L’avancée Traduction de : Wassan Al-Nakib
Première impression: 2003 (H 1424) Deuxième impression: 2004 (H 1425) Troisième impression: 2004 (H 1425) Quatrième impression: 2006 (H 1427) Cinquième impression: 2007 (H 1428) Sixième impression: 2021 (H 1442) Tous droits réservés. Aucune partie de cette publication ne peut être reproduite, stockée dans des systèmes d'extraction ou transmise sous quelque forme ou par quelque moyen que ce soit, électronique, mécanique, par photocopie, enregistrement ou autre, sans l'autorisation écrite préalable du titulaire du droit d'auteur. E-mail : [email protected] La présente impression a été augmentée et révisée. Publication: Dar Al-Ousra, Beyrouth, Liban.
Introduction Chers lecteurs, Force est de constater que l’institution du mariage, d’après notre suivi et notre vécu, souffre aujourd’hui d’une certaine désaffection, et est imprégnée d’aspects négatifs, de tensions, et de nombreux problèmes qui ne font que s’accroître compte tenu du taux de divortialité et des écarts entre époux qui s’ensuivent. Dans ce livre, nous mettons en lumière certains de ces problèmes et comment les résoudre, et nous l’adressons à tous les hommes et toutes les femmes en âge de se marier, en espérant qu'ils adoptent nos procédés avant de s’engager dans un mariage. Notre système atténue, selon nous, de nombreux sujets épineux et trace un chemin clair d’entrée dans l’institution du mariage. Nous tenons à informer le lecteur que, s’agissant de la sixième édition du présent livre, le nom de plume “Nasser Reda” a été choisi pour remplacer « Comité d'auteurs et de chercheurs » (nom utilisé pour la publication des cinq éditions précédentes). De plus, ce livre aborde des sujets audacieux dérivés de règles de la loi islamique (la Charia), mais également de questions qui pourraient choquer les valeurs morales du lecteur, et remettre en question certains us et coutumes qui, pour beaucoup, ne proviennent pas de textes sacrés inébranlables. Par conséquent, les caractéristiques du système que nous proposons, aussi conformes soient-elles à la loi islamique, sont sans cesse confrontées à une pensée populaire régie par les us et coutumes, ou à ces lecteurs de textes religieux aux pensées fixées sur l’expiation, la corruption et la sainteté. L’auteur a par conséquent choisi de ne pas signer de son vrai nom, par peur de cette mentalité qui s’oppose à tous ceux qui osent la contester, et répand des rumeurs malveillantes à leur égard. Cependant, lorsque ce livre a été publié en langue anglaise aux États-Unis avec comme titre « The Leap », la maison d'édition américaine a insisté sur la nécessité d'utiliser un nom de plume au lieu de simplement « Comité d'auteurs et de chercheurs » ; c’est ainsi que « Nasser Reda » a été choisi comme nom de plume. Ce qui nous importe ce n'est pas le nom de l’auteur ou le nom d’emprunt, mais plutôt le contenu de ce livre, car nous sommes fiers de présenter à travers ce livre un système, qui, avec la grâce de Dieu Tout-Puissant, met en avant des idées, des concepts et des principes dérivés de la loi de Dieu Tout-Puissant. Nous espérons que les jeunes femmes et les jeunes hommes feront l’usage de ce système pour construire une cohésion familiale qui leur évitera grand nombre de problèmes familiaux, s’ils s’en tiennent aux principes sur lesquels notre système est fondé. Que Dieu nous accorde la réussite. ***
Première partie : A la recherche de la vérité Chapitre Un : Sur le chemin de l’espoir Le retour de Nasser au pays, face aux exigences de la vie Nasser, vingt-cinq ans, rentre au pays cinq ans après avoir décroché son diplôme de sociologie dans une université américaine. Peu après, il décroche un poste chez l’un des centres d’études et de recherche locaux en tant que consultant spécialisé en sociologie. Après un an et demi de travail, il met suffisamment d’argent de côté pour lui permettre de se marier à une femme qui majoritairement a été choisie par sa mère et sa sœur. Grâce à sa persévérance, il devient directeur adjoint du centre où il travaille. Avec la grâce de Dieu, il a trois filles et un garçon et lorsque ses enfants devinrent adolescents, son inquiétude pour eux grandit, et en particulier pour ses filles, car il voulait les protéger et se souciait de leur éducation, mais ce qui le préoccupait davantage, c’était de s’assurer qu’ils traversent la période d’adolescence en toute sécurité. Comment s’assurer que ses filles, en particulier, quittent le nid familial par moyen d’un mariage sûr et quels sont les moyens d’assurer un bon mariage ? Des dizaines de questions lui venaient alors à l’esprit: comment allaient-elles se marier, choisiraient-elles leurs maris seules, et comment? Ou serait-ce à lui de le faire ? A mesure qu’il se posait ces questions, sa peur s'intensifie, d’autant plus qu’il pensait désormais au divorce dans son entourage et dans la société, bien qu’il n’y ait que peu d'exemples. Nasser et son étude de la femme en Orient et en Occident Ces réflexions l'effrayaient et il songeait alors aux femmes dans certaines de nos sociétés arabes et islamiques qui se voient imposer un mariage, une famille, voire un divorce, sans prendre en compte leurs avis. Il s’inquiétait non seulement pour ses filles, mais il se demandait plus généralement : N’y a-t-il pas de solutions à ces problèmes ? Avant d’y trouver réponse, il se remémora le temps de ses études aux États-Unis et ses nombreux voyages en Europe, où il a pu se faire une idée précise de la condition des femmes occidentales. A travers ses discussions avec ses collègues occidentaux, il constata que les hommes et les femmes avaient des droits et des devoirs pleinement égaux, allant du travail au mariage, en passant par le divorce, la pension alimentaire et la garde des enfants. C’est ce qui fait défaut aux femmes dans les sociétés orientales. Alors qu’il réfléchissait à la condition des femmes musulmanes, il constata une certaine contradiction entre ce que Dieu a prescrit et ce que les musulmans appliquaient. Par
exemple, en cas de divorce, les femmes sont désavantagées par rapport aux hommes, en particulier pour les questions de pension alimentaire et de garde des enfants. Il a été affligé par les statistiques sur les divorces dans notre société, qui peuvent parfois atteindre plus de 45%, soit une chance sur trois ou sur quatre de divorce suite à un mariage. Nasser réfléchit à la liberté qu’ont les femmes occidentales d’entrer en relation avec un homme, indépendamment de la légitimité de la relation. Pour lui, la femme musulmane, à travers l’islam, est elle aussi capable de construire une relation légitime, qu’elle peut choisir de continuer ou d’abandonner sans que cela n’affecte sa dignité ou son honneur. Mais que dit l’islam à ce propos ? Quelles sont les solutions possibles ? Et par quel moyen ? Un jeune homme et une jeune femme pourraient-ils se fréquenter en toute légitimité, comme le souligne le hadith : “Un homme et une femme ne peuvent se réunir sans que le diable soit de la partie”. Cela s’applique à toutes les relations hommes femmes sauf pour les relations familiales (le frère, le père, l’oncle et le grand-père), toute autre relation doit s’inscrire dans un cadre légal, pour que Dieu soit le troisième, au lieu que Satan soit le troisième. À la recherche de solutions Il s’intéressait de près à ces sujets et voulait comprendre les jeunes gens qui ne se retrouvaient pas dans les concepts proposés par la religion. Ne voulant pas se contenter de solutions contemporaines, il se dirigea alors vers l'Islam, dans lequel il trouva un système adapté à chaque situations. Pour ce faire, il s'intéresse à la jurisprudence, aux livres sociaux et pédagogiques en tant que chercheur. Et c'est de cela qu'il discutait et échangeait avec M. Hussein, l'érudit qu'il avait l’habitude de fréquenter avant son départ en Amérique, et avec lequel il resta en contact après son retour. Nasser passa trois ans à récolter des données à propos des relations entre les hommes et les femmes, à partir de versets coraniques, hadiths prophétiques, des transcriptions de chapitres de livres de jurisprudence et d’histoire, des coupures de journaux et de magazines, des conférences et séminaires religieux enregistrés à la radio et à la télévision,etc. Son collègue Mustapha, le responsable de la bibliothèque publique de l'université, l’aidait parfois dans ses recherches et mettait à sa disposition des livres et références sur les questions familiales et sociales. Les rencontres entre eux étaient permanentes, d'autant plus que Mustapha venait lui-même de divorcé de sa femme, et avait besoin des conseils de son collègue Nasser afin de mieux gérer la garde de ses deux jeunes enfants, laissés par leur mère qui s’est remariée. En route pour former une équipe Après avoir amassé beaucoup d'informations sur le sujet du mariage, Nasser voulut concrétiser ses idées, et espérait trouver une équipe de chercheurs et d'universitaires qui partageraient son intérêt pour le sujet. Cette équipe contribuerait à résoudre un problème considéré comme l'un des problèmes prioritaires de notre société, à savoir la relation
entre les hommes et les femmes. Après en avoir discuté avec Mustapha, Nasser jugea nécessaire de consulter M. Hussein sur cette question, et se rendit donc au centre culturel qu'il dirige, afin de lui exposer son projet, en espérant qu’il y participe. M. Hussein accueillit Nasser en disant : « Nous ne nous sommes pas vus depuis longtemps, Nasser, alors, pas de nouvelle, bonne nouvelle ? Nasser répondit avec son respect habituel : “ Rien de particulier, je traite toujours du même sujet.” Et M. Hussein reprit : « Le sujet même qui te préoccupait tant ?” Nasser a répondu: \"Oui, ce sur quoi je posais le plus de questions, auxquelles vous répondez toujours. La relation homme femme dans notre société, entre le mariage, le divorce, le droit des femmes par rapport aux hommes, et vice-versa, le contrôle de la relation entre eux, etc. A travers mes recherches, j’ai soulevé beaucoup de questions.” M. Hussein lui posa alors la question suivante : \"Est-ce que pendant des années tes recherches continuaient de te mener à cette question ?\" Nasser répondit : “Oui, et je continuerai à me pencher sur la question jusqu’à en être satisfait. M. Hussein continua : “Et quand trouveras-tu satisfaction ?” Nasser répondit, et l'embarras était évident dans ses mots: \"Lorsque vous aurez accepté ma proposition.\" M. Hussein se précipita de demander : « Quelle est ton invitation, Nasser ? Je t’écoute.” Nasser répondit, touché par la douceur de son maître, en disant: \"J’aimerais que vous choisissiez un membre de votre équipe de travail pour partager avec moi la tâche que j’entreprends.\" Pendant ce temps, M. Muhammad, l'un des disciples les plus proches de M.Hussein, était assis près d’eux et écoutait leur dialogue. M. Hussain s'est à nouveau adressé à Nasser en lui disant: \"Tu obtiendras ce que tu veux, Nasser. Je vais suggérer à M. Muhammad de rejoindre ton équipe de travail et je vous aiderai dans tout ce dont vous avez besoin. M. Muhammad, qui suivait souvent Nasser et lui posait ses questions, a immédiatement accepté, ayant été lui-même longtemps impliqué dans des problèmes conjugaux et des divorces. Nasser quitte alors M. Hussein avec l’espoir de partager ses idées légitimes, et faire naître son projet. Dans la soirée, Mustapha et Nasser se sont réunis, et ce dernier l’a mis au courant de sa rencontre avec M. Hussein, et ils discutèrent des noms des autres membres de l’équipe de travail qu’ils voulaient constituer. C’est là que Mustapha suggéra son idée d’inclure une présence féminine à l’équipe, qui aurait une expérience dans le domaine en question. Il proposa alors le nom du Dr. Amal El-Abedi, professeure à l’université, spécialisée en sociologie. Nasser fut immédiatement convaincu par l'idée et demanda à Mustapha de fixer un rendez-vous avec elle, car il la connaissait bien. Deux jours plus tard, Nasser rencontra le Dr. Al-Abedi à l'université et voulu connaître la logique qu’elle employait et la base de ses convictions, mais sa réponse était incompatible avec le point de vue islamique. Les jours passèrent et Nasser passa en revue les noms et consulta quelques amis, mais il ne parvint pas à trouver la figure féminine scientifique requise. Un matin d'un jour de printemps, Nasser alla chez son collègue Mustapha pour travailler à la bibliothèque universitaire, mais il était en réunion avec le directeur de l'université pour des questions liées à la bibliothèque, et afin de passer du temps, il fouilla les étagères et trouva un livre que M. Hussein lui avait conseillé de lire. Comme le destin fait bien les choses, le Dr. Afaf Badran se trouvait là par hasard, lorsqu’elle entendit la voix de Nasser lui demander : \" S'il vous plaît, madame, où puis-je trouver le livre Le monde de la femme ? Le Dr. Afaf le
regarda avec surprise, non pas parce qu'elle n'était pas une employée de la bibliothèque, mais parce que ce livre lui était cher, car il ouvrit une blessure profonde enfouie dans sa mémoire, et l'a plongeait dans une nostalgie des années révolues. Elle demeura pensive, et sans réponse, alors Nasser reprit, embarrassé: \"Veuillez m’excuser madame, j’ai cru que vous étiez la bibliothécaire.” Le Dr. Afaf esquissa rapidement un sourire pour dissiper les soupçons de Nasser de l'avoir froissée. Elle répondit d’une voix calme : “Non, tu ne m'as pas offensée. Le nom du livre a simplement attiré mon attention, et m’a fait penser à l’esprit de l’homme qui l’a écrit, car c'est la chose la plus honorable qui soit. Dieu a doté l'homme d’esprit, et l’a ainsi élevé à son rang.” Nasser comprit que celle qui s'adressait à lui était une femme d'un haut niveau culturel et murmura : “Je tiens à présenter une nouvelle fois mes excuses, au temps pour moi si mes propos suggèrent un manque de respect envers l'employé ; et puisque vous avez évoqué l'honneur et le statut de l'esprit, j'ajouterai qu'il serait digne de respecter non seulement l'esprit, mais l'esprit dynamique tout particulièrement, car si l’homme ne travaille pas, il nuit à la société. Béni soit l’homme qui travaille.” • “Bien dit\" répondit-elle. • “Nasser… Je m'appelle Nasser Reda.” Elle répond : “Enchantée.” Puis ajoute en se présentant : “Je suis le Dr. Afaf Badran, professeure de sociologie à l'Institut des sciences sociales.” Elle ne leva le regard vers lui qu'après l'avoir entendu dire : “Le hasard est mieux que mille rendez-vous”. Elle dit alors : “Le titre du livre que vous demandiez a attiré mon attention”, il demanda : “Pourquoi a-t-il attiré votre attention ?” Elle était sur le point de révéler la raison, mais reprit : “Je l'ai lu ce livre deux fois, et il continue de nourrir mes pensées et à m'ouvrir de nouveaux horizons. Je le cite beaucoup dans mes conférences et je conseille toujours à mes étudiants de s'y référer, notamment dans leurs recherches. Si vous voulez un exemplaire du livre , je serais prête à vous le donner, car j’ai plusieurs exemplaires”. C'était la première fois que Nasser se rendait compte qu’il n’était pas seul, qu'il existait d’autres personnes qui s'intéressent à ce sujet, et portent leurs recherches dessus. Ils ont donc convenus de se retrouver le lendemain dans son bureau à l'institut afin de lui remettre une copie du livre. Le lendemain matin, il entra dans son bureau, et la trouva assise. Elle se leva et le salua, puis ils s’asseyèrent tous les deux, et elle lui tendit un exemplaire du livre “l’univers de la femme” et ajouta: \"Chose promie, chose due. Prenez ce livre pour référence, et travaillons ensemble pour l’amour du savoir”. Il n'en croyait pas ses oreilles, elle venait de dire “travaillons ensemble”. Il lui demanda sur-le-champ de se joindre à l’équipe qui travaillait au nom de la Vérité. Elle accepta sa proposition, et ils convinrent de se retrouver trois jours plus tard car elle avait du travail. Les trois jours passèrent lentement pour Nasser, lui qui attendait ce rendez-vous avec impatience. Nasser avait l’habitude de passer du temps avec sa femme tous les soirs, elle qui jouait un grand rôle dans le développement de ses idées, et l’encourageait à persevérer dans son travail et ses recherches. Le rendez-vous avec le Dr. Afaf eut enfin lieu, et Nasser la questionna d’emblée sur son engouement pour le sujet, et pour quelles raisons elle s’y était intéressée pendant des années, comme elle l'avait mentionné lors de leur rencontre il y a quelques jours. Ses souvenirs remontent à huit ans de cela, et elle dit : “Ma fille unique, Hadeel, avait à l’époque quinze ans, lorsque ma voisine Souad, me parla de son beau-frère, récemment
revenu de l’étranger, et de son souhait de se marier. Et qu’elle ne fut pas ma surprise, lorsqu’elle demanda que ma fille soit l’épouse du jeune homme. C'était la seule question à laquelle je ne pouvais pas répondre directement. Je lui ai dit que ma fille avait tout juste quinze ans et qu’elle poursuivait toujours ses études. Ce à quoi elle répondit de suite: “ Ca ne fait rien, ils pourraient se fiancer dans un premier temps, puis quand elle aura ses dix-sept ans, et qu’elle aura obtenu son diplôme d'études secondaires, ils pourront se marier”. Elle revint une semaine plus tard, et organisa pendant ce temps une rencontre avec le jeune homme, afin que ma fille et moi puissions faire sa connaissance. Notre voisine est venue accompagnée de son mari et de son beau-frère, le futur marié, et ce fut une première rencontre qui ne dura pas plus d'une demi-heure. Après la rencontre, j’ai demandé à ma fille son avis, et elle me répondit : “Je m’en remet à toi, maman”, et je compris qu’elle avait accepté . En l'espace d'un mois, le projet de fiançailles se transforma en acte de mariage, à condition que le vrai mariage n’ait lieu qu’au bout de deux ans environ, ce qui permettait au mari de prendre ses dispositions, de meubler sa maison et trouver un travail proche, et ma fille aurait ainsi dix-sept ans. Mais cela n'a pas abouti, et nous avons constaté en l’espace de six mois que le jeune homme n'avait pas une situation stable, et qu’il avait promis des choses au-delà de ses capacités. Nous avons découvert qu'il était attiré par la beauté de ma fille et la position de sa mère. Il s’imaginait profiter financièrement d'une veuve et de sa fille unique. Il accepta de divorcer de ma fille qu’à condition de lui donner cinq mille dollars. Le divorce affecta grandement ma fille, de voir écrire sur le registre administratif “divorcée”, alors qu’elle n’avait qu’une quinzaine d'années, et allait encore au lycée. A chaque fois qu’elle devait faire une demande administrative, on lui demandait une fiche de son état civil, où il faisait mention qu’elle était “divorcée d’un tel…” Nasser était bouleversée par ce qu’il entendait de la bouche du Dr. Afaf, et ce qu’elle et sa fille ont subi. Elle poursuit en disant : Ma fille mène désormais sa vie avec force et détermination, elle a aujourd’hui vingt-trois ans, et poursuit ses études en en chimie. Nasser fut heureux d’entendre la détermination de la jeune fille. Ils abordèrent de nouveau la question de l'équipe de travail de Nasser. Le Dr Afaf Ali Nasser suggéra le nom du Dr. Omar Abu Zakaria, chercheur à l'Université du Maroc venu enseigner à l'université d’ici, il est l’auteur de nombreux articles de recherche portant sur la famille dans l'Islam. Le Dr. Afaf a une relation académique et amicale avec ce dernier. Elle l’appela sans délai le Dr. Omar Abu Zakaria, discuta brièvement avec lui, et fixa un rendez-vous le lendemain en matinée. Lorsque Nasser rencontra le Dr. Abu Zakaria, il se trouva devant un homme cultivé et large d'esprit, ayant beaucoup de connaissances et d'expériences sur le sujet, et lui proposa ses propres idées et analyses. Le Dr. Abu Zakaria écouta avec beaucoup d’intérêt, puis demanda à Nasser en quoi il pourrait lui venir en aide. Ce qui a encouragé Nasser à lui exposer son projet de travail en ces termes: “Je souhaite construire un projet social et éducatif, en en éclairant certains pans de l’Islam portant sur la question des relations hommes-femmes, du mariage, du divorce et de la famille. J’aimerais que ce projet s’éloigne du sectarisme et ne heurte pas la sensibilité de chacuns”. Le Dr. Abu Zakaria écoutait avec beaucoup d’attention Nasser, et eut une pensée pour ses deux jeunes filles restées au Maroc, pour qui il travaillait beaucoup afin de leur garantir un avenir meilleur. Il s'adressa à Nasser et lui demanda : “Quelle contribution attendez-vous
