À chaque nouveau projet, des fouilles préventives sont réalisées Ici le Parc Saint-Antoine (2e arrondissement). © Ville de Lyon« Lyon a développé comprendre les pratiques et les techniques Grâce à ce travail, cette reconnaissance etl’archéologie de utilisées et peuvent leur redonner des idées ces centaines de découvertes, Lyon peut-sauvetage, aujourd’hui dans la conception de leur bâtiment », elle être ainsi considérée comme un grandappelée préventive. reconnaît Luc Françoise dit Miret. site de l’archéologie mondiale ? Pas tout àCe qui en fait une Des découvertes ouvrant d’autres dos- fait. Un site pour mieux comprendre lesspécificité siers qu’elles vont contribuer à mieux villes urbaines à l’époque romaine certai-symbolique » connaître dans le futur ? « Les exemples nement « mais il manque un élément pour sont divers et variés, en particulier sur le affirmer que Lyon ressemble à Rome : nous chantier du quai Saint-Antoine. Par les nou- n’avons pas encore découvert de nécropole », veaux éléments mis au jour, nous avons redé- estime Franck Martin, confiant sur une couvert des entrées extérieures, côté rivière, telle découverte qui pourrait survenir qui permettaient de pénétrer directement un jour. Si tel est le cas, la capitale d’Au- dans les caves des habitants du bord de l’eau. vergne-Rhône-Alpes « occupera alors un La lecture des encrages a déjà pu détermi- rôle beaucoup plus important sur la scène ner que l’on faisait entrer par là du vin. Du internationale » et pas seulement auprès vin entrant par l’eau, en quelque sorte ! », de la communauté mais plus largement évoque Anne Pariente. auprès de celle du grand public.N°138 Décembre 2017 COLLECTIF DU 08 DÉCEMBRE AU 23 DÉCEMBRE ! l’ensemble des artistes seront présents Une journée réservée à nos clients le dimanche 10 décembre de 11h à 18h 14, 15, 16 et 17 décembre association avec le Rotary de Lyon. une partie du produit des ventes sera reversée au Rotary Clubs Lyonnais Le soleil sur la place | Galerie Franck Lassagne | 4 rue Antoine de Saint-Exupéry 69002 Lyon Tél. 04 78 42 56 65 | Mobile 06 84 36 06 67 | du mardi au samedi de 11h à 13h et de 14h30 à 19h sur rendez-vous | www.lesoleilsurlaplace.com Acteurs de l’économie - La Tribune 101
Respirer ARCHÉOLOGIE LES AVENTURES ARCHÉOLOGIQUES D’ANNE PARIENTE© Emmanuel Foudrot À la recherche des vestiges romains qui ont façonné la ville, Anne Pariente fait des sous-sols de Lyon son terrain de jeu favori. À la tête du service archéologique de la collectivité, celle qui a fait ses premières fouilles à Athènes, veille à la transmission de ses connaissances et des découvertes qui témoignent d’un passé riche, et donnent les clés pour mieux comprendre le monde actuel. irectrice, agrégée de lettres classiques, sociétal, le rendant acceptable et assimilable plusieurs milliers de places en parcs de Anne Pariente avait rejoint en 1984 par notre société mouvante et non figée », stationnement, suit les dossiers « auto- l’École française d’Athènes, fondée en résume-t-elle. mobilo-archéologiques » depuis 1986. 1846, premier institut étranger à s’éta- Il raconte combien les contextes, les blir en Grèce, dont la mission fonda- FEMME DE DIALOGUE structures, les règlements, les délais et mentale est d’étudier la Grèce dans son Le service a gagné ses lettres de noblesse les déroulements ont changé d’un siècle contexte balkanique et méditerranéen, puisqu’il est reconnu des historiens, à l’autre avec servitudes imposées par de la préhistoire à nos jours. D’abord techniciens, chercheurs, porté par une l’installation du métro et de ses cor- membre scientifique, puis adjointe aux directrice dont l’image associe à la fois ridors, mais aussi les conduites d’eau, publications et rédactrice de la Chro- compétence, expérience et technicité, de gaz et d’électricité. « Anne Pariente nique des fouilles en Grèce, elle a assuré avec en prime l’art du dialogue qui est une ancienne rencontre, une passionnée, la direction de la médiathèque puis de échappe parfois aux spécialistes de la une responsable qui sait prendre des déci- la communication de l’Institut français pierre de jadis. sions et les faire appliquer, mais aussi écou- d’Athènes. Elle devient naturellement « Anne Pariente est solide scientifiquement, ter les avis qui lui sont donnés. Une femme une spécialiste de l’archéologie urbaine aussi à l’aise dans l’antique que dans le de dialogue », décrit-il. antique, codirigeant, à partir de 1985, médiéval et la Renaissance, sachant égale- Du côté du monde associatif, les Amis les fouilles de la ville d’Argos, dans le ment prendre du recul avec une vue large des musées de la civilisation gallo-ro- Péloponnèse. Anne Pariente regagnera et équilibrée sur les dossiers comme sur maine ou Garom, structure créée en Lyon pour prendre en 2001 la direc- les chantiers », décrit Didier Repellin, 1976, un an après l’ouverture du musée tion du service archéologique dont elle architecte en chef des Monuments histo- gallo-romain de Fourvière, ne tarissent développe l’équipe et l’activité opéra- riques, responsable à ce titre du Rhône, pas d’éloges sur la personnalité de la tionnelle, ainsi que les missions patri- par ailleurs inspecteur général des directrice du Service archéologique de moniales et l’implication sociétale, Monuments historiques. Un argument la ville de Lyon. « Anne Pariente dispose comme les très courues visites de chan- défendu également dans le monde, bien du faire savoir. Une sorte de volet pédago- tier qui attirent des dizaines d’amateurs. différent, des structures industrielles et gique tant historique qu’archéologique lié au « Ce service archéologique est marqué par commerciales qui « labourent » le sol dialogue avec tous. Elle sait nous faire pas- un choix politique fort de la collectivité qui lyonnais et alentour. Intéressé à la fois ser et partager son enthousiasme. Jamais a su mêler et faire fonctionner ensemble par l’archéologie et par l’histoire lyon- autant de monde à Lyon ne s’est intéressé à deux composantes : le scientifique et l’hu- naise, François Gindre, PDG de Lyon l’archéologie. Grâce à elle et à son équipe », main. Une polyvalence qui décline son rôle Parc Auto, société d’économie mixte rappelle Alain Bedos, l’un des respon- archéologique, mais remplit aussi son rôle opératrice de stationnement gérant sables. GC 102 Acteurs de l’économie - La Tribune N°138 Décembre 2017
RUBRIQUE DE NOM RespirerEntrepreneurs,faites-nousBpifrance vous accompagne, Acteurs de l’économie - La Tribune 103 RCS 507 523 678 - *Bpifrance Assurance Export assure, au nom et sous le contrôle de l’État, votre activité export.finance vos projets et assure*votre activité à l’export.bpifrance.frN°138 Décembre 2017
Respirer RUBRIQUE DE NOM Gilles Bonnefoy, Margot, apprentie sommelière, et Benjamin Roffet, meilleur sommelier de France 2010.LA MADONE PORTE HAUTLES VINS DU FOREZSes vins s’a chent à la carte des tables étoilées et son travail, enfin reconnu, s’exporte dans lemonde entier. Gilles Bonnefoy est un vigneron persévérant, propriétaire du domaine de la Madone,installé dans la Loire. En quelques années, il a réussi également à faire sortir le vignoble du Forezd’une réputation ancienne de médiocre vin de comptoir, en l’élevant au rang de vins gustatifs.Une révolution portée par une poignée de vignerons engagés, comme lui.REPORTAGE, DOMINIQUE-MYRIAM DORNIERPHOTOGRAPHIES, LAURENT CERINO / ADEDomaine de la Madone Lorsque nous nous rendons en douce de l’absence d’autoroute, muniChampdieu (Loire) quelque part, il serait bon de seulement de l’élémentaire boussole quiHuit hectares jeter par-dessus bord le GPS et nous indique les quatre directions afinAOC côtes-du-forez cette voix insupportable qui pré- de redécouvrir le goût et la tension duIGP Urfé tend nous guider comme si nous voyage. Accepter de se perdre un peu, yExport : 30 % étions aveugle, pour nous réjouir trouver du sens, être à l’écoute des signes104 Acteurs de l’économie - La Tribune N°138 Décembre 2017
VIN Respirerqui sont comme un langage intime. Bref, « J’ai démarré avait été construite avec l’argent d’une récolteredevenir cet être humain qui se situe au sans foncier et de raisin et de pommes », évoque le vigne-sommet de la pyramide de la création, sans vignes avec ron. Après cette crise, Roannais et Forez,tout simplement parce qu’il est doué de deux hectares en ayant deux AOP et une IGP commune,conscience. Alors le voyageur qui s’ouvre location, puis j’ai ont uni leurs destinées viticoles, per-à nouveau verrait surgir dans son champ défriché et j’ai planté » mettant aux deux appellations d’élargird’expériences le silence, la beauté, la belle leur gamme de blancs. Ici, résultat d’unevie, enfin une dimension qui ressemble à volcaniques voisins (ils sont deux, Gilles faille géologique conduisant à un effon-une humanité digne de ce nom : avec des Bonnefoy compris, à être en biodynamie), drement du Massif central, la terre estêtres qui se rencontrent, réalisent des pro- il se démène pour faire émerger un vin donc volcanique et offre un relief de mon-jets et jouissent du bonheur d’être vivants qui n’est plus méconnu, et qui déploie des tagnes arrondies. Le plus vieux volcan adans un endroit assez préservé. À Cham- atouts exceptionnels et très spécifiques. soixante millions d’années. Le gamaypdieu dans le Forez (Loire), à quelques « Nos vignes ont évolué, et nos vins avec. à jus blanc offre alors un vin uniqueencablures de Montbrison, le vin est sur Nous faisons appel aux techniciens, que nous aux arômes poivrés, épicés, de moka ettoutes les lèvres. Sur le perron de la cave soyons en bio ou pas. Et nos ventes augmen- de café, mais aussi de pierre à fusil. Ladu domaine, et sans s’être donné le mot, tent dans des proportions que nous n’imagi- Loire, qui caractérise le vignoble, coulejournalistes et amis de longue date for- nions même pas il y a deux ou trois ans. » en contrebas d’un paysage pastoral. Unement ce jour un groupe informel et cha- De fait, Gilles Bonnefoy, qui propose sept partie du domaine est granitique, forte-leureux qui disserte et savoure les vins cuvées, enregistre pour cette année une ment argileuse, et pour les trois quartsde la Madone, sous un soleil radieux, au progression