. Ensuite, nous avonsse compose de deux immeubles voulu créer une adresse diffé- ans. Toutefois, je reste persuadé immobilière Credo développede deux blocs chacun séparés rente des produits qui existent à qu’il y a aussi une attente à des projets à Achrafié et àpar une rue. Au total, il nous a Achrafié. Finalement, l’architec- Achrafié de la part des familles Faraya. En parallèle, je suisfallu cinq ans pour acquérir l’en- ture se vend et les acheteurs pour des surfaces plus grandes directeur du conseil d’adminis-semble des parcelles. sont prêts à payer pour avoir un et plus spacieuses entre 200 et tration de Sites Architects, qui produit de qualité, un design 300 m2. Ce sont des espaces est à la fois un cabinet d’archi-Comment se structure moderne et de belles hauteurs plus agréables à vivre pour des tecture et une compagnie deThe Quarter ? sous plafond. couples avec des enfants. management de chantiers deLe projet compte 14 étages et construction.totalise 45 appartements de 135 Quels sont vos prochains Depuis quelle annéeà 605 m2, soit des unités d’une projets ? êtes-vous dans la promotion Rubrique réaliséeà cinq chambres à coucher. Nous terminons notre immeuble immobilière ? par Guillaume BoudisseauMais 77 % des logements K7030 à Faraya. À l’avenir, nous Depuis une dizaine d’années, Parlez-nous de vos projets :varient de 135 à 266 m2. étudions les opportunités de notre société de promotion [email protected] développer de nouveaux projetsQuels sont vos prix à Achrafié ainsi qu’un complexede vente ? résidentiel sécurisé avec desLe premier étage est affiché à services (espaces verts, pis-4 000 dollars le m2. À ce jour et cines, salle polyvalente, etc.)après quinze mois de commer- hors de Beyrouth pour des bud-cialisation, 65 % du projet a déjà gets d’environ 500 000 dollars.été vendu. La tendance actuelle est deVotre taux de vente contredit proposer des logements dele marasme du marché plus en plus petits, inférieursimmobilier actuel. Avez-vous à 150 m2. Êtes-vous intéresséune recette spécifique ? prochainement d’explorer cePourtant nous ne faisons pas de créneau ?publicités ni nous utilisons les J’ai l’impression que les petitesréseaux sociaux. Nous avons surfaces séduisent principale-voulu être très flexibles sur les ment les investisseurs qui visentsurfaces des appartements. le marché locatif. Beaucoup deAinsi, nous avons proposé un promoteurs offrent ce type deservice plutôt personnalisé avec produits depuis quatre à cinq 32 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
34-38 tourisme actualite 645_68-69 affaire tourisme 10/1/13 5:05 PM Page1actualitéhôtellerie & tourismeSamer Chehlaoui vend ses parts Le chiffredu groupe Roadster à Donald Daccache 58 % taux d’occupationS amer Chehlaoui, à la tête re et beau-frère Donald Daccache Cependant, les deux parties s’ac- des hôtels du groupe Roadster (qui (également propriétaire des cordent à ne pas divulguer les de Beyrouth comprend les marques concepts Zaatar W Zeit, Bar chiffres de la vente à ce stade. au 1er semestreRoadster Diner et Deek Duke), Tartine et Studio 43). Pour Donald Daccache, désormaisvient de vendre sa part de 50 % Chehlaoui, qui dirigeait le groupe unique propriétaire du groupe, Selon la dernière étude dudans la compagnie à son partenai- depuis 2001, Roadster Diner estime tout comme son ancien cabinet de conseil Ernst & Company est « devenue une véri- partenaire que « la culture Young, le taux d’occupation table institution, la plus grande Roadster et les ressources moyen des hôtels de boîte F&B au Liban, comptant humaines constituent le plus grand Beyrouth s’est établi à 58 % aujourd’hui 1 000 employés et 18 capital de la compagnie ». Il affirme au premier semestre, contre enseignes au total (y compris les « qu’il existe encore beaucoup 65 % à la même période un centres de livraison) ; c’est une d’opportunités non exploitées telles an plus tôt. référence en termes de standards que la franchise de Roadster dans Le taux d’occupation des de qualité et le leader du casual la région et le développement de la hôtels de Beyrouth est le dining au Liban ». La compagnie marque Deek Duke ». Quant à troisième taux le plus bas génère plus de 40 millions de dol- Chehlaoui, il a créé Schmid parmi 16 villes au Moyen- lars de chiffre d’affaires annuel. Holding, une société d’investisse- Orient, suivi de Manama C’est en 2012 que les deux parte- ment dans divers secteurs parmi (45 %) et du Caire (31 %). naires décident officiellement de se lesquels l’hôtellerie et le F&B qui se Le tarif moyen par chambre séparer et entament une évalua- lancera bientôt dans de nouveaux a atteint 166 dollars, en tion de la compagnie, concepts de restauration. La socié- baisse de 21 % en glisse- effectuée par la société té Roadster Diner SARL avait été ment annuel, les revenus par PriceWaterhouseCoopers (PWC). créée en 1998 par Daccache et chambre disponible ont Selon Chehlaoui, « le montant Chehlaoui avec un capital de 25 diminué de 30 % à 96 de la transaction a été supé- millions de livres libanaises. dollars. rieur de 40 % à l’évaluation ». Nagi Morkos / HodemaWonderEight sélectionnée pour les Restaurant& Bar Design Awards 2013 à LondresW onderEight, une agen- les frères Boudy et Walid pour les Restaurant & Bar née pour une clientèle haut de ce de design libanaise Nasrala et codétenue par Karim Design Awards à Londres. gamme. Ainsi, le choix du nom fondée en 1999 par Abourizk, a été sélectionnée WonderEight, basée à Beyrouth, était essentiel pour communi- a été nominée dans la catégorie quer à la fois l’animation et le “Restaurant du Moyen-Orient & raffinement. Le concept et Afrique du Nord” pour la créa- l’identité du restaurant sont tion du concept et de l’identité de venus ensuite naturellement. » l’enseigne Origami, un restaurant En créant l’identité de la et une académie pour enfants, marque, WonderEight a notam- située à Dbayé (voir Le Commerce ment appliqué l’art du pliage, du Levant, novembre 2012). « Le inspiré de l’Origami, sur diffé- défi de ce projet était de faire rents supports à portée de ressortir le caractère ludique de main. La société a été sélection- l’élégance », explique Walid née parmi 667 candidats. Nasrala. « L’académie com- Le lauréat dans la catégorie iden- prend des cours de théâtre et tité visuelle est Estudio m d’art, des ateliers et un studio Barcelona pour le glacier de danse, alors que le restau- Eyescream & Friends (Espagne). rant propose une cuisine raffi- N. M. 34 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
34-38 tourisme actualite 645_68-69 affaire tourisme 10/1/13 5:05 PM Page2actualitéhôtellerie & tourismeAu Bistrot de Michel ouvre à Achrafié En brefA chrafié accueille un nou- restaurant. Ce dernier a déve- le”, ainsi que le “Apple crumble”. • Hamra accueille Cottage veau restaurant de quar- loppé le menu lui-même avec La carte des vins met à l’hon- Chic, un nouveau diner qui tier, Au Bistrot de Michel, l’aide de son chef Hussein neur une vingtaine de châteaux propose petit déjeuner,qui propose une cuisine françai- Sleiman. La carte propose plu- français pour tous les budgets. déjeuner et dîner préparésse traditionnelle. « Nous servons sieurs spécialités parmi lesquelles Le ticket moyen avoisine les 30 « à 75 % à base de pro-des plats de qualité, préparés à la salade de chèvre à la sauce de dollars. Ouvert rue Zahar, Au duits organiques » cultivéspartir d’ingrédients frais sans figues, l’entrecôte de bœuf Black Bistrot de Michel accueille sa dans son propre terrainaucun produit congelé et à des Angus et le steak tartare et, côté clientèle du lundi au samedi, de agricole de 8 000 m2 situéprix abordables », explique desserts, le “moelleux au chocolat midi à 16h à déjeuner et de 18h à Amchit. Le ticket moyenMichel Madi, le propriétaire du de Cedric”, une “recette de famil- à minuit à dîner. Étendu sur une est de 20 dollars. Le lieu surface de 90 m2, le lieu bénéfi- dont la surface s’étend sur cie d’une capacité assise de 38 85 m2 peut accueillir 35 personnes entre l’intérieur et la personnes tous les jours terrasse. La décoration signée de 8h à 23h. La compa- Cynthia Madi, l’épouse de gnie propriétaire, VBN Michel, est « fidèle au concept Group, détenue par de bistrot français notamment Viviane Nassour, qui a déjà dans le choix du bois, du mobi- à son actif la franchise de lier et des ardoises, et la présen- la marque PappaRoti à ce d’un auvent à l’entrée du res- Dubaï et au Liban, taurant ». Michel Madi a investi a investi 250 000 dollars 70 000 dollars dans ce restau- dans cet établissement rant prévus d’être rentabilisés qu’elle compte franchiser d’ici à deux ans. à l’étranger. L. R. • Le bar Bodo, déjà pré- sent à Hamra, a ouvert uneBabel inaugure à Amchit sa troisième enseigne à Mar Mikhaël.enseigne au Liban Le lieu peut accueillir 60 personnes tous lesB abel Bahr, restaurant Liban : Babel à Dbayé et Babel qualité, dans une atmosphère jours de 16h à 5h. Le libanais de poissons et Bay à Zaitunay Bay. Ouvert en tranquille et un cadre monumen- ticket moyen est de 20 fruits de mer, est le der- septembre, Babel Bahr est situé tal invitant les clients à un voyage dollars. Les propriétairesnier-né de la marque Babel qui sur la côte de Amchit. Il propose des mille et une nuits ». Le menu, Khaled Mjawaz et Nawafcompte déjà deux enseignes au « une cuisine et un service de bien que toujours basé sur la cui- Beydoun de la compagnie sine libanaise, diffère selon les Mindset Holding, égale- établissements. Ainsi, les spécia- ment partenaires dans les lités à Amchit sont la “tabboulet bars Collins (rue Uruguay), el-bahar”, la “hendbeh” aux cala- Jackie O’ (Hamra) mars, les “basterma” au thon et et Malgo (Jbeil), ont investi la “kebbet samak bel sanieh”. 150 000 dollars dans ce Les plats sont préparés dans la nouvel établissement, cuisine centrale située à Dbayé. avec un amortissement Le ticket moyen est de 60 dollars. prévu en deux ans. Le lieu, propriété de la société Afkar Holding, est ouvert de • Beyrouth a vu la ferme- midi à minuit tous les jours, et ture de plusieurs restau- dispose d’une capacité assise rants ces dernières de 180 personnes en salle et semaines, notamment le 160 personnes dans les deux Hard Rock Café à Aïn el- terrasses. Il emploie une centai- Mraissé (ouvert depuis 17 ne de personnes. ans) et le restaurant-bar Cassis développé par la L. R. société Add Mind et pré- sent rue Uruguay depuis septembre 2011. 36 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
34-38 tourisme actualite 645_68-69 affaire tourisme 10/1/13 5:05 PM Page3actualitéhôtellerie & tourisme Ils font l’actualité En brefLiza Soughayar et Ziad Asseily • La chaîne hôtelièrelancent Liza à Beyrouth cinq étoiles Mandarin Oriental a annoncé qu’elleLe restaurant libanais Liza de la cuisine libanaise et non de actuelle du pays : « Nous ne opérerait son premier éta- ouvre ses portes début produits utilisés dans d’autres voulions pas tomber dans la blissement hôtelier à octobre rue Trabaud à cuisines. » À titre d’exemple, le nostalgie des années d’avant- Beyrouth d’ici à 2017.Achrafié. Présent à Paris depuis mouton aux cinq épices douces, guerre mais, au contraire, mon- La propriété sera détenue2005, c’est le premier restau- la friture de bar et aubergine trer ce qui se fait de mieux au et développée par larant libanais à être référencé avec son tartare de tomates ou Liban aujourd’hui, notamment société Bachoura 987,dans le guide Michelin (depuis encore le sfouf, gâteau à base dans la cuisine et le design. une joint-venture entre2009) et le seul à avoir obtenu la de safran, farci de potiron et Notre pays regorge de talents et des investisseurs libanaisnote de 24 dans le guide Zagat ashta à la pistache. d’idées. » La décoration du lieu et saoudiens gérée– la plus haute étant de 28 – Pour le déjeuner, Liza propose est signée Maria Ousseimi. par Sabah Barakat,« devant tous les restaurants de des formules légères et rapides Liza Soughayar est diplômée de le vice-président du groupecuisine étrangère de Paris ». Les pour un ticket moyen de 35 dol- l’école hôtelière de Lausanne et a saoudien Olayan.artisans de ce succès, Liza lars. À dîner, où l’ambiance est travaillé entre autres à l’hôtel pari- L’hôtel s’étendra sur uneSoughayar et Ziad Asseily, mariés « plus feutrée avec lumières tami- sien Prince de Galles comme surface de 63 000 m2à la ville comme au travail, ont sées, lounge music et cocktails directrice des banquets. Ziad et comprendra 154choisi une maison libanaise tradi- maison », les clients peuvent Asseily est diplômé de l’Essec en chambres, 62 suites,tionnelle du début du XIXe siècle apprécier le menu “nazzel” finance et marketing. Le restau- 35 appartements meublés,pour y abriter leur “bébé”. (“sers-nous”) comprenant une rant Liza est né de leur rencontre quatre restaurants, une« Nous n’avions pas prévu d’ou- quinzaine de mezzés, des plats et et s’est développé depuis en ser- boîte de nuit, une salle devrir l’enseigne au Liban, notre grillades, et un assortiment de vice traiteur, en boulangerie- sport et une piscine.objectif étant de développer la desserts pour un ticket moyen sandwicherie (L de Liza) et en L’investissement s’élèvemarque en Europe, explique d’environ 55 dollars. Avec, propo- points de vente notamment aux à 200 millions de dollars.Asseily. Mais nous avions le par- sés en permanence, sept plats Galeries Lafayette et à l’aéroporttenaire idéal et un local unique ; signatures. Le restaurant a une de Roissy. Liza est également • Eden Rock Resort, unça ne pouvait se refuser. » À capacité assise de 120 per- présent au Qatar depuis 2010. nouveau complexe hôtelierBeyrouth, Liza est ouvert sous sonnes et une surface de 500 m2. Le duo envisage en 2014 l’ou- et résidentiel, est prévu àforme de joint-venture entre les Pour Liza et Ziad, ce restaurant verture d’un concept de restau- Ramlet el-Baida dans cinqsociétés Levantine (dont les par- « reflète le Liban d’aujourd’hui, ration rapide ainsi que de nou- ans. Le projet qui occuperatenaires sont majoritairement traditionnel d’une part, contem- velles unités du L de Liza, à une surface de 22 000 m2Liza et Ziad) et Sky Management porain de l’autre ». Dès le départ Paris, en vue de les franchiser à comprendra un hôtel(propriétaire et gérant du ils s’entourent de designers liba- l’étranger. 5 étoiles (qui sera géré parSkybar), avec la participation nais afin de promouvoir l’image une nouvelle chaîne inter-d’investisseurs privés. Sky Lina Raphaël nationale), une tour rési-Management est en charge de dentielle, des apparte-gérer le lieu. L’investissement ments meublés, des cha-avoisine les 1,7 million de dol- lets ainsi que des salles delars et l’amortissement est prévu banquets et conférences.en trois ans. Côté loisirs, le complexeLiza se caractérise par une cui- inclura des restaurants, unsine libanaise « authentique, spa, une salle de sport,légère et fraîche », mettant en plusieurs piscines, unevedette les assaisonnements à marina et bénéficiera d’unfroid, les poissons crus et les accès à la mer. Le projetplats du jour aux côtés des mez- est détenu par Achourzés traditionnels. « Nous ne Holding, la compagniesommes pas un restaurant qui possède et gèrefusion, précise Soughayar. Notre les trois hôtels Lancasterinnovation réside dans la recom- au Liban.position de recettes classiques àpartir d’ingrédients traditionnels En collaboration avec www.hodema.net 38 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
