2 Jeune auteur / Sylvain Eyriey> [email protected] Multiple Sylvain EyrieyJ’ai commencé mes études en voulant apprendre le graphisme publicitaire. J’ai vite senti l’em-brouille. Ma réaction (certes tardive, puisque j’ai fini par être diplômé) fut de prendre mesjambes à mon cou et de partir rencontrer d’autres gens. Ce que j’ai fait. J’ai rencontré desgens, des personnes sympathiques et des cultures, j’ai découvert qu’on pouvait être honnêteet intègre, fidèle à soi-même tout en « travaillant ». Conclusion : ça m’a fait du bien et j’ai réa-lisé que mon objectif était autre. J’ai donc réfléchi réfléchi réfléchi et alors j’ai décidé que jevoulais parler de ce que je rencontre, non pas en écrivant mais en dessinant. D’où cette histoiremuette qui traite du Vietnam, pays où j’ai voyagé plusieurs fois notamment. Je pourrais faire unpetit texte explicatif sur cette histoire muette mais le mieux c’est quand même que vous lisiezmes définitions entre mes taches d’encre et mes traits tremblotants, aussi vagues soient-elles.Mon avenir, je ne me fais pas d’illusions, mais si je peux réussir à dessiner et que ça plait àquelques personnes, ce sera déjà pas mal. Pas besoin de bagnole de luxe ou de piscine, justeles denrées alimentaires de base et des plantes pour décorer. Ah oui, et si ça vous plait vrai-ment, vous pouvez toujours me contacter à cette adresse pour de plus amples tâches d’encrenoire : [email protected]
12 Jeune auteure / Alice Mortiaux> [email protected] Premières ondes Alice MortiauxPremières ondes est extrait d’un projet plus large, dont la technique est basée sur la transfor-mation, à coup de Tipp-ex, feutres et gouache, d’un livre existant au préalable. Par une censureinversée, qui consiste non pas à amoindrir l’ouvrage mais à tenter de le rendre porteur d’unsens autre, je manipule textes et images. L’idée de ce procédé m’est venue en me rappelantl’époque où, enfant ne sachant pas encore lire, je rêvassais devant les images de mes albums,en imaginant qu’en les fixant suffisamment longtemps je basculerais dans un monde différent.Aujourd’hui, l’apprentissage de la lecture ayant à la fois étanché et entretenu cette soif de bas-culement, j’ai décidé de m’en occuper plus activement. C’est avec ce fil rouge, mais sans struc-ture pré-imposée, que j’avance à tâtons dans ce projet. Au plaisir de gribouiller à même le livre,de l’envahir et d’en transformer le sens, s’ajoute celui de la prise de liberté.
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20 Jeune auteur / Antoine Carcano> ledigestifcollectif.blogspot.be Forteresse Antoine CarcanoPrésentation et représentation.Puisque vous (lecteurs) avez peut-être déjà lu le rabat de cette revue.Maintenant vous allez (peut-être) lire un fragment d’histoire à dormir debout. Puisqu’il me fallaitreprésenter dans une tentative d’histoires les textes de Mr Thomas Fersen (je vous laisse re-trouver lesquels). Ce qui a écourté certaines de mes nuits. Heureusement, mes sympathiquesprofesseurs de l’Ecole de Recherche Graphique sont là pour me faire (r)ouvrir les yeux encorequelques années. Après quoi, j’irais peut-être hiberner en attendant le retour des beaux jours,mais j’espère plutôt garder l’oeil ouvert et activer mes paluches. Cependant, je ne reste passous la couette, je continue à dessiner sur : ledigestifcollectif.blogspot.be avec mes compa-gnons de fortune pour ne pas tirer la couverture à soi. Sur ce, bon éveil.