de 20 % de ses ventes. Pour restants, la terre porte la couleur noireson du chant des oiseaux. Le domaine la première fois, il n’aura pas assez de vin des volcans. La basanite qui le composeest en biodynamie, c’est-à-dire qu’il laisse rouge. Mais la route est longue. « J’ai com- est une roche très dense qui lui apportesa place au vivant, et cela s’entend aussi. mencé il y a 20 ans, en ayant la chance de une touche minérale marquée pour lesGilles Bonnefoy, malgré un travail de bénéficier du bénévolat familial. Le banquier vins rouges, mais aussi des arômes gril-titan, prend le temps d’expliquer aux visi- suivait tout juste, et si mon épouse n’avait lés, poivrés, épicés. Une rondeur, une plé-teurs ce qui le passionne, son implication pas été là elle est professeure des écoles , nitude et une finesse remarquables. Deset son ancrage sur un territoire qu’il aime je n’aurais jamais pu continuer, car pendant vins auxquels l’altitude apporte une vraieet qu’il défend : celui de ses ancêtres et de quatre ans, je n’ai pas dégagé un centime du fraîcheur. Dans ce contexte, Gilles Bon-son enfance. Car c’est cette période qui domaine. » Il a construit sa cave avec son nefoy adore expérimenter, innover, exer-produit les rêves les plus intenses, alors père maçon, et toute la famille s’est mise cer sa liberté, en plantant des cépagesque les rebuffades de l’existence n’ont pas en marche pour l’aider. Dans ce lieu qui inconnus du bataillon local : le sauvi-encore anéanti un espace sensoriel puis- vibre de partout, la biodynamie a ressus- gnon, par exemple, ou la roussanne qui,sant : « Mon grand-père était vigneron, mais cité la vie de la terre, et les vignes res- sur ce terroir volcanique, surprennentà son décès, mon père, le cadet de la famille, plendissent de santé. agréablement le dégustateur.n’a pas eu le domaine, c’est son frère aîné « L’AOC du Forez obtenue en 2000 partqui en a hérité. Quant à moi, j’ai démarré TERRES VOLCANIQUES de loin pour combattre les préjugés, recon-sans foncier et sans vignes avec deux hectares Le vignoble se situe à la périphérie de naît le vigneron. La cave coopérative aen location, puis j’ai défriché et j’ai planté. » deux volcans : celui du Pigeonnier et été monopolistique jusqu’en 1992, elle aLes premières années, le domaine est celui de la Madone. De là, se dresse le replanté avec des visées productivistes, ettouché par des phénomènes climatiques village médiéval de Champdieu qui s’est le chaland a longtemps été abreuvé avec unassez violents, notamment en 2003 où développé à partir de l’an mille autour de vin de mauvaise qualité. Conséquence : lale village est pratiquement détruit par l’église romane et du prieuré bénédictin, demande a baissé. Et cette réputation nousune averse de grêlons de la taille d’une remarquablement conservés. Fortifié au colle aux basques », précise celui qui estorange : « 80 % de ma récolte a été détruite XIVe et XVe siècle, le village est une étape devenu le président de l’appellation deset j’ai failli arrêter ! », reconnaît-il. Ses sur le chemin de Saint-Jacques-de-Com- vins du Forez à la condition d’associerpremiers millésimes avaient également postelle, et les murs nous imprègnent avec les vins de la Côte roannaise voisinesouffert, et sa production diminué drasti- grâce de ce lointain passé. Cette vierge, pour y développer une communicationquement. En cause : le gel, la sécheresse, posée sur un pic basaltique et qui regarde commune. Néanmoins, dans les annéesou encore la grêle, comme cette année, Lyon (à une centaine de kilomètres), a été 1990, quelques vignerons décidèrent deà nouveau. Mais Gilles Bonnefoy est un hissée le 8 septembre 1875 par un attelage quitter la cave coopérative en proposantvigneron patient et hyperdynamique qui de huit bœufs et sous l’impulsion du curé une concurrence qualitative qui finirane se décourage pas. Une qualité qui a du village. Les habitants lui demandaient par payer : la demande existe, notam-convaincu deux de ses amis outre le protection, mais ce fut sans succès. Le ment à l’export, loin du modèle de latrès fort potentiel du vignoble de s’as- vignoble, un temps épargné, fut complè- seule vente locale, une pratique obsolètesocier à lui en société civile d’exploitation tement détruit par le phylloxéra. « Il faut sans avenir.agricole (SCEA), apportant des fonds qui imaginer que, dans les années 1870, avantlui ont permis d’embaucher quand il en le phylloxéra, les gens gagnaient beaucoup ÉTATS-UNIS, IRLANDE, SUISSE…avait besoin. En parallèle, le vigneron tra- d’argent avec la vigne. Mon père m’a expliqué À l’origine, Gilles Bonnefoy, muni d’unvaille aussi pour faire sortir le vignoble que la maison de mon arrière-grand-père BTS technico-commercial vins et spi-du Forez d’une réputation ancienne qui ritueux obtenu à Mâcon et Paris, a offi-le qualifiait de médiocre vin de comptoir. cié sept ans chez LVMH. Un départAvec neuf collègues installés sur les pics volontaire négocié et bien indemniséN°138 Décembre 2017 Acteurs de l’économie - La Tribune 105
Respirer VINlui permit de louer quelques arpents de Un travail et une production de qualité jeune sommelier, épris d’un métier qui levigne pour commencer en 1997, et s’ins- qui auront convaincu Benjamin Roffet, 36 fait voyager au propre comme au figuré,taller. Pendant quatre ans, il est tout de ans, meilleur sommelier de France 2010 rencontre des gens de toute sorte : ceuxmême contraint de reprendre une activité et meilleur ouvrier de France 2011, de qui économisent toute une année poursalariée, notamment lorsqu’il décide de rejoindre la Madone. Le Forez évoque son s’offrir un restaurant étoilé et un vin,transformer son domaine en bio. Dans la appellation de cœur. Originaire de Mont- dont le prix de vente est parfois multi-foulée des saisons, il replante quatre hec- brison, il y revient régulièrement malgré plié par dix quand il arrive sur la table.tares en une année, améliore son cuvage, ses activités parisiennes. Et ceux au pouvoir d’achat sans limites.sa vinification, mais dix années auront Benjamin Roffet préfère vendre une bou-été nécessaires pour dégager de son acti- TRANSMISSION teille à quarante euros qu’un grand cru àvité un salaire convenable. Un stage chez Visiter les vignobles, construire une carte 8 000 euros, prix que peut atteindre unPierre Masson avec un voisin, puis un des vins cohérente, trouver sa place dans romanée-conti. Mais aujourd’hui, c’est àvoyage d’études chez Jean-Michel Deiss les palaces, tenir compte des désirs du Margot, la fille de « Ludo », un des asso-en Alsace, où « la terre était si noire, que client, voilà un métier qui demande une ciés de Gilles Bonnefoy, qu’il s’adresse.l’on avait envie de la goûter », le convainc, connaissance pléthorique des vins du La jeune fille se destine, dans un aveniren 2004, de franchir une nouvelle étape monde, et nécessite des qualités subtiles proche, au métier de sommelière. Et tousen passant en biodynamie. « Les per- en psychologie et surtout une bonne maî- ceux qui l’entourent en sont convaincus :sonnes me demandent où je vends mes 60 trise de soi. Son parcours l’a conduit en il lui faudra choisir avec discernement000 bouteilles ? Je leur réponds en Suisse, au Irlande, puis au Royaume-Uni dans les un établissement dont le chef œuvre dansCanada, aux États-Unis, en Irlande », sou- restaurants étoilés. Au Trianon Palace, l’esprit du compagnonnage, et non commeligne Gilles Bonnefoy, qui salue le bond à Versailles, il a suivi Gordon Ramsay, un militaire brutal et craint de son équipe.de ses ventes cette année, déplorant au le grand chef écossais. Le jeune somme- Pas une mince affaire dans ce métier large-passage le comportement casanier de cer- lier a récemment participé à l’ouverture ment représenté par des hommes. Margottains de ses collègues, à qui il conseille de de l’Hexagone, auprès du chef Mathieu demeure à l’écoute, mais l’heure est à las’orienter vers l’export pour s’en sortir. La Pacaud, fils du discret et magnifique Ber- dégustation d’un vin blanc du domaine,vente au caveau, au bord de la route qui nard Pacaud, chef de l’Ambroisie. Benja- au cépage sauvignon : tendu, puissant, quiétait d’usage dans la région -, dégage des min Roffet est aujourd’hui à nouveau libre, invite à l’hédonisme et laisse rêveurs lesmarges trop aléatoires. et les offres professionnelles affluent. Le hôtes. Demain est un autre jour.Avec un terroir granitique et volcanique propiceau développement de son vignoble, Gilles Bonnefoyadore expérimenter, innover, exercer sa liberté, en plantantdes cépages inconnus du bataillon local comme la roussane.106 Acteurs de l’économie - La Tribune N°138 Décembre 2017
Le temps respecte ce qui est construit avec passionURBAN GARDEN _ Lyon Gerland Valode & Pistre SOHO LE 107 _ Lyon Part-Dieu21 ECULLY PARC _ Ecully SUD Archigroup COURS DU MIDI _ Lyon Perrache EKLAA _ Lyon Gerland AFAA SUD SADENA _ VilleurbannePARIS – LYON - GENÈVE FINANCEMENT - MANAGEMENT DE PROJETS - CORPORATE REAL ESTATETél. : 04 72 74 69 69sogelym-dixence.fr
Autoroutes et Tunnel du Mont Blanc Les équipes d’ATMB et Caroline Chaverot, la montagne en partage Le défi du trail, comme sur l’autoroute et au Tunnel du Mont Blanc, est de traverser et de franchir les montagnes tout en préservant l’environnement exceptionnel de la Haute-Savoie. Les équipes d’Autoroutes et Tunnel du Mont Blanc sont fières de soutenir Caroline Chaverot, avec qui elles partagent la passion de la montagne. Championne du monde 2016, Caroline Chaverot est spécialiste de l’ultra-trail®, une course de très longue distance qui s’exerce en pleine nature. Elle collectionne les titres internationaux comme l’Ultra-Trail du Mont-Blanc® en 2016 et la Hardrock Hundred Mile Endurance Run en 2017. #CrossTheMountain Suivez-nous sur @ATMBinfo - Autoroutes et Tunnel du Mont Blanc - ATMB Info - www.atmb.com
acteurs DE L’ÉCONOMIEEIIONRSNTD’MEMOPDLEOI Auvergne-Rhône-Alpes [ www.acteursdeleconomie.com ] Supplément Insertion
Le temps respecte ce qui est construit avec passionURBAN GARDEN _ Lyon Gerland Valode & Pistre SOHO LE 107 _ Lyon Part-Dieu21 ECULLY PARC _ Ecully SUD Archigroup COURS DU MIDI _ Lyon Perrache EKLAA _ Lyon Gerland AFAA SUD SADENA _ VilleurbannePARIS – LYON - GENÈVE FINANCEMENT - MANAGEMENT DE PROJETS - CORPORATE REAL ESTATETél. : 04 72 74 69 69sogelym-dixence.fr