40-42 medias et pub actualite 645_68-69 affaire tourisme 10/2/13 11:51 AM Page1actualitémédias & pubMediaquest mise sur le numériqueDans un contexte difficile pour les médias du Moyen-Orient,le groupe Mediaquest dirigé par les frères libanaisJulien et Alexandre Hawari affiche une belle croissance,notamment portée par ses investissements dans le numérique.E n mai dernier, Mediaquest qui affiche une croissance à trois de compétences. L’édition et la Alexandre Hawari et Julien Hawari (en bas). rachète le site d’informa- chiffres dans notre groupe », publication, avec des titres tion en ligne AME Info au précise Julien Hawari. Au comme Trends, Communicate Les marquesgroupe Emap : « La marque la Moyen-Orient, Internet connaît ou Marie Claire Arabia. La vente du groupe Mediaquestplus forte au Moyen-Orient dans une poussée importante depuis d’espaces publicitaires, à tra-le secteur du business, avec un 2012. Mais le marché est enco- vers son portail en ligne, dotme- Publication et édition :trafic par jour de 2,4 millions de re jeune : seulement 2 % de na.com qui référence plus de Trends, Saneou al-Hadath,visiteurs », affirme Julien l’offre proposée sur la Toile est 2 500 sites Internet dans la Policy, Gulf MarketingHawari, coprésident du groupe en langue arabe alors que cette région. Au Koweït, le groupe Review, Communicate,de médias. Mediaquest renforce part pourrait être de 5 %, selon assure également la régie publi- Communicate Levant, Marie-ainsi son positionnement dans le Julien Hawari qui y voit un citaire du groupe Yahoo!. Enfin, Claire Arabia, Haya, Marthasegment de l’actualité en ligne potentiel de croissance. En le troisième secteur d’activité du Stewart Weddings ME,du monde des affaires, l’une des 2013, Mediaquest a donc inves- groupe concerne l’événementiel Aficionado, Dubaï Calendarplus importantes sources de tra- ti plusieurs centaines de milliers et le marketing. Event Guide, Autocar Middlefic dans la zone avec celui du de dollars dans ce domaine. Outre le siège installé à Dubaï, East, Mercedes Magazine,féminin. Une nouvelle version du L’objectif est de développer les qui compte 140 employés, Race Weeksite a été lancée en septembre. marques du groupe en les adap- Mediaquest est présent à Digital : Dotmena (régieL’idée des deux frères libanais tant aux nouveaux supports Djeddah, Riyad, Paris, au publicitaire), Kippreport,Julien et Alexandre Hawari est à numériques (Internet, mobiles et Maghreb et à Beyrouth : « Il faut Jeelnar, AMDmode, White,présent de faire grandir le site et tablettes) tout en préservant le une force éditoriale propre pour Yallafinance, Glam.de l’intégrer à l’offre du groupe papier. Avant l’achat du site être proche des lecteurs », insis-qui compte déjà une vingtaine AME Info, les activités en ligne te le co-PDG du groupe.de marques dont ils gèrent l’édi- représentaient 25 % des reve- Sur les quatre dernièrestion et la publication. Dans un nus du groupe, « en 2013, il est années, Mediaquest a affichésecteur dominé au Moyen- probable que les revenus de nos un taux de croissance de 20 àOrient par des mastodontes tels activités online rejoignent ceux 25 % (hors croissance externe)MBC et Saudi Research (qui des médias traditionnels jusque- dans un contexte régionalpublie quinze journaux et maga- là majoritaires ». morose. « Le secteur deszines dont Arab News et al L’aventure du groupe a commen- médias au Moyen-Orient aEqtisadiah), où le poids de la cé à Paris avec le magazine d’abord subi les conséquencestélévision est prédominant, et où Arabies lancé en 1987 par le père de la crise financière internatio-un grand nombre de médias d’Alexandre et Julien : Yasser nale, puis les bouleversementssont détenus par des groupes Hawari. Mediaquest est officielle- liés aux printemps arabes. Lanon spécialisés, voire souvent ment lancé en 1997 et opère sa croissance du secteur a été dedes États, la stratégie de première acquisition en 2007 15 % en 2010, cette année elleMediaquest est de devenir l’un avec le rachat des actifs de Gray devrait se limiter à 4 ou 5 % »,des plus gros acteurs privés Business Communications. Pour estime Julien Hawari.strictement axés sur les médias, poursuivre sa croissance, le grou- Malgré ce ralentissementhors télévision et hors quotidiens pe décide ensuite de s’institution- conjoncturel, le chef d’entre-politiques. Le groupe mise pour naliser avec l’entrée à son capital prise reste confiant : lescela sur des segments porteurs, du fonds d’investissement Abraaj dépenses publicitaires parcomme le business, les femmes en 2008 pour une participation habitant dans la zone sontet quelques niches, comme le minoritaire non communiquée. aujourd’hui de 25 à 50 dollars,sport ou l’automobile. Aujourd’hui, le groupe reste déte- contre 400 à 500 en Europe etPour faire la différence, nu en majorité par des action- aux États-Unis. « La marge deMediaquest a résolument fait le naires familiaux. progression est importante. »pari du numérique. « Un secteur Mediaquest compte trois pôles Louise Meunier 40 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
40-42 medias et pub actualite 645_68-69 affaire tourisme 10/2/13 11:51 AM Page2actualitémédias & pubABC News rouvre son bureau La Voix du Libande Beyrouth signe avec Sky News ArabiaL ’ annonce de la réouverture d’information du groupe dans la L a Voix du Liban (100.3 et traitement de l’actualité interna- du bureau beyrouthin du région, précise Jon Williams, chef 100.5) a annoncé le 3 sep- tionale. De son côté, Sky Newsréseau d’information de la télévi- du service international de ABC tembre l’acquisition des droits cherche à élargir sa zone de dif-sion américaine ABC a été faite le News, pour expliquer cette déci- de retransmission de la télévi- fusion dans tout le Moyen-Orient28 août par communiqué. Le jour- sion. Le bureau de Beyrouth avait sion Sky News Arabia pour un en s’alliant avec des acteursnaliste Alexander Marquardt sera été créé il y a 45 ans par le jour- montant non communiqué. arabes et internationaux dubasé à Beyrouth pour couvrir l’ac- naliste Peter Jennings. Ce bureau L’accord prévoit la diffusion de monde des médias.tualité de la région. De plus, dans vient compléter un réseau de cor- six flashs d’information émis en La Voix du Liban dont lesle contexte de la crise syrienne, le respondants installés à Jérusalem direct depuis la station d’Abou locaux sont situés à Achrafiéchef des correspondants à l’étran- et au Caire pour couvrir l’actualité Dhabi de 6h à 20h durant la est issue de la séparation enger Terry Moran, jusqu’à présent du Moyen-Orient. ABC News est semaine. 2010 en deux entités dis-basé à Londres, l’a rejoint le 28 le réseau d’information de la chaî- Pour Sam Menassa, directeur tinctes de la radio du mêmeaoût pour une période indétermi- ne américaine ABC. Il a été créé général de la radio libanaise, ce nom créée par le parti Kataëbnée. Le Liban fait partie des en 1977 à New York. partenariat doit permettre à la en 1958.meilleures audiences du réseau station locale de développer son L. M. L. M.Transterra Media dans le top 100 Asie de Red HerringT ransterra Media SAL est vation technologique, la qualité Media est spécialisée dans les travers le monde, la société entré dans le top 100 élabo- du management, la stratégie et nouvelles technologies et les compte à ce jour 250 clients.ré chaque année par la revue la pénétration du marché. Un médias. Le site Internet offre à Le prototype du site Internet aaméricaine Red Herring. Ce classement qui a notamment la demande du contenu édito- été lancé et testé en 2011 auclassement identifie les nou- mis en avant des entreprises rial aux médias internationaux Caire. Son principal investis-velles compagnies et entrepre- comme Facebook, Twitter ou sur tous supports (télévision, seur est Henry Asseily, cofon-neurs à suivre selon des critères Google à leurs débuts. presse écrite et sites Web). dateur du site de comparaisonqualitatifs et quantitatifs telles la Seule compagnie libanaise pri- Avec un réseau de 1 700 jour- en ligne Shopzilla.performance financière, l’inno- mée cette année, Transterra nalistes basés dans 123 pays à L. M.Dépenses publicitaires : La campagne du mois+0,6 % en août Qui a dépensé le plus gros budget en août ?A u mois d’août, l’augmentation annuelle Média Août 2013 Variation (en %) des dépenses publicitaires à prix tarifs a (millions dol.*) mensuelle annuelletrès légèrement augmenté de 0,6 % à 122millions de dollars. Ce chiffre très large- TV 99,5 -26,5 0,7ment surévalué ne tient pas compte desremises et escomptes, fort généreux dans Affichage 11,3 -10,3 16,7ce secteur.Le recul est dû à des baisses importantes des Presse quotidienne 3,3 -43,1 -23,1dépenses dans trois supports : les écrans decinéma -85 %, la presse -23,1 % et les Magazines 3,6 12,5 -8,4magazines -8,4 %. Deux autres secteurs sonten légère hausse : la radio (+1,3 %) et la Radio 4,7 -9,6 1,3télévision (+0,7 %). L’affichage résiste mieuxavec 16,7 % de hausse par rapport à l’année Cinéma 0,2 -40 -85 Campagne : Buzzdernière. En variation mensuelle, les Distributeur : Solviddépenses publicitaires baissent de 24,5 % * Il s’agit du prix officiel de l’espace publicitaire Agence de communication : en directpar rapport au mois de juillet. hors remises et escomptes. Réservations média : en direct Budget (estimation)* : 5 680 000 dollars * Ce chiffre correspond au coût théorique de la cam- pagne, pas au prix effectivement payé, car celui-ci dépend des escomptes et rabais consentis. Source 42 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
44-46 lebanon valley alfa 645_68-69 affaire tourisme 10/1/13 4:53 PM Page1 LebanonValley En partenariat avecLe site # Sukleen, la société liba- Textos naise de gestion des Achieve-Careers, Touch lance déchets, va lancer une cam-Textos un nouveau site la mobile TV pagne promotionnelle visant à de recherche relancer son application pour Dalati & Nohrad’emploi L ’ opérateur de téléphonie mobile Touch a annoncé, iPhone. Développée par fin août, le lancement d’un nouveau service de dif- Apps2You et lancée en A chieve-Careers, une plate- fusion de chaînes de télévision sur son réseau de télé- décembre 2012, l’appli per- forme libanaise de recherche phonie mobile. Commercialisé à partir de 12 dollars par met à ses utilisateurs de d’emploi en ligne, a été lancée en mois, l’abonnement permet de visionner un quota limité signaler des sites publics pol- version bêta en septembre. Créé (5 heures sur 3G, 10 sur Wi-Fi) de programmes des lués dans le Grand Beyrouth par Jade Saab, diplômé en res- chaînes nationales et/ou internationales sur son smart- pour que les équipes de sources humaines et coach en phone ou sa tablette numérique. L’accès au programme Sukleen puissent y intervenir. recherche d’emploi, le site peut se faire soit à partir de l’application dédiée – dis- Mais le service peinait à se s’adresse aux recruteurs et ponible sur les plates-formes Android et Apple –, soit à concrétiser faute de moyens demandeurs d’emploi du Moyen- travers le site Internet de l’opérateur. Ce service propo- logistiques suffisants. Orient. Gratuit pour les deman- se également un bouquet de vidéos à la demande. L’infrastructure ayant été deurs d’emploi, le site propose Contrairement à la plupart des services Internet de ce revue, Sukleen espère relan- une interface de recherche en type, ces dernières ne sont pas vendues à l’unité, mais cer l’usage de l’appli déjà quatre clics : une fois son profil par forfaits mensuels allant de 17 dollars (5 heures sur téléchargée à plus de 5 000 personnel rempli, l’utilisateur doit 3G) à 31 dollars (15 heures). exemplaires. spécifier la zone géographique, le niveau de responsabilité, le type Dawlati, le portail dédié # Le Mix N’ Mentor 2013, de travail et le secteur concerné à la e-administration une tournée régionale par sa recherche afin que la plate- organisée par la plate-forme forme lui soumette les offres L e bureau du ministre d’État pour la Réforme admi- émiratienne Wamda de soutien d’emploi correspondant à ses cri- nistrative (Omsar) a lancé début septembre un por- à l’entrepreneuriat arabe, fait tères. Basée sur le même principe tail dédié à la numérisation de certaines formalités escale à Beyrouth le 12 de filtrage des annonces, la administratives. Baptisée Dawlati (dawlati.gov.lb), la octobre. Organisé en partena- consultation sommaire des candi- plate-forme permettra à terme aux usagers de gérer en riat avec Endeavor Lebanon, datures disponibles par les entre- ligne certaines demandes et démarches administratives, l’événement se tiendra à la prises est également gratuite. Les telles que des pièces relatives à l’état civil ou aux admi- Magnanerie de Sid el- créateurs du site se rémunèrent à nistrations concernées. La Sûreté générale, le ministère Bauchrié. La journée sera travers plusieurs services payants de l’Agriculture puis le ministère des Affaires étrangères structurée autour de sessions personnalisés comprenant notam- seront les premières administrations à proposer leurs ser- de mentorat avec de grands ment : l’accès aux données per- vices électroniques sur le portail. Facultative, la présence noms de l’entrepreneuriat sonnelles des candidats, la possi- des administrations sur Dawlati pourrait devenir obligatoi- libanais et arabe (Fadi bilité de poster une annonce re en cas d’adoption d’un projet de décret en ce sens par Ghandour, Samih Toukan, directement sur les profils des uti- le futur gouvernement. Une application mobile dédiée Henri Asseily…), des tables lisateurs ou l’organisation d’ate- permettant de se connecter au portail ou de suivre l’état rondes thématiques et des liers de coaching. La version défi- d’avancement de ses démarches depuis son terminal de mini-ateliers ouverts au nitive du site devrait voir le jour poche est également téléchargeable sur les plates- public. en fin d’année. formes Android, Apple et BlackBerry. # Le Libanais Hassan # L’Université américaine de Nagib Mikati lance le portail Dawlati. Kabbani a été nommé Beyrouth (AUB) a lancé en PDG de Zain Saudi, troisième août un nouveau programme opérateur de téléphonie mobile académique d’éducation aux en Arabie saoudite et filiale du nouveaux médias numériques. groupe koweïtien Zain – ges- Parrainée par l’Open Society tionnaire de Touch au Liban. Il Fondation, un groupe de pres- devra notamment aider l’opéra- sion politique fondé par le mil- teur qui avait 16 % du marché liardaire américain Georges saoudien en 2012 à renouer Soros, cette formation se dérou- avec les bénéfices, la société le à travers des sessions inten- ayant enregistré des pertes sives de trois semaines par an nettes de 99 millions de dollars et s’adresse aux étudiants de au deuxième trimestre. l’ensemble de la région. 44 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
44-46 lebanon valley alfa 645_68-69 affaire tourisme 10/1/13 4:53 PM Page2Suivez le geek Greg DemarqueÉlie Nasr et Ghady Rayess ont imposé FOO commeréférence de la production d’applications “Made in Lebanon”À voir les locaux de FOO, un “open space” de 200 m2 où une internationales (BBC, Bridgestone, Heineken…), musclent progressive- trentaine de programmeurs tentent de tenir le rythme de croi- ment leur équipe pour répondre à la demande et acceptent toujours plussière d’environ 15 applications par mois, difficile d’imaginer que de sollicitations pour rester rentables.quatre ans auparavant, la start-up se résumait à Ghady Rayess et C’est à partir de 2011 que, forts de leur nouvelle assise financière,Élie Nasr. Amis d’enfance et camarades de promotion, ils ont ils décident de marier la sous-traitance à leurs premières amours.d’abord tenté séparément l’aventure à l’étranger avant qu’Élie Nasr Du guide des cinémas libanais à l’agrégateur thématisé de Tweetsne réponde, en 2009, à l’appel de son copain Ghady – revenu au en passant par Beirut Airport – leur best seller déjà téléchargé plusLiban quelques années auparavant comme ingénieur chez l’opéra- de 100 000 fois – FOO engrange les succès auprès du public. Deteur Touch – pour se lancer à la conquête du marché encore bal- quoi donner des ailes au duo : en 2012, ils décident de créer unbutiant des applications de téléphonie mobile. incubateur intégré. Les coûts de production comme les bénéficesAvec tout juste 20 000 dollars en poche, sans banques ni investisseurs sont alors partagés à peu près équitablement avec le concepteur,en soutien, le challenge s’avère d’autant plus relevé que leurs premières qui touche néanmoins une surprime de 10 % pour l’idée. Le pre-idées peinent à sortir des cartons. Le déclic arrive au bout de quelques mier des cinq produits incubés, Psst, une application pour Facebookmois avec FOO-Me : une application multiservices – dont un système permettant de déclarer sa flamme de manière anonyme, parvientSMS gratuit – pour téléphones Nokia. Si les milliers de téléchargements par exemple à créer un certain ramdam médiatique à sa sortie engénérés ne leur rapportent pas un centime, ils vont leur offrir un formi- mai. Déclarant générer 25 % de marge nette à partir d’un chiffredable tremplin, incitant Nokia à promouvoir le duo auprès de ses clients. d’affaires qu’ils refusent de communiquer, les cofondateurs de FOOMais c’est sa sélection en finale du concours “Start-Up Demo 2010” misent désormais sur une stratégie de croissance autour de troisorganisé par l’Arabnet qui amorce un tournant dans leur modèle écono- axes : développer un marketing jusque-là négligé, ouvrir desmique. « Plusieurs entreprises de la région nous ont démarché pour antennes commerciales dans le Golfe et scinder en deux entités dis-développer des applis pour leur compte. Du coup, on s’est dit que cela tinctes la sous-traitance et la production interne.valait le coup de suspendre provisoirement le développement en internepour se consacrer à cette activité bien plus rémunératrice », poursuit-il. Cyrille NêmeUne parenthèse qui se mue vite en spirale : grâce au bouche-à-oreille,ils enchaînent les commandes, garnissent leur portfolio de références Alfa n’est pas responsable du contenu éditorial de cette rubrique45 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
