^i^uês un toniepasion le.âa^M pknbsiéstBs'imposkC'istl'invêrse ce quise passe en'périaà&-deieûii^' synthèse des hypoccéfines élwtjaccrue;on resteévei^:'mentaire stimule la synthèse du peptide et l'hypo perphagie observée en réponse à une hypoglycémie,glycémie accroît l'activité des neurones à hypocréti- et donc réguler la prise alimentaire à court terme.ne. L'hypocrétine apparaît donc comme un médiateur de la prise alimentaire. Sa synthèse dépendrait On le voit,l'hypocrétine constitue un maillon inde l'état énergétique de l'animal, permettant une tégrateur, un relais central pour les informationsmeilleure coordination de la balance énergétique. provenant du métabolisme énergétique et du cycle Là encore,l'analyse des souris transgéniques ne veille-sommeil. Qu'elle ait un effet éveillant renforpossédant plus de neurones à hypocrétine a permisde préciser les choses. Ces souris sont en effet ce l'idée selon laquelle elle pourrait à court termeobèses alors qu'elles mangent moins. A priori,cela réguler la balance énergétique. Les neurones àsemble difficile à interpréter. Pourtant,cela s'ex hypocrétine. activés par un déficit d'apports en subplique.En effet,l'hypocrétine contrôlerait non pas strat. entraînent la mobihsation des stocks énergéla ration calorique des alimentsingérés, mais le mé- tiques tout en augmentant l'éveil et l'activité motritabohsme énergétique. Les souris qui en sont dé ce,ce qui stimule un comportement de recherchepourvues, bien qu'ingérant spontanément moins de de nourriture et donc in fine un apport d'énergie...calories,oxyderaient moins bien ce qu'elles man Grâce à eux.l'organisme s'adapte et répond phy-gent.Leur balance énergétique se retrouverait donc siologiquement aux signaux reçus de son métaboen déséquilibre, d'où leur surcharge pondérale. lisme et de l'environnement. Chezl'homme,mais de façon moins drastique,l'absence d'hypocrétine semble également associée L'augmentation de l'éveil,comme le renforceà des troubles de la balance énergétique. En effet, ment des réseaux de l'appétit et de la prise ahmen-les patients narcoleptiques présentent une légère taire induits par l'hypocrétine en cas de déficit nu-augmentation de l'index de leur masse corporelle. tritionnel, sont probablement à l'œuvre chez deDe fait,l'h3q)ocrétine stimule l'appétit. Quant aux nombreux organismes. Favorisant la survie de l'esneurones à hypocrétine,ils sont activés par l'hypo pèce, un tel système a,en effet toutes les chancesglycémie etinhibés par la prise alimentaire. Ils pourraient être plus spécialement impliqués dans l'hy- d'avoir été conservé au cours de l'évolution. Son2-Plus précisément,les chercheurs ont injecté de l'hypocrétine I dans rôle s'avère donc essentiel. Mieux le comprendre,enles ventricules cérébraux du rongeur. étudiant notamment les rôles respectifs des deux types de récepteurs à hypocrétine impliqués, per mettrait peut-être de développer de nouveaux outils pharmacologiques. pour traiter d'une part les troubles des conduites alimentaires,et de l'autre les pathologies du sommeil.IPour vous abonner;www.excefsior.fr 49
jlaphysinlngjpdiisnmmpilLES NEURONES LENTDUOn passe la moitié de nos nuits en sommeil lent. Maiscette ptiase du sommeil reste très mal comprise; ses mécanismes neuropliysiologiques commencent àse dessiner depuis seulement cinq ans. Par Patrice FortLaPremière Guerre mondiale balaya le monde occidental d'une étrange épidémie; une encé phalite virale, baptisée grippe espagnole, qui plongeait ses victimes dans un état profond et pro longé de somnolence et de léthargie. Les malades pouvaient s'éveiller brièvement en réponse à une stimulation sensorielle, mais montraient une forte propension à dormir et d'énormes difficultés à res ter vigilants. Constantin von Economo,baron et neurologue viennois,fut le premier à Uer cet état profond à des lésions de l'hypothalamus posté rieur(HP).D'autres patients infectés présen taient un tableau symptomatique complètement inverse:ils étaient gagnés par des insomnies pro longées. Leurs