INSERTION SupplémentOL’ÉDIT RIAL,DENISLAFAYL’INSERTION, UN MARQUEUR D’IDENTITÉBien sûr, absolument rien ne peut indiquer qu’une collec- marqueur d’identité, autant intra qu’extra territorial, susceptible tivité décide de s’emparer du thème de l’insertion avec de constituer un complément de « réputation » aux tradition- entrain. Soyons honnêtes : la métropole de Lyon, pour nelles filières du cinéma, de la gastronomie, des biotechs, de n’évoquer qu’elle, avait repéré bien d’autres centres d’inté- la pharmacie, du sport ou du numérique. Susceptible aussi de rêt naturels dans la dot que lui apporta l’ex-Département du nourrir un double sentiment d’appartenance et de fierté pour Rhône au moment de convoler le 1er janvier 2015. Pauvres, tout citoyen mais aussi toute entreprise – à l’égard de son exclus, sans diplômes, « mal nés », réfugiés, « gueules cassées » corps social comme de ses clients – sensibles à une « cause par une existence jonchée d’accidents matériels ou a ec- humaine » di érenciante et convaincus des vertus socio-éco- tifs… constituent une population à soutenir nettement moins nomiques d’un tel « investissement. » « motivante » – au moins en apparence – qu’un écosystème composé d’étudiants, de professions dites intellectuelles et C ette réflexion fait extraordinairement écho aux propos d’entreprises high tech. Investir dans la réparation et la cathar- qu’Alain Touraine tient dans l’ouvrage Macron par Tou- sis plutôt que dans le développement et le rayonnement : qui raine (Editions de l’Aube, parution janvier 2018) présenté donc pourrait y souscrire ? Mais puisqu’il faut « faire avec », en avant-première dans le n°138 d’Acteurs de l’économie – La autant s’y investir de manière singulière et ambitieuse. Cette Tribune. A quoi le sociologue conditionne-t-il le « succès » du formule semble refléter l’état d’esprit de la gouvernance de la quinquennat du Président de la République ? A la résurrection Métropole, si l’on en juge l’éventail des actions engagées ou de ce qui fait cruellement, même dramatiquement défaut à l’ac- en devenir, peut-être aussi la détermination et même la foi que tion politique et plus globalement à la société française : le sens. d’aucuns y consacrent. D’un fardeau, veut-on et peut-on faire Et ce sens, dans quel terreau exhorte-t-il Emmanuel Macron à une opportunité ? l’ensemencer ? Dans l’universalisme des droits humains fonda- mentaux, dans la quête obsessionnelle d’une reconnaissance,Cette question est centrale pour cerner l’envergure des d’une considération : celles de la dignité. « Voilà un vrai pro- enjeux et la manière de les conduire. Mais aussi pour que gramme politique », soutient Alain Touraine, à même de réveiller la nécessité de faire profite à « celui », en l’occurrence à au fond des consciences individuelles puis dans une dynamique « celle » : la métropole de Lyon, qui s’en acquitte. Il est trop collective, ce sens éteint par des décennies de compromissions tôt pour établir une photographie précise de cette détermina- et de lâchetés, d’indigence et d’abdication autant intellec- tion, mais les pièces qui, dans l’e ervescent monde associatif tuelles que morales. « Ce que j’ai réussi dans ma commune, ma et aussi, de plus en plus, dans la sphère privée, commencent circonscription ou ma région est un laboratoire pour la France », méthodiquement de prendre forme et de s’assembler pour- aiment à déclamer les élus locaux empreints ou rongés d’ambi- raient, à terme, composer une mosaïque. Laquelle, alors, tion nationale. Pour une fois, ce qui serait « bon » pour la France pourrait devenir un nouveau marqueur de l’agglomération. Un ne pourrait-il pas l’être pour les territoires ?SOMMAIREMétropole de Lyon : insertion et emploi, le grand mix #4 I «La profusion des dispositifs d’insertionconduit à une illisibilité », l’analyse de François Sarfati #7 I David Kimelfeld : « L’insertioncomme levier d’attractivité » #10 I TIG, sport, culture, éducation #13 I Les entreprises entrent dansla danse #17 ICe supplément Acteurs de l’économie est publié par RH Editions (capital 276 990 euros). - 51 avenue Jean Jaurès, - 69007 Lyon - Tél. 04 72 18 09 18 - Fax 04 72 18 09 21 - [email protected] - acteursdeleconomie.compremièrelettreprénom.nom @acteursdeleconomie.com - Directeur de la publication et de la rédaction : Denis Lafay - Directeur général délégué : Valérie Asti - Rédacteur en chef adjoint : Romain Charbonnier - Rédacteur en chefadjoint web : Maxime Hanssen - Journalistes : Stéphanie Borg, Marie-Annick Depagneux, Daphné Gastaldi / WeReport, Marie Lyan - Secrétariat de rédaction : Sylvie Mosser - Photographes : Laurent Cerino - Maquette :Marie-Anne Joly - Conférences-Débats : Steven Dolbeau - Responsable webmarketing & communication : Eric Fossoul - Comptabilité : Marylin Gombault - Abonnement-Publicité : Razala Oulka - Abonnement digital : AychaMegdoud - Impression : Courand, 82 route de Crémieu, 38230 Tignieu-Jameyzieu N° de CPPAP : 0320K89381 ISSN 1620-6096 - Dépôt légal : 2eme semestre 2017Supplément Insertion Acteurs de l’économie - La Tribune 3
Supplément INSERTION MÉTROPOLE DE LYON INSERTION ET EMPLOI LE GRAND MIX En « héritant » de nouvelles compétences sociales lors de sa naissance le 1er janvier 2015, la métropole de Lyon s’est vue imposer des responsabi- lités inédites en matière d’insertion. D’une contrainte, peut-elle faire une force ? Et une stratégie a rmée dans ce domaine peut-elle se nourrir des, cohabiter avec les, voire profiter aux attributs de performance, d’innovation, d’entrepreneuriat qui particularisent l’iden- tité de l’agglomération ? Etat des lieux plus d’un an après le lancement du Programme métropolitain d’inser- tion pour l’emploi 2016 – 2020.4 Acteurs de l’économie - La Tribune STÉPHANIE BORG Supplément Insertion
INSERTION SupplémentQuelques mois Chargés de poser les compteurs Linky INTERLOCUTEUR UNIQUEaprès avoir pour le compte de l’opérateur, ils ont été Pour inciter les entreprises à s’impli-voté son sélectionnés non pas pour leur diplôme quer, la métropole de Lyon a créé unepremier ou leur expérience, mais sur la base d’un dizaine de postes de chargés de liaisonProgramme test d’habileté, une méthode de recru- entreprises-emploi (CLEE). Intervenantmétropolitain tement par simulation portée par Pôle sur l’ensemble du territoire décliné end’insertion pour emploi. Ils ont pu ensuite s’insérer dans 11 commissions locales d’insertionl’emploi (PMI’e), un parcours classique d’embauche et (CLI), en binôme avec les développeursla métropole rejoindre la Linky Academy pour rece- économiques, ils ont un rôle d’inter-de Lyon voir une formation complémentaire. Ils médiaire et de coordination. Apparais-accueillait, en sont soixante-dix aujourd’hui à s’inscrire sant pour le monde économique commejanvier dernier, dans ce cadre. l’interlocuteur unique sur les questionsune première Comme le gestionnaire du réseau d’élec- RH, le CLEE est plus à même de détec-promotion de 16 tricité, près de 463 entreprises du ter- ter les besoins des entreprises pour lesbénéficiaires du ritoire métropolitain ont déjà signé La transmettre aux différents acteurs deRSA pour signer, « Charte des 1 000 » pour l’insertion et l’insertion. Il propose également undevant la presse pour l’emploi, un engagement qui vise accompagnement dans le recrutementlyonnaise, leur à mobiliser les entreprises pour qu’elles et assure un suivi des missions. « Unpromesse accueillent, formalisent et valorisent seul interlocuteur permet aux entreprisesd’embauche leurs actions en faveur de l’insertion. d’éviter de multiples démarchages et auxavec un « Cela peut être des visites, de l’immer- acteurs de l’insertion d’avoir accès à plussous-traitant sion, des parcours et du recrutement. Notre d’offres. Il s’agit également de clarifier l’ac-d’Enedis. objectif est d’atteindre les 1 000 entreprises tion publique », ajoute la vice-présidente. signataires à la fin du mandat », avance Pour Enedis, l’un des premiers signa-Supplément Insertion Fouziya Bouzerda, vice-présidente délé- taires de la charte, il était donc naturel guée à l’économie et à l’insertion. Une de s’engager. « Nous sommes un employeur délégation qui résume la stratégie de la important du territoire qui a vocation à agir métropole lyonnaise : mixer économie pour le public. Au regard de la situation de et insertion pour plus d’efficacité. Un l’emploi, il est normal de soutenir les initia- système hybride, défini dans le PMI’e, tives et de s’investir dans ce sens, souligne qui mise sur l’effet levier d’un partena- Patrick Rakotondranahy, directeur d’En- riat public/privé. « Nous avons la chance edis Lyon Métropole. Les dispositifs mis d’être un territoire dynamique aux réalités en place par la Métropole sont efficaces, ils multiples avec un réseau d’acteurs riche de font le lien pour que nos offres, notamment sa diversité, de son esprit d’innovation. Sa pour les poseurs de compteurs Linky, soient réalité c’est aussi, comme toutes les grandes accessibles à l’ensemble des prescripteurs et métropoles, la concentration de populations qu’elles parviennent aux bonnes personnes. » fragiles et un risque accru d’exclusion et de Une démarche identique chez EDF qui fracture sociale. Le défi est d’importance : il a initié un parcours de professionnalisa- s’agit d’inventer un territoire plus solidaire, tion pour des jeunes sans qualification en permettant à chacun de trouver une place et des bénéficiaires du RSA éloignés dans une métropole qui met sa dynamique de l’emploi. Des initiatives qui ne sont économique au service de tous », indiquait pas réservées qu’aux grands groupes. Gérard Collomb, alors président de la Métropole, à l’occasion de son lance- Acteurs de l’économie - La Tribune 5 ment. Cette dernière n’est pas la seule à miser sur une telle combinaison. « Lors de la dernière assemblée des départements de France, sur la quarantaine d’initiatives présentées en matière d’insertion, près de la moitié concernait un renforcement du lien avec le monde économique », modère Didier Lesueur, directeur général de l’Observa- toire national de l’action sociale (ODAS).