de moi?”, puis il reprit en posant à nouveau la question: “Je veux dire, comment puis-je vous venir en aide dans la construction de votre projet ?”. Nasser prit immédiatement l'initiative de dire : “Je suis honoré de vous compter parmi notre équipe, nous participons tous à l'élaboration d'une vision qui, nous l'espérons, sera d’intérêt publique. Et ce qui me rend le plus fier, c'est d'être guidé par vos opinions et vos idées, afin que la recherche soit plus riche et plus complète.\" Après cette rencontre, Nasser rend visite au Dr. Abu Zakaria à plusieurs reprises, jusqu'à ce que ce dernier accepte de se joindre à l’équipe par intérêt pour le sujet traité, dans lequel il percevait les prémices d'un projet civilisé, social et islamique, et cela malgré le fait qu’il eut quelques réserves personnelles sur le sujet. Lorsque l'équipe était enfin au complet, il y eut des réunions hebdomadaires, auxquelles Mustapha participait sans faute, et faisait des comptes-rendus en prenant des notes des idées et opinions partagées lors de la réunion, comme s'il était le secrétaire de l'équipe. Ils se réunissaient une à deux fois par semaine, se donnant ainsi l’occasion de passer en revue les différentes pensées islamiques et autres points de vus ; Muhammad était de l'école de pensée Ja`fari et le Dr. Omar était de l'école de pensée Hanbali. Ils se rendirent vite compte que certains sujets nécessitent des recherches plus approfondies, car ils ne pouvaient pas se baser sur des opinions fanatiques religieuses, préférant ainsi partager des convictions, des visions et des solutions concrètes et légitimes qui font l'objet de discussions et de dialogues. Pendant plus de deux ans, des recherches méthodologiques et scientifiques ont été menées par l’équipe, et étaient ainsi prêtes à être présentées, mais Nasser posa la question suivante: “Où pourrions-nous présenter nos recherches ?” Le Dr. Afaf prit l'initiative de répondre à la question: “Il existe des séminaires ouverts dans lesquels chaque entrée et sortie est enregistrée, puis inscrite sur un registre à titre de référence par la suite. Je suis d’avis d’organiser ce genre de séminaires à l'université. Qu’en pensez-vous ?” Toute l'équipe a convenu que c’était une bonne démarche, et le Dr. Abu Zakaria fut chargé de présenter l’idée au doyen de l'université, puis Nasser lui expliqua plus en détails le sujet des séminaires, et il accepta d’emblée. Nasser quitta le bureau du doyen en le remerciant pour son aide, puis il retrouva le secrétaire, M. George Hanna, qui le félicita et lui fit visiter une grande salle pouvant accueillir cent soixante-dix personnes, et lui dit que la salle serait à leur disposition dans trois jours. Le séminaire - L’événement En l’espace de deux jours, et suite à de nombreux échanges avec les participants, l'université a déployé quelques affiches, une dans la cour d'honneur, une autre au-dessus de la porte de la cafétéria, une troisième dans la résidence des filles, une quatrième dans la résidence des garçons, et enfin une cinquième au-dessus de la porte de l'amphithéâtre où se tenait le séminaire. En lisant l’affiche, quelques étudiants sont restés perplexes devant son titre vague, qui ne révélait qu’à moitié le contenu du séminaire : “À tous les étudiants universitaires, nous vous invitons jeudi après-midi à 16 heures à venir participer
au séminaire, l’événement qui a pour but d’ouvrir la discussion autour d’un enjeu social important”. Le jour du séminaire, lorsque les portes de la salle s'ouvrirent, Mustapha était au milieu du podium, prêt à ouvrir la séance et mener la discussion, et vérifiait les postes d'enregistrement audio et vidéo, afin de documenter les idées et les principes dégagés au cours des discussions. Le nombre de personnes présentes ne dépassait pas une trentaine, alors que la salle pouvait accueillir bien plus que cela. L'inquiétude de Nasser, qui était le coordinateur de ce projet, se faisait sentir, et il faut dire que M. Al-Sayed s'attendait à une timide participation des étudiants à cette journée. Il y a deux nuits, des avions israéliens ont mené une attaque sur la capitale libanaise de Beyrouth, en guise de représailles aux actes de résistance qui ont tué un groupe de leurs soldats, à l'intérieur des territoires libanais occupés. Les Israéliens ont frappé les centrales électriques et les autres sources d'énergie leur ont fait défaut. Cette image traversa l'esprit de Mohammed, avant qu'il ne s’adresse au public pour commencer les travaux du séminaire : “Je tiens à remercier l'administration de l’université, qui nous a accordé le droit de côtoyer ce milieu universitaire sur lequel est basé notre société, et je remercie également tous ceux qui sont venus aujourd'hui, pour participer à ce séminaire, malgré la coupure de courant, malgré la chaleur étouffante, et malgré la paralysie qui afflige le pays, craignant sans cesse que des avions attaquent à nouveau. Je ne m’attendais pas à vous voir si nombreux aujourd’hui, ce qui me fait croire qu’il s’agit déjà d’une victoire pour la science, et un élément de résistance intellectuelle culturelle face à Israël. Merci.” Les causes du divorce Mustapha ouvrit la discussion, en remerciant d’abord l'administration pour la gestion du générateur d'électricité qui permit d’éclairer la salle, puis a souhaité la bienvenue aux participants et aux conférenciers. Mustapha annonça que le sujet central du séminaire, à savoir les relations entre les hommes et les femmes, et les complications qui s’y attachaient, était au centre des recherches des conférenciers venus aujourd’hui. Ils s’étaient mis d’accord pour travailler sur ce sujet et l’approfondir en équipe, et ils tenaient désormais à le présenter aux étudiants universitaires, qui reflétaient l'image consciente de la société, et qui, s’ils sont convaincus, le transmettront au reste de la société qui leur suivra le pas. “Au cours de cette discussion, nous étudierons en premier lieu les problèmes du mariage et les causes du divorce, puis nous aborderons ses conséquences sur la famille et la société. Nous allons commencer par l'Islam, qui sera au centre de notre discours sur le divorce. Nous envisageons nos recherches comme une thèse qui s’adresse non seulement aux musulmans, mais également aux chrétiens, malgré les différences de principes qui existent, car le christianisme impose des conditions difficiles pour le divorce, et donc, c’est un problème présent aussi bien dans le christianisme que dans toutes les autres religions, sectes et autres croyances. Ainsi, le divorce est le point central de notre discussion aujourd’hui.
Nous écouterons vos opinions à ce sujet, mais d’abord, quel est votre avis sur la question, M. Al-Sayyed ?” M. Al-Sayyed a souhaité la bienvenue aux étudiants, après avoir remercié le directeur du séminaire, Mustapha, et dit : “L’une des principales causes du divorce, c’est l'inégalité qu’il y a entre les deux conjoints, pour y remédier, ils doivent tous les deux se sentir désirés, et doivent se compléter pour réussir leur mariage” Puis il laissa la parole au Dr. Afaf, qui à son tour dit : “Au début de mon discours, je voudrais évoquer l'augmentation du taux de divorce dans la société arabe et islamique en particulier, et dans la société occidentale en général. Le divorce, c'est l’acte de mettre fin à une famille, qui est une organisation sociale, et il faut noter ici que le divorce devient une nécessité lorsque la vie conjugale se transforme en enfer qui atteint tous les membres de la famille. C'est là qu'intervient la responsabilité de la société pour les familles brisées, qui nécessitent de panser les maux et les tensions auxquels ils font face.” Mustapha intervient pour lui demander des précisions sur les aspects négatifs qui laissent des traces sur les familles. Elle répondit : “La décision de divorcer peut parfois être nécessaire et indispensable, mais malgré sa nécessité, elle entraîne des conséquences psychologiques sur les deux conjoints. Pis encore est la perte de tendresse et d’affection des enfants vis-à-vis d’un de leurs parents. En tant que professeur et chercheuse en sociologie, je constate que la séparation parentale a un grand impact négatif sur les enfants, qu'ils vivent avec leur mère ou leur père, et de surcroît lorsque l'un des parents essaie de déformer l'image de l'autre devant ses enfants. Il est important de mentionner également l'un des aspects négatifs les plus importants du divorce, qui est la limitation de la liberté de la femme divorcée dans notre société, car le divorce la contrait par tradition à être sous l’égide de son père et de ses frères. Mais s’il existait des règles juridiques appliquées au divorce, alors en cas de divorce, une grande partie du préjudice psychologique subi par toutes les parties diminuerait en intensité et en gravité, et pourrait disparaître avec le temps”. Le public commençait à s’intéresser au sujet, et à partir de là, certains étudiants ont estimé qu'il était de leur devoir de comprendre ce problème sous tous ses aspects, en particulier car beaucoup d'entre eux allaient bientôt se marier à leur tour. Mustapha, le directeur du séminaire a déclaré : “Quelle que soit la réalité tragique à laquelle sont exposés les enfants de parents divorcés, de nombreux conflits conjugaux restent à l'intérieur du foyer et ne parviennent pas aux tribunaux, et dans ces nombreux foyers, un crime se produit au quotidien, plus grave encore que le divorce, c’est la violence contre les femmes”. Le Dr Afaf reprit la parole et dit que si la violence contre les femmes en Occident est considérée comme un crime punissable par la loi, dans notre société arabo-musulmane, la question est complètement différente. Dès qu’elle eut fini de prononcer ces mots, un étudiant se leva et prit la parole, empreint d’émotion, et dit que la nature fragile de la femme ne donnait aucun droit à l'homme de pratiquer ce genre d'injustice sur elle, et ajouta : “Quel genre d'hommes peuvent-être violents contre les femmes ?”. Puis il regarda Mohammed, comme s'il attendait de lui une réponse. Puis Mustapha compris ce que l’étudiant voulait dire et dirigea la question au Dr. Abu Zakaria qui répondit de la sorte : “Un mari qui frappe sa femme est une personne dépourvu d’humanité. C’est quelqu’un qui est souvent de mauvaise humeur, qui cherche
à contrôler et dominer le moindre détail de la vie de sa femme. C'est une personne faible de l'intérieur essayant de cacher sa faiblesse à travers la violence qu’il inflige à sa femme.” L'étudiant se rassis, et une autre étudiant leva la main et dit : “Qu'est-ce qui empêche la femme de se rebeller et de porter plainte devant les tribunaux ou auprès de sa famille ?” Mohammed répondit : “Beaucoup le font, mais malheureusement il y a des femmes qui ont l'habitude de se soumettre aux abus et à la tyrannie de leurs maris, et ce à cause de l'éducation qu’elles ont reçu et aux traditions transmises par la famille, et du manque de choix dont elles disposent. Mais il y a un autre facteur qui explique pourquoi les femmes succombent à cette réalité et l'acceptent : c'est la peur qu’ont les femmes du divorce.” Mustapha remercia le Dr. Abu Zakaria pour son intervention enrichissante, et invita les étudiants à se pencher sur les raisons du divorce: “A votre avis, quelles sont les raisons du divorce?” Il voulait permettre aux élèves de donner leurs avis sur la question, et commença à interroger ceux qui avaient levé la main, dont un étudiant âgé de dix-huit ans, en première année d'université, qui dit: “ Je pense que la différence d’âge entre les époux, lorsque l’homme est plus âgé que la femme, est la raison principale du divorce.” Une autre étudiante, d’apparence calme et intellectuelle, en première année de hautes études, prit la parole et dit: “Si dans un couple la femme est stérile, et que l’homme est impatient d’avoir un enfant qui portera son nom, ou vice-versa, et ce sans compter sur la pression familiale, cela peut conduire à la séparation des époux, voire au divorce, à mon avis.” Mustapha donna ensuite la parole à un étudiant assis au milieu d’un groupe, qui se leva et dit : “Pour moi, l’une des raisons du divorce est que si l’homme n’a pas les moyens d’avoir une maison à lui seul, il sera contraint de rester au foyer familiale, avec sa mère et ses frères, et ainsi sa femme ne se sentira pas à l’aise, ce qui conduira les époux au divorce.” Mustapha donna la parole à un étudiant qui levait le doigt depuis un moment, et il dit : “Une des raisons qui conduit au divorce est lorsque la femme tente de prendre le rôle de l’homme en tant que chef de famille. Je parle ici du cas de la femme ‘garçon- manqué’ qui veut dominer son mari.” Un autre étudiant dit que si un homme est à l’aise financièrement, puis perd par malheur son commerce ou son emploi, alors sa famille ne supportera pas ce changement et sa femme demandera alors le divorce. Un autre encore dit que si un des époux mène une relation interdite avec autrui, alors l’autre époux sera en droit de demander le divorce. Un des étudiants intervient alors et dit : “Les différences de sectes et de religions sont l’une des principales raisons du divorce”. Alors même que Mustapha s’apprêtait à noter cette dernière remarque, une étudiante se leva pour s’insurger contre son camarade, qui était à son avis injuste envers les religions. Elle dit, sans même avoir demandé la permission de parler, sûrement prise par l’émotion du moment : “Les religions ne différencient pas les gens, mais les rapprochent. Quant à ceux qui se veulent être porte-parole des religions, ce sont eux qui séparent et différencient les gens”, l’étudiant qui avait abordé le sujet répliqua : “Les religions sont une des raisons principales du divorce”. Mustapha intervient alors pour calmer la dispute, et dit : “Je demande aux étudiants de bien vouloir garder leur calme et de ne pas s’interrompre les uns les autres, chaque étudiant à le droit de donner son opinion, nous sommes dans un établissement universitaire, et les opinions des autres doivent être respectées”. Un étudiant dit : “Pour moi, l’origine des querelles entre les époux c’est le choix de leur maison, son lieu, le nombre de pièces, les meubles, etc. C’est une des causes du divorce”.
Les conférenciers ont senti que les étudiants étaient bien conscients des problèmes conjugaux qui conduisent au divorce. Ils étaient ravis, car ce séminaire allait couvrir la majorité des causes du divorce, et c’est pour cela que les étudiants étaient invités à s’exprimer. Les différentes opinions des étudiants sur les causes du divorce ont été regroupé comme suit: • Si le mari est enfant unique, et que sa mère est incapacité, alors il sera contraint de l’accueillir au domicille conjugal, sous la garde de sa femme. • Si le mari sombre dans la drogue et autres substances intoxicantes. • Si les deux belles-familles interviennent en permanence dans la vie des époux. • Si l’un des deux époux a une relation extra-conjugale et que l’autre le découvre. • S’il y a une différence de niveau scolaire entre les époux. • S’il y a une différence de religion entre les époux. • Si l’un ou l’autre époux ne parvient pas à s’adapter à la famille de l’autre. • Si le mari a déjà une première épouse et n’en informe pas sa nouvelle épouse lors du mariage. • Si la fille ou le fils du mari ne s’entend pas avec sa nouvelle épouse. • Si le mari est incapable de subvenir aux besoins de sa femme et de sa famille. • Si le mari est avide de l’argent de sa femme et de sa famille. • Si l’un des deux époux est plus mature et découvre certains défauts de l’autre avant le mariage, mais souhaite tout de même se marier, et finit par ne plus sup- porter l’autre après le mariage ; ou s’il découvre les défauts de l’autre seulement après le mariage. • Si la femme ne souhaite pas épouser son cousin. • Si la personnalité du mari ou de la femme change radicalement après le mariage. • Si les époux sont jaloux l’un envers l’autre. • Si l’ignorance de la culture sexuelle des époux les aliène l’un de l’autre. • Si un accident rend l’un des deux handicapé. • S’ils se précipitent dans leur choix de conjoint. • Si les époux ne se préoccupent pas des problèmes de l’autre et des difficultés qu’il rencontre. • Si la femme prête beaucoup d’attention aux enfants et délaisse son mari. • S’ils ne peuvent l’un et l’autre réaliser leurs aspirations, comme par exemple si la femme ne peut terminer ses études. • Si l’un des époux veut changer de partenaire car il/elle sent que l’autre ne le mérite pas. • Si la femme se soucie peu de l’éducation des enfants. • Si les époux ne se connaissent pas véritablement avant le mariage. • Si le mari est contraint de travailler à l’étranger et s’absente longuement. • Si les époux ont un enfant handicapé, car cela entraîne des conséquences psy- chologiques. • Si l’un des deux époux tombe amoureux d’une autre personne. • Si l’un des époux séjourne en prison pour avoir commis un crime. • Si l’un des époux est violent avec l’autre. • Si l’un des époux est négligent avec l’autre;
• Il existe d’autres raisons illogiques et irréelles comme le recours à la magie et à la sorcellerie. Certaines personnes, surtout les femmes, pensent que si quelqu’un les déteste et veut gâcher leur vie, il ou elle peut le faire en employant la sorcellerie à leur égard et ainsi défaire leur couple. Les étudiants avaient terminé de classifier les causes du divorce, et n’avaient plus rien à ajouter. Mustapha passait en revu les points proposées par les étudiants, et voyait que certains étaient similaires, alors il les résume comme suit: • Un mauvais comportement • Les problèmes liés au logement et à la famille • Les problèmes sexuels • L'interaction entre les époux • Un nouvel amour • L’infidélité • Les problèmes financiers • L’aversion et la négligence à l’égard de son époux • La jalousie et les doutes • Les problèmes religieux • Les substances intoxicantes Suite à ce résumé des interventions des conférenciers et des étudiants, Mohammed avait une remarque à faire : “Le divorce est bien plus facile pour l’homme que pour la femme. Il suffit que l’homme prononce les mots “Je te divorce” à sa femme pour que cela prenne effet au foyer même, selon le courant Sunnite, tandis que le courant Chiite exige la présence de deux témoins pour que le divorce prenne effet, en quelques minutes, au tribunal.” “Nous sommes ici, dit Mohammed, pour tenter de trouver quelques solutions pour freiner la courbe du divorce qui ne fait que croître de génération en génération. Nous avons entendu aujourd’hui un certain nombre de véritables causes qui mènent à la dissolution du mariage, et un certain nombre d’autres raisons valables. Pour cela, après avoir passé en revu toutes les causes du divorce énoncés précédemment, nous pouvons commencer à rechercher des solutions pour que les deux parties, mari et femme, évite de briser cette union sacrée.” L’intervention de Mohammed toucha le public et marqua le début de sérieux travaux. Les conférenciers et les étudiants se regardaient longuement pour tenter de trouver des solutions. Nasser brisa alors le silence et dit : “Après avoir écouté les étudiants exprimer tour à tour leurs opinions, j’ai trouvé que l’une des causes de divorce les plus communes est celle évoquée par l’un des étudiants, à savoir le manque de connaissance de l’autre avant le mariage. En effet, les familles interviennent traditionnellement lors du mariage, et planifient la vie de couple pour les deux jeunes mariés qui ne se connaissent pas. C’est pourquoi cette raison regroupe toutes les autres raisons que l’on a évoqué auparavant.” Le directeur du séminaire remarqua la réceptivité de l’auditoire et ajouta en guise de mot de fin : “Puisque M. Nasser a souligné la cause principale du divorce, je pose la question suivante: Comment peut-on faire en sorte que le jeune couple se rencontre avant le mariage ? Qu’en pensez-vous ? Nous n’attendons pas de réponse de vous tout de suite,
car cela fait deux heures que nous sommes dans ce séminaire, mais je vous propose, si Dieu le veut, de se donner rendez-vous ici même le jeudi prochain à 15 h. Qu’en dites- vous ?” Les étudiants ont accepté unanimement le prochain rendez-vous. Chapitre deux : L’aventure d’une vie Faire connaissance avant le mariage L’importance de faire connaissance avant le mariage Nasser était assis à son bureau et organisait ses papiers pour le séminaire suivant qui s’intitulerait “Faire connaissance avant le mariage”. Lors de la dernière session, il était inquiet de voir qu’il n’y avait qu’un petit nombre de participants en cause de l’horaire qui ne convenait pas à la plupart des étudiants qui avaient des examens à ce créneau, Nasser espérait alors voir le nombre de participants augmenter au prochain séminaire. Le jour du séminaire, Nasser était devant la porte de l'amphithéâtre avant 15 h, et fut étonné de voir le nombre de participants qui se précipitèrent à l’intérieur pour se réserver une place. Toutes les autres facultés avaient eu vent de ce séminaire, et à cinq minutes du début de la session, l’amphithéâtre était rempli de plus de 150 étudiants. Le sujet du séminaire avait fait le tour de l’université, et de bouche à oreille, beaucoup d’étudiants voulaient y assister. Une fois le séminaire lancé, et les conférenciers assis à leur place habituelle, Mustapha résumé les points abordés lors de la première session, en citant les causes du divorce que les conférenciers et les étudiants avaient cités et annonça : “Le premier séminaire s’est conclu sur une des principales causes menant au divorce, et par conséquent à la dissolution du noyau familiale, à savoir le manque de connaissance de l’autre avant le mariage. C’est une étape primordiale pour la jeune femme et le jeune homme qui souhaitent se marier, afin d’éviter d’introduire des problèmes dans le foyer conjugal. Je déclare la session d’aujourd’hui ouverte, autour de la question suivante : Comment cette fréquentation pré-mariage pourrait-elle être légitimisée aux yeux de l’Islam ?” Avant que Mustapha ne commence à interroger les étudiants, Nasser intervient pour dire : “Il est tout à fait naturel, lorsque deux personnes souhaitent entrer dans un partenariat de travail, d’étudier les caractéristiques, les intentions et le comportement de cette personne afin de déterminer si oui ou non ils seront capables de travailler en harmonie. Cette même idée s’applique au mariage, qui est d’ailleurs considéré comme supérieur au partenariat, en ce qu’il englobe à lui seul un système social et juridique représenté dans la structure du groupe et se manifeste dans la nature, avec des caractéristiques qui lui sont propres.” “Le mariage est un lien entre un homme et une femme encadré par la loi, les traditions ou encore les coutûmes, selon lequel il est permit à l’homme de construire un foyer et d’avoir des enfants avec une femme, en ayant des droits et des devoirs communs. Selon cette définition, l’homme a le droit de connaître les mœurs de celle qu’il veut épouser, de