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Jeune auteur /Pluie Acide 27 Sorcière > garentemorgan.blogspot.com > [email protected] Pluie AcidePluie Acide, alias Garente Morgan, est un auteur de bande dessinée de 26 ans, qui, après avoirentrepris des études aux Beaux-Arts en France, puis d’Illustration à Bruxelles, a décidé de don-ner corps à ses propres histoires en tant que dessinateur freelance. Les bandes dessinées dePluie Acide sont largement influencées par une culture résolument Punk prônant la révolte et l’au-todidaxie comme pierre angulaire de son art. C’est également un auteur qui aime bouquiner àdroite et à gauche pour ainsi insuffler à ses BD une touche de lyrisme et d’humour noir corrosif.Vous pouvez voir d’autres créations de Pluie Acide sur : garentemorgan.blogspot.com et prendrecontact avec lui sur sa boîte mail (il en sera sans doute touché) : [email protected]
34 L’auteure / Vanna Vinci / Un entretien de Philippe DeclouxVanna © Emilia FranchiniVinci 64_p. : Le soleil, la mer, la Bambina Vanna seQuand il a été décidé que la commune de Saint-Josse et l’asbl Art Mural raconte :créeraient une nouvelle fresque BD consacrée à une auteure italienne,la dessinatrice sarde Vanna Vinci est apparue comme une évidence. Vanna : Je suis née à Cagliari, une villeL’éclectisme de son talent et des univers qu’elle propose à ses lecteurs dans le sud de la Sardaigne.italiens est d’une richesse étonnante. Des romans graphiques au style Cagliari est une ville sur la mer, de ma mai-expressionniste, comme « La Casati, la musa egoista » aux désopilants son, il n’y avait pas dix minutes pour arriver àstrips en 3 cases, quasi autobiographiques, « la Bambina filosofica ». la plage. La ville est très ancienne. Elle a étéCerise sur le gâteau, Vanna Vinci est, depuis peu, publiée en français d’abord une ville phénicienne, punique et enfinchez Dargaud et chez Marabulle…. romaine. Ensuite Cagliari a connu une domina- tion très importante par les Espagnols au cours du 18ème siècle et du royaume de Piémont au 19ème. Donc, j’ai beaucoup d’influences. Et aussi l’influence juive car la famille de ma mère vient d’une ancienne famille juive espagnole convertie et émigrée en Sardaigne. J’aime Cagliari, enfin j’aime surtout la mer, et le ciel. Avoir la mer aussi proche a été primordiale
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40 L’auteure / Vanna Vinci Publications en français de Vanna Vinci :64_p. : Une fresque BD à Bruxelles? Cela Chez Dargaud :t’inspire quoi? Aida à la croisée des chemins (2008),V. : Je serais très heureuse d’avoir la chance Sophia la fille en or (2008),de voir un des mes personnages aussi énorme Sophia dans Paris, ville hermetique (2009),sur un mur. Le concept de cette dimension Chats noirs chiens blancs - Reminiscencesextrême est un vrai flash pour moi. Et j’aime parisiennes (2009),l’idée que, peut-être, un de mes personnages Chats noirs chiens blancs – Chemin faisant (2010),accompagne la vie quotidienne de ce quartier La Casati, la muse égoïste (2013)et de ses habitants pour des années. Chez Marabulles / Marabout : La petite peste philosophique – Anatomie d’une débâcle (2012), La petite peste philosophique ne s’arrange pas (2013) > www.vannavinci.it > www.labambinafilosofica.it Participez au financement d’une nouvelle fresque BD à Bruxelles ! A l’initiative de Philippe Decloux et d’Art Mural, en collaboration avec la commune de Saint-Josse-ten- Noode, un nouveau parcours promenade BD reliera le Parlement fédéral belge au Parlement de l’Union européenne. Une fresque de la Bambina filosofica de Vanna Vinci est programmée au n°6 de la rue du Marteau. Cette fresque sera la seconde du projet, après « Couleur Café » de Judith Vanistendael. La troisième sera confiée à une dessinatrice française prénommée Claire… Pour participer dès maintenant, rendez-vous sur le site de Sandawe.com, l’éditeur participatif et cliquez sur l’onglet projet libre > fresque murale BD1 Votre participation financière vous donne droit à de nombreux avantages : des BD dédicacées, des dessins originaux, des entrées au musée Hergé, au Centre belge de la BD, au MooF, des abonnements Villo, un repas en tête-à-tête avec Vanna Vinci, un WE BD à Bruxelles avec nuit au Plaza, votre nom sur la fresque…