Supplément INSERTIONDe nombreuses PME se sont également « L’insertion L’INSERTION PARengagées sur le chemin de l’insertion. professionnellePour certaines, bien avant l’heure. « Cela des allocataires L’ENTREPRENEURIATfait trente ans que nous intervenons dans le du RSA ne passe Mais l’insertion professionnelle deschamp de l’insertion par l’emploi. Toutes les pas toujours par allocataires du RSA ne passe pas tou-initiatives sont louables, cela a au moins le l’emploi salarié. jours par l’emploi salarié. Environ 2 000mérite d’exister », modère le gérant d’une Environ 2 000 allocataires sont reconnus travailleursentreprise de BTP. Autre moyen d’inciter allocataires indépendants et entrepreneurs. L’enjeules entreprises à penser solidarité : l’uti- sont reconnus - encore plus que pour un porteur delisation des clauses d’insertion dans les travailleurs projet « classique » - reste de monter unmarchés publics, en vigueur dans le Code indépendants et projet qui génère des revenus suffisantsdes marchés publics depuis 2011. Un dis- entrepreneurs » et non pas une activité dormante qui lepositif qui a permis à 550 personnes en maintiendrait dans le giron du revenu deinsertion d’obtenir des heures de travail solidarité active. « Après une phase d’ex-en 2016. D’abord destinée au marché du périmentation sur un secteur, nous avonsBTP, l’intégration de cette clause s’est étendu à l’ensemble du territoire la possibi-progressivement étendue aux chantiers lité d’accompagner plus spécifiquement lesprivés, à des emplois plus qualifiés, pour bénéficiaires du RSA qui souhaitent monterdes prestations intellectuelles, de l’assis- un projet d’entreprise », avance Radouanetance à maîtrise d’ouvrage ou de la main- Ouama du réseau Lyon ville de l’entre-tenance informatique. preneuriat (LVE). Si la mesure semble bien perçue sur le territoire, « difficile néanmoins d’évaluer l’impact sur la création d’entreprises », reconnaît la Métropole. Dans ce cadre, le secteur de l’économieBOSTON L’EXEMPLE AMÉRICAINMarqué d’abord par une collaboration économique, le partenariat entreLyon et Boston s’est étendu aux enjeux sociaux et culturels. Les deuxvilles veulent partager leur expérience en matière d’innovation sociale. MAXIME HANSSEN Lyon. « Nous sommes honorés que Lyon soit jeunes de développer leur projet entrepre- devenu un partenaire grandissant de la ville de neurial. Il se veut le symbole que l’acteMarty Walsh est un homme résilient, Boston. Notre partenariat continuera d’élargir d’entreprendre doit être accessible à tous, un responsable politique au par- les objectifs économiques, sociaux, culturels et et non pas uniquement réservé aux étu- cours de vie atypique. Issu de la environnementaux qui profitent mutuellement diants voisins du MIT ou de Harvard, ces classe ouvrière catholique, victime d’un aux deux villes » déclarait alors le maire. Au deux grandes universités mondiales. cancer à sept ans, alcoolique pendant de programme de ce document : le souhait de Une initiative qui avait retenu l’attention nombreuses années, le maire de Boston a renforcer les implantations d’acteurs éco- des dirigeants lyonnais, lors d’une nou- résisté à toutes ces étapes, lui permettant nomiques dans chacune des deux villes velle visite dans la capitale du Massa- de gravir les échelons pour s’installer à (initié notamment par le programme Big chusetts, en février 2017. Dans le même l’hôtel de ville en 2013. Ce fils d’immi- Booster). Mais également les volets culturel temps, la Métropole développait de nou- gré irlandais a été réélu haut la main le 7 et social. « Ce sont des mesures qui visent, à veaux pôles entrepreneuriaux, à Givors, novembre dernier (65,38 % des suffrages), terme, à combler l’écart entre les conditions de La Duchère et à Neuville, avec une volonté signe de la pertinence de son action aux vie et de santé entre les résidents de différents commune : permettre à tous – quelles yeux des électeurs. Il mène une politique quartiers, et de prévenir l’exclusion sociale », que soient la classe sociale ou l’origine sociale et économique inclusive. Une phi- expliquait Karine Dognin-Sauze. Le focus géographique –, d’entreprendre dans de losophie partagée par la métropole de porte notamment sur les jeunes entrepre- bonnes conditions. Si la vision politique Lyon, une sorte de social-démocratie où la neurs, particulièrement ceux issus des est partagée, reste désormais à créer des performance économique doit être le pré- quartiers en difficulté. passerelles concrètes entre les deux rives alable pour développer une action sociale de l’Atlantique. « Nous devons mettre les ambitieuse. Cette vision commune a ACCESSIBLE À TOUS bouchées doubles. Il faut poser de nouveau notamment pris corps à travers la signature À titre d’exemple, Boston a fondé le Rox- les priorités, et ces dernières doivent s’inscrire d’un mémorandum de coopération (2016- bury innovation center. Situé en plein cœur dans des actions et des plannings d’applica- 2020), actée en février 2016, entre Marty de ce quartier défavorisé, il permet aux tion », conclue Karine Dognin-Sauze. Walsh et Karine Dognin-Sauze, vice-pré- sidente à l’innovation à la métropole de6 Acteurs de l’économie - La Tribune Supplément Insertion
L’insertion professionnelle demeure INSERTION Supplément un sujet sociétal et politique majeur globale. Malheureusement et malgré qui, malheureusement, ne semble plusieurs axes de travail sur des formes d’orientation sociales, tous les résultats toujours pas avoir trouvé de voix n’ont pu être mis en œuvre puisque les budgets ont été limités. Parfois aussi, on commune. Pour quelle raison a pu subventionner des dispositifs qui relèvent plus du gadget que d’un apport aucune solution ne semble-t-elle e ciente ? pertinent. Mais c’est un risque à prendre Le lien est très fort entre insertion sociale que d’expérimenter. et insertion professionnelle. Évoluer dans la société, c’est être intégré dans la Dans ce contexte, l’entreprise a pris de vie sociale. Quant à l’insertion profes- plus en plus de place dans la chaîne de sionnelle, elle est attachée à l’idée que l’insertion professionnelle, du moins sou- le processus d’insertion sociale passe haite-t-elle y jouer un rôle important. par le processus d’insertion profession- Est-ce une solution pertinente ? nelle. Malheureusement, le chemin de l’insertion professionnelle est de plus« LA PROFUSION DES DISPOSITIFSD’INSERTION CONDUIT À UNE ILLISIBILITÉ »L’analyse de François Sarfati, en plus tortueux et sinueux et affecte Il faut reconnaître que de nombreuxsociologue du travail et de donc l’insertion sociale. L’une des rai- acteurs de l’entreprise ont « des chosesl’emploi au Centre d’études sons majeures demeure la multiplication à dire » là-dessus et souhaitent partici-de l’emploi et du travail des dispositifs d’accompagnement. Tour per à cette question. D’autant plus que à tour, de nouvelles propositions appa- le rapport de force est de leur côté enROMAIN CHARBONNIER raissent et tentent, à leur manière, de ce moment. Mais reconnaissons aussi répondre aux difficultés rencontrées par que les entreprises sont très promptes« L’insertion sociale les jeunes. Conséquence : la profusion de à émettre, et de manière persistante,par l’entrepreneuriat dispositifs conduit à une illisibilité. Entre des critiques vis-à-vis de l’école et de larelève davantage l’État central − qui ne veut plus prendre formation.de discours que en charge certaines activités et préfère Je rappelle seulement que la vocationde faits » subventionner des organismes −, les mis- de l’école est de former des citoyens : sions locales pour l’emploi, ou encore les « On ne sait pas ce qu’est le travail avantSupplément Insertion associations, la palette d’aides est deve- d’avoir travaillé. » nue très, voire trop large. Cette multipli- Les entreprises doivent accepter ce temps cation des actions et des acteurs amène de formation et d’adaptation. Néan- à une division des tâches à l’échelle des moins, leur rôle dans l’accompagnement territoires. L’idéal serait de rompre avec est indéniable. En retour, en s’ouvrant à ce millefeuille, mais le vieux serpent de une plus grande mixité, elles deviennent mer est loin d’avoir trouvé la solution. plus compétitives. L’insertion professionnelle est donc une L’insertion professionnelle peut-elle sempiternelle problématique à laquelle passer par une politique active de sou- les gouvernements successifs tentent tien des jeunes pour encourager l’esprit de répondre. Prennent-ils la mesure des d’entreprendre ? enjeux ? L’insertion sociale par l’entrepreneuriat Elle régit la politique depuis une tren- relève davantage de discours que de taine d’années avec plus ou moins de faits. Elle ne représente pas grand-chose résultats. Sous l’ère de Nicolas Sarkozy, aujourd’hui, car créer son entreprise, la Martin Hirsch, alors haut-commissaire rendre rentable et la développer est par- à la jeunesse, cherche à impulser une ticulièrement difficile pour les jeunes politique de la jeunesse. Elle consistait à moins dotés de diplômes et décrocheurs. promouvoir une méthode de travail origi- Leur environnement rend l’initiative nale, fondée sur une approche transver- plus compliquée. sale associant les ministères et les acteurs Il vaut mieux soutenir des actions qui de la jeunesse. Contrairement à ce qui leur permettent un accès à l’emploi et à était entrepris auparavant, ministère par la formation. Et si rien n’est fait dans ce ministère. Une première. Travailler sur la sens, nous observerons des quantités de jeunesse la plus en difficulté repose avant jeunes délaissés, entraînant un risque de tout sur le développement d’une approche désespérance. Acteurs de l’économie - La Tribune 7