comprendre sa façon de penser, pour connaître leur degré de compatibilité. Il en est de même pour la femme, qui a le droit de connaître l’homme, sa culture, son sens moral, ses objectifs et son mode de vie. Afin que les deux parties trouvent réponses à ces questions, elles doivent apprendre à se connaître véritablement sur le long terme, en se faisant une idée objective et réaliste de l’autre personne, et non par le biais d’une brève rencontre.” Le Dr. Abu Zakaria fit un commentaire sur le discours de Nasser: “Dans la continuité de ce que Nasser a si bien évoqué à la suite de ses études approfondies sur la question de la famille et du mariage, je tiens à souligner que la question de la connaissance avant le mariage est très importante et tout à fait nécessaire, car elle constitue un avant-goût réaliste de la vie de couple. Si le jeune homme et la jeune femme ayant l’intention de se marier, ne se dévoile pas véritablement l’un à l’autre pendant leurs rencontres, ils risquent d’être incompatibles. En effet, si un homme et une femme se marient sans vraiment se connaître, ils risquent de se refuser l’un l’autre ultérieurement”. Dès que le Dr. Abu Zakaria eut terminé son intervention, l’un des étudiants pris par l’émotion, commença à dire: “Nous savons tous, mes chers camarades étudiantes et étudiants, qu’il est de courant de se marier sans se connaître, car les parents choisissent un mari pour leur fille et vice-versa, sans se soucier de l’avis des deux parties ; c’est une aventure vers l’inconnue. Et l’on sait combien de restrictions sont imposées aux jeunes hommes et femmes qui veulent faire connaissance avant de se marier, car c’est contraires aux coutumes et traditions.” “Comment est-il possible, dans l’Islam, de faire connaîssance avec une femme, si l’on ne la connait que de vue, sans lui avoir adressé une fois la parole, et ce car les coutumes s’y opposent. Comment légitimer ces rencontres avant le mariage ?” Mustapha reprit la parole et répéta: “En effet, comment légitimer les rencontres d’un homme et d’une femme avant le mariage, et dans quelle mesure l’Islam permettrait-il ces rencontres ? Ce sont les questions que l’on vous pose aujourd’hui.” Une des étudiantes se leva alors et déclara : “Pourquoi s’épuiser à trouver des solutions, la réponse est tout simplement : les fiançailles.” Nasser reprit la parole et remercia l’étudiante pour son intervention, car elle avait mis le doigt sur un sujet important qui se trouvait au coeur de leurs discussions, puis il ajouta : “Je tiens à répéter, pour nos frère chrétiens présents dans la salle aujourd’hui, que notre discussion s’inscrit dans le cadre de la loi islamique, tous courants confondus. Nous ne parlons pas des fiançailles chez les chrétiens ou autres religions ou courants. Je donne maintenant la parole à Mohammed.” Mohammed reprit : “Les fiançailles, comme nous le savons, sont une pratique courante dans la plupart des pays musulmans, en présence des deux familles, où l’homme et la femme se tiennent la main, et récite ensemble la sourate Al-Fatiha. Ces fiançailles ne constituent pas une union légitime, et comme nous le savons, ne permettent pas aux fiancés d’être ensemble. Dès lors, comment peuvent-ils apprendre à se connaître, et communiquer de manière intime si la Charia les empêchent d’être ensemble ?” L’opinion de Mohammed laissa les étudiants pensifs, et l’une d’eux leva timidement le doigt pour participer, et dit : \"À ce sujet, c’est en général la famille de la jeune femme qui interdit au jeune prétendant de rester seul avec leur fille, et il ne peuvent ainsi pas discuter librement, ni faire connaissance comme il se doit”. Une autre étudiante intervient à ce moment et rétorque : “Pourquoi se préoccupe-t-on de ce qui est légal ou illégal aux yeux
de la Charia? Les fiancés devraient pouvoir avoir une relation, et se découvrir sans masque. De ce fait, on se libèrerait des restrictions imposées par la Charia, et les fiancés apprendraient à se connaître et ne se cacheraient rien pendant la période des fiançailles.” Mohammed sourit et dit : “Nous envisageons de comprendre ici la relation de femme à homme, ou plus généralement d’un homme à un autre, qui s’inscrivent dans un système établie par Dieu tout-puissant, qui connaît mieux ses serviteurs. Nous avons entrepris de trouver une solution légitime à la question de la connaissance de l’autre à travers l’Islam, car cette religion offre des solutions qui précèdent les besoins humains, en ce que Dieu tout-puissant, avant d’insufler un besoin chez l’homme, l’instinct par exemple, n’abandonne pas l’homme à sa recherche de solutions et d’interprétations, Dieu précède l’instinct lui-même, dans un système bien rodé.” “Nous sommes convaincus que ces préceptes divins s’appliquent à nos vies de commun des mortels, et nous permettent d’être des hommes conscients et responsables, n’étant pas en proie aux crises psychologiques ni autres problèmes déviants. C’est le même principe que lorsqu’une forêt brûle, il ne faut pas affronter le feu de front pour l’éteindre, mais plutôt l’encercler, et s’il gagne du terrain par derrière, alors il faut sacrifier quelques rangées d’arbres pour créer un espace entre les arbres brûlés et les arbres que le feu n’a pas atteint. C’est ainsi que l’on survit à un feu de forêt.” Mohammed s’adressa à l’étudiante ayant proposé l’idée de relation, aussi bien qu’à tous les autres étudiants. Le Dr. Abu Zakaria organisait ses feuilles, s’apprêtant à reprendre la discussion, puis dit : “Pour vous les jeunes, l’idée qu’un jeune homme et une jeune femme se fréquentent revient à dire qu’ils ont une relation spéciale entre eux, qui n’est soumise à aucun système, ni acte social. Cette relation entre deux êtres humains commence par des rencontres, puis se développe par des échanges de cadeaux, pour la Saint-Valentin par exemple, ou aux anniversaires de chacun. La jeune femme pense alors que cet homme est l’homme de sa vie. La relation avance vers l’intimité et se développe en relation physique sans déflorer la jeune femme, et dans certains cas exceptionnels en relation sexuelle où la jeune femme perd sa virginité.” Une des étudiantes voulait démontrer que toutes relations ne se terminent pas ainsi, qu’il y avait des relations qui se terminent par un mariage. Nasser reprit : “Il est vrai qu’il y a des cas de relations qui se terminent par un mariage, mais ce genre de relation est avant tout illégitime et interdit par la loi islamique. A travers mes recherches, et des témoignages de certaines femmes, j’ai pu constater que ce genre de relation n’est que provisoire et sans issue. Malheureusement, nous considérons toujours que la femme est propriété privée, et que nous pouvons agir comme bon nous semble, quand bien même l’homme peut entretenir plusieurs relations avec deux ou trois femmes simultanément.” Après l’intervention de Nasser, pendant quelques secondes le silence règne dans l’amphithéâtre, toutes les têtes cogitent pour tenter de trouver une solution acceptable qui permettrait à un homme et une femme de faire connaissance afin de construire plus tard un foyer solide. Un des étudiant brisa le silence et dit : “Ne voyez-vous pas, messieurs les conférenciers, que les fiançailles sont la seule solution plausible ?” Mohammed voulut ajouter quelque chose et dit : “Comme l’a dit précédemment votre camarade, les fiançailles sont un engagement entre un homme et une femme qui ont l’intention de se marier. Ils se tiennent la main et accompagnés de leurs deux familles, récitent La-Fatiha. Mais il ne s’agit pas d’un acte légitime, alors comment pourraient-ils faire connaissance de manière légitime si les fiançailles en soi ne constituent pas un acte
légitime ? Et comment un jeune couple pourrait-il être physiquement intime, suite à un engagement seulement oral ? Selon la tradition dans les pays du Golfe, les fiançailles sont considérées comme un acte légitime, mais la période entre les fiançailles et le mariage, qui est traditionnellement assez courte, suffit-elle pour véritablement faire connaissance ? Sachant que les traditions de ces pays sont assez strictes par rapport aux rencontres entre les fiancés, qui doivent être chaperonnés. Dans ce cas, comment peuvent-ils véritablement faire connaissance ? Si les fiancés décident de se séparer, alors ils rencontreront beaucoup de difficultés psychologiques et matérielles. Quand une jeune femme veut se séparer de son fiancé, elle se voit imposer des conditions par l’homme qui peut lui demander ou sa famille une grande somme d’argent à lui payer, ou encore il peut voyager pendant de longues années et la laisser en suspend sans réponse. Quant à l’homme, si sa fiancée ne veut plus se marier avec lui, alors il doit lui payer la moitié de la dot s’il n’a pas eu de relation sexuelle avec elle, et la totalité de la dot s’il y a eu une relation. La valeur des dots est très élevée dans nos société musulmanes.” Le Dr. Afaf intervient à ce moment-là pour apporter une précision importante sur les conséquences de la séparation sur la fiancée, de par son expérience amère de sa fille divorcée avant même que le mariage n’ait lieu. Elle dit : “Permettez-moi M. Mohammed d'ajouter une précision sur les conséquences de la séparation sur la fiancée, le titre de divorcée qu'elle hérite.” Le mariage coutumier Mustapha posa la question suivante pour attiser l’esprit des élèves: “Y’a-t-il une autre solution pour faire connaissance ?” L’un des étudiants se leva et demanda aux professeurs : “Qu’en est-il du mariage coutumier ?” Le Dr. Abu Zakaria répondit que le mariage coutumier est un mariage tout à fait légal. Il existe une fausse idée répandue que ce mariage doit être gardé secret, mais il n’est pas secret à proprement parler, il est célébré par les jeunes mariés, parfois entouré d’un groupe d’amis proches qui les bénissent. Certains couples n’annoncent pas ce mariage à leur entourage, en raison de circonstances particulières, et ne l'enregistrent pas au tribunal, ce qui invalide sa légitimité”. La plupart des étudiants ne semblaient pas connaître en détails ce type de mariage. Un autre étudiant se leva et posa la question suivante : “Quelles sont les raisons qui poussent ces couples à ne pas enregistrer le mariage au tribunal ?” Ce à quoi le Dr. Abu Zakaria répondit : “Certaines femmes sont veuves, ou divorcées, ou encore célibataires, et ont besoin d’un homme. Certains hommes mariés font beaucoup de voyages d’affaires et passent de longs mois seuls et ont besoin d’une femme, sans passer par des sites d’adultes contraires à la loi islamique. Ils se marient alors à un moment opportun selon la coutume, sans annoncer la nouvelle de ce mariage, car ils sont encore étudiants dans la même université, ou encore parce que l’homme s’est remarié sans que sa première femme et ses enfants ne le sachent. Ils se marient de cette manière dans le cadre d’un accord commun entre les deux parties, selon lequel le mariage ne sera pas rendu public, quelque fut la femme divorcée, veuve ou célibataire. Nous devons rappeler que ce type de mariage peut être enregistré au tribunal si les deux parties se mettent d’accord, notamment si la femme tombe enceinte.”
Le mariage de passage (misyar) Mohammed trouva que l’occasion était appropriée pour passer en revue le reste des types de mariages, aux vues de l’intérêt et la passion des étudiants, et dit : “Mes chers camarades, bien que nous nous soyons quelque peu éloignés du sujet central, qui est la recherche d’un moyen légitime pour deux jeunes gens de faire connaissance dans l’optique de se marier. Je me dois de vous informer sur les autres modèles de mariage, dont le mariage de passage.” “Mais avant cela, permettez-moi d’apporter quelques précisions à l’explication du Dr. Abu Zakaria sur le mariage coutumier. Selon le Cheikh d’Al-Azhar, Gad Al-Haq Ali Gad Al- Haq (que Dieu lui fasse miséricorde), je cite : ‘Si le mariage coutumier remplit les conditions du mariage classique, à savoir la cohabitation, le lien de filiation et l’héritage, alors ce contrat sera légal’”. “Revenons au mariage de passage, qui est lui aussi un mariage légal, et c’est, selon la définition de l’écrivain saoudien Abdullah Abu Al-Samh : ‘une solution pratique dans laquelle une femme épouse un homme qui lui plaît et se conforme à son intellect et à sa culture, avec une renonciation à certains de ses droits.’” Certains étudiants furent étonnés d’entendre parler de ce type de mariage, et l’un d’eux demanda: “Quelle est la signification du mot de passage (misyar en arabe) ?” Mohammed lui répondit que le mot de passage (misyar en arabe) fut expliqué par le Dr. Abdul-Wadud Hanif, professeur adjoint à l’université Umm Al-Qura à La Mecque, dans son livre La Célibataire. “Le mot de passage (misyar en arabe), vient du mot passer ou rendre visite, c’est-à-dire que le mari rend visite à sa femme à l’heure convenue, une à deux fois par mois. Le principe du mariage repose sur le partage équitable du temps et de l ’argent de l’homme à chacune de ses épouses. Bien que ce mariage soit légalement autorisé, je ne suis pas favorable à son usage sans conditions ni restrictions particulières.” Un des étudiants voulait s’enquérir de l’opinion d’Al-Zahar Al-Shari sur ce mariage. Nasser lui répondit alors : “L’imam Al-Zahar a confirmé que le mariage de passage est bien légal, car les piliers du mariage y sont respectés.” Le mariage avec intention de divorce Un étudiant s’est levé et a posé une question, laissant entendre son accent du Golfe: “Il existe un autre type de mariage chez nous, qui s’appelle le mariage avec intention de divorce. Est-ce semblable aux mariages que vous avez cité ?” Le Dr. Abu Zakaria répondit : “Selon le livre Fiqh Al-Sunna: L’intelligence de la norme prophétique, je cite : ‘les juristes se sont accordés à dire que si un homme se marie avec une femme sans durée déterminée, et qu’il a l’intention de divorcer après un certain délai, ou après avoir terminé ses affaires dans le pays où il se trouve, alors le mariage est tout à fait légal’. Le Cheikh Ibrahim Al-Dobaiy a écrit que le mariage avec l’intention de divorce est un moyen de préserver la dignité de l’homme qui cherche à se protéger, par peur de tomber dans l’interdit. Ce type de mariage s’adapte à différents cas, que ce soit les étudiants à l’étranger ou les diplomates, etc. Les musulmans doivent se protéger des interdits par le biais du mariage, même si celui-ci est avec intention de divorce.”
Une des étudiante agacée se leva et dit : “Ce mariage est basé sur la tromperie et l’oppression de la femme ! Selon ce principe, l’homme peut quitter une femme à tout moment sans la prévenir, alors qu’elle compte sur son mari pour lui apporter sécurité et réconfort.” L’étudiante poursuit alors : “Est-ce qu’un des spécialistes contemporains à légitimer ce type de mariage ?” Le Dr. Abu Zakaria répondit : “Bien sûr, Ibn Baz de l’Arabie Saoudite et d’autres se sont accordés sur la légitimité de ce type de mariage, mais également le comité permanent, dont je suis le président, a décrété que l’intention de divorce reste entre l’homme et Dieu.” Il enchaîne en disant que les Chiites n’acceptent pas ce type de mariage, mais que les Sunnites l’acceptent. “Le Cheikh Al-Dobaiy a confirmé l’avis du Cheikh Saleh Al-Mansour, un des savants de l’Arabie Saoudite, qui proclame que le mariage avec l’intention de divorce n’est ni légitime, ni permis.” La même étudiante voulue poser une autre question et dit : “Si ce genre de mariage est accepté par quelques chefs Sunnites, alors pourquoi n’interdisent-ils pas le mariage provisoire ou temporaire ?” L’étudiante poursuivi : “Mes camarades m’ont appris que les conditions du mariage temporaire étaient connues d’avance par les deux parties, tandis que pour le mariage avec intention de divorce, la femme n’est pas au courant de l’intention de divorce du mari.” Mustapha intervient à ce moment pour clôturer le séminaire, car le temps s’était écoulé. Il annonce qu’une autre séance sera consacrée à ce thème. Mais l’étudiante reprend la parole : “Je souhaite répondre à la question en bref: après avoir passé en revu les différents types de mariages, ne voyez-vous pas les fiançailles, le mariage de passage et le mariage coutumier permettent tous de résoudre le problème initial de la connaissance de l’autre ?” Mohammed déclara : “Chers étudiants, lorsque nous avons traité le thème de la connaissance avant le mariage, c’était dans un but clair, celui de faire connaître les deux parties avant qu’ils n’entrent dans la vie conjugale, au risque de se séparer avant même d’y entrer. La plupart des différents mariages énoncés aujourd’hui ont vocation à être permanents, y compris le mariage avec intention de divorce, cependant, comme nous l’avons constaté, ce n’est pas une solution adéquate à notre problème qui détruit des couples qui viennent à peine de se former. De ce fait, nous sommes toujours à la recherche d’une autre solution qui permettrait aux jeunes couples de faire connaissance, et de choisir de continuer ensemble ou non ; une solution qui n’irait pas à l’encontre de la Charia. Reportons notre discussion au prochain séminaire.” Chapitre trois: La divergence des opinions et la capacité de diligence Les conditions et la légitimité Les conditions de mariage Entre la deuxième et la troisième session, le séminaire était devenu le sujet de conversation de toute l’université. Les résultats préliminaires faisaient l’objet de débats entre les étudiants, au comble du doyen de l’université, qui félicita Nasser du succès de ses séminaires et lui proposa de combler tous les prochains créneaux disponibles.
L’heure du troisième séminaire sonna, et les conférenciers prirent leur place habituelle pour débuter la séance. Mustapha commença par souhaiter la bienvenue au public, et résumer les résultats des discussions menées jusqu’à présent, puis conclut son introduction en disant : “La plupart de vous pensent que le manque de connaissance mutuelle des époux avant le mariage est l’une des raisons principales du taux de divorce élevé dans nos société arabo-musulmanes. Nous sommes toujours à la recherche d’une solution plausible qui pourrait réduire ce taux de divorce”. Une étudiante se leva et dit avec enthousiasme : “Vous venez de nous résumer les grands titres des discussions précédentes, et vous parlez de la nécessité d’une connaissance mutuelle des époux avant le mariage, et je trouve cela logique, mais avant cela, nous aimerions savoir ce qu’est le mariage ? Et quelles sont ses conditions ?” Nasser répondit : “Le mariage fait l’objet de nombreuses conditions. Pour qu’un mariage entre un homme et une femme devienne officiel, leur relation doit être basée sur un système qui a ses règles et ses conditions, dont la plus importante est l’acte de mariage. Le mariage dispose des conditions suivantes: l’offre et l’acceptation, la dot, l’annonce officielle, le témoignage, la tutelle sur la femme, la responsabilité, et l’âge. Nous devons parler de chacune de ces conditions en détail.\" L’offre et l’acceptation La validité d’un contrat dépend de l’offre et de l’acceptation, et puisque le mariage est un contrat entre deux parties, l’offre doit être formulée par l’une des parties et l’acceptation par l’autre partie, afin de compléter le contrat. Pour remplir le formulaire du contrat, le consentement doit être volontaire et intentionnel, il ne suffit pas de consentir sans avoir vu l’offre, ou d’accepter hâtivement, l’engagement doit être explicite. La fiancée ou son tuteur commence par prononcer l’affirmation suivante : “Je consens au mariage”, et le fiancé répond par : “Je l’accepte.” Nous ne devons pas oublier que ces mots prononcés lors du mariage sont lourds de responsabilités qu’il faut honorer et respecter. La dot Nasser affirme que la dot est la valeur matérielle ou morale qu’un homme offre à la femme qui deviendra sa partenaire de vie. La dot est l’une des choses sur lesquelles il y a consentement mutuel entre les deux parties, quelque soit sa valeur. Un verset du Coran l’explique ainsi : “Donnez aux femmes leur dot comme don de Dieu”. La Charia n’ayant pas précisé la valeur de la dot, c’est au couple de déterminer sa valeur ensemble. Mais la femme est libre de choisir d’accepter une dot symbolique, ou d’augmenter la valeur de sa dot, et si le mari consent à sa demande, alors elle a le droit de la réclamer immédiatement. Après le mariage, il est de la responsabilité du mari de s’acquitter de la dot, comme il a été conclu\". “Vous dites ‘déterminer la dot’...” intervint soudainement l’étudiante présente lors du dernier séminaire, “c’est revenir à dire que la femme se vend, et que l’homme achète. Qu’en pensez-vous M. Mohammed ?”