44-46 lebanon valley alfa 645_68-69 affaire tourisme 10/1/13 4:53 PM Page3LebanonValleyL’arméeL’appli Berytech lance # L’homme d’affairespromeut Textosle concours “Digital palestinien Talal Aboula sécurité Arabic Content 2013” Ghazalé a annoncé àparticipative La réponse est 42 Beyrouth avoir consacré près L ’ édition 2013 du concours “Digital Arabic Content” de 10 millions de dollars surP résentée par le commande- (DAC) a été inaugurée à la mi-septembre à l’im- ses fonds personnels au déve- ment militaire comme meuble Berytech à Mathaf. Destiné aux créateurs loppement de Tagepedia, une« un canal de contact direct d’applications mobiles, ce concours s’inscrit dans la encyclopédie en ligne enavec les citoyens », LAF deuxième phase du projet de “Promotion de l’indus- arabe. Initié il y a cinq ans,Shield est une application trie du contenu numérique arabe” mis en œuvre par ce projet philanthropique visepour terminaux de poche qui la Commission économique et sociale pour l’Asie à renforcer la présence de lapermet de signaler instanta- occidentale de l’Onu (Escwa) en partenariat avec langue arabe sur Internet,nément à l’armée tout inci- l’incubateur libanais. Initiée en 2007, la première estimée entre 1 et 3 % dudent (enlèvement, vol à main phase du projet a consisté à établir un état des lieux contenu selon les sources.armée, conflit armé, etc.) ou de l’industrie des applications Web et mobile à travers Tagepedia devrait être lancéeélément suspect (voiture, per- plusieurs études thématiques. à la fin de l’année avec environsonne recherchée par la justi- Cette deuxième phase prévoit, elle, la tenue d’un 1 000 000 d’entrées, soit prèsce…) dans son voisinage. concours annuel destiné à sélectionner des projets du triple du nombre de pagesL’application, qui requiert la d’applications soumis par des étudiants et des jeunes en arabe sur Wikipedia.mention de l’identité et des entrepreneurs. Les projets peuvent être soumis jus-coordonnées de l’utilisateur qu’au 15 octobre 2013. Un comité d’experts composé # Autre initiative destinée àavant tout usage, dispose d’entrepreneurs et de professeurs d’université sélec- promouvoir l’usage deégalement d’une fonction tionnera le projet gagnant à la fin du mois. Son auteur l’arabe sur la Toile, l’ONG liba-“SOS” permettant de se faire bénéficiera d’une année d’incubation à Berytech à par- naise Social Media Exchangegéolocaliser puis secourir en tir de novembre. (SMEX) a lancé, début sep-cas de danger imminent. tembre, Tasharuk, un agréga-Enfin, elle offre à l’utilisateur 364 millions de dollars teur de contenus numériquesun certain nombre d’informa- en langues anglaise et arabe.tions sécuritaires – telles Chiffre d’affaires global du marché Centré sur les thématiquesqu’une carte interactive des libanais des TIC en 2013 relatives à l’utilisation des NTICsites dangereux (présence de et réseaux sociaux dans lamines antipersonnel, risques Cette projection de Business Monitor International région, le site aspire à devenird’avalanches…) ou la liste de traduit une progression de 8 % par rapport aux 336 une vitrine pour la productionnuméros d’urgence – ainsi qu’à millions de dollars réalisés par le secteur en 2012. de contenus arabes tiers maisl’ensemble des communiqués Soulignant les importants investissements réalisés ne propose aucun contenude l’armée. L’appli est téléchar- par les pouvoirs publics dans les infrastructures original.geable gratuitement sur les télécoms ces dernières années, le cabinet noteplates-formes Android et Apple. toutefois que cette croissance sera sensiblement # Le programme d’accéléra- affectée par les retombées du contexte politico- tion de start-up Seeqnce, sécuritaire sur l’économie. La vente de matériel dont la première session a été informatique continue de représenter près des deux achevée en juin 2013, va être tiers de ce chiffre d’affaires global, les prévisions délocalisé en ligne. Baptisé de Business Monitor International faisant état de Alice, le nouveau site permet 226 millions de dollars en 2013, soit une hausse au programme d’évoluer vers annuelle de 8 % due notamment au renouvellement une plate-forme de conseils et du parc généré par la sortie de Windows 8. La facilitation des investisse- vente de logiciels devrait, quant à elle, connaître ments. Une soixantaine d’ac- une hausse annuelle de 10 % – à 45 millions de teurs libanais ont été invités à dollars –, tandis que le chiffre d’affaires généré par tester ses services depuis la les services technologiques augmenterait de 9 %, mi-septembre avant le lance- à 93 millions de dollars. ment public de la version bêta en novembre. La sortie définitive d’Alice interviendra début 2014. Alfa n’est pas responsable du contenu éditorial de cette rubrique 46 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
48-49 lebanon valley hadjitouma 645_68-69 affaire tourisme 10/1/13 4:48 PM Page1Greg Demarque LebanonValley Bookwitty aspire à devenir l’Amazon des Cyrille Nême Nouvelle plate-forme de distribution internationale de livres développée par Cedar Books, Bookwitty, dont la version définitive est attendue en fin d’année, devrait étendre ses activités auprès du grand public tout en posant les bases d’un vaste réseau commercial reliant les libraires et bibliophiles du monde entier.
48-49 lebanon valley hadjitouma 645_68-69 affaire tourisme 10/1/13 4:48 PM Page2livres en langue étrangèreU tiliser la puissance de l’internet pour abolir les distances entre Beyrouth à sa prochaine visite, il peut l’avoir en quelques jours dans sa un ouvrage et ses lecteurs tout en redynamisant les ventes en boîte aux lettres pour une somme quasi équivalente au prix local. Notre perte de vitesse des petites librairies du monde entier, tel est le catalogue compte aujourd’hui plus de 20 millions d’ouvrages uniques,double défi que tente de relever Bookwitty, une nouvelle plate-forme de disponibles en six langues (anglais, français, arabe, espagnol, italien etdistribution de livres en ligne. Passionné de littérature comme de nouvelles allemand) et nous espérons couvrir l’essentiel de la production éditorialetechnologies, son concepteur, Cyril Hadji-Thomas, n’en est pas à son mondiale d’ici à cinq ans y compris les langues dialectales. »coup d’essai. Cedar Books, la société de commerce électronique cofon- Au-delà des librairies indépendantes, le réseau est également destiné auxdée en 2007 avec Samy Naufal, de la Librairie Antoine (voir Le Commerce journalistes ou blogueurs spécialisés dans la littérature. La version défini-du Levant n° 5588), permet déjà aux professionnels du livre d’enrichir leur tive de la plate-forme qui sera lancée à la fin de l’année leur permettracatalogue avec des références difficilement trouvables par les canaux de d’intégrer un module Bookwitty sur leur site Internet et de monétiser ainsidistribution classiques, à travers des vendeurs sur des plates-formes leur passion en devenant intermédiaire d’une transaction, contre unecomme Amazon où un site Internet dédié (Booksany). « Bookwitty amélio- commission d’environ 12 %, « c’est presque trois fois plus que ce quere ce concept en fournissant les outils permettant à tous, du libraire au touche une place de marché affiliée à Amazon », s’exclame Cyril Hadji-lecteur, de trouver rapidement l’ouvrage qu’ils cherchent à travers tous les Thomas. Car les concepteurs de Bookwitty n’entendent pas limiter sescanaux numériques possibles », résume Cyril Hadji-Thomas. fonctionnalités à l’expédition et la distribution. Outre cette activité com-S’il s’appuie sur les stocks propres de Cedar Books, Bookwitty reste avant merciale, le réseau a également vocation à devenir un lieu d’échange ettout un réseau intermédiaire mutualisant les stocks des libraires affiliés à de prescription culturelle en utilisant les outils des réseaux sociaux pourla plate-forme. Cette affiliation offre deux types d’avantages. Les librairies mettre en avant l’expertise de ses membres et fidéliser leur lectorat :membres peuvent d’abord valoriser leurs stocks à travers de nouveaux « L’idée est de permettre au client qui a lu un billet parlant d’un ouvragedébouchés internationaux : par exemple, si un libraire libanais membre de pointu sur son blog préféré de voir ce que les autres membres du réseaula plate-forme possède un ouvrage recherché par une librairie affiliée à en disent, de découvrir d’autres ouvrages sur la même thématique et deParis, cette dernière peut lui passer directement commande à travers la commander le tout directement depuis le blog en question. »plate-forme. Ils peuvent d’autre part enrichir leur catalogue en ligne avec Pour développer Bookwitty, les propriétaires de Cedar Books – Levantdes livres étrangers, la plate-forme assurant la totalité du service de livrai- Distributors, une société sœur de la Librairie Antoine dirigée par Samyson, de la librairie détentrice de l’ouvrage au destinataire final. Pour cela, Naufal, et Keeward, la holding de Cyril Hadji-Thomas – ont procédé àBookwitty s’appuie sur l’infrastructure logistique de Cedar Books et de ses une augmentation de capital. Les fonds d’investissement Bader etquatre entrepôts de transit (Beyrouth, Paris, Londres et New York). « Les Middle East Venture Partner ont chacun injecté en juin la moitié d’unclients peuvent récupérer leur commande chez le libraire, le recevoir million de dollars dans la société, en échange d’une part non révélée dudirectement chez eux, voire dans leur café littéraire préféré. Les libraires, capital. Le développement de Bookwitty devrait permettre à terme à laeux, peuvent ainsi se concentrer sur leur cœur de métier et se décharger société de multiplier par 10 le nombre de ses partenaires commerciauxde la partie logistique, particulièrement coûteuse lorsqu’elle n’est pas opti- – estimés à une cinquantaine actuellement, dont l’association califor-misée », explique Cyril Hadji-Thomas. nienne spécialisée dans le recyclage de livres d’occasion Green StreetPour se distinguer de la concurrence, Bookwitty mise également sur la Books – et de réaliser 6 000 à 10 000 ventes quotidiennes, soit lediversité éditoriale de son offre : alors que la plupart des sites spécialisés double de l’activité actuelle. Le chiffre d’affaires de Cedar Books, réali-dans le commerce électronique d’ouvrages, tels que les plates-formes sé principalement en Amérique du Nord et en Europe et s’élevant ànationales d’Amazon, restent centrés sur le marché local et des ouvrages environ 12 millions de dollars en 2012, devrait, lui, atteindre 20 millionsdéjà bien référencés ; la plate-forme met en avant sa capacité à fournir de dollars pour l’année 2013, selon les prévisions de son PDG. À terme,des livres de niche, dans leur langue d’édition originale. « Par exemple, il ambitionne de faire de sa plate-forme une référence mondiale de lagrâce à notre réseau, le Libanais expatrié à New York n’a plus besoin de distribution de livres de niche et, pourquoi pas, contribuer à « renouve-demander à son père de lui ramener le dernier roman en vogue à ler l’écosystème du livre ». C49 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
50-58 Banques article 645_32-33 Finances et assurances 10/1/13 4:59 PM Page1 financesbanquesLes banques libanaises résistentdans un contexte régional difficileDossier réalisé par Louise MeunierMalgré les tensions régionales et une croissance économique au ralenti, les activitésdes banques libanaises ont connu une croissance modérée. La prudence et la bonnegestion du système bancaire permettent au secteur de faire face.C omme en 2012, les banques liba- 83 % du total des actifs, soit 131,3 milliards octroyés au secteur privé), due à la pruden- naises ont fait face à un contexte éco- de dollars, affichant une croissance de 5 % ce des établissements bancaires. Walid nomique et politique compliqué. Le entre décembre 2012 et juin 2013. Une Raphaël, directeur général de la Banqueralentissement de l’économie libanaise s’est situation qui illustre la résilience du secteur libano-française, reconnaît que les critèrespoursuivi au premier semestre comme le reflè- face aux conditions économiques difficiles d’octroi d’un prêt sont aujourd’hui plustent la plupart des indicateurs économiques de ce début d’année et qui montre que les stricts : « Évidemment nous privilégions lesavec des importations stables, une stagnation banques libanaises sont encore aptes à atti- projets les plus solides et les mieux capitali-des dépenses privées et une baisse importante rer des dépôts. sés », explique-t-il.des investissements. « La crise conjoncturelle Les dépôts des résidents représentent 104,6 Cette croissance est largement imputableque traverse le pays a augmenté les craintes milliards de dollars, en croissance de 3,2 % aux clients résidents qui ont bénéficié de 1,5des investisseurs étrangers au regard des fac- en six mois. La croissance des dépôts des milliard de dollars de crédits additionnelsteurs de risque et d’incertitude », résume Saad non-résidents est, elle, plus importante avec alors que dans le même temps les clientsAzhari, PDG de la Blom Bank. « Depuis la 12,4 % de dépôts supplémentaires par rap- non résidents ont enregistré une contractiondémission de Nagib Mikati, nous naviguons port au mois de décembre 2012. Dans le des crédits de 154 millions de dollars danssans gouvernement et sans véritables orienta- même temps, le ratio de dollarisation des un contexte de prudence des investisseurstions », ajoute Alain Wanna, directeur général dépôts a légèrement augmenté, passant de étrangers. 40 % des crédits sont aujourd’huiadjoint, responsable des marchés de capitaux 64,8 % en décembre 2012 à 65,7 % en juin octroyés en livres libanaises alors qu’ilset des institutions financières du groupe Byblos 2013. « Ce n’est pas nouveau, tempère représentaient seulement 23,8 % en 2011.Bank. Dans le contexte de la crise syrienne et de Alain Wanna. Le plus important étant que Une évolution qui résulte de la politique misela crise financière à Chypre, les banques liba- ces dépôts sont bien restés dans le pays. » en place par la Banque centrale pour inciternaises ont choisi de jouer la carte de la pruden- La dollarisation des dépôts fluctue depuis les banques à prêter en livres libanaisesce et ont freiné le développement de leurs acti- quelques années. Après avoir atteint son depuis 2009-2010.vités régionales. Conséquence, le secteur ban- niveau le plus bas en 16 ans à 62,5 % en Dans un contexte morose, la croissance descaire libanais a connu une croissance modérée juin 2010, elle avait connu une forte aug- prêts a pu être assurée notamment par l’ac-au premier semestre 2013 avec une progres- mentation en 2011 à 66,7 % pour baisser tion de la Banque centrale. En début d’an-sion de 4 % des actifs consolidés qui atteignent légèrement l’année dernière à 64,8 %. née, elle a étendu de 1,4 milliard de dollars157,9 milliards de dollars contre 147,1 milliards les crédits subventionnés accordés aux sec-de dollars au mois d’août 2012 : « Il faut s’esti- LES CRÉDITS AU SECTEUR PRIVÉ teurs productifs. « Cela nous a permis demer heureux d’avoir une activité normale dans EN FAIBLE AUGMENTATION continuer à fournir aux différents secteursun contexte anormal », relativise Makram économiques des prêts à des taux compéti-Sader, secrétaire général de l’Association des Les crédits au secteur privé accusent le coup tifs », explique Raoul Nehmé, directeur géné-banques au Liban. avec une augmentation limitée de 3,2 % au ral de la BLC Bank. À la Blom Bank cette cours du premier semestre, ce qui corres- mesure s’est soldée par une croissance desDÉPÔTS : RÉSIDENTS pond en terme absolu à 1,4 milliard de dol- prêts personnels de 12 % par rapport à l’an-ET NON-RÉSIDENTS À PARTS ÉGALES lars de crédits supplémentaires accordés. née précédente. Une croissance inférieure de 40 % à celle de Le ratio crédits sur dépôts est resté quasiCe sont les dépôts du secteur privé qui ali- la période correspondante en 2012 (avec identique à celui de 2012, passant de 34,8 %mentent cette croissance : ils représentent 2,3 milliards de dollars supplémentaires à 34,2 % en 2013. Un témoin du bon ➔ 50 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