lésions neurologiques touchaient cette fois une large région du cerveau antérieur, proche du chiasma optique,la région préoptique (POA).C'est ainsi que von Economo vint à suppo ser que la commande du sommeil lent existait dans ime région précise de l'hypothalamus antérieur,ber ceau d'autres régulations physiologiques vitales. Ces observations anatomopathologiques, aux quelles nous nous référons encore régulièrement, se sont avérées très fructueuses et ont constitué une étape fondatrice de la recherche des mécanismes neurobiologiques sous-jacents de la régulation du sommeil lent. Plus tard, on a expérimentalement reproduit chez l'animal ces effets promoteurs du sommeil et ces insomnies sévères en détruisant res pectivementl'HP et la région préoptique.Des effets semblables ont aussi été obtenus par l'inactivation de ces zones au moyen de substances pharmacolo- giques qui inhibent de façon réversible toute activi té électrique neuronale. Il devint dès lors patent que l'éveil est favorisé par des neurones dans l'HP50
v Triangulaires, les et que le sommeil lent dépend de neurones dissé neurones du noyau minés dans la POA.Depuis une quinzaine d'aimées, préoptique ventro- les circuits neuronaux régulant l'éveil sont assez clai rement décryptés. Ceux qui régulent le sommeillent latéral (visualisés n'ont,en revanche,commencé à se dessiner qu'au cours de ces cinq dernières années. par un marquage Après la Seconde Guerre mondiale, des travaux fluorescent)sont expérimentaux ont contribué à l'identification d'une i essentiels à la ge voie nerveuse montant vers la partie antérieure du cerveau et régulant l'éveil. Cette voie ascendante nèse du sommeil voyage jusqu'au télencéphale,où elle se divise en lentetau contrôle deux branches,avant de rejoindre sa cible finale,le de la vigilance. cortex cérébral. La principale branche innerve di rectement le thalamus(voie thalamique),l'autre au < Impliqués dans l'éveil, les neurones contraire l'évite (voie extra-thalamique)et innerve de l'hypothalamus(zone orange) postérieur le télencéphale basai incluant l'HP et la POA.Les restent cependant en lien constant avec les neurotransmetteurs sécrétés par les neurones durégions promotrices du sommeil. tronc cérébral à l'origine de ce système « réticulé ac- tivateur ascendant » ont été petit à petit identifiés. UNE VOIE À DEUX BRANCHES L'origine principale de la voie thalamique est constituée par des noyaux,c'est-à-dire des amas de neurones,situés dans le pont(pédonculopontin et latérodorsal,PPT et LOT respectivement).Ils fonc tionnent avec de l'acétylchoUne et innervent l'en semble du thalamus,particulièrement le noyau réti culé. crucial dans la régulation de toute la voie thalamique. L'activité électrique de ces neurones change avec les différents états de vigilance. Pen dant l'éveil, quand l'électro-encéphalogramme cor tical(EEG)montre une activité rapide,ils émet tent des potentiels d'action à très haute fréquence. Dès l'endormissement et pendant le sommeil lent, les ondes corticales deviennent plus lentes et amples. Les neurones du PPT-LDT sont alors sOen- cieux. Leur activité devient maximale lors du som meil paradoxal(voir l'article de Lisa Gamier,p.56) qui apparaît périodiquement pendant la nuit. Le système thalamo-cortical étant activé à la fois lors de l'éveil et du sommeil paradoxal,la différence physiologique entre ces deux états vient de l'activi té de la voie extra-thalamique du système réticulé activateur ascendant. D'autres groupes de neurones situés dans le tronc cérébral sont impliqués(voir la figure p.53):le noyau à noradrénaUne(NA)du locus cœruleus(LC)et les noyaux à sérotonine(5-HT)du raphé. Leurs axones voyagent jusqu'à l'hypothala mus.où ils sont rejoints par les prolongements de neurones à histamine (Hist)du noyau tubéromam- millaire(TM).puis par ceux de neurones à acétyl- choline du télencéphale basai(TB).Par ailleurs, chacun de ces contingents de neurones se projette de manière diffuse vers le cortex cérébral. 57