Mohammed répondit calmement : “Certains peuvent imaginer qu’une femme se vend à un homme, et cette illusion a sûrement été introduite par les paroles rapportées dans les hadiths du prophète, selon lesquels la femme est un vendeur et l’homme est un acheteur, et la vente à un prix. La réponse à cela se trouve dans un verset du Coran qui dit que : ‘La dot est un don de Dieu aux femmes’, car selon Sayyid Mohammed, considéré comme l’un des référent des musulmans, la jouissance n’est pas limitée aux hommes, au contraire, la femme bénéficie de cette jouissance (matérielle) qui ne s’obtient que par l’accord des deux parties, à la différence près que c’est l’homme qui fait sa demande. A travers sa nature dominante, c’est l’homme qui recherche sa femme, et emploit ses qualités et ses relations pour la courtiser et la charmer. La femme, elle, consent à l’homme, bénéficiant alors d’un droit acquit, et endosse le rôle du vendeur, non pas au sens du marché. Il incombe alors à l’homme d’être l’acheteur, celui qui paie le prix de la dot qui est versée à la femme. C’est une déclaration d’honneur et de dignité, et par conséquent, la dot est considérée comme une forme de sécurité en raison du fait que les femmes sont le maillon faible du tissu social, n’ont pas de grandes responsabilités, et ont besoin à leur tour d’une forme de sécurité. Le témoignage de mariage Mohammed commença par définir ce qu’était le témoignage lors du mariage, à savoir le témoignage de deux hommes qui confirme l’échange de vœux entre les époux. Par ailleurs, les opinions divergent sur le caractère obligatoire du témoignage, certains prennent pour acquis le hadith suivant : “Il n’y a pas de mariage sans témoignage”, tandis que d’autres affirment qu’il est libre aux époux de choisir, se référant au hadith suivant : “Habiter à côté d’une mosquée n’empêche en rien d’aller à la mosquée”. Mustapha donna ensuite la parole aux étudiants qui levaient la main, et l’un d’entre eux se leva et adressa sa question au Dr. Abu Zakaria : “Dans un cas comme celui-ci où deux opinions s’opposent, quels sont les arguments de chaque parti pour appuyer leurs propos ?”. Le Dr. Abu Zakaria répondit qu’ils allaient maintenant présenter les avis de plusieurs savants, afin de déterminer les arguments de chaque groupe, car bien que les musulmans Chiites s’accordent sur la question du témoignage, les musulmans Sunnites, eux, ont différents avis. C’est ce que le professeur Mohammed Al-Dhahabi développe : “Les Hanafites, les Chaféites et les Hanbalites ont soutenu que le témoignage est nécessaire pour la validité de contrat/l’acte de mariage, selon le hadith du prophète : ‘Il n’y a de mariage sans témoins’. L’imam Malik quant à lui, affirme que le témoignage n’est pas une condition de validité du contrat de mariage, car le Coran ne l’exige pas, et les textes authentiques de la Sunna ne l’explicite pas non plus. Al-Jaafaria déclare également que le témoignage n’est pas une condition de validité du contrat de mariage, car une fois de plus le Coran ne l’exige pas, et les hadiths recommandent le témoignage en guise de preuve devant un juge, en cas de contestation du mariage. D’autres, tels que Al-Bukhari, Muslim, Al-Tirmidhi, Ibn Majah et Al-Nasa’i se sont également du même avis. Par ailleurs, Al-Bukhari, Muslim et Malik racontent que de nombreuses générations se sont mariées sans témoins, se contentant d’une fête. Le prophète s’est également marié de la même manière.”
L’étudiant qui avait posé la question se leva de nouveau, comme s’il n’avait pas été satisfait de la réponse du Dr. Abu Zakaria, et adressa sa question à Mohammed, voulant entendre les arguments des musulmans Chiites, pour lesquels le témoignage n’est pas obligatoire. Mohammed cita les nobles versets coraniques qui reprennent la parole du Tout-Puissant : “Epousez autant de femmes que vous le souhaitez : deux, trois ou quatre.” Il expliqua que ce précepte n’était pas limité par l’obligation de témoignage, auquel cas il serait fait mention de celle-ci aux mêmes versets qui énoncent la dot comme obligation. Il poursuit : “En nous intéressant à l’histoire du Prophète, nous verrons qu’il a épousé plusieurs femmes, sans exiger la présence de témoins, et que de nombreuses personnes de son entourage ont fait de même.” Un autre étudiant se leva et s’adressa au Dr. Abu Zakaria : “M. Mohammed vient de nous éclairer sur la question du témoignage chez les Chiites qui ne considèrent pas que c’est une obligation pour conclure un contrat de mariage musulman. Qu’en est-il pour les Sunnites, Dr. Abu Zakaria ?” Il répondit en disant que les juristes Sunnites n’autorisent pas les mariages secrets ou cachés, et que le contrat doit être conclu en présence de deux témoins, afin que le mariage soit reconnu, mais également pour éviter les mélanges de filiation.. Les Sunnites fondent leur argument sur le fait que le mariage est un contrat au même titre que tout autre contrat, telle que la reconnaissance de dette par exemple, et que le témoignage est implicitement mentionné dans la parole du Tout-Puissant, afin de faire reconnaître le mariage et l’annoncer aux autres. Le témoignage pour les Sunnites, c’est tout d’abord une affaire d’honneur et de préservation de lignée, mais aussi, et là le Dr. Abu Zakaria déclara : “J’aimerais préciser que je ne fais que énumérer les preuves de certains juristes concernant l’obligation de témoignage pour le contrat de mariage musulman, et que ça n’est pas de mon ressort. Je disais donc que le deuxième argument en faveur du témoignage se base sur les paroles du messager de Dieu : ‘Il n’y a de mariage qu’en présence de deux témoins.’ L’école Malikite se distingue des autres écoles sunnites qui s’accordent sur l’obligation de témoignage dans un contrat de mariage musulman, car la condition principale du contrat est qu’il soit publié, même sans la présence de témoins.” Nasser pensa qu’il était désormais utile de résumer ce qui avait été dit, afin de clore le sujet. Il dit alors : “Pour conclure le débat, rappelons que ceux qui affirment qu’il y a obligation de témoignage se basent sur le verset coranique à propos de la dette. Pour eux, le témoignage dans un contrat de mariage musulman est comparable au témoignage dans une reconnaissance de dette, ou autre contrat financier. Mais cette analogie semble extrapolée, car le but du témoignage dans une reconnaissance de dette, ou dans un contrat financier, est de fournir une preuve en cas de démenti, alors que le témoignage de mariage a pour but d’annoncer le mariage publiquement, c’est ce que le professeur Ibrahim Fawzia nous transmet dans son livre Les Lois de la Famille, qui date de l’époque pré-islamique.” La tutelle sur la femme Nasser aborda désormais une des autres conditions du contrat de mariage musulman, celle de la tutelle de la femme, et déclara : “Le tuteur d’une femme, généralement son père ou son grand-père, a le droit de conclure le contrat de mariage pour elle si elle n’est
pas majeure, avec un parti qu’il juge convenable. Une étudiante se leva et prit la parole : “La Charia permet-elle à une jeune femme adulte de se marier avec un homme qu’elle a elle-même choisi, sans le consentement de son tuteur ?” Mohammed se porta volontaire pour répondre à cette question et dit : “En réponse à cette question, un groupe de juristes musulmans chiites ont déclaré qu’une jeune femme ou un jeune homme adultes n’ont aucunement besoin d’un tuteur que ce soit pour un mariage ou dans d’autres domaines. Chacun est indépendant et a sa propre autorité pour choisir avec qui et quand se marier. La tutelle est établie dans le contrat de mariage musulman sur l’homme et la femme pour ces trois raisons : s’ils sont mineurs, s’ils ont sont atteints de troubles mentaux ou psychologiques” L’étudiante poursuivit: “Quelles sont les caractéristiques légales qui prouvent qu’une femme adulte est rationnelle et peut épouser qui elle veut et quand elle veut sans être sous tutelle ?” Mohammed lui répondit en disant que là encore les juristes chiites s’étaient prononcés, sur la base des hadiths rapportés par les imams proches du prophète, notamment l’imam Mohammed Al-Baqir qui écrit dans Zarara : “Si une femme est capable de vendre et d’acheter, peut témoigner et donner de son argent, alors il lui est permis de se marier sans la permission de son tuteur. Mais si ces conditions ne sont pas réunies, alors elle ne pourra se marier que sur ordre de son tuteur”. D’après ce hadith, nous comprenons que l’une des conditions qui permet à la femme de ne plus être sous tutelle est d’atteindre l’âge de la majorité, mais cela n’est pas suffisant, il faut également prouver qu’elle agit dans son propre intérêt, en évitant le mal et la décadence”. L’un des étudiants s’adressa au Dr. Abu Zakaria avec éloquence: “Vous nous avez exposé le point de vue des Chiites à propos de la tutelle sur la femme, si vous permettez, qu’en est-il du point de vue des Sunnites à cet égard ?” Le Dr. Abu Zakaria répondit : “Pour passer en revue les différents avis des juristes sunnites, alors il faut faire appel à l’ouvrage du professeur Ibrahim Fawzi, Les Loi de la Famille, qui date de la période pré-islamique et islamique: ‘Le Coran ne fait pas mention de la tutelle sur la femme musulmane pour son mariage, mais la Sunnah rappel une phrase attribuée au Prophète contredisant cela. Certains hadiths exigent le consentement du tuteur pour marier une femme, sans quoi le mariage est invalide, notamment le hadith citant Aisha, l’épouse du Prophète, qui dit : ‘Si une femme est mariée sans la permission de son tuteur, alors son mariage est invalide’. Ibn Shihab Al-Zuhri a d’ailleurs nié ce hadith. Les jurisprudences portant sur cette question peuvent être résumées en quatre grandes écoles de pensée: 1. La première doctrine réunit l’école Chaféite, l’école Malikite, l’école Hanbalite et l’école Zaydite, et ne permet pas à la femme de conclure son propre contrat de mariage. 2. La seconde doctrine réunit Abu Hanifa, son disciple Abu Yousef et l’imam Shi’a, qui affirment que la tutelle sur une femme cesse lorsqu’elle atteint l’âge de raison et la puberté/nubilité, et son mariage ne dépend alors plus du consentement du tuteur. 3. La troisième doctrine est celle du disciple d’Abu Hanifa, Mohammed, selon qui une femme dépend de l’homme qu’elle va épouser, sans tenir compte de la volonté du tuteur. 4. La quatrième doctrine considère qu’une femme et son tuteur forment une équipe, et qu’il n’y a donc pas de mariage sans le consentement du tuteur.
Le Dr. Abu Zakaria ayant terminé son intervention, Mustapha reprit la parole pour conclure : “Après avoir brièvement résumé les différentes opinions des juristes musulmans concernant la tutelle sur une femme, nous pouvons constater que certaines doctrines sont similaires, tandis que d’autres se contredisent. La capacité Mustapha a remarqué que le Dr. Afaf n’avait pas encore pris la parole pendant le séminaire d’aujourd’hui, et lui demanda alors de donner son avis sur l’un des fondements du mariage : la capacité. Elle le remercia et dit : “Afin de répondre à cette question, il faut noter que le mariage n’a pas seulement pour but d’assouvir le désir sexuel, ou un besoin de procréation, c’est tout cela et bien plus encore, en passant par la stabilité et l’harmonie dans le couple. Pour y parvenir, il faut que l’homme et la femme remplissent chacuns un certains nombre de conditions (on entend par condition, les critères de choix de sélection), dont la volonté de se marier et de bâtir une vie ensemble. De nombreux imams sunnites s’accordent à penser que les critères de religion et de morale passent avant celui de lignage, se basant sur la parole du Prophète : “Si vous trouvez une personne dont la religion et le caractère vous plaisent, acceptez-la et mariez-vous avec elle.” Les érudits musulmans chiites ont quant à eux abandonné la considération de la lignée comme critère de mariage, et se basent uniquement sur la religion comme critère principal, comme l’affirme Mohammed Hussein dans son livre Le Mariage : “Aucun fondement juridique islamique n’interdit le mariage de personnes sur base de couleur, de race ou de nationalité, à condition que le mari et la femme soient tous les deux croyants.” L’imam Al-Sajjad déclare : “Libre à celui qui épouse une femme, quelle que soit sa classe sociale, même si elle est inférieure à d’autres, si tant est qu’elle possède les qualités suivante: elle est chaste, pieuse et régit par la morale.” Un étudiant enthousiaste l’interrompt soudainement et lui demande : “A votre avis, Dr. Afaf, qui sont l’homme et la femme aptes à se marier ?” Le Dr. Afaf répondit que l’homme apte à se marier est un homme responsable, qui veut se marier et construire une vie avec sa femme, et dont les critères sont résumés dans le noble récit du Prophète. L’engagement religieux du mari lui confère des droits et des devoirs, et préserve l’honneur de la femme, ce qui le rend juste aux yeux de l’Islam. L’éthique joue également un rôle majeur dans la vie conjugale des époux, et permet au mari, s’il se comporte consciencieusement, de vivre une vie conjugale emplie de bonheur, et d’en récolter les fruits avec son épouse qui, de son côté, partage les ambitions et les espoirs de son mari, et veut vivre à ses côtés, et construire une famille ensemble. La nubilité Mustapha voulut dire un mot en guise d’introduction de la dernière condition de mariage, qui est la nubilité. Il déclara: “Pour approfondir la question de l’âge du mariage, il est à noter que nous présenterons à travers nos recherches, des théories islamiques sur la question du mariage, qui ont des implications juridiques et sociales. Si nous avons choisi d’aborder les piliers du mariage, et les divergences d’opinions sur certains points tels que
le contrat de mariage, la dot, le témoignage et la tutelle, c’est dans l’optique de mettre en lumière les doctrines qui régissent notre existence, de manière claire et incontestée. C’est également une démonstration de l’ingéniosité de notre système islamique à fournir des solutions humaines et responsables pour les jeunes hommes et les jeunes femmes de notre société. Laissons désormais la parole au frère Nasser pour aborder la question de la nubilité. Nasser commence par dire : “Nous savons que le mariage représente la satisfaction de nombreux besoins, dont certains que nous avons déjà mentionnés lors des précédents séminaires, dont le plus important est sans doute l’assouvissement du désir sexuel, qui est d’instinct chez l’homme et qui s’obtient par le mariage, mais alors, à quel âge convient- il aux jeunes hommes et femmes de se marier ? Les différentes écoles islamiques ne s’entendent pas sur la question de la nubilité, ainsi les érudits Sunnites distinguent les Chaféites : 15 ans pour les deux, les Malikites : 17 ans pour les deux, et les Hanafites : 18 ans pour le jeune homme et 17 ans pour la jeune femme, tandis que l’âge de la puberté est de 12 ans pour les garçons et 9 ans pour les filles. Quant aux Chiites, les érudits fixent l’âge de la nubilité à 15 ans pour les garçons et 9 ans pour les filles, dont certains qui préconisent que les filles atteignent l’âge de la puberté, et non pas 9 ans pour toutes.” “Les musulmans de notre époque ont découvert que le mariage précoce avait de lourdes conséquences, de telle sorte que la plupart des lois sur le mariage dans les pays musulmans restreignent désormais le mariage soit à la nubilité, soit à la majorité. La résolution des Nations Unies datant du 17 novembre 1967 obligeait les états-membres à interdire le mariage des mineurs, ce qui nécessite une modification de la loi dans chaque pays, en fixant l’âge minimum de mariage à au moins 17 ans pour les deux.” Mustapha prend alors la parole pour conclure la séance : “Chers étudiants, nous devons clore la session et vous remercier d’avoir participé aujourd’hui, en espérant vous revoir lors du prochain séminaire. Après nous être familiarisés avec des sujets importants en lien avec le mariage, nous souhaitons que chacun d’entre vous réfléchisse à des solutions qui pourraient jouer en faveur d’un jeune homme voulant faire connaissance avec une jeune femme, sans tomber dans les interdits, ni vouer leur mariage à l’échec. Nous vous donnons rendez-vous à 16 h jeudi prochain. Chapitre 4: L’avancée et le système de l’avenir La dimension du système Le besoin de l’avancée Les sujets des séminaires étaient sur les lèvres de tous, les professeurs, les étudiants, et même les employés, et beaucoup se demandaient quel serait le sujet du prochain séminaire, et débattent pendant des heures à la cafétéria ou entre les cours. Ce sujet concerne tout le monde, de par son importance pour l’avenir de chacun. Avant que le séminaire ne commence, l’amphithéâtre était bondé d’étudiants de toutes les filières universitaires, si bien que quelques dizaines d’étudiants se pressaient encore à l’entrée de la salle, et attendaient que les organisateurs leur trouvent des places
assises. Lorsque Mustapha remarqua que l’atmosphère était devenue propice à l’ouverture de la séance, il prit la parole et remercia tout le monde pour leur venue aujourd’hui, y compris les étudiants, les professeurs et l’administration de l’université qui a parrainé le séminaire. Puis il commença par résumer les résultats des trois sessions précédentes et dit : “Lors du premier séminaire, nous avons parlé du divorce et de son taux croissant, ensuite, nous avons présenté les causes du divorce, et avons énuméré beaucoup d’entre elles, et conclu que la cause principale est le manque de connaissance des époux avant le mariage. Lors du deuxième séminaire, certaines formes de connaissance ont été présentées, mais comme nous l’avons constaté, n’étaient pas reconnues par la loi islamique. Nous avons également abordé les fiançailles et le récit de Al-Fatiha, mais cela ne permet pas non plus aux fiancés de se fréquenter librement selon la loi islamique. D’un point de vue général, il n’existe pas de moyen légitime de faire connaissance dans le monde islamique, sauf par le biais d’un contrat légal permanent, ce qui signifie que les époux ne feront connaissance qu’après le mariage. Ainsi, nous n’avons pas encore trouvé de solution à notre problème.” Mustapha poursuit son résumé: “Je souhaite également souligner que nous avons mentionné les types de mariage, tels que le mariage coutumier, le mariage de passage, et le mariage avec intention de divorce. Ces mariages ne sont pas des solutions à notre problème, car ils sont permanents. Ainsi, les époux se découvrent tardivement, en général après que la femme ait perdu sa virginité, soit tombée enceinte et ait donné naissance à des enfants. Ainsi, sans traitement, les disputes et les problèmes de couple émergent du domicile conjugal et infestent le foyer parental et les proches, jusqu’à arriver au tribunal.” Mustapha désigna Mohammed et lui donna la parole, celui-ci déclara: “Avant d’aborder le sujet du séminaire d’aujourd’hui, nous devons nous arrêter sur un des points essentiel, le mot ‘légal’, qui a une signification particulière dans notre contexte. Ainsi nous entendons par ‘légal’ ce que Dieu a exigé, et ce qui est ‘illégal’ constitue une violation de l’ordre de Dieu et de son messager. Ce que Dieu et son messager ordonnent est au service de l’homme, pour son bonheur et sa tranquillité d’esprit, et violer cet ordre conduit l’homme à l’instabilité. Je voulais faire référence à ce point parce que certains sont convaincues qu’il existe plusieurs types de mariage et qu’ils sont sans aucun doute valides, mais s’y oppose comme pour dire: “ces mariages sont acceptable par Dieu mais je les refuse”, cela dit nous avons le droit de les refuser pour nous-même, mais pas pour les autres. A partir de là, il faut comprendre la parole divine, qui est à la fois le système, la règle, la loi et le point de départ que Dieu a tracé pour l’homme, afin qu’il choisisse ce qui est bon et s’éloigne de ce qui le fait dévier du droit chemin.” Nasser intervient alors et dit : “Messieurs, pour éviter le divorce, nous devons apprendre à nous connaître avant le mariage, et ce dans un cadre légal qui protège nos relations qui s’ensuivent de rencontres, d’apprentissage sur l’autre, de ses mœurs et ses humeurs, etc. Cela ne peut se faire que par la fréquentation des deux personnes, mais hélas, le seul cadre légal qui prévaut dans notre société est celui des types de mariage énoncés précédemment, qui ne permettent là encore une véritable connaissance qu’après le mariage. Je pense qu’il est important de souligner que n’y a pas de mauvais homme ou de mauvaise femme dans un mariage, mais il y a de mauvais choix.” L’un des étudiants présents a estimé que Nasser avait porté un jugement inexact et même exagéré en disant cela, et lui demanda des explications. Nasser répondit : “Pour ne pas nous perdre dans