50-58 Banques article 645_32-33 Finances et assurances 10/1/13 4:59 PM Page2 financesbanquesniveau de liquidité des banques, notamment Les principaux chiffres du secteur bancaire libanais hors filiales étrangèresen ce qui concerne le taux de liquidités pri- (en millions de dollars)maires qui s’établit à 39,1 % selon le rapportdu groupe Alpha qui prend en compte les Décembre 2012 Juillet 2013 Var (%)résultats des treize banques aux dépôtssupérieurs à 2 milliards de dollars. En paral- Bilan 152 642 158 600 3,9lèle, la part des créances douteuses a dimi- 134 550 4,9nué, passant de 6,24 % en décembre 2012 Total dépôts 128 289 104 623 3,2à 5,68 % en juin 2013. Dans le même 27 211 12,4temps, les provisions constituées par les Dépôts du secteur privé résident 101 416 1,6banques pour faire face à ces créances dou- 2 716 4,6teuses atteignent les 77 %. Dépôts du secteur privé non-résident 24 207 78 438 4,0Ce fort niveau de liquidités et ces provisions 45 397 5,6élevées permettent au secteur bancaire Dépôts secteur public 2 672 33 041 7,2d’être plus sûr : « Lorsque nous maintenons 13 62545 % de nos dépôts en dollars sous forme Total crédits 74 956liquide cela a un coût, mais c’est une assu-rance pour nos banques », explique Makram Total crédits au secteur privé résident et non résident 43 669Sader. Crédits au secteur public 31 287EXPOSITION TOUJOURS ÉLEVÉEAU RISQUE SOUVERAIN Capitaux propres 12 705Les crédits au secteur public sont quant à Source : ABL.eux en hausse de 11 % depuis un an« contrairement à l’impression qu’on pourrait ce de ces engagements permet néanmoins « ce qui coûte plus cher », explique Alainavoir que les banques ne prêtent plus à l’É- aux banques de conserver un bon niveau detat », précise Makram Sader. La souscription liquidités, accessibles rapidement », Wanna. En 2011 comme en 2012, la banquede bons du Trésor en livres libanaises s’est explique Makram Sader. La maturité moyen-ralentie, avec une croissance limitée de ne de l’ensemble du portefeuille en bons du a par exemple placé 300 millions de dollars à5,5 % entre juillet 2012 et juillet 2013. Dans Trésor auprès de l’État étant de 1,1 an etle même temps, la taille du portefeuille total celle en eurobonds de 5,9 ans. l’étranger pour des périodes de 10 ans.d’eurobonds a atteint 20,7 milliards de dol-lars en juin 2013, contre 19,7 milliards de RENTABILITÉ STAGNANTE Grâce à ces politiques, la capitalisation desdollars en décembre 2012. En parallèle, POUR LES BANQUESl’ensemble des avoirs des banques commer- banques est renforcée depuis 2011 et seciales auprès de la Banque centrale a aug- Dans un contexte d’exploitation difficile, lesmenté de 8,5 % en un an. profits nets ont augmenté d’à peine 1,3 % poursuit cette année. Le ratio de capitalisa-L’exposition des banques au risque souve- au premier semestre, selon le rapport durain reste ainsi importante à 55,9 % du total groupe Alpha concernant les 13 premières tion calculé selon l’accord dit de Bâle III adu bilan consolidé des banques libanaises, banques du pays.selon l’Association des banques au Liban, La croissance du bénéfice net d’exploitation, atteint 13 % en juin 2013 selon les dernierscontre 55,4 % en 2012. « La courte échéan- qui est de 6,8 % cette année, est principale- ment tirée par les revenus des commissions chiffres de la BDL, demeurant supérieur au qui représentent 40 % des bénéfices, contre 37,2 % au premier semestre de 2012. La minimum requis de 7 %. Il assure ainsi aux croissance des bénéfices d’exploitation a même été dépassée par celle des charges banques libanaises des facteurs de résilien- d’exploitation qui ont augmenté de 8,6 % durant les six premiers mois de l’année. Pour ce adéquats afin de faire face à des pres- sécuriser leurs fonds, les banques ont choisi de les placer à l’étranger sur du long terme sions potentielles sur leur capital, selon le rapport de Bank Audi pour le deuxième tri- mestre 2013. Dans les mois à venir la stratégie des banques devrait être similaire : dans l’at- tente d’une amélioration de l’environne- ment politique et économique au niveau régional, la prudence est de mise. Selon les évaluations les plus optimistes, la crois- sance devrait être de l’ordre de 1 à 2 %. Dans ce contexte, conclut Alain Wanna, « nous poursuivons notre stratégie conser- vatrice en attendant des signes clairs sur l’avenir du pays ». C ➔ 52 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
50-58 Banques article 645_32-33 Finances et assurances 10/1/13 4:59 PM Page3 financesbanquesLes banques libanaiseslimitent leurs activités en SyrieL. M.Depuis le début du conflit syrien, il y a plus de deux ans, les banques libanaisesprésentes dans le pays ont joué la carte de la prudence. Seules les opérationscourantes sont assurées alors que les profits nets sont en forte baisse.S ept banques libanaises opèrent toujours Bank Audi en Syrie était de 2 milliards de et dégager des bénéfices comptables, en Syrie : la Bemo, la Bank Audi, la dollars, fin août 2013, il est de 340 mil-Blom Bank, la Fransabank, la Banque libano- lions de dollars, soit 83 % de baisse. mais elles ne le feront pas par prudence »,française, la Byblos Bank et la First National Dans un contexte normal, la croissanceBank (une banque arabe à capitaux libanais annuelle des actifs aurait dû être de 600 précise-t-il.en Syrie). à 700 millions de dollars, selon les prévi-Depuis le mois de mars 2011, elles sont sions. « Ce ne sont donc pas des pertes Malgré la situation, les établissements ban-confrontées à une baisse de leurs activités sèches que nous avons subies, mais undu fait du conflit. Malgré une augmenta- manque à gagner sur nos activités », pré- caires libanais ont décidé de rester présentstion nominale des dépôts de la clientèle de cise Freddie Baz.45,6 % par rapport à la fin de l’année en Syrie. « Nous sommes encore physique-2012, au premier semestre de 2013, les GESTION DES OPÉRATIONSbanques libanaises présentes en Syrie ont COURANTES ment ouverts dans trois villes : Alepvu leurs dépôts baisser de 85 % du fait dela dépréciation de la livre syrienne. Depuis En 2012, la Banque centrale avait autorisé (quelques heures par jour), Damas etle début du conflit, elle a perdu les trois les banques à augmenter leurs provisionsquarts de sa valeur en dollars, passant de en Syrie à hauteur de 400 millions de dol- Lattaquié », précise Walid Raphaël, de la50 livres pour un dollar en 2011 à 200 lars. Cette année, il n’y a pas eu de consti-livres pour un dollar fin septembre. Au tution de nouvelles provisions du fait de la Banque libano-française dont la priorité estdernier trimestre, les profits des banques dépréciation de la livre syrienne.libanaises opérant en Syrie ont ainsi bais- « L’essentiel de nos dettes en Syrie sont aujourd’hui la sécurité des employés quisé de 98,2 % à 640 000 dollars, contre en livres syriennes, alors que nos provi-49,8 millions de dollars pour la même sions sont en dollars », explique Makram gèrent les opérations courantes.période en 2012. Un résultat à nuancer, Sader, de l’Association des banques aucar les banques déclarent leurs résultats Liban. « Aujourd’hui les banques pour- Les activités des banques sont de fait limitéesen monnaie locale. En livres syriennes, les raient en théorie récupérer des provisionsbénéfices nets ont augmenté de 591 % à en Syrie par les sanctions internationales13,1 milliards de livres syriennes. Malgré une augmentationL’augmentation est largement imputable à nominale des dépôts imposées par les États-Unis et l’Europe.la dévaluation, puisque les banques étran- de la clientèle,gères doivent posséder 40 % de leur capi- les banques libanaises « Impossible pour nos clients de déplacer leurstal en devises.« Les banques libanaises ont volontaire- présentes en Syrie ont vu dépôts », explique Alain Wanna, directeurment réduit leurs activités dans le pays en leurs dépôts baisserdiminuant la taille de leurs actifs », général adjoint, responsable des marchés deexplique Freddie Baz, directeur financier du fait de la dépréciationet de la stratégie de la Bank Audi. En de la livre syrienne capitaux et des institutions financières dudécembre 2010, le total des actifs de la groupe Byblos Bank. Les filiales syriennes des banques libanaises sont contraintes par l’inter- diction pour les banques américaines de trai- ter avec les banques syriennes à des fins commerciales. Les banques se retrouvent donc avec des clients dont les avoirs ne peu- vent pas transiter par le système internatio- nal, car tout transfert en dollars passe à tra- vers les États-Unis. Malgré cela, les banques libanaises reconnais- sent l’importance du marché syrien : « Ce mar- ché bancaire sera potentiellement très promet- teur à moyen et long terme, et nous comptons nous y engager d’une manière significative une fois la crise terminée », explique Saad Azhari, le PDG de la Blom Bank. Pour Makram Sader, « une fois la crise résolue, les banques liba- naises auront une occasion en or de participer à la reconstruction ». C ➔ 54 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
50-58 Banques article 645_32-33 Finances et assurances 10/1/13 4:59 PM Page4 financesbanquesMakram Sader, secrétaire général de l’Association des banques au Liban« Les crédits soutiennent la croissance »Propos recueillis par S.R. et L.M.Comment se porte le secteur bancaire Greg Demarquedepuis le début de l’année 2013 ?Entre juillet 2012 et juillet 2013, le secteur le différentiel entre les taux internationaux et région n’augmente pas. Après plusieursbancaire est en croissance de 8,5 % (un les taux libanais est important : nousrythme de croissance inchangé par rapport sommes à 2,89 % de taux moyen à trois années de redéploiement des banques liba-à l’année précédente). Et l’ensemble des mois. Nous avons donc encore une margecrédits à l’économie sont en hausse d’en- d’absorption des variations internationales. naises dans la région, nous aurions puviron 10 % sur la même période. Cettehausse supérieure à celle du bilan consoli- Quel a été l’impact du contexte régional attendre une contribution de 25 à 30 % dedé montre l’effet positif des mesures de (Syrie, Égypte) sur l’activité des banquesrelance de la Banque du Liban (BDL) adop- libanaises ? l’activité extérieure dans le bilan consolidétées en début d’année. Ce plan de relance Dans un contexte normal, nous aurions pudes prêts subventionnés a permis de stabi- compenser la baisse de l’activité locale par du secteur. Cette part reste autour de 17 %,liser le recul de l’activité : les crédits sont une hausse de l’activité régionale. Mais avecle principal déterminant de la croissance le conflit en Syrie et l’insécurité politique en sans évolution notable. C’est un manque àéconomique du Liban. Mais il faut être Égypte, la part des profits provenant de laconscient que ce chiffre représente la gagner certain.croissance nominale et non pas la crois-sance réelle que personne ne connaît à En parallèle, les crédits aux non-résidentsdéfaut de comptabilité nationale. D’aprèsles différentes estimations, elle varierait sont à 8 143 millions de dollars, contre 8entre -1 % et +1 % cette année.Il n’y a pas eu de changement dans la struc- milliards l’année dernière, soit une hausseture d’allocation des crédits aux différentssecteurs de l’économie. Une grande part du marginale. Cela signifie que les activitésportefeuille revient aux crédits logement.Avec un crédit moyen de 50 000 à 70 000 régionales de nos clients ne sont pas davan-dollars, le risque est très bien réparti sur ungrand nombre de débiteurs. Au total, nous tage un moteur d’activité. C ➔avons enregistré 900 000 nouveaux créditshabitat entre juillet 2012 et juillet 2013.La perspective de relèvement des tauxd’intérêt internationaux fait-elle peser unrisque sur le secteur bancaire libanais ?Pour l’instant, on parle davantage de cettehausse qu’elle ne se réalise. Le Libor à troismois qui sert de référence aux taux libanaisvarie depuis 2011 autour de 0,3 %. Je nevois pas de risque d’augmentation rapidedans les prochains mois, ni même dans lesdeux prochaines années. Dans tous les cas, 56 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