Iaphy<;inlngipdiisnmmpil Les neurones des trois groupes aminergiques(no- re est le fait que cette densité cellulaire est étroiteradrénaline,sérotonine et histamine)ont été parti ment corrélée à la quantité de sommeil lent que lesculièrement étudiés pour leur relation intime avec animaux ont eu pendant l'heure précédant leur eules états de vigilance. Ils ont en effet une activité thanasie. D'autres animaux, privés totalement deélectrique maximale et régulière pendantl'éveil,qui sommeil pendant plusieurs heures,ont égalementralentit très sensiblement pendant le sommeillent et montré une corrélation entre l'expression de la pros'éteint totalement pendant le sommeil paradoxal. téine CFOS dansle VLPO et la quantité de sommeilLa différence d'activité entre les systèmes aminer au cotirs du rebond suivant la privation d).giques et ceux à acétylcholine de l'éveil participetrès probablement à la régulation des différents Les neurotransmetteurs utilisés par ces neuronesétats de vigilance. Dès lors, un moyen d'aborder lesmécanismes qui régulent le cycle veille-sommeil du sommeil ont été identifiés et semblent être lesconsiste à comprendre comment et par qui cessystèmes sont contrôlés. Depuis quelques années, mêmes dans les cerveaux de tous les mammifères.ce défi scientifique a été entrepris par plusieurs Chez des rats endormis, 80 % des neurones duéquipes de neurobiologistes, à l'aide d'approchesexpérimentales diverses. \"VLPO positifs à la protéine CFOS contiennent un neurotransmetteur appelé galanine. Chez la souris et le chat,les neurones à galanine sont également actifs pendant le sommeil lent. Enfin,chez le singe et l'homme,on en a aussi trouvé dans le VLPO.UNE PROTÉINE COMME INDICATEUR Pour déterminer si les neurones du VLPO sont Une étape essentielle dans ce processus a été nécessaires à la production du sommeil lent,on lesfranchie en 1996.Jonathan Sherin et son équipe ont a détruits chimiquement.Dès lors que 70% d'entre eux disparaissaient,les quantités de sommeil lentalors astucieusement déterminé les relations exis étaient réduites d'environ 60 %,mais le quota de sommeil paradoxal n'était pas touché. Le noyautant entre l'activité spontanée de neurones et la préoptique ventro-latéral(VLPO)semble doncquantité de sommeil lent chez un rongeur. Ils ont fonctionner comme un centre hypnogène, quiquantifié l'expression d'une protéine(CFOS)fai contrôle la genèse et le maintien du sommeil lent.sant office d'indice de l'activité neuronale.Ce travail Cette individuation fonctionnelle et neurofondateur d'imagerie cérébrale fonctionnelle à chimique du VLPO était l'opportunité méthodol'écheUe cellulaire dévoile que la zone du cerveau logique qui manquait depuisles observations de voncontenantla plusforte densité de cellules positives à Economo pour réellement progresser sur la biologiela protéine CFOS,et donc activées pendant le som cellulaire des neurones du sommeil.Très rapidemeil lent,est une minuscule sphère de tissu céré ment,on a donc systématiquement recherché lesbral de 500 micromètres de diamètre située dans la interlocuteurs des neurones du sommeil du VLPOpartie la plus ventrale de la POA,le noyau ventro- impliqués dans la régulation de la vigilance. Celatéral préoptique(VLPO).Plus convaincant enco- travail d'anatomie descriptive a montréL'ALTERNANCE EVEIL-SOMMEIL que tous les systèmes d'éveil reçoivent une projection directe d'un amasRythme circadien Homéostasie particulièrement dense de neurones du Entrée VLPO.D'autres études ont confirmé sensorielles que les axones émanant du VLPOHistamine Galanine établissent des contacts synaptiques Gaba avec les corps cellulaires et les den- IIVTERRUPTEUR drites des neurones aminergiques(TM, TM raphé et LC) et cholinergiques du \"SSIffamate télencéphale basai(TB)et du tronc cérébral(PPT-LDT). Noradrena me Galanine LC/Raphé ^Qrixine Serotonine Ces neurones du VLPO,afférentsAcétylcholine Gaba I communs aux systèmes d'éveil, sécrè- Acétylcholine | Galanlne Neurones Noradrénallne pontiques À Sous l'effet de facteurs divers (rythme Sérotonine circadien, etc.), le modèle de l'alternance des Gaba états de vigilance fonctionne comme un Télencéphale interrupteur, ii suppose des interactions inhibitrices réciproques entre les zones du Orexin#!® , Hypothalamus sommeil lent(brun)et de l'éveil(vert). latéralVLPO:Noyau préoptique ventro-latéralTM:Noyau tubéromammillaireLC:Locuscœruleus52 Pour vous^mnner: www.excëtsior^