Supplément INSERTIONsociale et solidaire dispose d’un vrai Une idée que porte également Territoire maire villeurbannais, déléguée à l’éco-rôle. « Qu’une personne soit en réinsertion zéro chômeur. Une expérimentation de nomie solidaire, l’emploi et à l’insertion.ne doit pas l’empêcher de créer. Même si cinq ans menée dans le quartier Saint- Ainsi est née EmerJean, une société parnous sommes plus sensibles que d’autres à Jean, à Villeurbanne. « L’objectif est de action simplifiée dont les actionnairesla question, l’essentiel reste d’être un créa- réallouer le coût du chômage de longue sont des entreprises d’insertion et desteur de solution, avec des compétences et un durée à la création d’entreprises pour des bailleurs sociaux du territoire, l’entre-modèle économique », souligne Philippe activités qui correspondent aux besoins du prise privée Lenoir Metallerie et l’asso-Imbert, président du CentSept, lieu territoire et qui emploient les demandeurs ciation Le Booster de Saint-Jean. Depuisdédié à l’entrepreneuriat social, à l’ac- d’emploi de longue durée volontaires », sa création au début de l’année, ellecélération et à la co-création de projets. explique Agnès Thouvenot, adjointe au compte déjà trente salariés en CDI.La délégation à l’économie et à l’insertion que préside Fouziya Bouzerda résume la stratégie de la métropole lyonnaise : mixer économie et insertion. © Laurent Cerino / ADELE COÛT DE L’INSERTIONEn lien avec sa compétence « insertion », héritée du département du Rhône et du Grand Lyon, la métropole de Lyon estresponsable de la mise en œuvre du Revenu de solidarité active (RSA) – la part dite « socle » car celle liée à l’emploi estfinancée par l’État – et du développement d’une politique d’insertion, en tant que coordinateur de l’action de l’ensembledes partenaires impliqués. À la fin du mois de novembre 2016, cette stratégie a concerné 39 133 allocataires du RSA, aux-quels il convient d’ajouter de nombreux bénéficiaires (tous ceux qui sont dans le dispositif, payés ou pas), mais aussi lespersonnes éloignées de l’emploi, comme les chômeurs de longue durée, les jeunes de moins de 26 ans en grande di cultéet les travailleurs reconnus handicapés. Dans son budget 2017, la collectivité consacre 259,7 millions d’euros à l’insertionet à l’emploi, dont une part importante au paiement du RSA. En outre, elle commande, via le marché réservé, près de1,7 million d’euros aux structures d’insertion par l’activité économique, acteurs indispensables de l’insertion. Les appels àprojets réguliers du PMI’e sont, quant à eux, en partie financés par le Fonds social européen. À ce volet, il convient d’ajouter« la solidarité avec les plus fragiles » formalisé par un Projet métropolitain des solidarités (PMS) voté le 6 novembre dernier.Au total, la solidarité représente 25 % du budget métropolitain (750 millions d’euros investis en 2017).8 Acteurs de l’économie - La Tribune Supplément Insertion
INSERTION SupplémentÊTRE ACCOMPAGNÉ VERS L’EMPLOI IDÉES COLLECTIVES « FavoriserCependant, trouver des postes, mon- S’il est encore trop tôt pour noter une l’insertionter des formations, imaginer sa propre variation significative du nombre de par l’emploi,destinée entrepreneuriale ne suffit pas. bénéficiaires du RSA ou de solutions de c’est aussiRevenir vers l’emploi demande un inves- retour à l’emploi, l’insertion par l’em- redonner dutissement important de la part des bénéfi- ploi local non délocalisable offre de vrais sens à son rôleciaires du RSA. S’ils possèdent des droits, débouchés pour sortir durablement de de citoyen »ils ont aussi des devoirs, « comme la signa- l’aide sociale. Le rôle de médiateur de lature d’un contrat d’engagement dans lequel Métropole permet, en tout cas, de fairele bénéficiaire est tenu de rechercher un émerger des idées, des actions collec-emploi ou d’entreprendre les actions néces- tives, des rencontres entre les acteurs desaires à une meilleure insertion sociale ou l’insertion, mais aussi entre les salariésprofessionnelle, une obligation déclarative, la et les personnes éloignées de l’entrepriseconstruction d’un projet personnalisé d’accès depuis longtemps. « En parallèle à ce tra-à l’emploi (PPAE) », indique le PMI’e. Ce vail mené sur le territoire, nous avons ima-schéma dynamique implique un accom- giné, avec l’association Face Grand Lyon, unpagnement spécifique, professionnel, programme de parrainage d’une quinzainemais aussi social. « Tout doit être fait pour de demandeuses d’emploi par nos salariés.lever les freins et accéder à l’emploi. Car si Ils nous disent que ce sont eux qui ont eule droit au RSA n’est pas limité, tout doit être la chance de les accompagner », détaillemis en œuvre pour éviter l’inscription du Cécile Maraldi, responsable RSE d’Ene-bénéficiaire dans la durée », signale-t-on à dis Lyon Métropole. « C’est assez porteurla Métropole. « Selon l’une de nos études, en termes d’image pour un territoire, conclutplus les parents sont isolés, plus le risque de Didier Lesueur. Des interlocuteurs identi-danger est grand pour leur enfant. L’activité fiés, à l’écoute, sont susceptibles d’attirer lesdépasse les questions économiques, elle a un entrepreneurs. Ils sont généralement intéres-effet de socialisation et de reconnaissance sés par ce qu’il se passe sur leur territoire,fondamental. D’où le rôle très important des et désireux de s’impliquer dans leur ville. »politiques de solidarité », confirme Didier Dernière hypothèse : favoriser l’insertionLesueur. Plus la Métropole avance dans par l’emploi, c’est aussi redonner du sensson process d’accompagnement, plus elle à son rôle de citoyen. Un plus pour laimagine des solutions sur mesure. Ainsi collectivité.a-t-elle voté, en septembre dernier, uneoffre d’accompagnement spécifique pour 14 OBJECTIFS POUR 3 AMBITIONSsuivre 300 bénéficiaires en souffrancepsychique jusqu’en décembre 2018. Elle Voté le 10 décembre 2015 par le conseil de la Métropole, pour une périodefait suite à une expérimentation conduite courant de 2016 à 2020, le Programme métropolitain d’insertion pour l’em-auprès de 97 personnes pendant sept ploi (PMI’e) entend exploiter l’ensemble des opportunités d’accès à l’emploimois, qui a mesuré les effets d’un accom- que le territoire peut o rir. Il s’articule autour de trois ambitions :« développerpagnement renforcé et pluridisciplinaire l’o re d’insertion par les entreprises, mettre en activité tous les bénéficiairesavec 22 mises en activité sur la période. du RSA et mettre en œuvre un projet commun pour un territoire exemplaire ». Elles se déclinent sous la forme de 14 objectifs :soutien du secteur de l’inser-Supplément Insertion tion par l’activité économique, création de la « Charte des 1 000 » entreprises pour l’insertion, développement de l’employabilité des personnes éloignées de l’emploi, mobilisation du levier de la commande publique, etc. Pour y répondre, la métropole de Lyon lance régulièrement des appels à projets, évalués en fonction des résultats réguliers des expérimentations menées et de leur capacité à être évolutives et non figées. Acteurs de l’économie - La Tribune 9
Supplément INSERTION10 Acteurs de l’économie - La Tribune Supplément Insertion © Laurence Danière / Métropole de Lyon
INSERTION SupplémentDAVID KIMELFELD« L’INSERTION COMMELEVIER D’ATTRACTIVITÉ »ROMAIN CHARBONNIEREn récupérant, en 2015, la compétence sociale du département du Rhône, la métropole de Lyons’est lancée dans une politique active de soutien au développement d’une ville inclusive afinde lutter contre l’exclusion et la fracture sociale des publics fragiles. Dans ce grand millefeuille,l’insertion est devenue l’un des enjeux forts de la collectivité dont son président, David Kimelfeld,certifie l’idée qu’en accompagnant les publics fragiles vers un emploi ou l’entrepreneuriat, celacontribue à la dynamique du territoire.Àl’intérieur de la compétence lieu. Il était essentiel de s’appuyer sur leur suffisantes et qui peuvent être éloignées © Laurent Cerino / Acteurs de l’économie sociale, la Métropole entend expertise, leur connaissance des points de l’emploi. Nous avons donc mission de soutenir activement le champ de forts et des manques du territoire pour répondre au plus grand nombre, à tous. l’insertion. Dans cette optique, construire un projet adapté. Nous avons Des réponses qui passent par une poli- vous avez adopté le Programme voulu considérer l’insertion non comme tique inclusive forte. Ce qui en fait unmétropolitain d’insertion pour l’emploi une charge pour la collectivité, mais, au facteur d’attractivité pour le territoire.2016-2020 (PMI’e). Quel est le sens de cet contraire, comme une ressource écono- Nous avons aujourd’hui 50 000 alloca-engagement ? mique, comme un levier d’attractivité. taires du RSA, il nous faut ramener leLorsque le Grand Lyon est devenu Métro- Une nécessité pour tout le territoire qui, plus possible d’entre eux vers l’emploi etpole, nous ne possédions pas les compé- je crois, a convaincu tout le monde. Le c’est ce que nous avons commencé à fairetences dans ce domaine ni la prétention PMI’e est voté pour plusieurs années et va avec le PMI’e et la « charte des 1 000 »de les connaître. Nous étions déjà enga- monter en charge progressivement. entreprises pour l’insertion.gés sur ce volet du social, mais pas autant De façon plus concrète, l’idée est de facili-que nous le sommes à l’heure actuelle. L’insertion peut-elle être considérée ter l’accès à l’entreprise des publics qui enPour bien appréhender cette probléma- comme un marqueur identitaire pour l’ag- sont le plus éloignés tout en développanttique, nous avons donc voulu établir une glomération ainsi qu’un moteur singulier l’offre de service proposée aux entre-feuille de route commune avec l’ensemble d’attractivité ? prises de notre territoire en termes dedes acteurs du domaine (élus, usagers, Une métropole dynamique attire les ressources humaines, que ce soit par deorganismes, entreprises, etc.) possédant talents. Mais, elle compte aussi de nom- l’emploi ou le recours à des structures deune expertise et dont l’engagement est breuses personnes en recherche d’activité l’économie sociale et solidaire et de l’in-quotidien. Une large concertation a eu qui ne disposent pas des compétences sertion par l’activité économique (IAE). Supplément Insertion Acteurs de l’économie - La Tribune 11