les détails, je vais vous faire part d’une question sur laquelle plusieurs écoles islamiques se sont penchées. Toutes ces écoles islamiques sont convaincues que la meilleure issue est un mariage durable et heureux, mais que si ce n’est pas le cas, quelle serait la meilleure issue, un mariage heureux mais court, suivi d’un divorce, ou un long mariage misérable ? Deux écoles islamiques s’opposent à ce stade-là, chacune allant dans un sens. Chacunes trouvent qu’il y a une différence entre un mariage long et heureux, dans lequel les deux époux s’épanouissent, et un mariage où les époux restent ensemble malgré leur mésentente, et laisse ainsi le temps s’écouler, afin de ne pas courir le risque de refaire leurs vies chacun de son côté. Le directeur du séminaire, Mustapha, donna la parole au Dr. Afaf, puis elle commenta: “Aujourd’hui, le mariage ne laisse pas ou peu le choix aux époux, comme nous en avons convenu. Mais cela reste une décision importante, car lorsque l’on choisit la personne avec qui l’on souhaite partager sa vie, si nous choisissons mal et que le mariage échoue, alors ni les circonstances atténuantes, ni nos parents, ni la société ne pourront être en faute. Nous ne pouvons en vouloir qu’à nous-même, d’avoir volontairement choisi de nous marier. C’est là la situation de l’homme qui choisit sa femme en fonction du désir de sa mère, qui voit en la jeune femme l’idéal pour son fils. Il se mariera donc avec cette jeune femme choisie par sa mère, et ce même s’il n’est pas du même avis qu’elle. Somme toute, ce n’est pas son choix mais plutôt la réalisation des désirs des autres. L’homme choisit véritablement, lorsqu’il se met en relation légale temporaire avec plusieurs femmes en vue de se marier. S’il choisit une de ces prétendantes mais que son choix s’avère infructueux, alors il portera seul la responsabilité de cet échec. Il n’y aura pas de véritable choix si les options restent restreintes. L’un des problèmes auxquels nous faisons face avec les jeunes, c’est le poids du regard des autres sur soi, par exemple, lorsque l’on présente une jeune femme à un homme, il va se baser sur l’appréciation des autres sur la jeune femme pour faire sa demande en mariage. La jeune femme va, quant à elle, succomber au désir de mariage de sa famille. Ainsi, la beauté, l’argent ou la position sociale peuvent être des éléments déterminants pour un mariage. Nasser ajoute : “Lors des sessions précédentes, vous partagiez notre opinion selon laquelle la connaissance est le principal problème dans le processus de mariage, et que chaque personne, qu’elle soit homme ou femme, devrait être en quête de sa moitié, car Dieu Tout-Puissant nous a créé ainsi, ce qui nous ramène à la question initiale : ‘Comment faire connaissance ?’” Le Dr. Abu Zakaria déclare: “Chers étudiants, à partir de cette intervention, j’aimerais vous partager une conviction scientifique que j’ai atteint par la recherche, l’exploration, l’étude et le dialogue, en mettant de côté le fanatisme, la subjectivité et l’égo. Je me suis mis à la recherche de la vérité, en gardant à l’esprit la satisfaction de Dieu, et avec la considération que l’esprit juste est celui qui n’est pas sujet aux caprices. Pour commencer, je suis musulman sunnite fier de faire parti d’un groupe de conférenciers majoritairement chiites, qui sont aujourd’hui présents pour tenter de mettre au clair un sujet important, que je considère comme étant essentiel pour résoudre le problème du manque de connaissance dans notre société, par lequel nous aspirons à renforcer nos relations et à s’éloigner des tensions, disputes et autres problèmes qui peuvent survenir, et dont les conséquences sont l’augmentation du taux de divorces et un impact sur les enfants. Avec les compétences juridiques que j’ai acquises, je vous affirme que nous devons nous défaire de l’emprise des coutumes et traditions, qui prennent souvent les
traits de la parole sacrée, alors qu’il n’en est rien. Je me dois de mentionner une chose importante et fondamentale: la nécessité pour nous de croire en l’Islam dans son ensemble, et non en parties. Si nous nous référons à la parole de Dieu dans son intégrité, alors nous sortirons du problème. La loi de Dieu est la base de toutes nos relations juridiques, sociales, éducatives et humaines, et si nous ne l’adoptons pas, nous continuerons à tourner en rond, tel un cercle vicieux. Faute d’un système unifié pour tous, il y aura de multiples systèmes basés sur plusieurs opinions, et le chaos régnera. Ainsi, pour ne pas être écrasés par les coutumes et traditions, et perturber la loi et la méthode de Dieu, nous avons besoin d’une avancée.” Le Dr. Abu Zakaria lu rapidement dans les yeux de certains étudiants une question concernant l’avancée, de quoi s’agissait-il, vers où et dans quelle mesure ? Puis il continue: “Lorsque l’on parle d’avancée, ce n’est pas par-delà l’Islam, mais bien au contraire, nos vies sont basées sur l’Islam, et nous sommes convaincues d’y trouver les solutions pour améliorer nos vies. Lorsque je parle d’avancée, je veux dire une avancée vers l’Islam légal, ses lois et ses règles. De même, nous, en tant que conférenciers sommes chacun professeur, ainsi nous avons avancé consciemment et résolument vers le savoir, par-delà nos sectes. Comme je l’ai précédemment mentionné, certains d’entre nous sont Sunnites, d’autres sont Chiites, et tous sont fiers de l’être, mais nous sommes tous musulmans. Grâce à M. Nasser, nous avons pu organiser ces rencontres, et nous avons passé du temps à discuter et dialoguer, nous avons approfondi des doctrines et appris leurs concordances et leurs différences à travers le vocabulaire exprimé. Et parce que nous nous sommes mis d’accord, nous vous avons présenté nos recherches, après avoir passé en revu bon nombre de coutumes et traditions, et les avoir comparé aux lois islamiques qui proposent des solutions pratiques à tous les problèmes de la vie. En tant que Sunnite, je suis allé au-delà de ce qui est incompatible avec la raison et ne contredit pas la Charia, et mes collègues, Chiites, ont fait de même, et ensemble nous avons atteint des résultats positifs. Nous devons avancer, et l’avancée doit être réfléchie, scientifique et légitime, jusqu’à en arriver à un terrain d’entente, solide et inébranlable. Voilà notre thèse que nous vous livrons aujourd’hui”. Nasser a voulu prendre la parole à ce moment-là, car il se sentait responsable du projet, et tenait à convaincre le public à tout prix, mais ses collègues ont préféré introduire le sujet de l’avancée en premier lieu. L’avancée principale et secondaire L’avancée s’opère en deux étapes, principale et secondaire, la première étant liée à l’élément moral et éducatif des hommes et des femmes, car l’éthique, dans ses caractéristiques humaines, joue un grand rôle dans la construction d’un environnement stable et rassurant. L’étape secondaire consiste à résoudre le problème du manque de connaissance, par le biais d’un cadre juridique, qui faciliterait les rencontres entre les jeunes hommes et femmes, sans aucune conséquence ni obligation pouvant peser sur leurs épaules. Le Dr. Abu Zakaria déclara: “ Vous vous rappelez sans doute, à propos des types de mariage, en particulier le mariage avec l’intention de divorce, que l’un de vos camarades a posé une question sur le mariage temporaire, à laquelle nous avons répondu que nous
traiterons ce sujet plus tard. C’est de l’étape secondaire de l’avancée dont nous voulions parler à ce moment-là, ainsi nous avons aujourd’hui introduit le sujet depuis le début de la séance. Le contrat légal temporaire n’exige ni pension alimentaire, ni héritage et n’oblige pas la présence de témoins ni l’autorisation du tuteur. Vous retiendrez que lorsque l’on opte de faire connaissance avant le mariage, c’est surtout par souci de la réussite du projet conjugal, et pour ce faire, chaque partie doit juger la capacité de l’autre à mettre en œuvre ce futur projet, et connaître ses pensées, sa morale, ses ambitions, son niveau d’intellect, sa beauté, ainsi que tous les aspects matériaux et moraux, pour qu’il décide ensuite d’accepter ou de rejeter la personne. Cela demande du temps, de l’isolement, des rendez-vous au parc, au cinéma, au théâtre, voire même une visite en famille, pour permettre au jeune couple de découvrir le schéma comportemental, psychologique et moral de l’autre. Notons que le mariage contracté sans connaître son partenaire revient à faire un saut dans l’inconnu, sans savoir si leur mariage sera solide ou non. Il doit donc y avoir un cadre légal qui permettrait aux deux parties de faire connaissance sans risquer d’aller à l’encontre de la Charia. Avec l’Islam comme point de départ, nous constatons que la meilleure façon de faire connaissance est le ‘contrat temporaire’. L’un des étudiants fut surpris par ce nom, et pensa que le Dr. Abu Zakaria jouait sur les mots en appelant ce type de mariage temporaire, et interrompt le discours du Dr. Abu Zakaria en ajoutant : “vous voulez sans doute parler du mariage de plaisir ?” Il répondit avec un sourire aux lèvres comprenant de suite ce que l’étudiant voulait dire: “En théorie, c’est un mariage temporaire, mais évitons de nous arrêter aux mots, et reprenons plutôt le principe de ce mariage “sur le moment”, c’est-à-dire le contrat de mariage et ses conséquences juridiques, qui lie les deux parties en un temps précis et limité. Si le mariage prend fin, les deux parties ne subiront pas les conséquences et les responsabilités du mariage permanent, à savoir la pension alimentaire, l’acte de divorce, ainsi que tous les effets négatifs qui en résultent, notamment la dégradation des relations entre les familles respectives qui survient en cas de mésentente entre les époux.” “Nous avons découvert lors de nos précédentes sessions que l’une des principales causes de divorce est le manque de connaissance de l’autre, nous avons également appris à travers nos discussions approfondies, que la plupart des problèmes de mariage sont dus au fait que les deux parties concluent un contrat permanent, dont il est difficile pour l’une des partie de se défaire légalement, sans qu’il n’y ait d’obstacles. L’homme est contraint de payer la moitié de la dot s’il n’y a pas eu de consommation du mariage. Beaucoup d’hommes refusent cette condition, sous prétexte de ne pas avoir les moyens de payer cette somme, ou bien parce que l’on considère que son honneur a été bafoué, et qu’il est en droit de récupérer les frais et dépenses qu’il a avancés pour sa fiancée. Dans ce cas, sa belle-famille doit lui payer la moitié de la dot et lui rendre les dépenses et les cadeaux qu’il a offerts à sa fiancée, afin de procéder au divorce. Dans les tribunaux, l’on trouve beaucoup de cas similaires ; quelle est donc la solution à ce problème ?” Lumière sur l’avancée La solution, mes chers camarades, se trouve dans la limite de temps du contrat. En effet, en acceptant de conclure un contrat temporaire dans le but de se familiariser avec la personne choisie en vu d’un mariage permanent, les deux parties entre dans une relation
légitime qui expire à la fin du temps imparti, à l’issue de laquelle ni l’homme, ni la femme ne seront divorcés à proprement parler. Ils pourront, à ce moment-là, renouveler la période d’essai s’ils jugent que c’est nécessaire. Il convient de noter qu’il s’agit d’une relation non-sexuelle. Un étudiant se leva alors et dit : “Puisqu’il s’agit d’un mariage ordinaire en tout point sauf au ‘temps limité’, alors pourquoi ne devrait-il pas être un mariage avec relations sexuelles ?” Nasser s’adressa alors au public et dit : “J’attire votre attention sur le fait que ce n’est pas là notre sujet central. Nous reparlerons de plaisir ultérieurement, je vous prie de faire fi de l’idée du mariage de plaisir, et de ne réfléchir qu’au contrat temporaire.” Un autre étudiant intervient: “Mais n’est-ce pas un mariage légal ?” Ce à quoi Nasser répondit: “Il est vrai qu’il s’agit d’un mariage légal, et que de ce fait les relations sexuelles sont autorisées dans ce type de contrat, mais le but de ce mariage n’est pas d’avoir des relations sexuelles, cela vient ultérieurement, et selon des conditions particulières. Le but principal est d’en arriver à un mariage permanent, à travers la connaissance de l’autre, encadrée légalement par le mariage temporaire. Nous pensons que la légalisation du plaisir sous l’égide du contrat temporaire est la preuve de la capacité de l’Islam à résoudre les problèmes de notre société en tout temps et tout lieu. Les relations sexuelles sont partiellement à l’origine du mariage temporaire, l’autre raison étant la connaissance entre les époux. Dans le passé, les musulmans ne ressentaient pas le besoin de se connaître avant le mariage en raison des conditions sociales qui régissent la réalité de l’époque, mais aujourd’hui, et à l’avenir, il y a grand besoin d’établir un principe de connaissance de base entre les deux sexes avant le mariage.” Le Dr. Abu Zakaria poursuivit: “L’avancée à laquelle je fais allusion représente notre acceptation de la durée du contrat, et lorsque je parle d’une avancée secondaire, je l’ai appelé ainsi car les musulmans Chiites sont d’accord, tandis que les musulmans Sunnites ne sont pas entièrement d’accord, mais acceptent le mariage avec intention de divorce, auquel l’homme peut prétendre au cours de ses études ou à tout autre moment où les circonstances s’y prêtent, et peut divorcer par la suite sans en informer la femme, ni lui envoyer les papiers de divorce, et ce selon les tribunaux égyptiens, qui ont jugé que cela était permis. Le Dr. Abu Zakaria enchaîne en disant : “Je suis franchement surpris par la position de certains érudits Sunnites qui acceptent la durée du contrat mais sans en parler à la femme ? Cela revient à dire que si nous dévoilons notre intention à la femme, le mariage devient interdit. Réfléchissez donc avec moi et soyez conscients, ne vaut-il pas mieux que les deux parties concluent un contrat dont la durée, la nature, les conditions et les obligations soient connues, plutôt que de conclure un contrat peu clair ? Dans ce cas, plutôt qu’un mariage avec intention de divorcer, le mariage temporaire ne serait-il pas plus approprié, sachant que les deux parties, et en particulier la femme, savent que le contrat a une fin, et ainsi ne vivent pas dans la peur ? Pourquoi acceptons-nous l’un et rejetons-nous l’autre ? Si les partisans du mariage avec intention de divorce affirment que le mari peut en effet changer d’intention et faire de son mariage permanent, il en va de même pour le contrat temporaire, où les deux parties peuvent décider ensemble de leur mariage permanent. La seul différence est que le mariage avec intention de divorce donne droit au mari seul de connaître la fin de leur union, tandis que le mariage temporaire octroie ce droit aux deux époux et permet à la femme de définir ses droits et devoirs envers l’homme selon la durée du contrat. Vu que leur relation a une date limite, la femme ne se livrera que progressivement. Si nos deux groupes sont partis de l’Islam
comme point de départ, et ont atteint des interprétations différentes, alors pourquoi refusons-nous ces doctrines ?” Le Dr. Abu Zakaria reprit: “A travers l’avancée, j’ai moi-même accepté le point de vue des Chiites, car nous, les Sunnites, adoptons un point de vue similaire mais à notre façon. Le temps de connaissance est un facteur important, car il nous évite de nombreuses crises, et résout beaucoup de problèmes. J’espère que vous ne confondez pas temps et plaisir au sujet de la connaissance, car en ce qui concerne le plaisir, il vient après le mariage, et le processus sexuel qui s’ensuit. Nous voulons plutôt parler d’une connaissance qui soit spirituelle, pure et sincère, et je vous rappelle ici ce qu’a dit M. Nasser sur la première étape de l’avancée, liée à la morale et à la religion dans le processus de connaissance, en vue de trouver le partenaire idéal pour se marier. Appelons plutôt ça un contrat plutôt qu’un mariage, car l’on notera qu’il y a une différence entre un jeune homme qui dit : “Veux-tu m’épouser ?” C’est-à-dire faire l’amour, et lorsqu’il dit: “Acceptes-tu un contrat avec moi ?” Dans le premier cas, la demande porte directement la réflexion sur le sexe et les relations sexuelles. Dans le second cas, il existe des conditions spécifiques sur la base desquelles la relation juridique des deux parties se forment. L’avancée, mesdames et messieurs, est tout à fait nécessaire, car elle évite les problèmes et les crises conjugales, et permet aux jeunes hommes et femmes d’entrer dans une relation avec des objectifs, des modalités et des fondements concis. Si les parents, et les jeunes femmes et hommes étaient convaincus de la nécessité du contrat temporaire, alors ils épargneraient à la société beaucoup de souffrances qui détruisent des foyers, et brisent des familles. Ces effets négatifs sont les conséquences directes d’un mariage permanent, où les parties n’ont pas eu l’occasion de jauger l’éligibilité de leur partenaire avant le mariage.” Le système: constant et dynamique Mustapha donna la parole à un étudiant, qui posa la question suivante: “Permettez-moi de vous soumettre un dilemme, messieurs, en admettant que l’avancée qu’a mentionnée le Dr. Abu Zakaria soit légitimement reconnue, alors je vous demande: le contrat temporaire est-il compatible avec le mariage permanent ou entre-il en conflit en raison de la Charia ?” Le Dr. Abu Zakaria répondit qu’il n’y avait pas de différence entre les deux, sauf pour la durée du contrat. En ce qui concerne les conditions du mariage classique, les juristes musulmans ont convenu qu’il comprenait: l’acceptation, l’offre, la formulation des voeux et la dot. Mais également la cohabitation permanente du couple, la procréation et la préservation de la lignée, et l’éducation des enfants. Ces conditions invalident donc le contrat temporaire pour les Sunnites. Mais qui a dit que le mariage devait être permanent et continu ? S’il s’agit d’une doctrine, alors pourquoi le divorce est-il considéré dans la loi islamique? Dans un deuxième temps, au cours de mes recherches, sur une période de plus de trois décennies, je n’ai trouvé aucune preuve qui démontrait que l’Islam exige la procréation ; les époux sont libres de choisir, et la parole du prophète ne vient que suggérer que c’est souhaitable et non obligatoire, sinon pourquoi considérer le contrôle des naissances dans les dispositions légales ?“ Nasser reprit : “Pour revenir sur ce qui vient d’être dit concernant la procréation comme l’un des objectifs du mariage, je cite le livre Fiqh As-Sunna: l’intelligence de la norme
prophétique, Al-Sayyid Sabeq dit:“la femme doit être fertile, à en juger l’aspect de son corps, et en la comparant avec ses soeurs et ses tantes (si elles-même ont enfanté).” Les témoins Mohammed prit la parole pour expliquer la question du témoignage et dit : “Nous avons expliqué dans le séminaire précédent que les Chiites ne voyaient pas la présence de témoins nécessaire pendant la signature du contrat de mariage, tandis que les Sunnites ne s’accordent pas tous sur l’obligation de la présence de témoins. Rappelons que les témoins garantissent le mariage au cas où l’un des époux venait à nier leur union ultérieurement, notamment pour la preuve du lien de paternité avec l’enfant né de leur union. Al-Sayyid Sabeq dit: “Certains de nos prédécesseurs érudits affirment que la présence des témoins n’est pas obligatoire dans le mariage, notamment les Chiites, Abdulrahman Bin Mahdi, Yazide Bin Haroune, Ibn Al-Monther, Dawoud Ibn Omar, Ibn Al- Zubair. Et Yazide Bin Haroune dit: ’Dieu a ordonné le témoignage pour la vente et non pour le mariage’.” L’un des étudiants intervient alors et déclare: “Si la nécessité de la présence de témoins pendant le contrat est déterminée par un objectif clair, qui est de témoigner du mariage et de la paternité, alors comment peut-on permettre à une personne immorale de témoigner de l’authenticité du mariage ?” Mohammed considérait l’objectivité comme un moyen d’éviter une réaction émotive, ainsi il dit : “Les Hanafites soutenaient que même les pécheurs et les ivrognes pouvaient être témoins d’un mariage, mais les Shafi'ites quant à eux soutenaient que les témoins devait êtres irréprochables. Nous respectons toutes les opinions jurisprudentielles, et nous pouvons sans doute excuser leurs propriétaire car ce qu’ils ont atteint selon leur jurisprudence les représente, mais ce qui nous préoccupe dans la question de l’avancée que nous exigeons de nos frères Sunnites, ce n’est pas l’avancée en soit, le plus important est la première étape, qui demande de s’ouvrir à un monde nouveau, à une pensée nouvelle, et une secte nouvelle. C’est un déplacement au sein de la même religion.” L’un des professeurs prit la parole et commença son discours en ces mots: “Si nous acceptons l’absence de témoins dans le contrat temporaire dans le but de faire connaissance et sans relations sexuelles, mais que celles-ci apparaissent à une étape ultérieure du contrat, alors les témoins doivent faire partie du contrat. De même concernant la permanence du mariage et la généalogie, si ces conditions sont acceptées à une étape ultérieure du contrat, alors les témoins doivent faire partie du contrat à durée indéterminée.” La question du professeur permit à Mohammed de rebondir sur le sujet, et d’expliquer pourquoi certains pensent que les Chiites sont contre la présence de témoins au mariage. Il déclara: “Nous ne sommes pas contre la présence de témoins, mais leur absence n’invalide pas le mariage pour autant, et à notre avis, les mariés devraient être en droit de choisir s’ils veulent ou non des témoins.” Le Dr. Abu Zakaria poursuivit: “Chers étudiants, sachez qu’il y a des choses qui perdent leur sens avec le temps. Autrefois, la société était renfermée, et il n’y avait pas une telle ouverture d’esprit que nous voyons aujourd’hui. Par exemple, il n’était pas permis pour une femme et un homme de sortir ensemble, et ce même s’ils étaient mariés, car la société n’était pas au courant qu’un contrat légal régissait leur union. Le contrat de mariage était entre les époux, et seuls les