POSITION : EVEIL Cortex alamus oyaoïubero- acétyiçQ^ne aupreopti ventro-iatérafPOSmblskfSbMMEILThalamfe^^ >:V A Lesystème de l'éveilbeiiiurend deux voies;unethalamique, où les neurones pontiques agissent le thalamus; et uney 3>basâfe m-I Neurones ppntlques extracorticale, regroupant les neùhnte du locus cœruleus,du raphé, du noyau tubéromammillaire et enfin du télencéphaie ventre-Mterai à àcétylcholine basai.Les deux voies aboutissent au cortex. Noyau 1 Locuscœruleus centres d'éveil diminuent la leur. Ajoutées les unes mammillaire aux autres, toutes ces observations ont conduit la communauté scientifique à une interprétationA Les neurones du noyau préoptique ventro^s^ral Inter suivante: l'activation des neurones du VLPO doitagissentavec toutle système d'éveil. En s'activant,ils inhibent induire une inhibition des centres de l'éveil.ce dernier etfavorisent ainsi le maintien du sommeil lent. Les approches expérimentales in vitro ont ététent également du GABA,un autre neurotransmet d'un grand secours pour explorer plus finement la biologie cellulaire et moléculaire des neurones duteur.Étant doimé que le GABA et la galanine sont VLPO.Ce dernier contient un groupe prédominant de neurones,aux propriétés biophysiques et à laconnus pour leur puissante action inhibitrice sur morphologie distincte: les cellules sont de taillel'ensemble des neurones du système nerveux moyenne et de forme triangulaire (voir la photocentral,il apparaît alors évident que les projections p.51). L'étude pharmacologique a montré qu'ilsdu VLPO sont susceptibles d'être de nature inhibi sont puissamment inhibés par les principaux neuro transmetteurs de l'éveil (sérotonine, noradrénalinetrice vis-à-vis des centres d'éveil. et àcétylcholine) mais de façon surprenante,aucu ne réponse à l'histamine n'a été enregistrée. Dans cette quête scientifique soutenue,l'objectifsuivant consistait à déterminer si des neurones ayant L'activité du\"VLPO est donc bien sous le contrôleune activité électrophysiologique corrélée aux étatsde vigilance étaient présents dans le VLPO.On a d'une innervation inhibitrice provenant des syseffectivement montré que,dès l'endormissement, tèmes d'éveil. Un apport crucial de ce travail est lades neurones doublent leur fréquence de décharge confirmation de la nature GABAergique,caractédans la POA mais qu'ils sont très significativement ristique sine qua non des neurones du sommeil.Elleplus nombreux aux abords du VLPO.Les neuronesdu sommeil ont donc une activité électrique exacte I s Le rebond est un processus de régulation qui vise, en quelque sorte, à rembourser la dette en sommeil générée par une insomnie, une veillement en miroir de celle des neurones de l'éveil. Ils prolongée, etc.augmentent leur activité juste au moment où les 53
ihphy<;inlngip diisnmmpila nécessité la mise en œuvre d'une approche parti sommeil soutenu ou un éveil de bonne quahté.culièrement élégante qui consiste, après caractéri- Quels sont les processus neurobiologiques quisation électrophysiologique,à aspirer le cytoplasmede la cellule enregistrée, puis de rechercher, au contrôlent le bon fonctionnement de l'interrupteur,moyen d'une sonde spécifique,les ARN messagers et gère la régulation à long terme du cycle veille-présents codant l'enzyme de synthèse du GABA. sommeil? Le système à oréxine pourrait en être.Cette étude réalisée essentiellement par ThierryGallopin,du centre médical universitaire de Genè Récemment découverts,les neurones à oréxine sontve,est fondamentale,car elle « boucle la boucle ». uniquement présents dans l'hypothalamus latéral,etElle montre que les centres d'éveil inhibent en re innervent tous les systèmes