Supplément INSERTION« L’emploi seul Orienter certaines personnes vers l’entre- « La profusion des dispositifs d’insertionne suffit pas, un preneuriat peut-il s’avérer un outil idoine conduit à une illisibilité », souligne Françoisaccompagnement pour répondre à la question de l’insertion ? Sarfati, sociologue du travail et de l’emploiet une formation Notre politique économique en matière au Centre d’études de l’emploi et du travail.sont nécessaires » de soutien à la création d’entreprises a Moins de dispositifs, pour plus d’e cacité, montré son efficacité. Néanmoins, il est-ce la solution idéale ?En soutenant activement une politique ne faudrait pas faire un raccourci trop Je suis d’accord avec lui. La simplificationsociale sur le territoire, la métropole de rapide : créer une entreprise ne réglera – comme dans n’importe quel domaine –Lyon entend-elle devenir à la fois une col- pas les problématiques d’insertion de la demeure la meilleure des solutions. Troplectivité exemplaire en matière de ville personne qui souhaite entreprendre. Il de dispositifs conduit à une incompré-inclusive ? Un laboratoire d’expérimenta- faut aller bien au-delà avec un accompa- hension pour l’usager final.tions ? Ou tout simplement, remplit-elle son gnement sur mesure. L’entrepreneuriatrôle comme toute métropole doit le faire ? est une manière de répondre à la problé- Quelle est la politique d’insertion idéaleAvant d’être exemplaire, nous voulons matique de l’insertion pour celles et ceux pour une collectivité ?d’abord répondre aux besoins et ne pas qui en ont surtout l’envie, mais restent Une politique d’insertion efficace seêtre contradictoire, car favoriser la mixité freinés dans leur action. Notre rôle est révèle prioritaire pour une collectivité,sociale reste un facteur de bien-être pour de pouvoir leur répondre favorablement mais pour qu’elle soit pertinente et sin-une collectivité. Il n’est ainsi pas sain en leur offrant l’ensemble des outils dis- gulière, elle doit pouvoir répondre, ende laisser des personnes en situation ponibles. C’est la raison pour laquelle, amont, à trois cibles : les personnes trèsprécaire, sans emploi ni formation. Ces nous sommes en train de développer éloignées de l’emploi en les accompa-conditions peuvent engendrer des ten- des antennes de pôles entrepreneuriaux gnant vers le retour à l’emploi ; cellessions. Tous les acteurs ont pris conscience avec espaces de coworking, pépinières, qui se trouvent à l’intermédiaire et quede ces enjeux et c’est notre rôle, en tant accompagnements dans les communes de nous devons mieux orienter ; enfin lesque Métropole, d’apporter cet équilibre Givors, Neuville et La Duchère afin que la personnes qui sont très près de l’emploientre l’attractivité du territoire et l’atten- question de l’entrepreneuriat soit prise en et n’ont besoin que d’un coup de pouce.tion portée aux publics fragiles. En rem- compte partout et accessible pour tous. Suivant les profils, la politique d’inser-plissant cette mission, nous nous devons tion est différente pour qu’elle réponde aude n’oublier personne. « Créer une mieux aux attentes avec un accompagne- entreprise ne ment et une formation adaptés. L’emploiQuels e ets économiques et sociaux sou- réglera pas les seul ne suffit pas.haitez-vous obtenir en prônant une poli- problématiquestique d’insertion dynamique ? d’insertion de Quelle sera la métropole de 2030 ?Il existe de multiples intérêts à soutenir la personne La métropole de Lyon a montré, en trans-l’insertion, mais deux en particulier sont qui souhaite formant ses institutions au 1er janvierfondamentaux. Les dépenses sociales entreprendre » 2015, qu’elle savait s’adapter à la nouvelleannuelles pour la collectivité sont en aug- géographie mondiale. Forte de ses nou-mentation, il est donc plus raisonnable Les entreprises ont compris que jouer un velles compétences héritées de l’anciende pousser les personnes bénéficiaires rôle dans le processus d’insertion leur était département, elle doit inventer des syner-de ces aides à retrouver une activité bénéfique. Leur présence signifie-t-elle gies, des croisements entre politiqueséconomique. Cela représentera forcé- un manque d’implication de l’État, une sociales et insertion d’un côté, et poli-ment – sur la durée d’un mandat – une négligence des pouvoirs publics sur cette tiques de développement économique,économie pour la collectivité. De plus, question ? urbanisme et transport de l’autre. Nouscertaines filières rencontrant des diffi- Ce n’est pas la raison d’un manque d’im- savons qu’il existe le risque de voir lescultés à recruter, nous voulons faire en plication des différents gouvernements. Je inégalités se creuser entre le centre et lasorte que les entreprises puissent trouver pense plutôt que les entreprises se mobi- périphérie.des réponses à leurs besoins. Il en va de lisent, car elles ont compris les enjeux L’un de nos enjeux pour 2030 est del’équilibre social et économique du terri- du soutien à l’insertion et donc du rôle continuer à rendre la métropole attrac-toire, des acteurs et des bénéficiaires. qu’elles peuvent jouer. Notamment pour tive, d’accueillir plus de sièges sociaux combler les problématiques de recrute- et en même temps de développer notre12 Acteurs de l’économie - La Tribune ment dans leur filière, mais aussi pour capacité d’attention aux plus fragiles. développer une politique RSE au sein de Enfin, un autre défi reste de continuer leur structure. Engagement aujourd’hui le développement urbain du territoire essentiel. tout en ayant constamment le souci d’un environnement durable. Car les enjeux du développement durable constituent notre deuxième grand défi. Supplément Insertion
INSERTION Supplément TRAVAIL D’INTÉRÊTGÉNÉRAL SPORTMÉTROPOLE CULTURE ÉDUCATIONEntre les initiatives qui développent l’insertion par l’activité économique en favorisantl’entrepreneuriat et celles qui soutiennent et accompagnent les personnes vers un retourà l’emploi, comment la question de l’insertion est-elle gérée dans les milieux de l’éducation,du sport, de la culture et dans le milieu carcéral ? Quatre exemples sur la métropole de Lyon.DAPHNÉ GASTALDI / WE REPORT, MARIE LYANSupplément Insertion Acteurs de l’économie - La Tribune 13
Supplément INSERTIONTIG, TRAVAILLER POUR RÉPARERS’insérer sur un marché du travail déjà saturé constitue un double challenge pour les personnescondamnées. Des structures encouragent les peines alternatives. Parmi elles, le travail d’intérêtgénéral assorti d’une activité professionnelle.« J’imaginais que nous serions comme aux États-Unis, pénitentiaire d’insertion et de probation des chefs d’entreprise, les aide à se réin- habillés en tenue fluo pour (SPIP). Certaines structures, très sollici- sérer professionnellement. Sous l’impul- ramasser des déchets », tées, sont parfois au bord de l’essouffle- sion du GREP, une centaine de sociétés ment, mais, comme le nuance le SPIP, de ont accepté de former ou d’embaucher desironise Nadia*, une nouveaux postes se créent chaque année. probationnaires, comme la Métropolitainejeune femme qui a converti son sursis en En 2016, 441 personnes ont effectué un d’Entreprise électrique à Vaulx-en-Velintravail d’intérêt général (TIG) via l’asso- TIG dans le Rhône, sur 750 personnes ou la PME Bourdin Peinture et Plâtrerieciation L’Olivier des sages à Lyon. Finale- condamnées en TIG chaque année en à Vernaison (Rhône). « Les structures quiment, Nadia a eu des responsabilités et a flux régulier. « Travailler pour réparer, c’est accueillent sont trop isolées, il faut les fédé-même tenu la caisse de l’épicerie solidaire. une peine mieux comprise par les citoyens et rer », alerte Sylvain Lhuissier, déléguéCamille*, elle, a été condamnée à deux cela participe à la prévention de la récidive », général de Chantiers-Passerelles à Lyon.peines de prison ferme, converties en TIG. poursuit Laurence Marliot, directrice Son association organise notamment des« C’est un bon moyen de réinsertion, sinon pénitentiaire d’insertion et de probation stages de remobilisation, à la sortie de pri-j’aurais été incarcérée », reconnaît-elle. Créé au SPIP du Rhône. Une façon de lutter son ou pour les personnes condamnées.en 1983, le TIG est un travail non rému- contre le tout-carcéral alors que les prisons Elle sensibilise surtout à la nécessité denéré réalisé par une personne condam- françaises sont surpeuplées et n’offrent pas développer le TIG auprès des potentiellesnée, majeure ou mineure, qui se substitue des conditions suffisantes pour préparer la structures d’accueil et jusqu’aux couloirsà la peine d’emprisonnement de courte réinsertion. de la Chancellerie.durée ou au sursis. Les personnes sont La garde des Sceaux Nicole Belloubet aaccueillies par les collectivités (espaces DÉVELOPPER LE TIG d’ailleurs lancé un « chantier de la justice »verts, mairies, bibliothèques, etc.), dans Quant aux personnes condamnées avec sur le sens et l’efficacité des peines. Unedes associations ou des entreprises habi- mise à l’épreuve ou en liberté condition- agence nationale pour développer les peineslitées. « Malheureusement, nous sommes nelle, le Groupe pour l’emploi des proba- alternatives pourrait voir le jour. DGpeu de structures à le faire. Le TIG devrait tionnaires (GREP) Intérim, administré par * Les prénoms ont été modifiés.