50-58 Banques article 645_32-33 Finances et assurances 10/1/13 4:59 PM Page5 financesbanquesLa Banque centrale encourageles banques à investir dans les start-upMonique PouponLa Banque centrale a lancé un nouveau mécanisme destiné à encourager les banqueslibanaises à investir dans des start-up. Des dizaines de millions de dollars pourraient ainsiêtre libérés sous forme de capital pour favoriser l’entrepreneuriat et la création d’emplois.L a circulaire 331 du 22 août 2013 de la L’INVESTISSEMENT EN CAPITAL sont à long terme, ce qui suppose de la Banque centrale donne la possibilité aux COMME SOLUTION À L’ENDETTEMENTbanques libanaises d’investir dans des start- création de valeur et mène généralement àup, des incubateurs et des accélérateurs Les banques libanaises dont les dépôts aug-libanais spécialisés dans la technologie, mentent d’environ 10 % par an regorgent de une croissance plus rapide, que dans le casInternet, l’économie du savoir, soit des liquidités. Mais les prêts aux petites etpetites entreprises étant en mesure de géné- moyennes entreprises sont limités, car les d’une entreprise financée par de la dette »,rer des revenus plus vite que des coûts et banques sont peu enclines à la prise dedonc de croître rapidement. Les banques risque, en particulier lorsque les emprunts poursuit Samer Karam, pour qui les banquespourront investir jusqu’à 80 % du capital fragilisent de façon significative le profild’une entreprise pendant sept ans maxi- d’une entreprise disposant de peu de capital libanaises sont potentiellement « plus effi-mum. Au total, des dizaines de millions de propre. C’est alors un cercle vicieux, car lesdollars sont potentiellement disponibles pour investisseurs se découragent face à une caces et faciles à motiver de par leur impli-le développement du secteur des nouvelles start-up endettée.technologies. Pour Samer Karam, fondateur et PDG de cation nationale, leur infrastructure, leursEn échange de leur investissement, les Seeqnce, la Banque centrale a été inspiréebanques obtiennent des facilités de crédits par la croissance en qualité et en quantité ressources… que des investisseurs privésà taux zéro de la Banque centrale pendant des start-up libanaises, c’est pourquoi « ellela durée de leur participation au finance- a décidé de soutenir leur financement ». qui doivent se convaincre et convaincre leursment d’une entreprise, à condition de Selon lui, la circulaire 331 est « une basejouer un rôle actif dans son développe- solide pour encourager l’investissement responsables financiers du rendementment et sa gouvernance. Ces crédits sont équitable, un investissement où toutes lescalculés de façon à garantir au moins parties impliquées sont justement rétribuées potentiel de l’investissement au Liban ».75 % de l’investissement, voire davantage pour leur contribution. Elle ouvrira de nom-en cas de difficulté financière ou de grand breuses opportunités pour les incubateurs et Le bulletin de la BlomInvest Bank insiste aussiintérêt du projet financé. Les banques les accélérateurs, désormais à même dedevront reverser à la Banque centrale soutenir davantage de start-up, tout en ne sur l’importance de l’allègement du risque50 % des profits réalisés aussi bien en cas faisant pas prendre trop de risques auxde vente des parts de la compagnie qu’en banques ». « Les investissements en capital dont bénéficient les banques : leur expositioncas de distribution de dividendes. Le soldede la cession des parts doit être réinvesti Les banques est limitée à 25 % de leur investissement dudans une autre start-up ou accélérateur sont autoriséesdans les six mois, ou être affecté à une à investir jusqu’à 3 % fait du crédit subventionné de la Banque cen-augmentation du capital de la banque elle- de leur capitalmême. La BLC Bank, Blom Bank, la Bank trale. Les banques sont autorisées à investirAudi et al-Mawarid sont parmi les pre-mières banques à se dire intéressées par jusqu’à 3 % de leur capital (dont maximumle processus. 10 % dans une seule entreprise pour multi- plier les bénéficiaires), ce qui représenterait à titre d’exemple une soixantaine de millions de dollars pour les banques les plus importantes telles que Blom et Audi, soit 6 millions de dol- lars pour une seule entreprise. « Les montants permis par la Banque du Liban peuvent aller de 4 000 à 40 millions de dollars, décrit Samer Karam, ce qui couvrirait l’évolution complète d’une start-up. ». Selon la BlomInvest Bank, des points restent toutefois à clarifier, comme le rôle que va jouer la banque dans la gestion des entre- prises dans laquelle elle investit. Si elle doit allouer des ressources humaines, elle pour- rait préférer investir plutôt dans des incuba- teurs et des accélérateurs, eux-mêmes capables d’accompagner des petites et moyennes entreprises. C ➔ 58 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
60-64 banques portraits 645_44-46 banque en couverture 10/1/13 4:56 PM Page1financesbanques La Blom Bank se tourne vers l’IrakBank Audi, le pari réussi de la TurquieLa Bank Audi a obtenu la Bilan consolidé 1er semestre Au premier semestre, la Blom Bilan consolidé 1er semestre licence d’ouverture de sa Bank affiche des bénéfices enfiliale turque OdeaBank en En millions de dollars hausse de 6,4 % par rapport à la En millions de dollarsnovembre 2012. Après 10 mois même période en 2012, à 176d’exploitation, elle totalise en Total actif 33 862 millions de dollars. En termes de Total actif 25 274août près de cinq milliards de rentabilité des actifs et des capi-dépôts, soit 1 % du marché turc Var. annuelle 17% taux, il s’agit de la meilleure per- Var. annuelle +6,1%et 3,6 milliards de dollars de formance parmi les banques liba-crédits. Un bilan plus que positif Fonds propres 2 697 naises cotées en Bourse. C’est la Fonds propres 2,2 milliardspour Freddie Baz, directeur conséquence de la « politiquefinancier et de la stratégie du Var. annuelle 4,1% conservatrice » d’expansion au Var. annuelle +7,3%groupe : « Face à nous, des Liban et à l’étranger dans unbanques européennes installées Dépôts 29 308 contexte économique difficile, Dépôts 22 056depuis 25 ans représentent 2,5 % explique le PDG Saad Azhari.de parts de marché en ce qui Var. annuelle 18% Au Liban, la banque entend renfor- Var. annuelle +5,7%concerne les dépôts », explique- cer ses activités de prêts, notam-t-il. Dès son ouverture, la straté- Crédits 12 773 ment ceux du détail. Une politique Crédits 5 989gie de la banque a été de miser rendue possible grâce à l’exten-sur le capital humain avec 700 Var. annuelle 40% sion de crédits subventionnés opé- Var. annuelle +3,1%employés dont seulement deux rée par la Banque centrale. Finsont libanais. Avec une popula- Bénéfices nets 188 juin, les crédits au détail sont en Bénéfices nets 176tion totale équivalente au quart hausse de 12 % sur un an etde la population des pays arabes Var. annuelle 0% représentent désormais 36,9 % Var. annuelle +6,4%et un PIB qui représente le tiers de l’ensemble de son portefeuilledes PIB consolidés du monde En % de créances, contre 26,3 % pour En %arabe, le marché turc offre des les crédits Corporate, 17,2 %opportunités de développement Ratio crédits sur dépôts 43,58% aux PME, 12,2 % au finance- Ratio crédits sur dépôts 66,5%importantes. OdeaBank compte ment de projets, 4,7 % à l’immo-passer de 17 à 30 agences d’ici ROAA 1,16% bilier et 1 % de prêts syndiqués. ROAA 1,4%à fin 2013, pour atteindre la À ’étranger, la banque est actuel-centaine d’agences à travers le ROAE 16,22% lement installée dans douze pays ROAE 16,6%pays dans les cinq prochaines avec 210 unités financières répar-années. L’objectif est de faire de En unités ties au Moyen-Orient et en Europe. En unitésla filiale turque la deuxième enti- « Nos unités européennes sontté du groupe après le Liban. Nb. d’agences 177 spécialement conçues pour les Nb. d’agences* 185Dans le contexte régional de la expatriés libanais et arabes, tandiscrise en Syrie et des difficultés Nb. d’employés 5 398 que nos unités au Moyen-Orient Nb. d’employés** 4 438 rencontrées en Égypte comme * (y compris étrangers) en Jordanie, cette installation permet au groupe de compenser sont conçues pour servir des les pertes d’opportunités dans la région. clients locaux », précise Saad Dans le même temps, au Liban, la banque se dit confortablement Azhari. Cette année, la banque se positionnée en tête du secteur avec près de 34 milliards de dol- tourne vers l’Irak, avec l’ouverture lars d’actifs en 2013, en croissan- ce de 7 % par rapport à l’année prochaine de nouvelles branches à dernière. La Bank Audi détient un cinquième des parts de marché du Bagdad et à Erbil. Au Qatar ainsi secteur bancaire libanais contre une moyenne de 1,25 % pour les qu’aux Émirats arabes unis, l’ob- autres banques. C jectif de la Blom Bank est de renforcer le Corporate Banking. Également présente en Égypte, la banque entend fortifier ses activités de prêts accordés aux grandes entreprises des secteurs épargnés pas la crise comme l’in- dustrie alimentaire. C ➔ 60 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
60-64 banques portraits 645_44-46 banque en couverture 10/1/13 4:56 PM Page2 financesbanques Byblos Bank : ratio record de liquidités BLC Bank : une année au féminin Greg DemarqueAvec 17 milliards de dollars Bilan consolidé 1er semestre La BLC Bank a lancé fin 2012 le Bilan consolidé* 1er semestre d’actifs au premier semestre projet “We initiative” qui2013, la Byblos Bank se place En millions de dollars s’adresse aux femmes pour les En millions de dollarstroisième dans le classement des aider à financer leurs projets.banques Alpha. Ses dépôts ont Total actif 17 655 « C’est un changement culturel Total actif 5 104augmenté de 5,08 % à 14 mil- profond que nous devons opérer »,liards de dollars, mais les profits Var. annuelle 3,2% explique Raoul Nehmé, directeur Var. annuelle 0,19%stagnent. « La situation est la général de la BLC Bank. Un parimême dans tout le secteur », Fonds propres 1 845 qui vise à changer les mentalités : Fonds propres 378explique Alain Wanna, directeur « Historiquement quand unegénéral adjoint, responsable des Var. annuelle -4,6% femme vient demander un prêt, on Var. annuelle 1,14%marchés de capitaux et des insti- lui demande ce que fait son mari,tutions financières du groupe Dépôts 14 134 son père. » Aidée par la Société Dépôts 4 286Byblos Bank. En période d’incerti- financière internationale (groupetude, la stratégie du groupe est Var. annuelle 5,1% Banque mondiale), la BLC Bank a Var. annuelle -0,13%claire : assurer ses liquidités et mis en place un cycle de formationsa capitalisation. La banque Crédits 4 120 pour son personnel. “We initiative” Crédits 1 803vient d’ailleurs d’être désignée s’adresse aux projets personnelscomme la plus solide au Liban Var. annuelle -0,5% ou de créations d’entreprises. Var. annuelle 1,51%par le magazine américain The « Réputées plus prudentes que lesBanker avec un ratio de fonds Bénéfices nets 76 hommes, les femmes représen- Bénéfices nets 17,47propres de base de 8,18 %. tent un risque plus faible en matiè-« Nous avons également le Var. annuelle -5,6% re commerciale », explique Raoul Var. annuelle 12,48%plus haut taux de liquidités Nehmé. Un programme qui aparmi les banques libanaises En % d’ores et déjà porté ses fruits avec En %à 65,7 % », affirme Alain l’augmentation du nombre deWanna. Pour cela, la Byblos Ratio crédits sur dépôts 29,16% clientes et qui atteint 48 % pour Ratio crédits sur dépôts 42%Bank place une partie de ses les PME et 4 % pour les prêts à laavoirs à l’étranger à des taux ROAA 0,87% consommation. “We initiative” ROAA 0,69%moins élevés « mais plus sûrs ». entre dans un objectif de diversifi-Avant la crise, la stratégie de la ROAE 9,70% cation des activités de la banque ROAE 9,29%banque était à l’expansion. dans un contexte général morose.« Nous avons été les premiers à En unités « Beaucoup de nos clients ont En unitésnous installer en Irak par décidé de réduire leurs investisse-exemple », explique Alain Nb. d’agences 102 ments face aux incertitudes », Nb. d’agences 55Wanna. Aujourd’hui présente en explique Raoul Nehmé, précisantSyrie, aux Émirats arabes unis, Nb. d’employés 2 538 que la croissance de la BLC Bank Nb. d’employés 973 * Non audité au Soudan, au Nigeria, en en 2013 est de 11 % inférieure à République démocratique du Congo, en Arménie, à Chypre et celle de l’année précédente qui en Belgique, en France et en Angleterre, la Byblos Bank sou- était de 33 % pour la même pério- haite continuer dans la même direction et tourne son regard de. La banque entend optimiser vers l’Afrique et surtout la Turquie. « Nous n’y sommes pas les secteurs porteurs comme l’au- encore, il est naturel de penser à s’y installer », précise Alain tomobile, où elle est leader en Wanna, sans donner d’échéan- ciers précis. En Irak, où la banque termes de prêts et le secteur des dispose d’agences à Bagdad, Erbil et Bassora, la prochaine PME. Dans ce but, la BLC Bank étape sera Suleymanié. C participe au nouveau programme de la Banque centrale lancé en août pour inciter les banques à entrer au capital de start-up. Plusieurs projets soutenus par la banque devraient débuter d’ici à la fin de cette année. C ➔ 62 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
60-64 banques portraits 645_44-46 banque en couverture 10/1/13 4:56 PM Page3 financesbanques La BBAC étend son réseau libanais La Banque libano-française maintient son activité de créditsGreg Demarque Dans un contexte régional diffi- Bilan consolidé 1er semestre « L a stratégie d’expansion Bilan consolidé* 1er semestre cile, la Banque libano-françai- locale de la BBAC consiste se joue la carte de la prudence. En millions de dollars à ouvrir deux à trois nouvelles En millions de dollars Avec une croissance ramenée agences par an », explique cette année à 4 %, le mot d’ordre Total actif 10 494 Ghassan Assaf, son PDG. À ce Total actif 4 922 de Walid Raphaël, son directeur jour, la banque compte 37 général, est « développement maî- Var. annuelle 2,6% agences et 52 distributeurs de Var. annuelle 7,6% trisé ». Cela se traduit par un enga- billets à travers le pays. En janvier gement à maintenir son activité de Fonds propres 865 et avril, deux agences ont été inau- Fonds propres 396 crédits tout en limitant les risques. gurées dans les quartiers de La BLF a alloué 3,5 milliards de Var. annuelle 8,9% Chiyah et Bliss. Deux nouvelles Var. annuelle 9,6% dollars de crédits cette année, en ouvertures sont prévues d’ici à la augmentation de 1,8 % par rap- Dépôts 9 188 fin de l’année, l’une en octobre à Dépôts 4 376 port à l’année dernière : « Nous Badaro et l’autre en décembre ou continuons de financer l’économie Var. annuelle 3,2% janvier 2014 à Hazmié. Une Var. annuelle 8,6% mais bien sûr à travers les projets extension géographique qui lui les plus solides », explique Walid Crédits 3 540 permet de développer sa politique Crédits 1 305 Raphaël, selon qui 70 % des acti- de prêts aux particuliers notam- vités de la banque sont orientées Var. annuelle 1,8% ment dans l’habitat. Au premier Var. annuelle 13% vers le corporate, contre 15 % semestre 2013, la banque a enre- dans le détail. À travers le plan de Bénéfices nets 47 gistré une hausse de 9 % de ses Bénéfices nets 25 soutien aux crédits subventionnés crédits (contre 7 % sur la même de la Banque centrale en début Var. annuelle 49,7% période en 2012). Dans le cadre Var. annuelle 15,1% d’année, la banque a mis l’accent de sa campagne “Mazroukeh ?”, sur les crédits verts. Grâce au En % la BBAC a lancé un prêt en livres En % soutien de la Société financière libanaises s’adressant aux clients internationale (SFI, groupe Banque Ratio crédits sur dépôts 38,5% qui souhaitent acheter, construire Ratio crédits sur dépôts 29,18% mondiale), ses équipes ont été ou restaurer une maison. Un pro- formées et les clients ont à pré- ROAA 0,9% duit qui permet d’emprunter jus- ROAA 0,91%** sent la possibilité d’avoir accès à qu’à 800 millions de livres liba- un audit énergétique. À l’interna- ROAE 11,1% naises, avec un taux d’intérêt de ROAE 12,27%** tional, la BLF revoit sa stratégie de 3,99 %, au lieu de 5,42 %, pour la développement. Orientée en gran- En unités première année et une période de En unités de partie vers la Syrie, elle a dû remboursement de 30 ans. Sur le changer de fusil d’épaule : les Nb. d’agences 61 plan régional, la BBAC met l’ac- Nb. d’agences 41 branches de la banque sont tou- cent sur l’Irak, tout en consolidant jours ouvertes à Alep, Damas et Nb. d’employés 1 294 ses positions dans les pays où elle Nb. d’employés 802 Lattaquié. « L’activité est à son *Bilan non consolidé. minimum », précise le dirigeant. **Décembre 2012 – variation annuelle. « Cependant, nos clients syriens ou libanais ont été nombreux à est déjà implantée : Chypre et vouloir acheter des résidences Abou Dhabi. « La croissance éco- secondaires à Paris ou à Londres, nomique de l’Irak implique des explique Walid Raphaël. Et la investissements en matière de banque SBA, notre filiale en reconstruction, de réhabilitation France, leur a offert des solutions des infrastructures et de diversifi- de financement. » Dernier mar- cation des sources de revenus du ché en vue pour la banque, l’Irak. pays, explique Ghassan Assaf. Une première agence a ouvert à Nous souhaitons y prendre part. » Bagdad en décembre 2012. Deux Déjà présente à Erbil et Bagdad, la nouvelles agences devraient BBAC a prévu de nouvelles ouver- ouvrir d’ici à la fin de l’année à tures dans d’autres régions du Erbil et Bassora. C pays, dit le PDG de la banque sans préciser encore lesquelles. C 64 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
66-71 economie salaires deputes 645_44-46 banque en couverture 10/2/13 11:49 AM Page1 économiefinances publiques Les privilèges des députés Lucien Chardon Début septembre, la députée du courant du Futur Bahia Hariri a rendu “au peuple libanais” le montant intégral de ses salaires de député depuis 2009, pour n’avoir « pas fait son devoir » au Parlement. Un geste qui pose indirectement la question de la rétribution de la classe politique libanaise dont la productivité est particulièrement faible. Ce n’est pas tant le niveau de leurs revenus qui pose problème que la nature de leurs avantages particuliers. 66 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