d'éveil.Ils stimulentfor tement les neurones aminergiques et cholinergiques,tour les neurones du sommeil du VLPO et établis mais n'ont aucun effet sur les neurones du VLPO.sent ainsi un réseau d'interactions inhibitrices réci Une déficience de ce système induit chez l'animal,proques pour le contrôle de la vigilance. ainsi que chezl'homme narcoleptique,de fortes per turbations de la vigilance(sommeil fragmenté parUN INTERRUPTEUR NEURONAL exemple),dues à des alternances fréquentes et sou daines des états de vigilance. D'après notre modèle, Ce concept d'interactions inhibitrices réciproques, ces symptômes seraient issus d'une fragilisation duaujourd'hui largement admis,constitue le fonde fonctionnement de l'interrupteur neuronal, voirement de notre modèle théorique (voir la figure en d'un dérèglement sévère de l'inhibition réciproque.page précédente).Pour des raisons encore incon Le système à oréxine exercerait son rôle dans le maintien de l'éveil en surstimulant les autres sysnues,les neurones du VLPO s'activent très intensé tèmes d'éveil. Il agirait sur l'interrupteur neuronalment pendant le sommeil lent. Ils inhibent alors les en le bloquant dans la position éveil,et empêcherait ainsi un passage inadéquat vers le sommeil lent. Ensystèmes d'éveil et lèvent l'inhibition qu'ils exercent sur les neurones du sommeil(on parle d^feed- l'absence d'une telle influence,comme en cas deback positif). Il semble que ce phénomène renforceleur propre activité et facilite par la même occasion narcolepsie,l'équilibre serait moins stable et doncle maintien du sommeil.À l'inverse,les neurones du plus sensible aux transitions soudaines.VLPO doivent être inhibés lorsque ceux de l'éveilsont à leur niveau d'activité maximal:quand ils ré Les influences à grande échelle,comme la régupondent, par exemple,à des stimulations senso lation circadienne ou homéostatique du sommeilrielles hées à l'environnement extérieur.Ce système lent pourraient aussi décaler graduellementsimple,formé de deux moitiés de circuit neuronal, l'équilibre relatif des interactions inhibitrices réciproques. Quand la pression d'alternance induitechacune inhibant fortement l'autre,crée une boucle par ces influences devient suffisamment puissante,de rétroaction avec seulement deux configurations les mêmes propriétés de feedback positif quid'activité stables possibles. Il fonctionne comme permettent au circuit d'y résister induisent soudainos interrupteurs électriques ménagers dontle bou nement une inversion de l'activité spontanée des différentes composantes de l'interrupteur neuroton-poussoir n'a que deux positions: allumé ou nal. Ce dernier permet donc de changer d'état com portemental de manière très rapide mais à deséteint,éveil ou sommeil lent. moments opportuns,traduisant une rupture d'équi De telles propriétés du réseau neuronal sont tout libre,contrairement aux influences à grande échelle dont l'évolution est continue,progressive mais lenteà fait appropriées à une bonne régulation du cycle au cours de la journée.veille-sommeil car,en théorie,on ne peut pas être àla fois endormi et éveillé. Cela permet avant tout L'observation faite par chacun que la propensiond'avoir un contrôle sur le moment crucial que à s'endormir varie au cours d'une journée,reflète lesconstitue l'alternance entre deux états stables,et par processus circadiens de régulation du sommeil. Ilsvoie de conséquence,sur leur rythme qui reflète la mettent en jeu le noyau suprachiasmatique(NSC),durée de chaque épisode d'éveil et de sommeil lent. l'une des horloges biologiques internes. Son rythmeCette capacité d'autorenforcement de l'activité élec intrinsèque est en permanence synchronisé sur letrique procure une résistance accrue du système cycle jour-nuit par les entrées rétiniennes. Or,lelorsque l'activité augmente soudainement d'un seul VLPO reçoit également des informations directescôté. Elle évite les changements inappropriés de lavigilance qui incomberaient aux fluctuations aléa de la rétine sur le niveau de lumière,et démontre untoires permanentes des entrées synaptiques sur leVLPO et les centres d'éveil. Ainsi,cet interrupteur rythme d'activité en phase avec celui du NSC.Cesneuronal peut non seulement alterner entre le som 2 - L'homéostasie est la régulation des constantes chimiques et physiquesmeil lent et l'éveil, mais tend aussi à maintenir un comme le maintien de la température corporelle, le débit sanguin, etc.54