être plus développé à Lyon », constate ZorahFerhat, à la tête de L’Olivier des sages quiaccueille une vingtaine de « tigistes » par « Travailler pour réparer : cette peine est mieux comprisean, suivis par des conseillers du Service par les citoyens et participe à la prévention de la récidive » SPORT, LE CHALLENGE Lutter contre l’exclusion et développer l’insertion en s’appuyant sur le sport, tel est le sens que s’est donné la Tony Parker Adéquat Academy. © Laurent Cerino / Réa « Nous avons essayé de centres de formation sportifs ne suivront pas nous inspirer de ce qui une carrière de professionnels, ce qui pose un se faisait outre-Atlan- véritable défi en matière d’emploi. » Sans tique, car nous nous compter également la question de la réin- sommes aperçus qu’il sertion des joueurs en fin de carrière. existait plusieurs problématiques d’inser- « On parle souvent de l’insertion des jeunes, tion », détaille Gaëtan Muller, directeur mais on a aussi des médaillés olympiques qui de l’Asvel, qui rappelle un paradoxe : se retrouvent parfois au Smic à 35 ans, et « Nous sommes dans la seconde métropole pour lesquels la situation est tout aussi diffi- de France en matière d’emplois, ce qui crée cile. Quelle que soit la ville, il existe donc un des opportunités. Cependant, nous savons vrai besoin de reconversion ou d’accompa- que 95% des jeunes qui entrent dans les gnement », ajoute-t-il.14 Acteurs de l’économie - La Tribune Supplément Insertion
« DENRÉE RARE » « 95 % des jeunes qui INSERTION SupplémentLes responsables du club de basket ont entrent dans les centres Les sportifs sont une denrée rare pour lesdonc fait le pari de proposer aux jeunes de formation sportifs entreprises, puisqu’ils apportent un certainde se former à la fois à leur sport et à un ne suivront pas état d’esprit, un dépassement de soi et unmétier, au sein d’une nouvelle « acadé- une carrière goût de l’effort qui permettent aussi de fairemie » qui verra le jour en début d’année de professionnels. évoluer la société », indique Gaëtan Mul-2019 à Lyon. Avec un budget global de 15 Un véritable défi ler. Dès 2018, un bachelor en associationà 20 millions d’euros, l’objectif est d’ac- en matière d’emploi » avec l’économie du sport sera créé horscueillir 50 à 100 jeunes par an, pour des les murs, en partenariat avec emlyonformations du secondaire ou post-bac. business school.Pour y parvenir, l’Asvel va développer les Les jeunes retenus sur dossier devrontpartenariats public-privé en vue de jouer à leur tour s’engager à respecter unele rôle d’un institut de formation, mais charte de valeurs. « En échange, ils aurontaussi d’une agence de placement. « Nous accès à une première chance. Et on ne parleavons déjà embarqué un certain nombre d’en- pas d’un stage, mais bien d’un emploi »,treprises, des PME aux multinationales, qui précise le dirigeant, qui se fixe l’objec-voient à travers le sport la chance de pouvoir tif de fédérer un noyau d’entreprisesrecruter des personnes partageant des valeurs. représentant jusqu’à un million de collaborateurs. MLCULTURE, POUR UNE INSERTIONINCLUSIVELa culture est un levier d’insertion pour des publics fragiles, mais aussi pour des porteurs de projetsqui créent de l’emploi. Tour d’horizon d’initiatives lyonnaises.Dans sa signature, Nawel Bougha- s’implique auprès des jeunes des quartiers d’affaires. » L’association participe au pro- nem peut désormais indiquer fiè- défavorisés. Un peu plus loin, à Villeur- gramme métropolitain d’insertion pour rement « entrepreneure culturelle ». banne, le Centre culturel œcuménique l’emploi 2016-2020. Depuis toujours, elle Cette jeune femme de 33 ans, (CCO) œuvre comme un laboratoire d’in- soutient des structures créatrices d’emploi, originaire de Bron, a sauté le pas novation sociale et de solidarité. En interne en trouvant un modèle économique et des récemment. Depuis mars dernier, elle est aussi, l’insertion est une priorité, avec des solutions de financement. Ainsi, la salle accompagnée par le programme « Entre- contrats aidés notamment. En 2018, le de concerts Le Périscope a été soutenue preneurs dans la ville », destiné aux jeunes CCO a une nouvelle ambition : créer un financièrement par RDI pour créer Lobs- des quartiers prioritaires, qui a ainsi suivi tiers-lieu éphémère dans le quartier du ter, un espace coopératif pour aider les 15 entrepreneurs dans le domaine cultu- Carré de soie, orienté sur le « faire et vivre musiciens, souvent en situation précaire, à rel depuis 2007. Après une formation à ensemble ». se produire. DG emlyon business school, inespérée aupa- ravant, Nawel Boughanem compte déve- UN MODÈLE HYBRIDE © CCO L’autre Soie lopper des visites guidées avec des artistes, Soutenu par des collectivités, le CCO dans les quartiers en transition de la ville. compte également sur des ressources Pour en arriver là, il a fallu casser de nom- propres pour s’en sortir. « Nous allons vers breux blocages. « J’avais une vision-cliché de un modèle économique où nous aurons de l’entrepreneuriat, destiné aux gens de bonne moins en moins de subventions disponibles, famille uniquement », s’étonne-t-elle encore. donc on prévoit un modèle plus mixte. Au Dans l’entrepreneuriat social, l’incubateur CCO l’Autre Soie, nous pourrons offrir de Ronalpia a pour sa part, depuis 2014, suivi nouvelles prestations avec un bar, de la restau- cinq porteurs, parfois en situation pré- ration ou des concerts », détaille Fernanda caire, pour mener des projets culturels. Leite, la directrice du lieu. CréaMigra, par exemple, offre des ateliers « En général, ces structures ont des modèles de médiation par le théâtre pour faciliter économiques plutôt hybrides, confirme l’intégration de personnes migrantes. Armelle Martin, directrice de Rhône Incontournable à Lyon, l’association Arty Développement Initiative (RDI). Dans le Farty a rejoint récemment la « Charte des domaine de l’insertion, il existe des aides à 1 000 » entreprises engagées pour l’inser- l’emploi, des subventions pour compenser tion et l’emploi dans la métropole. Au tra- le manque de productivité, mais aussi une vers du festival Nuits sonores, l’association vente de prestations pour avoir un chiffreSupplément Insertion Acteurs de l’économie - La Tribune 15
Supplément INSERTION Karim Mahmoud-Vintam, fondateur et délégué général des Cités d’or. © Laurent Cerino / ADEÉDUCATION, REDONNERCONFIANCEAUX JEUNESPour une insertion e cace et pérenne des jeunes, l’éducation est l’une des clés de réussite.Encore faut-il lui (re)donner du sens.« Notre mission consiste à produire et à diffuser d’or inexploitées. Lorsqu’on parle d’inser- compétences humaines. « On développe la des méthodes, outils et tion, on peut identifier plusieurs initiatives capacité à se connaître soi-même, à s’exprimer formats qui seront au qui se développent par le biais de la justice, et à convaincre, à s’informer pour être acteur du sport, du militaire ou de l’économie, mais de sa vie, à entretenir du lien humain et àservice de la réconci- ce sont bien souvent des programmes qui ne comprendre le fonctionnement de son environ-liation avec soi-même et avec la société et le nourrissent qu’un champ de la question », nement », glisse-t-il. Bien souvent, la struc-monde », rappelle Karim Mahmoud-Vin- regrette-t-il. ture fait travailler les jeunes à partir dutam, fondateur et délégué général des Il réfute ainsi la logique selon laquelle parcours de vie d’un personnage (sportif,Cités d’or, un mouvement d’éducation l’insertion professionnelle conduit politique ou autre) en vue de développer, àpopulaire. Car selon lui, l’un des prin- nécessairement à une insertion sociale. travers ce processus de réflexion, des habi-cipaux écueils se situe dans les contra- « Lorsque nous nous focalisons sur l’inser- letés relationnelles, ainsi que la capacité àdictions du quotidien, les fractures qu’il tion professionnelle sans considérer la per- s’informer à travers des ateliers de produc-faut pouvoir dépasser pour donner du sonne dans son ensemble, c’est comme si l’on tion de l’information. « Nombreux sont ceuxsens à la vie. « Nos quartiers sont des mines souhaitait construire une maison en com- qui ne s’informent pas, ou mal. Cet exercice mençant par les murs et les fenêtres, sans permet de développer un rapport plus critique fondations. » Et de citer en exemple le cas au monde. » Quant à la suite, elle se doit« Lorsque nous nous de jeunes auxquels on propose un poste d’avoir plusieurs visages, estime le fonda-focalisons sur l’insertion et qui démissionnent au bout de deux teur, à l’image des jeunes accompagnés.professionnelle sans consi- semaines. « Il ne peut pas y avoir de solution standard,dérer la personne dans car l’objectif réside dans le fait que les jeunesson ensemble, c’est comme DÉVELOPPER UN RAPPORT puissent devenir acteurs de leur vie. Quand lasi l’on souhaitait construire CRITIQUE AU MONDE personne se connaît, elle peut choisir un emploiune maison en commen- Les Cités d’or travaillent donc, sur le ter- salarié, ou choisir de lancer un projet qui luiçant par les murs et les rain, à « un modèle d’inclusion par le sens », tient à cœur. D’autres vont même reprendrefenêtres, sans fondations » où les jeunes peuvent, à travers des pro- une formation, mais cette fois en sachant jets concrets, explorer leurs propres pourquoi. » ML16 Acteurs de l’économie - La Tribune Supplément Insertion