66-71 economie salaires deputes 645_44-46 banque en couverture 10/2/13 11:49 AM Page2U n peu plus de 350 000 dollars. C’est Bahia Hariri a décidé de rendre “au peuple libanais” le montant intégral de ses salaires de député depuis 2009 la somme que Bahia Hariri a décidé et les reverser au profit d’une caisse supervisée par le président de la République. de reverser au profit d’une caissesupervisée par le président de la République, absentéisme, notamment en commissions, où jamais les pieds. « La plupart des députésbaptisée “Je t’aime Liban 2020”, qui servira s’effectue la majeure partie du travail législatif. continuent d’exercer d’autres activités pro-à financer « des études, des stratégies et « Au sein des commissions, le taux d’absen- fessionnelles en dehors du Parlement, prin-des législations nécessaires » pour le Liban téisme varie souvent entre 60 et 80 %, et il est cipalement les médecins, les avocats et lesde 2020. Un montant qui correspond à l’in- de 10 % environ lors des séances plénières », ingénieurs », explique le député du couranttégralité des salaires perçus par la députée explique Lara Saadé, conseillère juridique pour du Futur Atef Majdalani. Les professionslors de sa mandature 2009-2013. Même si les affaires parlementaires auprès du député libérales ne sont en effet pas interdites pourle geste reste éminemment symbolique pour Samy Gemayel. Les différents députés ren- les parlementaires ; et les conflits d’intérêtune fortune estimée à 2,5 milliards de dol- contrés lors de l’enquête du Commerce du ne sont jamais contrôlés (en l’absence d’unelars (classement Forbes en 2012), il n’en Levant évaluent tous le taux d’absentéisme loi qui réglemente cette question), contraire-reste pas moins qu’il pose indirectement la aux commissions au-dessus de 50 % (il ment à ce qui se fait dans la majorité desproblématique de la rémunération de la clas- n’existe cependant pas de chiffres précis, le États étrangers. Seuls les métiers de juge etse politique libanaise dans son ensemble. vote n’étant pas électronique). À défaut du de fonctionnaire sont interdits pendantCar les responsables politiques bénéficient, quorum nécessaire, les réunions en commis- l’exercice du mandat parlementaire libanais.d’une part, de rétributions démesurées par sions sont parfois annulées à la dernière minu- Les députés consacrent aussi davantage derapport au travail législatif qu’ils effectuent te. Certaines commissions ne se réunissent temps à leurs relations publiques ou à offriret, de l’autre, ils bénéficient d’avantages en même presque jamais, en particulier la com- divers services à des électeurs. Dans la per-termes de retraite ou d’assurance santé par mission de l’Agriculture et du Tourisme, la ception traditionnelle libanaise, la relationexemple, qu’ils ne prennent pas la peine commission de la Jeunesse et des Sports ou avec les électeurs compte tout autant, voired’étendre à l’ensemble de la population, la commission de la Femme et de l’Enfant davantage que le travail législatif. « On nousalors que le souci de l’intérêt général est jus- (voir encadré). demande en permanence d’intervenir auprèstement au cœur de leur fonction. Dans certains pays de la région comme le des services de l’État afin de faciliter l’ac- Maroc, l’abstentionnisme des députés est complissement de procédures administra-UNE FAIBLE ACTIVITÉ LÉGISLATIVE déjà sanctionné financièrement. Au Liban, le tives », explique ainsi le député Fouad el- député Samy Gemayel a présenté en octobre Saad, député et ancien ministre d’État pourLe bilan de la productivité des députés lors 2012 une proposition d’amendement du la Réforme administrative. « Je me consacrede la législature 2009-2013 est effarant : les règlement intérieur du Parlement dans ce beaucoup à tous les électeurs de ma régiondéputés ne se sont réunis que 21 fois en sens. Elle stipule que chaque député n’as- qui me font confiance et qui ont besoinséances plénières en quatre ans, dont 13 sistant pas aux séances des commissions ou d’être aidés. Ce n’est pas principalement leseulement ont été consacrées au vote de de l’Assemblée plénière serait sanctionné à rôle du député, mais que peut-on y faire ? »lois, selon les chiffres publiés par la revue hauteur de 200 dollars par séance, sous- estime Gilberte Zouein, députée du Courantparlementaire al-Hayat al-Niyabiya. Au cours traits de ses indemnités, l’ensemble des patriotique libre (CPL). Ainsi, les parlemen-de ces séances, 183 lois ont été votées et sommes récoltées étant ensuite reversées à taires, au lieu de mettre en place un arsenalpubliées au Journal officiel (contre par la Défense civile. Le projet attend toujours législatif susceptible d’améliorer l’organisa-exemple 238 en France pour la même pério- d’être voté au Parlement. tion des services publics pour tous lesde). Mais ce chiffre, qui peut paraître impor- Les députés ne se déplacent pas au Libanais, préfèrent se substituer à l’État entant, est un leurre : très peu de lois structu- Parlement, parfois pour des raisons de sécu- offrant différents services par des canauxrelles ont été adoptées : la plupart des textes rité ou de boycott politique, mais pas seule- parallèles aux membres des communautéssoumis au vote sont de petits amendements ment. Entre 40 et 60 députés sont régulière- dont ils sont issus. Un paradoxe qui ne faitde lois anciennes, concernent la ratification ment présents dans leurs bureaux place de que creuser davantage les inégalités sur led’accords de prêts avec différents orga- l’Étoile, tandis qu’une trentaine n’y met plan national au lieu de les combler. ➔nismes internationaux (comme la Banquemondiale) ou touchent des sujets mineurs.Autre baromètre de l’activité des parlemen-taires : le nombre de propositions de loiseffectuées. En quatre ans, les 128 députésn’ont émis que 303 propositions de lois, soitmoins d’une proposition par député chaqueannée. Une cinquantaine de propositions delois ont été inscrites à l’ordre du jour de laséance plénière depuis des mois, mais n’onttoujours pas été votées. Selon une source auParlement, plus de 150 propositions de loissont toujours en suspens dans les tiroirs descommissions et des sous-commissions.Les parlementaires se distinguent par leur 67 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
66-71 economie salaires deputes 645_44-46 banque en couverture 10/2/13 11:49 AM Page3économiefinances publiquesDES SALAIRES avril par Information International (voir enca- classe “affaires” à moitié prix, en vertu d’unePLUS QUE CONFORTABLES dré). Et il faut souligner que les salaires des convention signée entre le Parlement et la députés ne constituent que la partie immer- Middle East Airlines. La convention ne s’ap-Malgré une faible productivité législative, les gée de l’iceberg. Car ceux-ci bénéficient plique cependant que sur les pleins tarifs etdéputés continuent d’empocher chaque également d’une série d’avantages indirects n’est pas forcément avantageuse. « Mêmemois des salaires plus que confortables. Des liés à leur fonction parlementaire ; des privi- avec les 50 % de réduction, le prix reste sou-salaires qui comprennent en fait plusieurs lèges parfois aberrants qui n’ont jamais été vent plus élevé que les tarifs promotionnelscomposantes : des “allocations” correspon- remis en cause. proposés par les compagnies aériennes et nedant à leur fonction de députés, d’un mon- permet pas de cumuler des miles. On y atant de 2 000 dollars par mois. Elles sont DE NOMBREUX PRIVILÈGES recours surtout en cas d’urgence », note leaugmentées de différentes indemnités, pour ANNEXES… député Nabil de Freige.l’équivalent de 3 660 dollars par mois (frais Enfin, l’élu peut en principe bénéficier d’unede représentation, indemnités de téléphone, Les députés ont droit à certains privilèges autre largesse : il dispose d’une somme aude transport, indemnités de protocole, voir pendant l’exercice de leur mandat. En vertu ministère des Travaux publics (généralementencadré). Enfin, une indemnité “cachée” de d’un accord signé entre le Parlement et une autour de 66 000 dollars pour le mandat), afin1 800 dollars par mois, versée au titre compagnie d’assurances privée (al- de faire réaliser des travaux d’entretien dansd’“allocation sociale” depuis 1995 et issue Mashreq), les élus peuvent ainsi profiter sa circonscription par des compagnies de tra-d’un “fonds de solidarité du Parlement”. Les d’une très large couverture santé : les frais vaux publics répertoriées au ministère. Cettedéputés contribuent eux-mêmes à ce fonds, d’hospitalisation en première classe sont pris somme, intégrée au budget de l’État, n’a pasmais à hauteur de 67 dollars par mois, tan- en charge à 100 %, ainsi qu’une majorité de pu être mise à disposition des députés depuisdis que la quasi-totalité est financée par le soins externes. Les membres de la famille du 2005, puisque aucun budget n’a été votébudget de l’État. Au total, les députés député bénéficient également de la même depuis cette date. « Par le passé, certainsgagnent donc chaque mois environ 7 400 couverture santé : l’épouse, le garçon en députés ont utilisé cette facilité honnêtement,dollars. Ils reçoivent la somme globalement dessous de 25 ans et la fille célibataire, mais la majorité d’entre eux a eu recours à deset peuvent la dépenser comme ils le souhai- veuve ou divorcée. Si le député décède, pratiques de corruption, se mettant dans latent (et non selon les différents postes d’in- l’épouse peut continuer à être couverte par poche une partie des sommes générées pardemnités définis dans la grille de salaire l’assurance médicale à vie. Le contrat signé les contrats de travaux publics », expliquesymboliquement). par le Parlement, d’une valeur de 1,9 million Mohammad Chamseddine, chercheur àC’est davantage que ce que perçoit un de dollars pour l’année 2012 couvre au total Information International.ministre, rétribué mensuellement à hauteur 1 346 personnes. Une somme déboursée parde 5 750 dollars ; mais un peu moins que la la “caisse de solidarité du Parlement”, finan-rémunération du président de la République cée en quasi-totalité par l’État.(8 300 dollars), que celle du Premier ministre Autre privilège non négligeable : les exemp-et du président de la Chambre qui reçoivent tions douanières pour l’importation de véhi-7 880 dollars par mois. Le ministre, qui est cules. Chaque député dispose une fois dansdéjà député, ne cumule pas ses deux indem- son mandat du droit d’importer un véhiculenités ; il en est de même pour le Premier en étant exempté des droits de douane. Ilministre. Au total, les salaires des députés et doit juste s’acquitter de la TVA, à hauteur dedes ministres coûtent environ 16,5 millions 10 %. Les frais de douane étant élevés pourde dollars au Trésor public chaque année (ce les voitures (45 % pour les véhicules de plusqui correspond à moins de 1 % de la masse de 20 millions de LL), ces exemptions doua-salariale de l’État). nières représentent un manque à gagnerLe niveau des salaires des députés et des important pour le Trésor public. Sur la man-ministres est resté inchangé depuis 1998, et dature 2009-2013, 87 des 128 députés ontn’a pas suivi les différentes augmentations importé des voitures. La philosophie dede salaires dans la fonction publique (en départ était d’accorder des facilités aux2008, puis en 2012). S’il a été question députés, amenés à se déplacer fréquem-d’augmenter les salaires des hommes poli- ment dans les différentes régions du Liban.tiques de 50 % en septembre 2012 dans le Mais l’usage a été souvent détourné, un cer-cadre d’un projet de loi prévoyant l’augmen- tain nombre de députés achetant des véhi-tation des grilles de salaires des fonction- cules de luxe pour leur usage personnel. Il ynaires et des enseignants, le gouvernement a trois ans, un député a par exemple impor-a finalement fait machine arrière face au té au Liban une voiture dont le prix était detollé suscité par la proposition. Il faut dire 800 000 dollars, un record ! L’exemption deque le ratio des salaires des députés libanais taxe est valable jusqu’au moment où la voi-par rapport au salaire minimum (450 dollars ture est revendue.par mois) reste le plus fort (16,4 fois) du En outre, les députés ont à leur dispositionMaghreb et du Moyen-Orient, devant l’Égyp- deux gardes du corps par jour et peuvent pro-te (16 fois), selon les statistiques publiées en fiter chaque année de quatre billets d’avion en 68 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
66-71 economie salaires deputes 645_44-46 banque en couverture 10/2/13 11:49 AM Page4 À la fin de son mandat, le député perçoit une “assurance vieillesse” jusqu’à sa mort. Et après sa famille continue de toucher 75 % de ses indemnités de retraite vées et qu’elles n’ont pas suivi l’inflation. « Nous sommes sollicités en permanence par des électeurs qui viennent réclamer différentes aides, médicales ou scolaires avant la rentrée. Plus de 90 % du salaire d’élu est utilisé pour remplir la mission électorale », explique par exemple le dépu- té Nabil de Freige. « Les coûts de transport sont très élevés, les députés organisent de nombreuses réceptions, assistent à plu- sieurs funérailles chaque semaine, ce qui engage des sommes importantes », estime le député Ghassan Moukhaiber. Certains députés ont ouvert à leurs frais des “bureaux de services” au Parlement avec plusieurs employés pour répondre aux requêtes des électeurs. « Il n’existe pas de budget prévu pour les attachés parlemen-…QUI CONTINUENT garçons de moins de 25 ans et les filles céli- taires au Liban, contrairement à de nom-APRÈS LA FIN DU MANDAT bataires, veuves ou divorcées. Si le député est décédé au cours de son premier mandat, breux autres pays. Le député doit aussiCe qui choque le plus, peut-être, ce sont la loi considère que la famille doit recevoirles avantages dont continuent de bénéfi- des indemnités correspondant à trois man- faire appel ponctuellement à des consul-cier les députés et leurs familles, une fois dats. Le président de la République continuequ’ils n’exercent plus leur mandat législatif. pour sa part de recevoir 75 % de son salai- tants pour l’aider à préparer ces dossiers,Pas tant parce qu’ils n’y ont pas droit, mais re après la fin de son mandat, et à sonparce qu’ils se réservent ces privilèges sans décès, sa famille continue de percevoir 75 % ce qui représente des coûts importants »,se soucier de faire bénéficier l’ensemble de de son ancien salaire de “retraité”… Lesla population de prestations de base comme ministres, eux, ne perçoivent en revanche note pour sa part Lara Saadé. Il faut direla couverture santé ou la retraite. pas de rémunération à la fin de leur activitéÀ la fin de leur mandat, ils perçoivent en ministérielle ni même d’assurance santé. que la situation financière des députéseffet une “assurance vieillesse” jusqu’à leur « Les députés encore en vie et les famillesmort, ce dont sont privés la plupart des des élus décédés ne dépassent pas les 200, diverge entre ceux qui sont les grands héri-Libanais. En vertu d’une loi datant de 1974, ce qui constitue chaque année environ 20ils recouvrent 55 % de leur ancien salaire millions de dollars de dépenses pour l’État », tiers de familles politiques, grands proprié-s’ils ont effectué un seul mandat, 65 % s’ils assure Mohammad Chamseddine, auteuren ont réalisé deux et 75 % s’ils ont cumulé d’une étude sur les salaires des hauts res- taires terriens, ou richissimes hommestrois mandats ou plus, le dernier cas étant ponsables politiques pour l’organisme defréquent étant donné le faible renouvelle- sondages et d’études Information d’affaires, pour qui le salaire de parlemen-ment de la classe politique libanaise. Les International.députés peuvent aussi cumuler leur retraite taire représente une goutte d’eau, et ceuxde parlementaire avec celle de fonctionnaire, DES CAS DE FIGURE DIFFÉRENTSs’ils ont travaillé pour la fonction publique. SELON LES DÉPUTÉS pour qui le salaire peut être difficilementCerise sur le gâteau, à la mort du député, safamille continue de toucher 75 % des Malgré ces rémunérations et avantages, la réduit, car il constitue pratiquement laindemnités de retraite du défunt ! L’on plupart des députés rencontrés estimententend par famille la veuve du député, les que leurs rémunérations sont trop peu éle- seule source de revenu. « Il existe un seul salaire commun pour tous les députés, alors qu’il y a presque autant de modèles financiers que d’élus », affirme Ghassan Moukhaiber. Le député du bloc du Changement et de la Réforme, qui a quasi- ment stoppé ses activités d’avocat une fois élu député, affirme que son salaire de par- lementaire est tout juste suffisant. « Je viens seulement de finir de rembourser les dettes contractées pendant ma campagne électorale de 2009. De mon salaire de député, il ne me reste que 1 500 dollars pour mes dépenses personnelles chaque mois », conclut-il. C ➔ 69 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