cgi la thermorégulation se trouve justement à proximi té du 'VLPO, objectivant le lien étroit entre le som ■^t0:xrkP ■ - meil et la régulation du métabohsme. .*•- • » %: .L * • • . • Les dernières connaissances acquises ont permis de conforter les remarquables prédictions de von A U/a les synapses (ci-dessus), toute une gamme de Economo faites voilà 70 ans. Mais le grand pas neuromédiateuts (vésicules roses) assurent un lien constant conceptuel franchi ces cinq dernières années a été de passer d'une notion floue de région promotrice entre les neurones de l'éveil et ceux du sommeil. à l'identification concrète de neurones responsables du sommeil lent.Il y a peu, nous étions encore indeux noyaux contigus sont connectés. Comprendre capables de montrer du doigt les neurones responl'influence du réseau hypothalamique sur le fonc sables d'une régulationphysiologique majeure comtionnement de l'interrupteur neuronal apparaît dès me le sommeil, soumise à des dysfonctionnementslors comme une priorité expérimentale. extrêmes répandus chez nos congénères (insomnie, Une autre régulation potentielle du sommeil lent mfait intervenir des processus homéostatiques. Cettethéorie, qui date du début du XX*^ siècle, reste tou A Les circuits neuronaux (corps cellulaire de neurone, enjours très séduisante car elle explique l'augmenta vert le noyau) de l'éveil sont bien connus; ceux du sommeil,tion progressive de la pression de sommeil et le en revanche, commencent seulement à être compris.phénomène de rebond qui vont suivre un éveilprolongé (ou une privation de sommeil). Elle fait hypersomnie, etc.), alors que nous cormaissions trèsintervenir un ou plusieurs facteurs hypnogènes (soitresponsables de la genèse du sommeil), synthétisés bien les neurones atteints dans la maladie de Par-et accumulés pendant l'éveil. kinson, d'Alzeihmer et autres maladies neurodégé-LES FACTEURS HYPNOTIQUES nératives ou neurologiques. Aujourd'hui, plus d'une trentaine de ces facteurs Ce progrès essentiel ouvre de nouveaux horizonsont été décrits parmi lesquels la prostaglandine expérimentaux pour comprendre le fonctiormementPGD2, certaines cytokines et neurotrophines, l'oxy de ces neurones du sommeil et leur participation, aude nitrique et l'adénosine. Ils sont présents dans le sein de l'interrupteur neuronal, à l'intégration destissu cérébral et induisent le sommeil. Leur blocage grandes influences physiologiques comme les prespharmacologique affecte au contraire celui-ci sans sions homéostatique et circadierme de sommeil. Cestoutefois le supprimer (par exemple, la caféine est objectifs ne seront pas atteints sans l'utilisation de laun antagoniste de l'adénosine). Dans ce contexte, biologie moléculaire, qui nous permettra enfinl'étude des interactions potentielles entre ces d'élucider l'ultime énigme de la fonction physiolofacteurs hypnogènes connus et leur cible, a priori le gique du sommeil, cet état de vigilance dans lequelVUPO, devrait s'avérer particuUèrement fructueuse nous passons plusieurs heures chaque nuit.Ipour comprendre comment ils influent sur le fonctionnement de l'interrupteur neuronal, et favorisergenèse et maintien du sommeil. La majorité de ces facteurs ont d'autres activitésbiologiques cormues comme la régulation de la température corporelle. La propension au sommeil estétroitement liée au rythme circadien de la température intracérébrale et une infection est souvent associée à une hypersomnie. Or, le centre cérébral de 55
Le chat, lui aussisoumis au sommeilparadoxal, a permisnombre de découvertes sur le sujet.Il servit de modèle auxtravaux pionniers deMictiel Jouvet.