parents et leur entourage en étaient témoins. Aujourd’hui, si un contrat de mariage a été conclu, on ne peut le contester, et ce même s’il s’agit d’un contrat temporaire. Si par exemple une femme se lie à un homme pour une durée de six mois, dans le but de faire connaissance, et sort avec lui en voiture, pour une promenade, et l’invite chez elle en famille, au vu et au su de tous, alors la communauté devient le plus grand témoin de leur union, même juridiquement. Le fait de les voir ensemble à l’université, dans la rue ou chez l’un l’autre légitime leur relation. Pourquoi faudrait-il donc des témoins pour qu’ils puissent vivre ensemble ? Laissons-leur la liberté de se fréquenter, au vu et au su de tous, et la société sera ainsi le meilleur témoin qui soit. D’autre part, la science a évolué depuis le temps, et permet aujourd’hui de prouver la filiation entre un père et son fils par le biais d’un test ADN. Si autrefois la science pouvait établir la filiation seulement après la naissance de l’enfant, aujourd’hui elle peut être déterminée lorsque le fœtus est encore dans le ventre de sa mère. Les temps changent, et la Charia vient apporter sa sagesse à chaque étape de développement. L’humanité vit des avancées dans de nombreux domaines, dont certains que l’on appréhendait, mais qu’il est évident aujourd’hui d’aborder grâce à la Charia qui apporte réponse à tout, car l’Islam vaut pour chaque temps et lieux. De nombreuses personnes religieuses avec une certaine ouverture d’esprit ont brisé les codes et refusé de se soumettre à l’atmosphère sociale oppressive régie par les traditions et les coutumes locales, et ont osé coucher par écrit leurs idées avant-gardistes, que nous avons la chance de lire aujourd’hui. L’annonce officielle du mariage et la tutelle sur femme Une des étudiantes s’est levée et posa la question suivante: “Qu’en est-il des autres conditions de mariage, telles que l’annonce du mariage par exemple, cela doit-il faire l’objet d’une avancée également ?” Mohammed répondit: “L’annonce d’un mariage est une question qui ne nécessite pas une certaine avancée, la Charia conseille qu’il est en général préférable d’annoncer le mariage en faisant la publication des bans. Mais nous en arrivons un autre sujet, plus sensible cette fois, qui est la tutelle sur la femme, une question sur laquelle les juristes divergent. Lors de notre troisième séminaire, nous avons évoqué la divergence des points de vue jurisprudentiels sur la question suivante : La Charia autorise-t-elle ou non le mariage d’une femme adulte rationnelle avec l’homme de son choix sans le consentement de son tuteur ? Les juristes Chiites considèrent qu’une jeune femme rationnelle n’a pas de tuteur. Quant aux juristes Sunnites, ils se subdivisent en deux catégories, la première réunit les écoles Sha’afite, Malikite et Hanbalite qui considèrent qu’une jeune femme ne peut se marier qu’en présence de son tuteur. La deuxième catégorie réunit Abu Hanifa et son disciple Abu Yousef, qui pensent qu’une jeune femme n’a plus besoin de tuteur lorsqu’elle atteint l’âge de la raison et la puberté. Pour ce qui est de la femme adulte, qu’elle soit vierge ou non, les spécialistes s’accordent à dire que son mariage ne dépend pas d’un tuteur mais d’elle-même, à condition que son époux soit apte. Si l’on s’arrête à la question de la tutelle, on peut constater que la tutelle ne concerne que les filles, et non les garçons. La société accepte qu’un jeune homme se marie sans tuteur mais non la fille, et si nous partageons cette opinion, nous devons alors présenter des preuves et arguments pour
prouver la justesse de cette opinion. Lorsque l’on se penche sur la question d’un point de vue réaliste, on constate qu’il n’y a aucune différence entre les deux sexes. D’un autre point de vue, la justice divine ne différencie pas non plus les deux sexes, à quelques exceptions près qui n’ont rien à voir avec leurs physionomies, et à ce niveau-là, l’homme n’est pas mieux que la femme. Cependant lorsqu’une jeune femme de 17 ans épouse un homme de 25 ans, force est de constater qu’elle doit endosser de grandes responsabilités telles que gérer le foyer, élever les enfants entre autre. Et si la femme a un travail en dehors du foyer, alors elle assume la responsabilité de deux travails, tandis que l’homme n’a qu’un seul travail. Pour conclure, toute personne saine d’esprit peut se marier, et les considérations sociales, peuvent être surmontées si la femme choisit un homme capable d’assumer les responsabilités du mariage. Une étudiante se leva à ce moment-là et dit : “Concernant la dot, y’a-t-il une avancée que vous conseillez de faire à cet égard ?” Nasser répondit à la question: “Avant de répondre, nous tenons à réitérer ce qui a été dit précédemment en raison de l’importance du sujet. Pour ce qui est des témoins et de l’annonce du mariage, il n’y a pas besoin d’une avancée, car les Sunnites pourrait adopter une autre doctrine au sein de la même secte et ainsi se mettre d’accord, et les Chiites ne requièrent pas ces conditions pour valider un mariage. Quant à la dot, il s’agit de l’une des conditions de base du mariage, dans laquelle les différentes sectes ne divergent pas, et aucune avancée n’est requise.” Nasser aborda ensuite la question de la connaissance: “Avant d’entrer dans le vif du sujet, je dois souligner l’importance du système juridique dans nos vies, car quand on parle de contrat de mariage juridique, on applique les instructions de Dieu. Dieu, gloire à lui, à imposé aux humains de s’y conformer, et ce dans l’intérêt et pour le bien être de l’Homme. Lorsque les deux parties (un homme et une femme) entre dans un projet de mariage, elles doivent appliquer le système des relations légales. De plus, lorsque l’homme demande en mariage une femme, et qu’elle accepte, cela signifie qu’ils ont accepté de se conformer au système juridique. Ainsi, aucun mariage n’a lieu sans le consentement des deux parties, chose naturelle et évidente, qui nécessite par la suite l’application des conditions suivantes: l’acceptation de l’offre de mariage par le biais d’un contrat qui précise le montant de la dot (ce sont là les deux clauses principales), la présence des témoins et du tuteur, avoir atteint l’âge nubile, et l’application des droits et devoirs des deux époux. Nasser reprit la parole pour poursuivre son intervention, et déclara : “Il existe dans notre système certaines conditions fixes, et d’autres modifiables: la formulation de l’offre et l’acceptation font partie des conditions sinequanone au mariage. La dot, en est une aussi, mais sa valeur peut être modifiée au besoin, c’est-à-dire que le choix est laissé à la femme, qui a le droit de demander une dot qu’elle juge équivalente à son statut social, et ce même si c’est une grande somme, comme elle a également le droit de demander une somme symbolique, qu’elle jugera par elle-même, sans que personne n’ait le droit d’intervenir, ni lui nier son droit et celui de l’homme d’accepter ou de refuser la dot. Pour ce qui est du tuteur et des témoins, la société d’autrefois était une société qui avait son intimité et ses considérations propres qui, dans la plupart des cas, ne permettait pas à une femme de se marier avec quiconque. Aujourd’hui, la femme a ses connaissances, sa culture et sa conscience, et fait partie de la société activement, c’est-à-dire qu’elle dépense pour son foyer, au même titre que son père et son frère. Or, si nous supposons, comme nous l’avons dit précédemment, que la femme est consciente, alors pourquoi imposer une tutelle, nul compte tenu des opinions jurisprudentielles soutenant ou rejetant
cette dernière. Il est à souligner que le fait de ne pas imposer de tutelle ne signifie pas que la fille se révoltera contre son tuteur, mais plutôt qu’elle devra adopter les doctrines de l’Islam et écouter les conseils de son tuteur, surtout s’il possède des qualités morales. Mais si son intérêt s’oppose avec le désir de son père, elle peut choisir de ne pas l’écouter et ce même s’il se montre persuasif. Concernant les témoins, si nous craignons que le mari renie sa femme ou son enfant, alors les progrès de la science ont résolu le problème de la preuve de filiation entre un père et son enfant. Quant aux conditions de mariage et l’âge nubile, cela dépend grandement de la société dans laquelle vit la femme. Pour l’âge nubile, par exemple, il est question d’atteindre l’âge légal pour certaines sociétés, et pour d’autres, c’est la majorité sexuelle. Aujourd’hui, les temps ont changé, et la société n’adopte plus les mêmes conditions de mariage, mais commence plutôt à donner de l’importance à la science, à la culture, à la religion et à l’éducation comme premières considérations en matière de mariage. Nous avons par ailleurs constaté que cette évolution est progressive et ne va pas à l’encontre du système.” Lorsque Nasser eut terminé son discours, Mohammed jugea nécessaire de prendre la parole pour ne laisser aucun blanc dans la conversation, et continua de parler du système pour compléter l’idée. Le système (dans les domaines commercial, pratique et éducatif) ordonne la vie, et il est utile d’intégrer un système au mariage, afin de réguler les relations conjugales. Il continua: “J’aimerais ajouter une chose importante à ce qu’à dit mon collègue Nasser, la nécessité absolue d’un système, pour les raisons suivantes: premièrement, lorsqu’un couple se marie, il entre dans un système où les responsabilités, les droits et les devoirs sont clairement déterminés et stipulés dans ce système. Deuxièmement, en cas de problème, les époux peuvent se référer aux lois de ce système pour le résoudre. Troisièmement, le but du système est la pérennité des lois générales et leur application aux générations futures, avec quelques changements au cas par cas. Pour la pérennité du système, il faut adopter certaines spécificités, et l’Islam nous a ainsi permit de rectifier notre système et ses éventuelles failles. Prenons par exemple le système “ISO”, un système de renommée mondiale portant sur la qualité administrative et la production, qui a été établi pour le travail, la gestion, le commerce, l’industrie, etc. Les étapes de la connaissance et de la relation juridique Nasser prit la parole pour annoncer les étapes du projet: “En adoptant un point de vue juridique, et après avoir examiné les différentes opinions et idées, nous avons proposé un système qui permet à un homme et une femme de faire connaissance librement, et sans effets indésirables, en suivant des étapes spécifiques. Notons toutefois un aspect important sur la question des relations, celle des relations entre les hommes, et le respect que l’on doit à chacun, car la liberté s’arrête là où commence celle des autres, comme le stipule notre religion. 1. La première étape est celle de l’accompagnement légal. Dans la société, on cons- tate une mixité dans les domaines du travail, du marché, l’école, l’université, les entreprises et divers lieux publics, qui permettent aux individus de faire connais- sance par le biais d’un travail commun ou sous tout autre circonstance similaire. Il est à noter que le mot mixité renvoit à une relation cordiale et publique entre un
homme et femme, sans attouchement ou regard suspect, etc”. Une des étudiantes se leva et intervena à ce moment-là: “D’où tenons-nous qu’il est interdit pour un homme et une femme de se retrouver seuls ?” Nasser répondit: “ Ce n’est pas interdit en soi, à condition de ne pas dépasser les limites légales de la Charia, qui évitent de créer une tension sexuelle entre l’homme et la femme. La mixité s’ef- fectue donc légalement dans le cadre du travail ou à travers des connaissances, ou pour tout autre cas du quotidien, qui donnent l’occasion aux hommes et aux femmes d’apprendre à se connaître de manière préliminaire. Ce genre de mixité n’est pas proscrit dans les sectes, et les érudits l’acceptent également. 2. La relation amicale (‘Al-Fiqah’) L’étape de l’amitié homme femme, qui est une étape qui correspond au contrat temporaire, à condition de ne pas dépasser les limites délimitées par la Charia. Ce type de relation permet à l’homme et à la femme de mieux se connaître sans dévoiler leurs corps, ni endosser les responsabilités d’un mariage, et leur permet de se séparer à tout moment sans engagement. 1. La relation avancée (‘Al-Meqah’)La troisième étape est une étape avancée de ‘Al- Fiqah’, appelée métaphoriquement “Al-Meqah”, et correspond à la découverte du tempérament psychologique, moral, éducatif et humain des deux époux, et leur permet de faire passer leur relation au niveau supérieur, toujours à condition de ne pas consommer le mariage, et de ne pas entâcher la réputation de la jeune femme. 1. La Formule La formule est l’étape qui correspond à la relation entre un mari et sa femme. Par ailleurs, nous savons que la société est régie par la pression des coutumes et non par la pensée islamique. Mais la société est convaincue de deux choses fondamentales: la première est que cette Formule est une relation légitime, et la seconde est qu’une large couche sociale s'impose pour faire respecter son droit légitime et faire accepter cette Formule. Certaines femmes n’aspirent pas au mariage permanent pour des raisons particulières, comme leurs études ou leur spécialisation scientifique qui les contraint à leurs recherches, ou encore pour des raisons d'infertilité qui les empêche d’avoir et d'élever des enfants, mais elles ont toutefois des besoins charnels. Cette formule légale les protège du recours aux relations interdites, et concerne les célibataires, les femmes divorcées et les veuves. 1. Le mariage permanent Nasser poursuit son énumération jusqu’à la cinquième étape, celle du mariage permanent qui a lieu après la connaissance et l’entente des deux parties. L’étape du mariage passe de la connaissance à ‘Al-Fiqah’, puis à ‘Al-Meqah’, puis à la formule. L’un des professeurs fit remarquer à Nasser qu’il n’avait pas défini l’étape de la formule. Nasser répondit: “Je vous remercie pour la remarque Monsieur, mais ce n’était pas un oubli de ma part, car pour une fille vierge, cette étape n’est
pas obligatoire et peut se contenter des étapes de ‘Al-Fiqah’ et de ‘Al-Meqah’. Une étudiante posa la question suivante: “Qu’en est-il des femmes célibataires et des femmes divorcées?” Nasser répondit: “Elles ont le choix, mais nous leur conseillons de passer par les étapes de ‘Al-Feqah’ et de ‘Al-Meqah’ dans l’espoir que Dieu les guidera vers l’étape du mariage permanent.” Il mentionna ensuite qu’une fille a perdu sa virginité est d’autant plus consciente et prude et ne se précipitera pas dans une relation sexuelle avec le premier venu, car elle doit d’abord s’assurer que son prétendant est digne d’assumer ses responsabilités en tant que mari, ou en tant que père si leur relation a aboutit à un enfant. La sémantique Mohammed répondit à la question suivante posée par un étudiant: “Quelle est la signification linguistique des mots ‘Al-Fiqah’ et ‘Al-Meqah’?” et dit: “Ces mots sont des néologismes qui traitent d’un des sujets les plus importants de nos vies: la famille. Par conséquent, avec notre équipe, nous avons mis au point de nouveaux mots afin de donner un sens nouveau à un vieux sujet. Afin d’assouvir votre soif de savoir sur la signification de ces mots, nous vous proposons les explications suivantes: comme vous le savez, toute relation entre deux personnes commence par une fréquentation ou “Rafiqah”, nous avons ainsi modifié ce mot pour lui donner un sens acceptable pour notre société, en enlevant la première lettre du mot ‘Rafiqah’ qui devient ‘Fiqah’. Le public du séminaire semblait être en désaccord avec ce qui venait d’être expliqué, alors Mostafa a jugé meilleur de conclure le séminaire et reporter la séance au samedi prochain. Chapitre 5: Des questions déroutantes, et des réponses prometteuses Les repères Les contrats et la nécessité des clauses entre les parties Les étudiants, professeurs et quelques invités externes à l’université prennent place dans l’amphithéâtre. La voix de de Mostafa résonna dans la salle: “Bienvenue à tous. Notre conversation est un dialogue scientifique, à travers lequel nous visons à servir notre société, qui aujourd’hui souffre de nombreux problèmes, dont le plus dangereux est la souffrance et les difficultés éprouvées par les familles brisées. Vous avez sans doute de nombreuses questions à poser, vous êtes libres de les poser sans restrictions, et le comité et l’ensemble de ses membres est prêt à y répondre.” Après cette courte introduction, l’un des professeurs se leva pour poser la première question: “J’ai remarqué que lorsque vous aviez abordé votre système, vous étiez gêné de le décrire comme un mariage temporaire et avez préféré le terme de ‘contrat temporaire’. Mais si cette expression est incluse dans la jurisprudence en tant que mariage temporaire, alors pourquoi la changer ? Est-ce pour ne pas porter l’attention sur l’aspect sexuel du mariage,
alors même que ce n’est pas au stade de ‘Al-Fiqah’, mais à celui de ‘Al-Meqah’ qu’il est question de l’acte sexuel, et plus tard dans la formule qu’il se développe en relation charnel si les deux parties le désirent. Alors, je vous demande pourquoi utiliser l’expression de contrat temporaire ? Nasser reprit la parole et dit: “Pour répondre à cette question, une clarification de la parole de Dieu Tout-Puissant est nécessaire: ‘Si vous vous mariez à une femme croyante, et divorcez avant d’avoir consommé le mariage, il n’y aura pas de délai d’attente à respecter’, par conséquent, le sens du mariage dans cette instance ne s’en tient pas qu’à l’acte sexuel, une femme peut immédiatement se remarier après avoir divorcer de son mari. Je voulais y faire référence pour préciser que notre système de connaissance basé sur un contrat légal ne s’accompagne pas nécessairement de l’acte charnel dans les premières étapes. Mais aussi que nous comprenons à travers ce que nous avons précédemment présenté, que le mot ‘contrat’ s’applique aussi bien au mariage permanent qu’au mariage temporaire, car ce dernier est lié à une durée déterminée.” “Nous croyons en la progression de ces étapes juridiques (reconnues par la Charia), qui mènent au contrat à durée indéterminée, et permettent aux jeunes hommes et femmes de se connaître réellement sur le plan psychologique et d’étudier leur capacité ou non à contracter un mariage permanent. Le mariage est un contrat qui permet aux époux de préserver leurs droits en cas de désaccord, et au cas où une des parties tenterait de revendiquer plus que ce qui est inscrit dans le contrat, alors les époux pourront s’y référer pour déterminer si l’objet du litige est inclus ou non dans le contrat. Le contrat est selon nous un contrat, mais aussi une charte, et nous espérons que le mot ‘contrat’ s’applique également au mariage permanent, de sorte que les gens puissent discuter ouvertement de ses modalités. Par conséquent, nous nous référons à l’étymologie du mot contrat afin de ne pas succomber à l’ambiguïté des accords et à l’hégémonie des coutumes. Le fait est qu’aujourd’hui, lorsque nous parlons de mariage, nous avons tendance à passer outre les questions importantes et nécessaires, et abordons d’abord les questions secondaires, telles que la cérémonie de mariage, la nourriture, la salle de fête, etc. Ces sujets ne concernent qu’une seule nuit, mais prennent beaucoup plus de temps que le sujet central du mariage. Combien de couples se sont mis d’accord sur des questions qui pourraient leur éviter de potentiels désaccords ? Et comment régler un différend au sein du couple, avec le moins de dégât possible ?” Nasser poursuit: “En cas de divorce, qui aura la garde des enfants ? Comment les éduquer après le divorce, sans tomber dans la haine et la méchanceté ? Et pour rester sur le sujet du divorce, qui aura le droit de garder la maison et la voiture ? Est-ce que la dot gardera sa valeur après 20 ou 30 ans de mariage ? Concernant la pension alimentaire, pourquoi attendre qu’un juge détermine son montant ? Pour ensuite être satisfait ou non de sa décision. Comment et sous quelles conditions déterminer le montant de la pension ? Pourquoi ne pas décider entre époux de ce montant ? Pourquoi ne pas déterminer les conditions et la valeur de la pension alumentaire au moment de la signature du contrat de mariage, et ainsi dissuader l’homme de se précipiter au divorce, ou la femme lorsqu’elle demande le divorce, ou se précipite au divorce. Une étudiante posa la question suivante: “Y’a-t-il d’autres points d’entente ?” Nasser reprit: “Bien sûr, l’un des points fondamentaux sur lesquelles il faut s’entendre est le rapprochement des points de vue entre les deux époux concernant le droit à la femme de terminer ses études ou à continuer ou non de travailler, mais aussi s’ils comptent