66-71 economie salaires deputes 645_44-46 banque en couverture 10/2/13 11:49 AM Page5 économiefinances publiques 70 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
66-71 economie salaires deputes 645_44-46 banque en couverture 10/2/13 11:49 AM Page6Les députés françaisont un budget pour des collaborateursE n France, le salaire de “base” des dépu- aux anciens députés. Le revenu net du personnes variant de un à cinq. C’est le tés est composé de plusieurs éléments : député s’élève donc à 5 148,77 euros. député qui gère lui-même embauches etune indemnité parlementaire calculée en licenciements, fixe les conditions de travail etfonction de la grille des hauts fonctionnaires D’AUTRES CRÉDITS À DISPOSITION le salaire de son personnel. Il peut aussi, àde 5 514,68 euros, une indemnité de rési- sa discrétion, allouer une partie de ce créditdence permettant aux députés de venir à En plus de leurs indemnités mensuelles, les à l’indemnité représentative des frais deParis qui représente 3 % de l’indemnité élus français peuvent bénéficier d’une mandat (IFRM). En cas de non-emploi de laparlementaire, soit 165,44 euros, et enfin “indemnité représentative des frais de man- totalité de ce crédit, le montant restantune indemnité de “fonction” égale à 25 % dat” (IFRM) de 5 770 euros brut par mois demeure acquis au budget de l’Assembléede l’indemnité parlementaire de base plus pour « faire face aux diverses dépenses liées nationale, comme il peut être cédé par leune indemnité de résidence, soit 1 420 à l’exercice de leur mandat qui ne sont pas parlementaire à son groupe politique pour laeuros. Au total, l’indemnité de “base” directement prises en charge ou rembour- rémunération d’employés de ce groupe.brute s’élève donc à 7 100 euros. De sées par l’Assemblée ». Cela comprend les Comme autres avantages, le parlementairecette somme, les députés doivent sous- frais de voiture, le loyer pour la permanence, peut profiter d’un accès gratuit à l’ensembletraire différents prélèvements obliga- les frais de réception, d’habillement, de télé- du réseau SNCF en première classe, de dif-toires, principalement liés aux assurances phone, de transport… Les députés encais- férents trajets aériens gratuits, du rembour-sociales : soit chaque mois, une cotisation sent automatiquement cette indemnité, qui sement des forfaits de cinq lignes télépho-de 1 299 euros à la Caisse des pensions est virée sur un compte bancaire à part. Son niques et d’un abonnement Internet.pendant les 15 premières années de usage est souple et soumis à peu deretraite, une contribution exceptionnelle contrôles ; certains députés s’en servant ASSURANCE ET RETRAITEde solidarité de 56,80 euros, une contri- parfois comme d’un complément indirect debution sociale généralisée et une contri- revenu. Les députés bénéficient aussi d’un Les députés sont obligatoirement affiliés aubution au remboursement de la dette « crédit affecté à la rémunération de collabo- fonds de Sécurité sociale de l’Assembléesociale de 568 euros, et, enfin, 27,57 rateurs », qui est plafonné à 9 504 euros nationale, régime spécial créé en 1948. Ceeuros versés à un “fonds de garantie des brut par mois. Calculé en principe pour trois fonds fournit des prestations maladie etressources”, une caisse destinée à verser collaborateurs, il peut toutefois, au gré du maternité en nature, et attribue un capital enune allocation d’aide au retour à l’emploi député, être versé au profit d’un nombre de cas de décès. En 2012, le fonds de Sécurité sociale des députés a enregistré un excé- dent de 1,64 million d’euros, selon les comptes de l’Assemblée nationale. Quant à la retraite des députés, elle est financée par une cotisation prélevée sur l’indemnité par- lementaire et par une subvention inscrite au budget de l’Assemblée. En 2010, le système de double cotisation a été supprimé : il per- mettait que chaque année de mandat comp- te double pour la retraite. Le régime de retraite des députés est aligné sur le droit commun, concernant l’âge de la retraite (62 ans), le nombre d’annuités requises ou le taux de cotisation. Aujourd’hui, la pension moyenne d’un député se fixe à 2 700 euros net. Les parlementaires ont le droit de coti- ser plus, pour obtenir une retraite plus confortable. Selon le site de l’Assemblée nationale, l’âge moyen auquel les députés font liquider leur pension est de 65 ans. C 71 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
72-75 economie refugies 645_44-46 banque en couverture 10/2/13 11:44 AM Page1 économieréfugiésGuerre en Syrie : 7,5 milliards de dollarsde préjudice financier pour le LibanM. R.La Banque mondiale vient d’estimer le préjudice économique de la guerre syrienneet de l’afflux massif de réfugiés au Liban à 7,5 milliards de dollars. Un montantauquel le Liban ne peut faire face seul, assure la Banque mondiale, qui craintpour la stabilité politique, sociale et économique du pays si rien n’est fait.O n connaît désormais l’ampleur du conséquence : le déficit public qui se creuse nales n’ont en revanche traité les répercus- préjudice économique et social subi avec 2,6 milliards de dollars supplémentaires, par le Liban en raison de la guerre lié à des rentrées fiscales moins importantes sions sur le tissu local. « L’aide internationalesyrienne et de l’afflux de réfugiés sur son ter- que prévues et des dépenses supplémentaires.ritoire. La Banque mondiale l’évalue à un total « Sur le plan des recettes collectées, le conflit s’est portée en priorité sur les réfugiésde 7,5 milliards de dollars pour la période syrien se traduit par un manque à gagner de2012-2014. En rythme annuel, cela équivaut l’ordre de 1,5 milliard de dollars. Une perte syriens, ce qui, aux yeux des populationsà 2,85 points de croissance de moins en sèche liée aux mauvais résultats de certainsmoyenne. Avec 1,3 million de réfugiés prévus secteurs vitaux comme le tourisme, qui n’ont libanaises qui souffrent de leur présence, ad’ici à la fin de l’année 2013, soit 27 % de la pas généré les recettes attendues ainsi que, depopulation résidente, le Liban est le pays de la manière générale, une activité économique exacerbé les tensions. »région qui paie déjà le plus lourd tribut au conflit plus faible qu’escomptée. Au niveau dessyrien. Le futur n’est guère plus rose. À court dépenses, la présence des réfugiés syriens Selon la Banque mondiale, il faut “stabiliser”terme, aucune amélioration n’est envisagée : devrait occasionner des dépenses supplémen-pour 2014, le scénario de référence de la taires de 1,1 milliard de dollars pour 2012- le Liban en urgence. Cela signifie qu’il fautBanque mondiale table tout au plus sur un 2014. » Pour la première fois depuis 2006, leralentissement de l’afflux, avec 1,6 million de ratio de la dette sur le PIB devrait d’ailleurs maintenir à flots des institutions qui sont uneréfugiés au Liban, soit tout de même l’équiva- repartir à la hausse alors que les bons résultatslent de 31 % de la population. Toutefois, pré- économiques de ces dernières années étaient à une en train de couler face à l’afflux desvient la BM, si le rythme des admissions aux parvenus à le faire baisser de manière méca-frontières se maintient au niveau actuel (50 à nique, de 160 % (2006) à 134 % (2012). demandes. Ainsi des écoles publiques, déjà60 000 nouveaux réfugiés par mois), ce sera2,3 millions de réfugiés que le Liban devra PEU DE SOLUTIONS très mal en point, dont les élèves d’origineaccueillir. Soit 54 % de la population du Liban ! Jusqu’à présent, le gouvernement libanais syrienne pourraient représenter 57 % deUNE PRESSION INTENABLE comme les donateurs internationaux ont choisi d’opter pour la politique de l’autruche. Le gou- l’effectif total fin 2014 avec 140 à 170 000Pour le pays du Cèdre, le choc est sans précé- vernement libanais s’est refusé à une gestiondent. Et ses répercussions sont désormais proactive du dossier, laissant ses frontières jeunes enfants. Autre risque, celui qui pèsequasi intenables pour un pays aux institutions ouvertes et ne comptant que sur les seuls lienstrès fragiles. Parmi les conséquences directes, de solidarité entre Libanais et Syriens pour sur le secteur de la santé : fin 2012, 40 %la BM s’attend à une hausse annuelle de 10 % absorber l’afflux massif de réfugiés. De leurdu taux de chômage et de la part du travail côté, les pays donateurs se sont concentrés sur des demandes de soins de santé primairesinformel. Le chômage devrait ainsi atteindre 20 % le seul volet humanitaire. Et encore : le Haut-de la population active d’ici à fin 2014 (contre Commissariat aux réfugiés (HCR), qui réclamait émanaient de réfugiés syriens. Le rapport de8,8 % en 2010), avec 220 à 324 000 nou- 1,6 milliard de dollars en 2013 pour assurer leveaux demandeurs d’emploi et 170 000 suivi des réfugiés au Liban, n’a reçu à ce jour la BM pointe du doigt le risque d’engorge-Libanais qui vont basculer sous le seuil de la que 27 % du montant demandé. Ni les institu-pauvreté (moins d’un dollar par jour). Autre tions libanaises ni les organisations internatio- ment des hôpitaux qui ne peuvent assurer toutes les demandes, la pénurie sur certains médicaments, voire le développement de certaines épidémies. Pour tenter d’y pallier, les choix se restrei- gnent comme peau de chagrin. « Le Liban peut faire appel à la communauté internatio- nale pour une aide financière. Il peut aussi décider de limiter désormais l’accès à son territoire. Il peut enfin décider de l’introduc- tion de réformes pour tenter d’améliorer l’ef- ficacité des services publics fournis. » La présence d’une délégation libanaise, emme- née par le président Michel Sleiman, à la 68e session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York est un premier indice des espérances libanaises : trouver auprès de la communauté internationale un soutien financier à la hauteur des enjeux de la crise syrienne pour le Liban. C ➔ 72 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
72-75 economie refugies 645_44-46 banque en couverture 10/2/13 11:44 AM Page2 73 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
72-75 economie refugies 645_44-46 banque en couverture 10/2/13 11:44 AM Page3 économieréfugiés L’Onu diminue son aide aux réfugiés syriens au Liban M. R. de dollars, soit 27 % de la contribution auront fui la guerre dans leur pays que la espérée », ajoute Roberta Russo, qui pour- région accueillera d’ici à la fin 2013 », F aute de fonds suffisants, le Haut- suit : « Il est possible que nous recevions assure le site du HCR. Commissariat aux réfugiés (HCR) va encore certaines contributions, mais il y a L’instauration de cette politique “d’assis- limiter l’aide alimentaire fournie aux fort peu de chance pour qu’elles atteignent tance ciblée” est liée à l’absence des réfugiés syriens. À compter du 1er octobre le niveau de 2012 : l’an passé, nous avons financements attendus. Mais le fait de 2013, 28 % des 726 000 réfugiés syriens reçu 90 % du financement demandé, soit mieux déterminer l’aide à apporter selon enregistrés par le HCR au Liban – soit envi- 95 millions de dollars sur les 106 millions les profils et les besoins n’a rien d’inhabi- ron 203 000 personnes – ne percevront plus souhaités. En termes absolus, le finance- tuel. « Au début d’une opération, on appor- d’aide alimentaire. ment reçu pour 2013 a augmenté, mais il te une aide indifférenciée à tout le monde. « Nous mettons en place un programme n’est pas proportionnel aux besoins qui se Mais au fur et à mesure que la crise se d’assistance ciblée, basée sur une étude de sont accrus plus rapidement. » poursuit, on acquiert une meilleure la situation sociale de chacun des réfugiés Pour l’ensemble de la région, les Nations connaissance des populations touchées, enregistrés », explique Roberta Russo, char- unies réclamaient trois milliards de dollars comme c’est le cas maintenant après trois gée de la communication du HCR au Liban. pour 2013. À ce jour, 40 % de la somme ans de guerre en Syrie. On est alors en En cause ? Les donateurs internationaux – attendue ont été perçus. mesure de mieux assurer la distinction États-Unis et Europe en tête – qui ont fait « L’exode des réfugiés syriens [dans la entre ceux qui peuvent survivre sans assis- la sourde oreille aux appels à contribution, région] s’est dramatiquement accéléré, tance et ceux qui ne le peuvent pas », pré- lancés par les Nations unies. avec plus d’un million de réfugiés arrivés cise encore Roberta Russo. Pour l’année 2013, l’organisation interna- sur les premiers cinq mois de 2013 seule- En d’autres termes, malgré la diminution tionale demandait 1,7 milliard de dollars ment. (…) Si cette tendance se maintient, de l’aide, les plus vulnérables devraient afin de gérer la situation des réfugiés ce sont plus de 3 millions de Syriens qui continuer à bénéficier d’une assistance ali- syriens au Liban. mentaire et profiter de l’ensemble des ser- « À ce jour, nous avons reçu 438 millions vices du HCR (assistance sanitaire, éduca- tive, baby kit, aide en numéraire…).Greg Demarque Selon les données du HCR publiées début septembre, le nombre total de réfugiés syriens dépasse désormais les deux mil- lions dans la région. Au moins la moitié d’entre eux aurait trouvé refuge au Liban. Pour le pays du Cèdre, secoué par la crise économique, ce poids est énorme : il représente près de 20 à 25 % de la popu- lation, estimée à 4 millions d’habitants. D’ores et déjà, plusieurs enquêtes pointent du doigt la “concurrence déloyale” et le “dumping social” qui pèsent désormais sur le marché du travail libanais, en particulier sur le secteur informel et les professions les moins qualifiées. À ces réfugiés s’ajoutent, en plus, les Palestiniens qui vivaient en Syrie (80 000 enregistrés par le HCR) et qui ont rejoint le Liban, ainsi que les Libanais installés depuis des années en Syrie, retournés vivre dans leur pays. C 74 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
72-75 economie refugies 645_44-46 banque en couverture 10/2/13 11:44 AM Page4 75 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