Découverte / Noémie Marsily / Un entretien de Philippe Decloux 41NoémieMarsilyLa première fois que j’ai rencontré Noémie, c’était au Un talent multiplevernissage d’une installation à la BeauHaus « Enfin nous tout en douceur…dormons » qu’elle réalisait avec sa copine Barbara parailleurs animatrice de ce lieu aujourd’hui disparu. Pas si sûr !Une grande fille à l’air un peu timide derrière seslunettes au point qu’elle oublia de me dédicacer son en peinture à La Cambre, puis change d’orien-premier album « Fétiche » qui venait d’être édité par tation et décide de suivre les cours d’illustra-Les Requins Marteaux. tion à l’Ecole Supérieure des Arts Saint-Luc. Un choix qui lui permet d’explorer diversesUn album étrange au format carré, techniques, de s’ouvrir à un univers très large, une couverture aux motifs géomé- du graphisme à la peinture en passant par l’il- triques bleus et blancs. Ce qu’on lustration, la BD et même la publicité. Noémie peut appeler un « bel objet » qui n’a pas envie de se spécialiser. s’ouvre sur un univers poétique muet et entiè- Saint-Luc, c’est aussi l’école de bande des- rement réalisé aux crayons de couleurs. sinée et Noémie a depuis toujours un intérêt Un premier album étonnant, séduisant, qui certain pour le 9ème Art sans vraiment s’y en- donne envie d’en savoir plus sur cette jeune gager à fond. « J’ai fait une BD, mais comme illustratrice. je reste ouverte à d’autres disciplines, je conti- nue à chipoter, à picorer, à m’intéresser à Rencontre toutes les techniques ». Noémie rejoint un groupe d’autoédition, comme Noémie a passé son enfance et son adoles- il en existe beaucoup autour de Saint-Luc, cence en Brabant Wallon, à Braine-l’Alleud « Nos Restes ». Elle sait désormais au moins pour être plus précis. Aussi loin qu’elle s’en une chose, elle aime raconter des histoires. souvienne, elle a toujours dessiné mais sans idée précise de ce qu’elle voulait faire. Elle suit des cours à l’académie de sa commune et, ses études secondaires terminées, s’inscrit
42 Découverte / Noémie Marsily © Noémie Marsily
43« C’est mon moteur principal, après ce n’est N. : Oui, oui, cela m’a surprise que des gensqu’une question de supports et de définir trouvent cela assez violent. Moi, je ne le res-la meilleure technique pour les raconter ! » sens pas comme ça, c’est juste un peu grin-Et Noémie a de larges compétences tech- çant. Je ne pensais pas que c’était si fort !niques. Un de ces centres d’intérêt est le ci- 64_p. : Tu as un dessin très coloré, c’est celanéma d’animation, domaine qu’elle continuera qui trouble le lecteur. C’est inattendu. Quandaussi à approfondir avec son compagnon, Carl on ouvre Les idées noires de Franquin, onRoosens (lire pages 58-59). s’attend à un humour grinçant, à tous les dé-Avec Nos Restes, elle participe au festival sespoirs et à toutes les rages. Dans Fétiche,d’Angoulême et en profite pour présenter les c’est mignon, coloré, bucolique…premiers chapitres d’une BD qu’elle a com- N. : Je n’avais pas une idée préconçue demencé seule dans son coin à quelques édi- l’histoire, je me suis amusée avec les person-teurs dont Les Requins Marteaux. « J’aime nages et je me suis laissée entrainer dans desbien leur travail, leur humour et je me disais chemins insolites. Au départ, l’idée était laque cela pouvait peut-être coller ». Quelques tête de chevreuil qui allait voyager entre plu-temps plus tard, Les Requins la contactent, le sieurs protagonistes. J’avais, aussi, quelquesprojet les botte. « J’avais lancé une bouteille idées plus ou moins précises des person-à la mer,… et de leur côté ils cherchaient de nages et parfois d’une situation. Puis un dé-jeunes auteurs ». tail m’amenait sur un autre chemin. C’est un« Les Requins Marteaux ont fait un super peu sinueux comme scénario ! En fait, je vou-boulot, les dessins aux crayons de couleurs lais garder ma spontanéité, et celle des ac-sont extrêmement difficiles à reproduire, ils teurs du récit, les