vivrent avec la famille du mari ou non. Il est également essentiel que l’homme donne 5 à 10% de son salaire à sa femme, à placer à la banque, et réduit ainsi le coût de la dot. Si ces conditions sont respectées par le mari, alors les problèmes du couple s'atténuent après le divorce, et ils pourront garder une relation cordiale. La somme déduite du salaire de l’homme est un investissement pour toute la famille. En cas de besoin, le montant d’épargne de la femme aidera le mari à surmonter ses difficultés. De plus, ce montant n'inclut pas les autres dépenses personnelles de la femme, il s’agit d’une épargne. Un autre point important sur les conditions lors d’un divorce est celui de la garde des enfants, et la juridiction des autorités civiles accorde la garde des enfants au père après un certain âge. Le père obtient leurs papiers d’état civil et passeports et peut disposer de leur argent. Ainsi, en cas de divorce, si les enfants étaient sous la garde de leur mère, la loi l'empêcherait de disposer de leur argent déposé à la banque. Afin d’éviter les litiges sur ces questions après le divorce, la femme doit stipuler que son mari, au moment du contrat de mariage ou après celui-ci, lui donne la permission d’agir dans l’intérêt des enfants. Sur cette base, le père partage la tutelle des enfants avec sa femme, pour assurer leur bien être. Les rôles des parents, de la société et des institutions sont importants pour répondre à ces questions sensibles. Il nous faut déterminer des limites et adopter des dispositions particulières, et la loi est aujourd’hui au service de l’homme car elle couche par écrit les décisions prises. Ainsi, sans prise de conscience et sans profiter de l’expérience de ceux qui les ont précédés, un jeune couple ne pourra pas poser les bases d’une relation saine. Revenons momentanément en arrière pour dire que notre adhésion au mot ‘contrat’ découle de notre désir d’ouvrir de nouveaux horizons aux jeunes couples, afin de les convaincre que le contrat comporte une suggestion réaliste et une conception scientifique des démarches à suivre pour espérer un bonheur stable et durable. Nous aimerions leur demander: vous êtes sur le point de conclure un contrat de mariage, mais connaissez- vous les termes du contrat ? Avez-vous envisagé la possibilité de problèmes, et par quels moyens les régler ? Et enfin: vous êtes-vous mis d’accord sur les conditions du mariage ? Nous nous en remettons toujours à la loi de Dieu, gloire à lui, pour régler nos différends et nos problèmes, mais nous préférons épargner aux juges et aux tribunaux de rendre des jugements et fixer des conditions qui ne contredisent pas la loi. J’ai souligné dans ma réponse que notre système suivait les étapes du ‘Fiqah’ et ‘Meqah’ avec un temps suffisant accordé à chaque étape, offrant ainsi aux deux parties la possibilité de s’entendre sur les termes après avoir déterminés qu’ils étaient compatibles l’un avec l’autre, afin de construire une vie conjugale durable. Si un couple entre directement dans un mariage permanent, en ayant fait connaissance rapidement et sans relation, que nous estimons nécessaires avant de se lancer dans une affaire dont dépend notre bonheur ou notre malheur, alors ils ne partageront pas de sentiment de sécurité dans leur vie. Un étudiant s’adressa au Dr. Abu Zakaria, et dit: “Dr. Abu Zakaria, vous qui êtes sunnite, vous avez accepté une clause du contrat que les Chiites disent fondé sur une conviction légitime, à savoir le mariage avec intention de divorce. Et grâce à votre étude, vous avez constaté que les Sunnites avaient tendance à accepter eux aussi la moitié du temps. J’aimerais savoir, un homme peut-il légalement se défaire de tout lien après avoir divorcé sans que sa femme ait connaissance de son intention ?” Le Dr. Abu Zakaria compris le fond de la question de l’étudiant et répondit: “Les responsabilités qui découlent du divorce
dans le contrat permanent, et de la séparation dans le contrat temporaire sont immuables, car dans les deux cas, la femme divorcée n’hérite pas de son mari et n’a pas le droit à la pension alimentaire sauf pour les enfants, donc ce qui est interdit dans le mariage permanent l’est aussi pour le contrat temporaire. Après le délai d’attente obligatoire à la suite d’un divorce, la femme devient interdite à son ex-mari, mais ses enfants sont légitimes dans les deux types de contrats. La différence entre un contrat temporaire et un mariage avec intention de divorce est une différence fondamentale. Dans le premier cas, il s’agit d’une relation spécifique avec un cadre légal et une vision claire, dans laquelle la femme sait dans quoi elle s’engage. Quant au deuxième cas, on constate qu’il manque de transparence, c’est-à-dire de justice et de clarté, et peut induire en erreur. Or si nous manquons de transparence dans les affaires humaines, alors s’ensuit un dérèglement des institutions et un pays qui s’effondre, alors comment pouvons-nous prétendre vouloir construire une famille dans des conditions similaires ? Pour clarifier cette différence, nous avons remplacé le terme ‘contrat temporaire’ et fixé les conditions et les accords préalables entre les époux, en appelant les étapes du contrat ‘Fiqah’ et ‘Meqah’, car ces mots, comme le disait Nasser, suggèrent une action précise avec un but précis.” Une étudiante commenta: “Quel est le fondement de votre pensée, Docteur ?” Le Dr. Abu Zakaria dit: “Si un homme étrangé frappe à ma porte, je lui ouvrirais et je l’inviterais à entrer, et cela signifie qu’en entrant, il saura qu’il faudra se diriger vers la salle de réception. Il entrera donc respectueusement, en observant les règles d’entrée. Par ailleurs, il est naturel pour l’invité de se sentir hors-place et de demander permissions à son hôte avant d’y faire un pas. Mais s’il prend ses aises et va au-delà de ce qui est socialement acceptable, alors je ne l’inviterai plus chez moi car ses mœurs ont démontré qu’il n’était pas digne d’hospitalité. Lorsqu’un ami proche me rend visite et que je lui dit de faire comme chez lui, et qu’il entre dans la salle de réception, utilise la salle de bain et ouvre le frigo sans demander de permission, à la hauteur des droits que je lui ai conféré en l’invitant, sans toutefois transgresser ces droits, alors la décision de lui accorder ces droits est déterminée par les mots que j’ai employé en l’invitant. Il en est de même pour le contrat temporaire et ses étapes progressives de ‘Al-Fiqah’ à ‘Al-Miqah’ en passant par la formule. Ainsi, si nous transposons la signification des mots “Entre” à notre système de ‘Al-Fiqah’, ‘Al-Miqah’ et la formule, que constatons-nous ? Ces mots sont un contrat, et la maison est une métaphore de la femme, similaire au contrat de mariage, à travers lequel la femme permet à l’homme d’entrer. Comme nous l’avons abordé dans l’un de nos séminaires précédents, l’interaction entre un jeune homme et une jeune femme se limite à une relation fraternelle, à travers laquelle il a le droit de lui toucher les mains, de l’embrasser sur le front, ou encore de voir ses cheveux. Ces limites s’apparentent aux limites de l’invité dans la maison, où il est confiné à la salle de réception. A l’étape de ‘Al-Miqah’, la relation se développe davantage, et il peut voir son corps, mais sans qu’une relation sexuelle ait lieu, et nous retrouvons ici le sens de ‘fais comme chez toi’. A l’étape de la formule, les relations sexuelles sont autorisées si les deux parties le souhaitent, cela correspond à une autorisation inconditionnelle de l’hôte de la maison à utiliser toutes les pièces de la maison, et son invité ne ressent alors aucune gêne à s’approprier les lieux. Lorsque nous décidons d’entreprendre un tel projet, c’est dans un but précis que nous cherchons à atteindre, qui se résume à découvrir l’autre, son
tempérament, sa morale, son caractère, son comportement et sa personnalité globale, et cela ne peut se produire qu’après une étude approfondie de cette personne. Une étudiante prend la parole et dit : “D’après ce que j’ai compris, le but du contrat temporaire ‘Al-Fiqah’ et ‘Al-Miqah’ est d’apprendre à connaître la personne avec qui je choisis de m’associer, n’est-ce pas ? Ce qui revient à dire que la personne que j’ai invité chez moi est-elle digne d’hospitalité et adhère-t-elle aux règles ou non ? De même, lorsque la fille accepte l’étape de ‘Al-Fiqah’, elle observe l’homme et surveille son comportement, et sa compatibilité avec elle, et a le choix soit de passer à l’étape de ‘Al- Miqah’ ou de quitter la relation après la fin de la période si elle voit qu’elle ne peut pas être avec lui, pour des raisons d’incompatibilité ou autre, et cela est valable pour la femme aussi bien que l’homme.” A partir de cette intervention, une autre étudiante revient sur ce qui a été présenté précédemment, et dit: “Pourriez-vous s’il vous plaît Dr. Abu Zakaria revenir sur les conditions de relation avant de conclure un contrat ?” Le Dr. Abu Zakaria répondit: “J’allais justement en parler, nous devons revenir sur les conditions qui sont à la base de toute relation qui lie deux personnes. Il est question de protéger la femme avant l’homme. Ainsi, elle a le droit de demander ce qu’elle veut, à condition de ne pas aller à l’encontre de la Charia. Comme nous l’avons précédemment dit, à l’étape de ‘Al- Fiqah’, les règles que l’homme doit suivre sont claires, et s’il les respectent, la femme constatera qu’il respecte ses engagements et les conditions imposées, tout comme à l’étape de ‘Al-Miqah’. Ainsi, si la femme en sait suffisemment sur l’homme: sa morale, son humanité et sa religion, elle peut passer à l’étape suivante, celle de la Formule. Notons cependant que ce n’est pas le même cas pour la femme vierge, pour qui la Formule ne s’applique pas. Revenons à la première question qui a été posée, lorsque je conclus un mariage permanent avec une femme et que je suis sur le point de divorcer, la femme n’en sait rien et pense que le mariage est permanent, et construit ainsi ses espoirs, ses aspirations et son avenir sur cette base. Si je la divorce, cela risque de blesser sa dignité, et la frustrer, surtout si elle donne naissance à nos enfants et doit s’en occuper seule. Cependant, si elle conclut un contrat temporaire et suit les étapes jurisprudentielles, dont l’étape ‘Al-Miqah’, elle sera mise au courant du type de relation qu’elle partage avec l’homme. Ainsi, si un homme fait un pas, elle n’est pas obligée d’en faire dix, elle peut se contenter d’en faire deux, mais si elle en fait dix et que l’homme profite d’elle et la piège dans une relation éphémère, et qu’elle tombe enceinte de lui, alors elle ne pourra s’en prendre qu’à elle-même.” L’un des professeurs leva la main et dit: “Dr. Omar, n’avez-vous pas senti que nos honorables collègues Chiites, à travers vos longues discussions et vos nombreuses séances au cours des années, étaient capables d’influencer votre pensée et vos convictions ?” Le Dr. Abu Zakaria précisa qu’il était important de ne pas faire preuve d’intolérance et de s’ouvrir aux idées des autres lorsque celles-ci sont basées sur la Charia, la raison et la logique. Dans ma vie, la philosophie suivante est profondément ancrée: Dieu est là, et tout ce qui mène à Dieu, gloire à lui, est bénéfique. En tant que chercheurs érudits, nous devons nous défaire des caprices et du fanatisme, et en être conscients. Enfin, comme je l’ai dit, je n’ai pas peur de discuter des questions de religion et de ses enjeux, car ma je suis convaincu, d’autant après en avoir fait l’expérience, que ce n’est pas une question de Sunnites ou Chiites, ou de partisans et détracteurs, mais plutôt qu’il est question de l’Islam et de son système social et familial, à travers une méthode légitime qui s’articule sous forme d’étapes de ‘Al-Fiqah’ et ‘Al-Miqah’. Tous ceux qui appliquent cette méthode l’emploie au service de leur futur
projet de mariage, dans l’espoir de fonder une famille heureuse, emplie de bénédictions et d’affection. Cette méthode propose un programme tiré de l’Islam, appliqué par la secte Chiites, mais rejeté par certains membres de la secte Sunnite. Ce que je veux dire par là, c’est que mon acceptation du programme n’est pas synonyme d’une victoire d’une secte sur l’autre, mais plutôt la victoire de l’Islam. L’Islam est notre principe, il est le fleuve qui coule jusqu’au jour de la Résurrection, et ses affluents sont la jurisprudence proposé par les juristes de chaque secte. Lorsque nous choisissons de suivre une secte, nous choisissons de suivre l’Islam en soi, et lorsque l’on adhère à certaines opinions de l’école de pensée Shafites par exemple, l’on ne soutient pas cette doctrine en tant que tel, mais l’on soutient l’Islam comme principe à travers elle. Ainsi, lorsque l’on s’approprie des doctrines de différentes sectes telles que les Chiites, ou les Hanafites, ou autre, si cela ne contredit pas la religion Islamique, ses croyances et ses systèmes, alors l’on s'enrichit de la pensée Chiite sur la question du ‘contrat de plaisir’. Ainsi, les savants Sunnites l’adopte dans leur jurisprudence, et laisse au musulman la liberté de suivre la pensée de n’importe quel érudit. Ce programme, avec ses différentes étapes de connaissance, permet au couple d’accéder au mariage permanent. Le programme aide à définir les responsabilités de chacun, dans le respect du contrat qui les lie, mais ne définit pas les émotions, car celles-ci ne naissent pas en un jour, ni en un temps précis. Le mariage fait l’objet de démarches, et de responsabilités qui doivent être claires, c’est-à-dire que lorsqu’un homme s’engage avec une femme pendant un mois, au-delà de l’amour, il doit respecter les conditions du contrat du début à la fin. Une étudiante demande à Mohammed: “Avons-nous besoin de témoins pour ‘Al-Fiqah’ et ‘Al-Miqah’ ?” Mohammed répond: “Quels témoins ? Lorsque les époux vont voir un juge pour régler un différend, il ne leur demande pas ‘Où sont les témoins à votre mariage?’. Les disputes qui ont lieu entre époux sont privées, et ni leurs témoins, ni leurs parents n’en sont au courant. Alors pourquoi avons-nous besoin de témoins pour ‘Al- Fiqah’ et ‘Al-Miqah’ ? Parlons maintenant de la femme dans le contrat temporaire. Si l’homme ne la traite pas convenablement, et qu’elle prend la décision qu’il n’est pas digne de demeurer son mari, alors elle n’a pas besoin de témoins pour appuyer ses propos, et elle n’est pas obligée de comparaître devant un juge pour témoigner du comportement abusif de l’homme et de ses maltraitances envers elle. Son contrat étant à durée déterminée, en cas de problème, et à l’approche de la fin du contrat, l’homme devra immédiatement la quitter. Une étudiante demande: “Et si la durée du contrat est longue et que la femme n’est pas en mesure de quitter son mari rapidement ?” Mohammed répondit: “Dans le contrat temporaire, la femme doit jauger sa propre capacité à vivre en harmonie avec cet homme, et connaître ses droits et se devoirs. Ainsi, elle doit prendre en considération avant toute chose, que la relation est temporaire et qu’il s’agit d’une période d’essai pour l’homme, et ne pas s’abandonner à cœur perdu ni se livrer entièrement à l’homme. Par conséquent, lorsqu’elle entrera dans l’étape de ‘Al-Miqah’, elle devra fixer un délai court et raisonnable. Si elle ne trouve pas l’homme digne de leur relation, elle sera ainsi protégée durant la période de la relation et pourra en sortir à la fin de période spécifié. Voilà pourquoi nous déconseillons aux jeunes couples de fixer de longs délais pour les contrats temporaires qui pourraient ne pas être dans l’intérêt de l’une ou l’autre partie, surtout au début de la relation.” Suite à cette explication, un étudiant posa la question suivante: “Et si la femme
tombe enceinte suite à cette relation, mais que l’homme conteste la paternité ? La femme aura-t-elle recourt à des témoins à ce moment-là ?” Mohammed répondit: “Tout d’abord, tous les hommes ne contestent pas la paternité, et beaucoup se précipitent à légaliser leur mariage. Si nous entendons parler du refus d’enregistrement assez souvent, mais l’acceptation d'enregistrement, elle, passe inaperçue. Mais si nous revenons à ce que nous avons dit plus haut, dans les étapes de ‘Al-Fiqah’ et ‘Al-Miqah’, le rapport sexuel n’est pas permis, et donc, pas de risque de grossesse. Mais si cela se produit, alors un simple test scientifique peut prouver le lien de paternité. La présence de témoins n’est pas nécessaire après que les deux parties aient pris conscience de leurs rôles respectifs, cependant nous ne sommes pas contre la présence de témoins si l’une des deux parties y voit une nécessité logique. L’étudiant demanda alors: “Pourquoi cela ?” Mohammed poursuivit: “Supposons qu’un homme et une femme se fréquentent dans des lieux publics, et qu’ils s’engagent dans un contrat provisoire ‘Al-Fiqah’, alors pourquoi avoir recours à des témoins si le contrat en soi les protège.” Un autre étudiant pose une question: “Pourquoi la plupart des familles organisent-elles des cérémonies de mariages, est-ce pour annoncer le mariage publiquement ?” Nasser répondit: “Oui, c’est pour l’annoncer publiquement, mais où voulez-vous en venir ?” L’étudiant reprit: “Le mariage n’est-il qu’une annonce officielle pour que tout le monde sache qu’un tel s’est marié avec un tel ?” Nasser commenta: “Le but de la cérémonie de mariage est avant tout de partager la joie de cette union avec la communauté, et de montrer qu’il s’agit d’un contrat légal.” Une étudiante posa une question liée aux considérations sociales: “Je pense qu’il s’agit d’un sujet sensible pour les familles, car si le père, qui est le chef de famille, à la tutelle sur sa fille, alors il convient de prendre sa permission dans le contrat afin que sa virilité ne soit pas bafouée.” Le Dr. Afaf répondit: “Dans quelle mesure est-ce une atteinte à la virilité du père, et sur quelles bases juridiques est fondé ce jugement ? Si un homme et une femme marchent dans la rue, pourquoi devraient-ils prouver qu’ils sont mariés ? Pour assouvir la curiosité des gens ? Pourquoi légitimer nos doutes sous le couvert de ce qui est ‘halal’ ou pas ? Soyez-en certains, messieurs, que c’est l’apologie de ce genre de comportement qui retarde le développement et la prise de conscience de notre société. La société d’aujourd’hui se préoccupe de la relation entre chacun de ses membres, afin que ces relations ne lui causent pas de préjudices psychologique et moral, et qu’elle ne soit pas confrontée à leurs erreurs, qui risquent d’anéantir son système social. En ce qui concerne la relation des jeunes couples au sein du système de ‘Al-Fiqah’ et ‘Al-Miqah’, ils sont grandement avantagés. Il existe par ailleurs un étrange paradoxe qui est présent aussi bien chez les Sunnites que chez les Chiites, c’est lorsqu’une femme est veuve ou divorcée, elle n’a pas besoin de consulter son tuteur afin de se mariée à nouveau, et ce même si elle n’a que 15 ans. Contrairement à une femme vierge qui, même à 30 ans, doit obtenir l’autorisation de son tuteur légal pour se marier. De plus, le but de la tutelle est pour le père d’assurer la protection de sa fille, et de la conseiller en matière de mariage. Or, si une jeune femme de 15 ans se marier et divorce très vite après, puis se remarie immédiatement après la fin de la période d’attente, sans demander conseil à son tuteur, alors comment peut-on penser qu’elle a ainsi gagner assez d’expérience de vie à cet âge, alors qu’elle est encore très jeune ? Serait-elle devenue adulte après le divorce ? En revanche, une femme vierge n’a le droit de choisir son partenaire seule, même après avoir atteint l’âge adulte.