INSERTION SupplémentLES ENTREPRISESENTRENT DANS LA DANSEInstitut Télémaque, Sport dans la ville, Nos quartiers ont des talents… les employeurs trouventdans ces structures un supplément d’âme pour accompagner des jeunes dans leurs projetsprofessionnels. Pour les entreprises, il s’agit aussi d’une façon de les sensibiliser à des métiersqu’ils ne connaissent pas et d’occuper une place dans l’échiquier de la problématique de l’insertion.MARIE-ANNICK DEPAGNEUX « On ouvre ainsi les jeunes à la réalité de De moments d’expérience partagés avec l’entreprise. Les entreprises, elles, gagnent le milieu scolaire, Florence Poivey n’enLes jeunes à ce que les jeunes découvrent des métiers manque pas. De ses années à la têted’aujourd’hui dont ils ne connaissent pas forcément l’exis- d’Union Plastic, une PME de la Haute-seront les actifs tence », témoigne Florence Poivey. Aussi la Loire, reconnue pour sa politique socialede demain. présidente de la commission éducation, responsable − et entrée en 2015 dans leAu-delà de cette formation et insertion du Medef national giron de l’industriel auvergnat Omerin −,lapalissade, les confirme-t-elle « l’importance pour les jeunes l’ex-dirigeante d’entreprise se remémoreentreprises ont de posséder plusieurs expériences et d’avoir la avec bonheur les relations nouées avec lepris conscience possibilité de mieux appréhender l’univers de collège de Saint-Didier-en-Velay, communede l’intérêt de l’entreprise tout au long de leur cursus sco- où est localisée Union Plastic. « J’ai accom-se rapprocher laire, de la sixième à la terminale. Ce par- pagné des expériences de mini-entreprisesde ces futurs cours influencera positivement leur orientation coconstruites avec les professeurs. Se connectercollaborateurs et leur insertion. Et l’Éducation nationale sait aux jeunes du territoire est important quanden herbe, de plus désormais que neuf jeunes sur dix finiront par on sait la faible mobilité en France. » Une ini-en plus tôt, intégrer une entreprise ». Le conseil éduca- tiative, née aux États-Unis, portée par ladès l’école. tion-économie, constitué en 2013 par le fédération Entreprendre pour apprendre ministère, vise à suivre la bonne mise en (EPA) afin d’insuffler l’esprit d’entre- place des actions École-Entreprise (EE) prendre chez les collégiens et lycéens, et dont le point d’orgue est, sans doute, « la qui connaît un certain engouement. semaine EE ». Et elle est prise au sérieux : quelque 11 000 entreprises et 56 000 « PROMOUVOIR LA DIVERSITÉ » établissements scolaires ont pris part, en Aider les jeunes à prendre confiance en 2016, à la 17e édition, touchant 200 000 eux, favoriser l’ascenseur social en s’ap- élèves selon les données officielles. De son puyant sur le parrainage d’entreprises, côté, le Medef recense sur un site ad hoc telle est la raison d’être de plusieurs toutes les bonnes pratiques amorcées en structures, portées par des dirigeants ou la matière par ses antennes régionales, et des entreprises. L’association Télémaque pouvant être partagées. « Les demandes agit, depuis 2005, pour accompagner des des établissements scolaires sont centrali- jeunes « méritants », de la cinquième à sées par le Medef régional Auvergne-Rhône- l’obtention du baccalauréat. L’antenne Alpes et sont ensuite ventilées en fonction de régionale Auvergne-Rhône-Alpes, prési- leur localisation », avise Nathalie Bonnot, dée par Thierry de La Tour d’Artaise, PDG chargée de mission handicap et action du groupe Seb, compte ainsi une trentaine école-entreprise au Medef de l’Ain. Une d’entreprises membres. Association dont nouvelle impulsion est donnée pour une bioMérieux est adhérente depuis 2014. action tournée vers les lycées par Alain « Télémaque correspond parfaitement à notre Palisse, élu président du syndicat patro- gestion des ressources humaines axée sur le nal du département en 2015. « Nous avons développement des compétences. C’est en totale commencé par les démarcher afin d’identifier cohérence avec ce que nous demandons à nos leurs besoins de stages. Nous sommes dans une managers. Une manière ainsi de promouvoir période un peu probatoire où le conseil régio- la diversité », témoigne Patrick Lepagneul, nal, qui a conçu de nouveaux dispositifs, nous directeur des ressources humaines pour la challenge. » région Europe, Moyen-Orient et AfriqueSupplément Insertion Acteurs de l’économie - La Tribune 17
Supplément INSERTION« Aider les jeunes à prendre confiance en eux, favoriser l’ascenseur social en s’appuyantsur le parrainage d’entreprises, telle est la raison d’être de plusieurs structures, portées pardes dirigeants ou des entreprises »(regroupant 5 400 salariés). « Le jeune rapidement les dysfonctionnements. Un che- des profils très différents. » La première pro-parrainé vient dans l’entreprise rencontrer min à mener à trois : Éducation nationale, motion est composée de six jeunes venusson tuteur. Nous l’accueillons pour des stages entreprises et jeunes », détaille-t-elle. En de l’extérieur, admis pour cette formationet nous l’aidons à formuler son projet profes- Île-de-France et plus récemment en Nor- d’un semestre aux côtés de six salariés desionnel futur. » L’implication du spécialiste mandie, les tuteurs en entreprise ainsi que l’entreprise. Ces derniers suivent un pro-du diagnostic microbiologique clinique et les formateurs dans les établissements sco- gramme allégé qui leur donne une doubleindustriel dans Sport dans la ville relève laires bénéficient d’un accompagnement. compétence complémentaire à leur fonc-de la même préoccupation. Cette structure tion actuelle.lyonnaise née il y a 18 ans et œuvrant à L’ENTREPRISE AU CŒUR DU SOCIAL Autre initiative : à l’échelle lyonnaise,l’insertion par le sport accompagne des Pour sa part, Jérôme Salord, fondateur la Métropole a lancé, avec la Maison dejeunes sur le chemin de la formation et de SantéVet, assureur pour les animaux, l’emploi, la « Charte des 1 000 ». L’enjeude l’emploi à travers son programme « Job a attendu que sa PME soit suffisamment consiste à obtenir, d’ici 2020, l’engagementdans la ville ». « Notre politique en faveur de solide pour s’engager dans des actions de de 1 000 entreprises en faveur de l’inser-l’insertion des jeunes existe depuis longtemps, ce type. La société a rejoint Télémaque en tion et de l’emploi. À la mi-octobre, SNCFmais nous le faisions sans l’ébruiter. Elle s’est 2015. Un an plus tard, elle a adhéré à « Nos mobilités Auvergne-Rhône-Alpes était laintensifiée ces dix dernières années avec la quartiers ont des talents ». « Certains de 463e à signer cette convention et à soute-montée en puissance de l’alternance, souligne nos salariés parrainent des jeunes, y compris nir La cravate solidaire. Cette association,le DRH. En septembre dernier, nous avons des jeunes diplômés qui ont des difficultés à labellisée socialement innovante et dotéerecruté 140 apprentis pour des durées de décrocher leur premier emploi. Mon objec- d’une antenne à Lyon depuis fin 2015, luttecontrat de 12 à 24 mois en production, dans les tif est de contribuer à remettre le monde de contre la discrimination à l’image. Elle col-services de R&D ou encore dans des fonctions l’entreprise au cœur du social et de la cité en lecte des vêtements auprès d’entreprises etsupport. Nous contribuons à leur formation touchant les jeunes. Les entrepreneurs sont de particuliers : costumes, tailleurs, chaus-et ils remplissent des missions qui insufflent trop souvent éloignés du reste de la popula- sures, cravates. Si la tenue ne fait pas lede la valeur ajoutée dans nos organisations. tion, énonce le patron. La création de notre moine, elle concourt pourtant à aider lesUne opération donnant-donnant. » Sur la école « RC Academy » est présentée comme demandeurs d’emploi à aborder leur pre-question de l’alternance, Florence Poivey un maillon important de notre dispositif social. mier entretien d’embauche, auquel lesinsiste sur le travail engagé conjointement Nous recrutons des personnes de 22 à 44 ans. préparent des recruteurs bénévoles. Toutepar le Medef et l’association nationale des Au préalable, Pôle emploi leur a fait passer idée est ainsi bonne pour lutter contre leApprentis de France. « 25% des contrats ne des tests. Ils sont vierges de toute expérience chômage et remédier à la distorsion entrevont pas jusqu’au bout. Il faut détecter plus dans notre métier et nous accédons ainsi à demandes et offres d’emploi.La métropole de Lyon a lancé, avec la Maison de l’emploi, la « Charte des 1 000 ». L’enjeu consiste à obtenir, d’ici 2020,l’engagement de 1 000 entreprises en faveur de l’insertion et de l’emploi. 18 Acteurs de l’économie - La Tribune Supplément Insertion© Laurent Cerino / ADE
MIEUX COMPRENDRE POUR MIEUX DÉCIDER L’INFORMATION EQUNOLTIIDGIENNNEE EN AUVERGNE-RHÔNE-ALPES P2A5R0A€N OFFRE DIGITALE 100% NUMÉRIQUE Abonnements groupés : contactez-nous au 04 72 18 09 18 pour profiter de nos offres sur-mesureRejoignez la communauté des acteurs de l’économie sur acteursdeleconomie.com
Search
Read the Text Version
- 1
- 2
- 3
- 4
- 5
- 6
- 7
- 8
- 9
- 10
- 11
- 12
- 13
- 14
- 15
- 16
- 17
- 18
- 19
- 20
- 21
- 22
- 23
- 24
- 25
- 26
- 27
- 28
- 29
- 30
- 31
- 32
- 33
- 34
- 35
- 36
- 37
- 38
- 39
- 40
- 41
- 42
- 43
- 44
- 45
- 46
- 47
- 48
- 49
- 50
- 51
- 52
- 53
- 54
- 55
- 56
- 57
- 58
- 59
- 60
- 61
- 62
- 63
- 64
- 65
- 66
- 67
- 68
- 69
- 70
- 71
- 72
- 73
- 74
- 75
- 76
- 77
- 78
- 79
- 80
- 81
- 82
- 83
- 84
- 85
- 86
- 87
- 88
- 89
- 90
- 91
- 92
- 93
- 94
- 95
- 96
- 97
- 98
- 99
- 100
- 101
- 102
- 103
- 104
- 105
- 106
- 107
- 108
- 109
- 110
- 111
- 112
- 113
- 114
- 115
- 116
- 117
- 118
- 119
- 120
- 121
- 122
- 123
- 124
- 125
- 126
- 127
- 128