petits chapitres me le per-ont conçu la couverture. Le format et la tech- mettaient puisque j’étais quand même un peunique en font un très bel objet qui étonne cadrée… Je ne savais pas, au départ, com-ceux qui osent l’ouvrir… Les libraires sont soit bien de pages ou de chapitres aurait l’album.emballés soit désarçonnés et ne savent pas Il y a des personnages qui sont apparus entrès bien comment le présenter. Mais pour un cours de travail. C’était très marrant à réaliser.tirage alternatif, cela se vend bien ! ». Je travaillais chaque case séparément et puis je les assemblais comme un puzzle. Cela me « Fétiche, c’est Bambi permettait d’en rajouter ou d’en supprimer, de qu’on assassine ! » modifier le récit selon mes émotions. 64_p. : Justement tu as choisi « le muet »,64_p. : L’album Fétiche, quand on l’entre- c’est très compliqué, chacun a ses propresouvre par simple curiosité, donne une pre- représentations des émotions mais aussimière impression de dessins naïfs, même des objets, des couleurs… En lisant Fétiche,enfantins mais au deuxième regard, c’est j’ai souvent été intrigué et je revenais en ar-un humour plutôt « hard ». Après quelques rière pour refaire le chemin parcouru par lespages, on découvre le personnage principal, personnages.dans une espèce de salle d’opération-atelier, N. : J’ai eu l’occasion de lire d’autres histoiresoccupé à découper un chevreuil dont il pré- muettes et cela m’intéressait. Puis, j’ai ten-lève la tête. C’est étonnant. Violent. dance à lire les BD trop vite, je m’accroche au texte et j’en oublie le dessin. J’ai eu envie de voir comment je pouvais raconter autrement, uniquement par l’image et obliger le lecteur à un travail d’imagination, à décortiquer les
48 Patrimoine du 9ème Art / Guy Bara / Par VB Guy Bara Max l’explorateur
49 L’humour de par le monde « La série est un chef d’oeuvre de l’humourEn 1954, il y a soixante ans, Max l’explo- rateur faisait ses grands débuts dans muet » France-Soir. Peu de temps après, il paraît quotidiennement dans Le Soir. calage entre la réalité historique et la ma- A son apogée, aussi populaire que Tintin et nière toute insouciante dont il la perçoit et y Spirou, il est publié dans plus de 40 journaux réagit. Son regard fait que les contrariétés et dans autant de pays, faisant de son créateur, les malheurs aussi dramatique soient-il dans Guy Bara, le dessinateur européen le plus lu le « vrai » monde, sont toujours vécus par dans le monde. Si Max l’explorateur vit ses Max comme une gentille et naïve dérision, la aventures quotidiennes au coeur de la déco- marque de l’humour. lonisation (le Congo belge devient indépen- dant en 1962), il est paradoxal de voir Max, ingénu, sans complexe, sans mémoire col- lective, se comporter déjà comme les futurs touristes ébahis de tant d’exotisme et de cou- leurs locales. Son succès est ainsi dû au dé-
56 Hors BD / Philippe Becquelin / Par VB > www.1erdegre.ch > www.facebook.com/mixremix.chMix & Remix ...ou Philippe BecquelinSous ce nom double se cache un seul (involontaire) à la fois drôle et dramatique, mé- et même auteur, Philippe Becquelin, lange de logique et d’absurde. L’humour de citoyen suisse, actif dans le champ Mix & Remix en est (volontairement) coutu- de l’édition et du dessin hebdoma- mier, par exemple lorsque le PDG d’une entre-daire en direct à la télévision. L’auteur, né prise ne voit que le retour à l’esclavage pouren 1958, s’inscrit dans la longue filière des garantir durablement l’emploi. Ou lorsque lesSempé, Topor, Chaval, Dubout, Daumier, et premiers utilisateurs du tabac se forcent àplus près de chez nous Philippe Geluck, au- consommer la déplaisante mixture sous pré-tant de créateurs qui ont longtemps assuré la texte, dit-on, que ceci est bon pour la santé.vivacité du genre. Aujourd’hui, le filon semble Ou encore ce riche qui refuse l’aumône au dé-attirer peu de jeunes auteurs. S’épuiserait-il ? muni car soit-disant ce dernier ne pense qu’àSe déplacerait-il ? Est-il saugrenu d’imaginer l’argent.le dessin d’humour imprimé lié à un état de la Les questions d’emploi, le tabac, l’argent,société en voie de disparition ? la précarité, le réchauffement climatique, le« S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la monde des média, les nouvelles technolo-brioche ! » se serait écriée Marie-Antoinette à gies, les multinationales, la démocratie, laqui l’on rapportait que le peuple, affamé, gron- corruption, les paparazzi, l’immigration, lesdait aux grilles de Versailles. Fausse ou vraie, sectes, le sport-spectacle, le business, lesl’anecdote renseigne sur une forme d’humour relations amoureuses, l’intolérance, l’inté-