L’émotion et le sexe L’un des étudiants demanda: \"À quel moment prenent place les émotions entre un jeune homme et une jeune femme, dans les étapes de ‘Al-Fiqah’ et ‘Al-Miqah’ ?” Nasser se précipita de répondre à cette question: “L’émotion est une chose qui se manifeste à l’intérieur d’une personne de bonne foi ayant des sentiments sincères, et souhaitant le bonheur des autres. Un érudit musulman a dit que l’Islam ne peut empêcher un jeune homme d’être attiré par une femme, tant que cette attraction est naturelle et acceptable, et ne découle pas de pensées négatives qui peuvent pousser un jeune couple à avoir des relations illégitimes. D’où la nécessité de ‘Al-Fiqah’ et ‘Al-Miqah’, qui régulent les étapes de la connaissance, et s’assure que la réciprocité des sentiments des deux parties, dans l’espoir d’établir une vie commune stable. Le pari sur la jeune génération Un étudiant posa la question suivante : “Dans quelle mesure misez-vous sur les jeunes hommes et femmes pour adopter vos idées et votre projet ? Espérez-vous qu’ils les incarnent afin de fonder une famille heureuse ? Pariez-vous également sur le temps que cela prendra ?” Nasser répondit: “Nous sommes sûres, et vous êtes témoins, que les jeunes gens sont convaincus de la nécessité de faire connaissance avant le mariage, ce n’est pas nouveau, mais malheureusement cela se fait par des moyens qui manquent de légitimité d’une part, et de moyens sûrs d’autre part. La réputation de la femme Au stade de ‘Al-Miqah’, la relation entre l’homme et la femme se développe davantage, et l’homme peut voir la femme sans voile et ils peuvent partager un baiser, ce qui différencie cette étape de ‘Al-Fiqah’. Mais que se passe-t-il si la femme perd sa virginité, comment fera-t-elle face à une société qui la considère usée, telle une allumette qui une fois brûlée devient inutile ? Une étudiante pose la question suivante: “Existe-t-il une différence entre les droits d’une femme vierge et ceux d’une femme veuve ou divorcée ?” Nasser répondit: “Dans une certaine mesure, oui, une femme vierge ne garde que la moitié de sa dot, tandis qu’une femme veuve ou divorcée garde la totalité de sa dot. ‘Al- Fiqah’ et ‘Al-Miqah’ sont des étapes qui préservent la virginité de la femme et notre système représente bien le système islamique, de la connaissance au mariage. Au stade de ‘Al-Fiqah’, la femme doit être vierge, car la relation entre l’homme et la femme n’est ici qu’amicale.” Une étudiante s’est levée pour demander: “Malgré l’insignifiance de la virginité de la femme, vous insistez sur le fait de préserver la virginité à l’étape de ‘Al- Miqah’, j’aimerais savoir pourquoi ?” Nasser répondit: “Lorsque nous avons délimité les étapes, c’était pour des raisons philosophiques et psychologiques. Les étapes, comme nous le savons, sont au nombre de 3: ‘Al-Fiqah’, ‘Al-Miqah’ et la Formule, et chacune a ses limites, ses considérations et son système. Si une femme se met d’accord avec un homme sur l’étape de ‘Al-Fiqah’, mais qu’il n’honore pas ses engagements et transgresse
leur accord à l’étape de ‘Al-Miqah’ ou de la Formule, en employant de la violence ou la tentation matérielle, ou tout autre forme de coercition, alors la femme jugera l’homme irresponsable et verra ses défauts et autres aspects négatifs, qui la pousseront à se retirer de cette relation, avant d’aller plus loin.” Une étudiante dit alors: “Et si la femme ne se rend pas compte de ces défauts ?” Nasser répondit: “Je conseille aux femmes d’être prudentes et de choisir avec attention leurs prétendants. Cependant, dans notre société, nous sommes confiants que la plupart des jeunes femmes et hommes sont bien élevés et respectent les promesses qu’ils se font l’un envers l’autre.” L’âge approprié pour le contrat Un étudiant pose la question suivante: “A votre avis, quel âge est convenable pour un jeune couple de passer l'étape de ‘Al-Fiqah’?” Mohammed répondit: “Certains considèrent que c’est à l’âge de la puberté, 15 ans, pour d’autres 17 ans, d’autres encore 18 ans, et enfin certains déterminent l’âge nubile par la maturité sexuelle.” Une étudiante demande alors: “Pour les jeunes gens de 15 et 16 ans, capables de ressentir des émotions et des sentiments, ne sont-ils pas en mesure de passer à l’étape de ‘Al-Fiqah’ ?” Mohammed répondit: “Il n’y a pas d’objection à cela, surtout s’ils ont atteint la maturité sexuelle, mais ils devront suivre les conseils de leurs parents afin de les guider au mieux.” Une étudiante s’adressa ensuite au Dr. Afaf et dit: “Une jeune femme ayant atteint l’âge de 18 ans n’a plus besoin de la tutelle de son père, mais avant cet âge, c’est une nécessité. Quel est le rôle des parents dans le développement moral des mineurs, jusqu’à l’âge de 18 ans.” Le Dr. Afaf répondit: “Le rôle des parents dans le développement moral des enfants est la protection et la préparation à la vie, notamment pour les étapes de ‘Al- Fiqah’, ‘Al-Miqah’. Ils doivent éduquer leurs enfants sur les vertus, la morale et la religion, afin que lorsqu’ils atteignent l’âge de 18 ans, ils soient capables de prendre leurs propres décisions.” Le rôle des parents dans l’orientation Notre responsabilité envers nos enfants est de leur apprendre tous les aspects de la vie, y compris les étapes de ‘Al-Fiqah’, ‘Al-Miqah’, afin qu’ils connaissent leurs droits et leurs devoirs envers la société et ses membres. La définition des mots L’un des étudiants semblait s’opposer aux termes de ‘Al-Fiqah’, ‘Al-Miqah’, et dit: “Vous avez dit que les parents ont la responsabilité d’expliquer ‘Al-Fiqah’, ‘Al-Miqah’ à leurs enfants, mais pourquoi ces mots ont une connotation étrange ? Ne pensez-vous pas qu’ils peuvent leur expliquer ces concepts de relation sans employer ces termes-là ?” Nasser répondit: “C’est une bonne question. Si un jeune homme demande à une femme de l’accompagner à dîner par exemple, et qu’elle accepte, alors trois choix s’offrent à lui:
soit il passera la chercher chez elle, soit elle viendra à lui, soit ils se donnent rendez-vous au restaurant à une heure convenue. Ainsi, lorsque nous employons les termes de ‘Al- Fiqah’, ‘Al-Miqah’, nous voulons faire allusion à la première étape de relation temporaire, puis à la deuxième, et enfin la troisième étape, la Formule, de sorte que ces concepts renvoient chacun à une réalité définie. Prenons l’exemple de l’expression ‘mariage de passage’, elle renvoie directement au concept de relation dans laquelle la femme renonce au droit de partager son lit avec l’homme, et de le voir quotidiennement. Cela s’applique également aux mariages coutumiers à quelques détails près; ainsi à chaque fois que l’on retire une des clauses essentiel au mariage permanent (qui n’est pas l’un des piliers que l’on a mentionné, qui sont l’offre, l’acceptation et la dot), celui-ci adopte un nom différent. Ainsi, lorsque l’on parle de mariage (permanent), mais que l’on impose une durée déterminée, il est alors question de la ‘Formule’ ; lorsque l’on interdit les relation sexuelles, il est alors question de ‘Al-Miqah’, et enfin lorsque l’on impose une relation amicale, il est alors question de ‘Al-Fiqah’. Toutes ces étapes s’appliquent à chaque couple de manière différente, et libre à eux de déterminer les limites de leur relation, en fonction de leurs besoins. Par analogie, notre système peut être comparé à un vêtement de taille standard, qui sera trop petit ou trop grand en fonction de la personne qui le porte; ainsi libre à chacun de choisir la taille de vêtement qui lui sied”. Les problèmes qui peuvent survenir Une étudiante prit la parole et dit: “Votre projet de ‘Al-Fiqah’ et ‘Al-Miqah’ est une initiation au mariage permanent et convient généralement à une femme vierge, mais la Formule est plus adaptée à la plupart des femmes veuves, divorcées et célibataires. Alors quel est l’intérêt d’appliquer le système de ‘Al-Fiqah’ et ‘Al-Miqah’ à ces femmes-là ?” Mohammed répondit: “En effet, nous conseillons aux femmes vierges de prolonger la durée de ‘Al-Fiqah’ et ‘Al-Miqah’, le but étant de se faire une idée de la personnalité de son prétendant, en passant suffisamment de temps ensemble. En ce qui concerne les femmes veuves ou divorcées, elles peuvent passer les étapes de ‘Al-Fiqah’ et ‘Al-Miqah’, et aller directement à l’étape de la ‘Formule’, si elles le jugent nécessaire. La ‘Formule’ est, comme nous le savons, un contrat légal temporaire dans lequel il est libre au couple d’avoir des relations sexuelles, et d’enfanter, à condition de respecter les besoins fondamentaux des enfants, et ce que cela implique.” Cette même étudiante poursuit: “Et que cela implique-t-il ?” Mohammed répondit: “Si un enfant est né de leur union, alors les parents sont contraints de rester en contact pour le bien de l’enfant. Et ce même si le père renonce à la garde en faveur de la mère, et devra lui faire confiance pour l’éducation de l’enfant. De même, la femme devra s’assurer que le père adosse ses responsabilités et lui verse ses droits.” Mohammed ajouta: “Je m’adresse par ailleurs aux femmes et attire leur attention sur les responsabilités du contrat de mariage, tel que l’a déclaré le Prophète: “Si un homme dont la religion et le caractère vous plaisent se présente à vous, alors acceptez de le marier à votre fille.” Un étudiant demande: “Si une femme connaît la personnalité et la morale de son prétendant, et qu’ils partagent des sentiments et que leurs familles sont proches, alors l’étape de ‘Al-Fiqah’ est-elle nécessaire ?” Mohammed répondit: “Nous préconisons ‘Al- Fiqah’ comme première étape, et ce même si les familles du jeune couple sont proches
l’une de l’autre, car l’attraction sexuelle prend du temps et la femme doit les traits cachés de l’homme.” Une étudiante demande alors: “Quels sont les traits cachés d’un homme ?” Il répondit: “Le caractère d’un homme se dévoile dans ses actes, qui parfois montre le contraire. Ainsi, l’homme peut être jaloux car il doute de son comportement, ou se montrer protecteur envers la femme, mais en réalité convoiter son argent ou tout autre chose matérielle ou morale. Comment une femme peut-elle alors distinguer l’amour de la haine, ou de la cupidité ? Et comment découvrir la vérité, si ce n’est avec ces étapes de pré- mariage.” Le concept de la Charia et les traditions communautaires L’un des étudiant posa une question en rapport avec l’impact psychologique des étapes de ‘Al-Fiqah’ et ‘Al-Miqah’: “Comment peut-on convaincre la société du droit à une femme de pratiquer les étapes de ‘Al-Fiqah’ et ‘Al-Miqah’ sans manquer de respect à son honneur ?” Le Dr. Abu Zakaria dit: “L’aspect juridique de ce système implique une grande responsabilité devant Dieu, et si nous pensons que la Charia est contre ce système, alors nous ne pouvons pas aborder le sujet dès le départ. Or lorsqu’une femme et un homme entrent dans une relation de ce genre, ils sont protégés par un cadre légal que nul ne peut nier. Lorsqu’une femme termine la période contractuelle prédéfinie, et la période d’attente si cela s’applique à elle, si elle est vierge, elle a le droit d’entrer dans une autre relation sous couvert d’un contrat légal avec ses propres droits et devoirs, et si on lui en fait le reproche socialement, alors il faut se demander ce qui est le plus important: craindre les reproches d’une société bornée, ou suivre les doctrines divines ? D’autre part, lorsqu’un homme choisit d’épouser une femme qui a eu plusieurs expériences de ‘Al-Fiqah’ et ‘Al-Miqah’ avec d’autres hommes avant lui, il devra alors considéré qu’elle l’a choisit parmi tout ces hommes, car elle voyait en lui les qualités d’un mari.” L’un des invité fit remarquer: “Que faire si l’homme insiste pour connaître le passé de la femme ?” Le Dr. Abu Zakaria répondit: “Ce n’est pas le cas de tout le monde et cela ne relève pas du droit de l’homme ni de la femme, sauf lorsqu’il s’agit d’informations importantes telles que les mariages précédents ou actuelles, ou la présence d’enfants, ou la situation de la femme: si elle est vierge, veuve ou divorcée.” Un étudiant remarqua: “Mais alors l’on applique ainsi la vision occidentale, où chacun peut vivre plusieurs relations amoureuses, et passer d’une relation à l’autre en l’espace de quelques mois. N’est-ce pas là une émulation du style de la jeunesse occidentale ?” Il répondit: “Les deux visions ne sont pas comparables. En Occident, une femme peut être en relation avec deux personnes en même temps sans être protégée par un cadre légal, quoique ce n’est pas le cas de toutes les femmes, et nous ne pouvons pas généraliser ce jugement. Quant à la femme musulmane, qu’elle soit vierge, veuve ou divorcée, elle ne peut nouer une relation avec un homme avant la fin de la période d’attente stipulée dans le contrat légal. Notre système donne aux femmes la possibilité de changer de partenaire, à condition d’avoir déjà été marié. Donc, si une femme sort d’une relation temporaire ou permanente dans laquelle elle n’a pas été déflorée, alors elle a le droit d’épouser un autre directement après, selon la parole de Dieu qui renforce les concepts de ‘Al-Fiqah’ et ‘Al-Miqah’ : ‘Lorsque vous vous mariez avec des musulmanes et qu’ensuite vous divorcez avant d’avoir consommé le mariage, il n’y a pas de délai d’attente à leur faire respecter.” Quant à la femme divorcée, elle doit observer une période qui correspond à deux cycles
menstruels s’il s’agit d’un mariage temporaire, et trois cycles menstruels s’il s’agit d’un mariage permanent, selon la parole du Tout-Puissant: ‘Les femmes divorcées doivent observer un délai de trois menstruations.’” La même étudiante poursuivit: “Comment jugez-vous que le premier verset coranique que vous avez cité renforce l’idée de ‘Al- Fiqah’ et ‘Al-Miqah’ ?” Nasser répondit: “Le contexte du verset coranique indique clairement sa signification: si une femme divorce d’un homme sans avoir consommé le mariage, elle est alors libre de se mettre en couple avec quelqu’un d’autre, sans période d’attente. Précisons que l’expression ‘consommer le mariage’ signifie qu’un couple est marié. Notons également que la femme en question a su préserver son honneur et sa dignité, et compris les dispositions de la religion.” L’avancée morale est-elle suffisante ? Une étudiante s’adressa au Dr. Abu Zakaria et posa la question suivante: “Vous avez fait mention de deux avancées, l’une fondamentale et l’autre secondaire, qui correspondent à l’entrée progressive dans le système que vous proposez, qui selon vous a pour but de réussir un mariage. Or, ne pensez-vous pas que la première avancée suffit pour y parvenir ?” Le Dr. Abu Zakaria répondit: “Non, je ne pense pas, car la première avancée, qui correspond à un changement moral, ne suffit pas à elle seule à garantir la réussite d’un mariage, et l’avancée secondaire, qui correspond aux étapes progressives, non plus. Les deux avancées doivent être employées ensemble pour garantir le fonctionnement de notre système, à travers la morale, qui représente l’harmonie et la miséricorde, et les étapes qui permettent une véritable découverte de l’autre.” L’égalité des droits entre homme et femme L’un des participants dit: “Devons-nous comprendre, à travers vos conversations, que de même que l’homme a le droit de se présenter à une femme en vue de faire connaissance et peut-être se marier, la femme a également ce droit ?” Le Dr. Afaf répondit: “Je vous cite le cas de Khadija, la première épouse de notre Prophète Mohammed, c’est elle qui a fait le premier pas et l’a demandé en mariage. Mes chers étudiants, pourquoi les coutumes prédominent même les plus instruits et conscients d’entre nous ? Pourquoi nous soucions-nous des traditions sociales qui ne sont basées sur aucun texte légal ni verset coranique ou parole prophétique ? Ces coutumes ne suivent parfois pas la logique de l’Islam, une religion humaine et civilisée. Pourquoi ce serait exclusivement réservé à l’homme de faire sa demande, et non à la femme ?” L’un des étudiants, visiblement perturbé par le discours du Dr. Afaf, s’exprima ainsi: “En donnant le droit aux femmes comme aux hommes d’avoir plusieurs contrats et de nouer de nombreuses relations avec facilité, cela ne favorise-t-il pas la décadence morale dans notre société islamique ?” Nasser répondit : “Il me semble que votre jugement manque de justesse et d’objectivité, car lorsque l’on encourage les relations entre couples, mêmes si elles sont nombreuses, elles demeurent sous le contrôle de Dieu, ce qui revient à dire qu’elles sont protégées par un contrat légitime avec ses droits et ses devoirs. Ainsi, ces relations de sont des relations légitimes, qu’il convient de ne pas réduire et comparer à des relations illégitimes,
quand bien même elles font l’objet d’un cadre légal qui leur confère un caractère moral et humain. Les relations qui ne sont pas protégées par un cadre légal et religieux ternissent l’honneur et la dignité des personnes concernées, lorsque la relation prend fin. Par ailleurs, lorsqu’une femme et un homme font connaissance à travers un contrat légal et religieux, sur une période de deux mois ou plus, c’est dans l’objectif noble de fonder une famille dans un futur proche. Je vous prie de m’excuser, nous nous éloignons du sujet, cette question ne correspond pas à la raison et la logique qui caractérise notre système.” L’un des professeurs repris: “Pour reformuler la question: accepteriez-vous que les femmes fassent des demandes en mariage aux hommes ?” Le Dr. Afaf répondit: “Il ne s’agit pas d’accepter ou de refuser, mais plutôt d’encourager les femmes à le faire pour entrer dans le système, tout en préservant leur pudeur. Quand une femme voit un homme qui lui plaît et est attiré par sa religion, sa morale, son parcours, ses connaissances, et d’un ensemble de caractéristiques particuliers, alors pourquoi ne pourrait-elle pas le demander en mariage, avec politesse et de bonnes intentions ?” L’un des étudiants se leva et dit alors: “Comment pouvez-vous concevoir que des femmes puissent ainsi sortir avec des hommes, ne les considérez-vous pas comme vos propres filles, ne voulez-vous pas les protéger ?” Mohammed répondit: “C’est parce que nous voulons les protéger, que nous leur donnons la liberté de choisir que nous offre la Charia.” Les questionnements Le même étudiant répondit: “Si le système que vous proposez aujourd’hui était véritablement avantageux pour les couples, alors les érudits prédécesseurs l'auraient adopté et auraient conseillé les gens de l’appliquer.” Le Dr. Abu Zakaria dit: “Notre système n’était pas un secret à nos prédécesseurs, mais les conditions sociales qui prévalaient à leur époque les empêchaient d’en parler pour plusieurs raisons, notamment parce qu’à l’époque, une jeune femme se pliait aux décisions de son père, quelque soit le mari qu’il choisissait pour elle, car sinon elle risquait la disgrâce familiale et sociale. D’autre part, l’idée d’un deuxième, troisième ou quatrième mariage n’était pas répandue, et un couple n’avait pas besoin de faire connaissance pour se former, car la plupart des mariages étaient arrangés.” Un étudiant dit alors: “Vous nous avez demandé d’adopter deux avancées, l’une morale et l’autre temporelle, mais je me permets de refuser de les faire, car elles ne prennent pas en compte une question fondamentale du mariage musulman, à savoir la présence de témoins et la tutelle du père.” Le Dr. Abu Zakaria répondit: “Comme nous l’avons dit précédemment, cette question ne fait pas consensus chez les musulmans, car les Chiites autorisent le contrat de mariage sans tutelle et sans témoins, tandis que les Sunnites considèrent que le témoignage n’est pas optionnel, mais qu’une femme saine d’esprit peut se marier avec quiconque, à condition qu’il soit capable d’endosser les responsabilités du mariage.” La maturité de la femme
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