76-79 economie transports Syrie 645_44-46 banque en couverture 10/1/13 4:48 PM Page1 économietransportsPeut-on éviter la Syrie ?M. R.Avec la guerre en Syrie, importateurs et exportateurs libanais tentent de trouverdes alternatives au transport routier à travers son territoire. Le transit maritime ou aérienen profite et explose. Mais ces solutions ne parviennent pas à concurrencer la routeen termes de délais et de tarif, en particulier pour les productions agricoles périssables.Ce qui explique pourquoi certains assument toujours le risque de traverser la Syrie.L e transport de marchandises entre le légumes en provenance de Jordanie ou de compagnie privée qui proposait ce service Liban et le monde arabe se fait essen- Syrie : ce qui bénéficie aux producteurs liba- n’a pas trouvé assez de clients pour mainte- tiellement par voie terrestre. Au cœur nais », explique Riad Saadé, directeur du nir la ligne.de ce réseau routier, la Syrie qui représente Centre de recherche et d’études agricoles Pour éviter le transport routier, importateursun point de passage obligé pour tout le fret (Creal). et exportateurs ont deux alternatives : le fretrégional. Dans le cas du Liban, 52 % des La guerre a aussi fait exploser les coûts du maritime et aérien. Sans surprise, lesexportations à destination du Levant et des transport. « Il faut désormais multiplier par chiffres du port de Beyrouth comme ceux depays du Golfe ont transité par les frontières trois le salaire des chauffeurs par rapport à l’aéroport montrent une accélération nettesyriennes (source : douanes) en 2012. La la rémunération demandée avant-guerre ; de leur activité depuis le début de la guerreJordanie, l’Irak, l’Égypte et les pays du Golfe quatre fois pour le prix des assurances », syrienne. Le port de Beyrouth fonctionnecomptant à eux seuls pour 36 % des expor- estime Fouad Bawarshi, directeur général du désormais à pleine capacité : entre 2011 ettations libanaises (industrielles et agricoles), groupe Gezairi Transports. Selon ce fin 2012, il a ainsi connu une augmentation desoit 1,6 milliard de dollars sur un total de 4,4 connaisseur du secteur, le transport de mar- son trafic de l’ordre de 25 %. Environmilliards de dollars enregistrés en 2012. chandises depuis la Békaa jusqu’en Arabie 310 000 conteneurs ont été traités en 2012,Mais la guerre a rendu la traversée de la saoudite coûtait avant-guerre quelque 2 400 une hausse de 8,5 % par rapport à 2011.Syrie dangereuse. Certes, on circule toujours dollars par camion ; aujourd’hui, le même Pour 2013, la tendance s’accélère : sur lessur les routes syriennes. Le trafic a cepen- voyage est tarifé 9 000 dollars par ferry cinq premiers mois de l’année, le nombre dedant considérablement chuté, de l’ordre de roll-on et un transit par Aqaba et l’Égypte. conteneurs importés pour le marché local60 % selon les estimations de différents « Le prix du transport routier reste toujours connaît d’ores et déjà une hausse de 20 %transitaires. « Il y a des régions où on ne va concurrentiel : c’est quatre fois plus si vous par rapport à la même période en 2012 avecplus si on a d’autres choix : Alep et Homs avez recours au service d’un ferry roll-on, une moyenne de 30 000 conteneurs parfigurent parmi les zones les plus difficiles c’est-à-dire un navire sur lequel est embar- mois (chiffre juin 2013).d’accès compte tenu des combats. Il est qué votre camion et son chauffeur pour qu’il Les commerçants libanais et syriens – beau-désormais quasi impossible de rejoindre la puisse aussitôt reprendre la route. » Un tel coup des grands commerçants alépins seTurquie par la Syrie, par exemple », assure service a été mis en place en 2012 dans le sont, par exemple, repliés sur Beyrouthun homme d’affaires syrien (voir son témoi- port de Tripoli pour les liaisons avec la depuis que leur ville a été prise par lesgnage, page 79) réfugié à Beyrouth. « Cela Turquie. Il a, en revanche, été abandonné à rebelles – importent depuis le port den’a pas que des inconvénients : le marché destination de l’Égypte, de la Jordanie ou de Beyrouth davantage de conteneurs pourlibanais, par exemple, n’est plus inondé de l’Arabie saoudite à partir de Beyrouth. La couvrir les besoins du marché syrien, dont 76 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
76-79 economie transports Syrie 645_44-46 banque en couverture 10/1/13 4:48 PM Page2les ports ne sont plus sollicités. « Lattaquiéfonctionne toujours, plus ou moins au ralen-ti, mais il est souvent plus intéressant dedébarquer sa marchandise à Beyrouth et deprendre ensuite la route pour Damas afind’éviter un passage par Homs, trop dange-reux », explique un homme d’affaires syro-libanais, qui envoie depuis Beyrouth unelarge partie de ses marchandises à destina-tion de la Syrie.Ce succès a cependant une conséquence :l’engorgement du port de Beyrouth. Lesbateaux patientent entre trois et cinq joursen mer avant de pouvoir accoster. « Nousne pouvons plus guère augmenter lenombre de conteneurs traités par jour. Enrevanche, nous pourrions améliorer lesrotations : avant la guerre syrienne, unconteneur sortait du port sous quatre à cinqjours, vérifications terminées. Aujourd’hui,le délai est de 13 jours en moyenne »,explique Hassan Jaroudi, président duSyndicat des agents maritimes. Selon lui,ces délais s’expliquent par l’excès de zèledes douanes qui contrôlent tout par peur decargaisons illégales de type armes oudrogues. Par comparaison, un conteneur àDubaï est dédouané sous 24 heures, vérifi-cation de sa cargaison terminée.Du côté de l’aéroport, on assiste à la mêmecroissance du fret. « Notre activité est stablepar rapport à 2012, mais sa répartition diffè-re : les importations à destination deBeyrouth ont diminué de 20 % quand cellesdestinées à la Syrie, via Beyrouth, ont bondide 20 %, explique Bilal el-Mir, responsablerégional au sein d’Air France Cargo. Onimporte moins pour le marché libanais, encrise, mais davantage pour le marchésyrien. » Pour ce qui est des exportations àpartir de Beyrouth, le trafic aérien connaît luiaussi une assez forte croissance « de l’ordrede 50 %, selon les estimations de Bilal el-Mir, à destination des Émirats principale-ment ». La compagnie Emirates, qui assuredéjà deux vols (passagers) quotidiens pourDubaï, sur lesquels peuvent être transportésjusqu’à 30 tonnes de marchandises ensoute, a, en plus, affrété un cargo hebdoma-daire pour faire face à cette demande enhausse. Mais l’option reste chère : autour de2 dollars le kilo transporté pour les Émirats.« Ce surcoût ne peut être assumé que pourdes produits de niches comme les fruits desaison, ou certains légumes rares.Autrement, la concurrence jordanienne quiproduit à bas coût rafle la mise », constateOliver Fayssal, d’Alphagreen, une entrepriseagroalimentaire de la Békaa. ➔ 77 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
76-79 economie transports Syrie 645_44-46 banque en couverture 10/1/13 4:48 PM Page3économietransportsReste une question : à eux deux, le fret mari- datent de la guerre libanaise de 1975, quand HAUSSE DES COÛTStime et aérien peut-il remplacer le transport des armes ou de l’alcool pouvaient transiter enroutier si le conflit s’envenime ou si les fron- contrebande, dissimulés dans des cargaisons L’allongement des délais ou l’augmentationtières sont fermées ? Pour Hassan Jaroudi, de fruits et de légumes. « Moralité : après des tarifs a une conséquence : la hausse dula réponse est déjà tranchée. C’est non. « Ils presque deux semaines d’attente, notre mar- prix de revient des produits fabriqués aupourraient couvrir 100 % des besoins pour chandise était bonne à jeter. » Liban, qui reste à la charge de l’exportateur.les denrées non périssables, qu’il s’agisse Ce qui explique que l’axe routier, passant « D’une manière générale, la production liba-d’importations ou d’exportations ; mais 50 % par la Syrie puis la Jordanie pour atteindre naise est déjà relativement onéreuse parseulement des exportations pour les produits les pays du Golfe, reste toujours employé rapport aux productions de pays commepérissables : pour les 50 % restants l’ache- malgré une situation régionale périlleuse. l’Égypte, la Turquie ou la Jordanie. L’un desminement maritime ou aérien s’avère ou trop « Nous continuerons d’emprunter la route : avantages dont les concombres libanaislong ou trop coûteux », explique Hassan un exportateur de produits agricoles à des- pouvaient se prévaloir avant la guerre syrien-Jaroudi. tination du Golfe n’a guère d’autre choix », ne reposait sur la proximité et, de fait, desD’autant que certains retours d’expérience assure Oliver Fayssal. La région, autour de frais de transports relativement bas. Si onsont tout sauf euphoriques. Oliver Fayssal la frontière syro-libanaise, est pourtant augmente nos tarifs, on perd cet avantage :exporte vers le Golfe 70 % de sa production de toujours l’objet régulier de combats entre personne n’aura alors plus intérêt à achetersalades. Pour pallier aux dangers de la route, les insurgés et l’armée syrienne (voir libanais sauf pour des productions qu’il neil a essayé d’envoyer par conteneurs mari- carte). « Selon les semaines voire les jours, trouvera pas ailleurs », explique encore letimes réfrigérés une partie de sa marchandise les chauffeurs décident ou non de prendre PDG d’Alphagreen. Les autorités de Dubaïà Djeddah (Arabie saoudite). Sur le papier, les le risque de traverser. Les conducteurs ont ont d’ailleurs rappelé à l’ordre les produc-délais d’acheminement – trois jours seule- cependant trouvé une alternative, à travers teurs libanais en mars dernier, les menaçantment – permettaient au maritime de concur- la région rurale de Soueida, qui leur évite de refuser l’entrée de leur production dansrencer le transport routier sur cette destina- de passer sur l’axe principal, reliant Damas l’Émirat si la facture définitive s’avérait plustion. Mais dans la pratique, les trois jours se à la Jordanie. On opte éventuellement pour importante que le prix convenu initialementsont transformés en deux semaines… un passage un convoi sécurisé », avance lors du devis entre les deux parties.« Djeddah est engorgé et les autorités saou- Fouad Bawarshi, qui ajoute : « Cela dépend Pour Oliver Fayssal, une seule solution pour-diennes n’ont pas assoupli les contrôles : lors- aussi de l’ouverture des frontières : la fron- rait aider les exportateurs : des aides finan-qu’une cargaison vient du Liban, les conte- tière syro-jordanienne a par exemple été cières de l’État libanais qui compenseraientneurs sont ouverts systématiquement et la fermée plusieurs fois à la suite des com- les surcoûts liés aux conséquences de lamarchandise rechargée dans d’autres conte- bats. Dans ces cas-là, bien évidemment, guerre syrienne. « Mais rien ne semble allerneurs », explique Oliver Fayssal. Ces règles nous ne traversons pas. » dans ce sens. » CDes pays arabes passent par IsraëlAvec la guerre en Syrie, la Jordanie et la Turquie font transiter une partiede leurs marchandises par Israël, selon le quotidien israélien Haaretz.L a scène est devenue courante : selon le situe à un endroit stratégique, qui peut tion mixte avec l’Égypte et le canal de Suez, quotidien israélien Haaretz, des convois constituer un point de transit idéal entre les alliant bateau, ferry et transport routier. Maisde plus en plus nombreux de camions imma- pays méditerranéens et les pays arabes, ce voyage de sept jours ne convenait pas auxtriculés en Jordanie ou en Turquie encom- abstraction faite des enjeux politiques. La denrées périssables et s’est avéré onéreux.brent les routes du nord d’Israël avant de Jordanie ne possède en effet aucun débou- De fait, le transit par Haïfa est vite devenu larejoindre le poste-frontière de Cheikh ché maritime, sauf le port d’Aqaba en mer solution la plus intéressante.Hussein, qui marque la frontière israélienne Rouge à l’extrémité sud du pays. Comme Un accord a d’abord été signé en 2011 entreavec la Jordanie. Ces camions frigorifiques dans le cas du Liban, le transport de mar- Israël et la Jordanie, suivi par un “deal” iden-circulent en convois, sous escorte de la poli- chandises en provenance ou à destination de tique entre Israël et la Turquie.ce israélienne. Ils transportent des produits la Jordanie se faisait jusque-là essentielle- Ce nouveau transit aurait concerné quelqueturcs, jordaniens voire irakiens. « Du fait de ment par voie terrestre : les bateaux en pro- 3 500 camions en 2011, 6 400 en 2012 etla guerre civile en Syrie, Israël est discrète- venance d’Europe ou de Turquie accostaient 2 600 entre janvier et mai 2013, selon lement devenu un corridor-clé pour le com- à Lattaquié ou Tartous. Les marchandises quotidien Haaretz. Pour Israël, la nouvellemerce des biens importés et exportés dans étaient ensuite acheminées par route jus- donne régionale pourrait représenter unela région », lit-on dans les colonnes du quo- qu’en Jordanie. Une option aujourd’hui trop manne de quelque 50 millions de dollars partidien de Jérusalem. dangereuse. La Jordanie a donc cherché des an, en termes de frais de douanes, de taxesLa nouvelle est sans réelle surprise pour qui alternatives. Dans un premier temps, le portuaires et sur l’essence, si on en croit enco-consulte une carte de la région : Israël se royaume hachémite a planché sur une solu- re un officiel israélien cité par Haaretz. C 78 - Le Commerce du Levant - Octobre 2013
76-79 economie transports Syrie 645_44-46 banque en couverture 10/1/13 4:48 PM Page4 Libanais et Syriens continuent de transiter par la Syrie « P our qui veut payer, pour qui est prêt après la perte de son usine d’Alep, il tout, une quarantaine de camions lui ont à assumer le risque pour ses fabrique des produits sanitaires. « Je fonc- été volés depuis 2012, date de son arrivée camions ou la vie des hommes, tout cir- tionne à 30 % de mes capacités d’avant la à Beyrouth, et cinq de ses conducteurs ont cule toujours en Syrie…», explique un guerre. » Selon lui, le risque est plus ou été retrouvés morts après avoir été arrêtés homme d’affaires syrien, aujourd’hui moins grand selon qui assure le pouvoir sur des barrages de groupes non identi- réfugié à Beyrouth. Cet entrepreneur, qui dans les régions. « Sur les routes contrô- fiés. En tout, il estime que le coût de la tient à conserver l’anonymat, continue lées par les groupes rebelles, il faut payer guerre syrienne représente une perte de d’envoyer des marchandises en Syrie, via un “droit de passage” supplémentaire. l’ordre de 1 % de son chiffre d’affaires la frontière nord, pour alimenter en mar- Nous avons développé des “réseaux” des depuis qu’il a repris son activité à Beyrouth. chandises les marchés de la côte et deux côtés des belligérants, qui nous « Une perte sèche que nous ne répercutons d’Alep. Depuis le Liban et la Turquie, où il assurent une certaine sécurité pour le pas sur le prix de vente… Parce que nous a redémarré une partie de sa production passage de nos marchandises. » Malgré perdrions nos marchés. » C Oliver Fayssal, PDG d’Alphagreen, producteur de salades et de légumes de la Békaa E nviron 70 % de la production de salades Jordanie puis continuer vers le Golfe. « Nous re libano-syrienne soit réellement bloquée, d’Alphagreen est à destination des mar- passons, mais les coûts et les délais ont été comme cela a été le cas, en avril dernier, chés du Golfe, en premier lieu, de l’Arabie multipliés sans que nous puissions les réper- lorsque le pouvoir syrien a fermé ses fron- saoudite. 35 % de sa production est trans- cuter sur le prix de vente : nos contrats ont tières terrestres avec le Liban, en repré- portée par avion. « Nous livrons ainsi dans en été signés avant la guerre et nos clients ont sailles à la rupture de livraison de fuel, côté moins de trois jours afin de garantir la fraî- des contraintes financières qui ne leur per- libanais. « À part un “navire routier”, qui per- cheur du produit. Mais tous les aéroports du mettent pas de les assumer. Pour nous, met au camion de voyager sur mer, aucune Golfe ne sont pas équipés pour recevoir du c’est une perte sèche, à notre charge. » Pour autre alternative ne pourra nous sauver. » fret cargo. Nous ne pouvons guère augmen- se prémunir d’un pourrissement de la situa- L’option a existé pendant la “crise du fuel”. ter le ratio de marchandises voyageant par tion, Oliver Fayssal a choisi de geler ses pro- Dès la réouverture des frontières cependant, avion. » Le reste de sa production, à desti- jets et de diminuer sa production de 30 % la voie terrestre a été privilégiée et l’entrepri- nation de l’Arabie saoudite, transite donc par environ « pour limiter au mieux le risque de se qui s’était installée au port de Beyrouth a les routes syriennes, pour rejoindre la perte ». Le danger, selon lui ? Que la frontiè- cessé son activité faute de clients. CMelkan Bassil
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