57grisme, la drogue, les expériences sexuelles, dessin les néglige (autant que le cerveauetc., rien de ce qui nous concerne en ce dé- d’ailleurs) au détriment des gros nez. En ef-but de vingt-et-unième siècle n’est ignoré par fet, pour qui a du flair, le nez semble l’organeMix & Remix. Mais comment se fabriquer de perception qui vaut bien les yeux et le cer-ce regard étonnement lucide – donc distant - veau, comme disent les expressions « avoir lelorsqu’on est soi-même le nez sur le guidon, nez fin », « ne pas voir plus loin que le bout desinon par l’adoption d’un regard extérieur, ce- son nez », « se laisser mener par le bout dului de martiens, d’hommes préhistoriques oud’extraterrestres venus de civilisations plus « Le dessin des gros nez définitavancées qui apparaissent régulièrement Mix & Remix. »dans l’oeuvre ? Ce n’est pas par hasard, cesétrangers dans le temps et dans l’espace ne nez », « vaincre les doigts dans le nez », « ti-prennent pas pour argent comptant ce que rer les vers du nez », « fourrer son nez par-nous trouvons « normal ». tout » ou « s’offrir un joli pied de nez ». LesQui s’en explique par le fait que, quand on re- nez dessinés par Mix & Remix semblent plu-jette la caricature, il faut compenser. Rejeter tôt des cornues moyenâgeuses, des manchesla caricature ? Oui, car tout difficile que soit à air bordant les autoroutes, des vessies na-cet art, il lie le dessin à une personne ou une tatoires, des filets à papillons, autant d’objetssituation précise, ou à un événement, alors destinés à capter un maximum de sensations,que Mix & Remix préfère le terrain plus large à les trier. Quand ils sont dessinés par Mix &des expériences qui traversent l’âme hu- Remix, ces nez reniflent l’actualité pour y dé-maine. D’autre part, la caricature s’adresse nicher la truffe qui fera gag.aux yeux, alors que de toute évidence, son
60 Actu / François Schuiten /Par VB Le timbre-poste de François Schuiten, une première mondiale© bpost / © Françsois Schuiten On ignore que l’idée du timbre-poste nouvelles technologies. est une invention belge, datant de « Un timbre, c’est un pe- la création du pays en 1830, même tit morceau de paysage, si ce sont les Anglais qui en ont des destinations loin- fait le premier usage systématique et com- taines, et il n’y a pas si mercial. En Belgique, si l’image du roi ré- longtemps, il faisait en- gnant a longtemps dominé son iconographie, core voyager les gens d’autres représentations s’invitent chaque en imagination » ra- jour sur la petite surface qui arrive dans conte François Schuiten. nos boîtes aux lettres, et il était fatal que le Pourquoi ne pas pous- timbre-poste soit à son tour interrogé par les ser cette logique plus loin avec l’aide des plus récentes technologies de nos actuels smart- phones et autres ta- blettes ? C’est ainsi que ce six octobre, un timbre « à réalité aug- mentée » est mis sur le marché. En le scanant, une locomotive (La Douce) vous embarque pour un voyage vers la mer, ou la montagne, ou la campagne. Une fois arrivé, l’application per- met un choix de variables, par exemple, la mer avec ou sans vent, les nuages, la qua- lité du sable, la présence de mouettes, etc. Certes, l’ensemble est encore assez som- maire, mais, poursuit François Schuiten « je suis convaincu qu’on pourra très vite propo- ser des choses très subtiles en réalité aug- mentée, elle se développe très rapidement ». L’avenir lui donnera raison, à coup sûr. Nous assistons là à une première mondiale, en Belgique, soyons-en fiers.
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