Ii passe par RymgmsEEiryj les reves-se.font martresr Ces phases'dl^ommeil pari^ loin d'être méconnues, nous révl / un fonctionnement des neurones d'une.grande complexité. Par Lisa CTàrn Z.''s *:
aphysinlngiprlii <^nmmpil Cerveau de chat •4Laforme allongée du cerveau du chatfaci% Neurones SP-off lite l'étude de zones intervenant dans le som•Neurones SP-on meil(tronc cérébral,bulbe rachidien et pont). w Autres neurones Les tracés des neurones SP sont caracté Cort^ cérébral ristiques:les SP-on s'allument lors du som meil paradoxal, à l'inverse des SP-off. / Une tâche difficilement réalisable Thalamus chezl'homme.Mais pas chezla souris, Ondes'ffiOr^ le rat ou le chat,des mammifères sou mis eux aussi au sommeil paradoxal.Moellë Bulbe rachidien « Kazuya Sakai,directeur de rechercheepiniere à rinserm,à l'Université Lyon I, en Hypothalamus étudient les mécanismes chez le chat. M^scles de l'oeil L'animal a ses avantages et a permis Enregistrement des ondes cérébrales à Michel Jouvet. ancien directeur du Sommeil lent Sommeil paradoxal Éveil même laboratoire, de réaliser de EMG nombreux travaux sur ce sommeil * paradoxal auquel il a donné le nom. EEG »li)iiHliéiiiHii|lt4'l I Le cerveau du chat présente uneMvts.occ. rapides 4+- PGO ll.t^.liWittlIllllllllHll llll lillllll«illi it II UUlmliiNeurones SP-on 1i anatomie idéale. En effet, le phénoNeurones SP-off aiiMimrrti—r mène prend son origine dans le tronc Lameretdesfalaisesinsurmontables.Auloin, cérébral,or cet animal le présente sous forme allongée(voir la figure ci-contre). Il est le sable à n'en plus finir et des assaillants à ma donc plus facile d'accès comparé à celui des poursuite.Je plonge.Les abysses me sauveront primates. D'autre part, la taille des structures qui peut-être... Là,un incroyable ballet chatoyant m'at sont impliquées est assez proche de celle de l'hom tend. Les poissons,tous plus colorés les uns que les me,ce qui permet d'y étendre les résultats. autres, vont et viennent avec une incroyable symé « Le sommeil paradoxal est un phénomène phy trie. Je m'évade.Et puis,plus rien. Un homme parle. siologique où trois critères apparaissent de manièresi- La radio vient de s'allumer. Où étais-je? La mer, midtanée.exphque Kazuya Sakai.La perte du tonus les falaises... Je me souviens. J'étais dans l'eau. muscidaire, une activation intense du cortex cérébral Entourée de poissons multicolores. - mesuré par un électro-encéphalogramme(EEG)- Quand on nous réveille au miheu d'un rêve,celui- et des mouvements oculaires rapides(REMpour Ra- ci revient facilement à notre conscience. Les détails pid Eyes Movements en anglais). Cependant qu'est-ce surgissent de notre mémoire et une histoire cohé qui est le plus essentiel au sommeilparadoxal? Est- rente fait surface. Mais souvent on ne se souvient ce l'un de ces trois phénomènes? Non. parce qu'il de rien. Tout simplement parce que nous nous existe despersonnes ayant un sommeilparadoxalsans sommes réveillés bien après le rêve,dans une phase perte du tonus musculaire, par exemple. » Un chat de sommeil lent(voir l'article de Jérôme Blanchart, montrant un tel comportement- dit onirique - vit p.22)où 0 est aussi possible, mais selon des méca alors sans retenue son rêve. Il saute,joue,attrape nismes neurologiques différents de ceux observés une proie imaginaire. Tout en dormant profondé lors des « vrais » rêves du sommeil paradoxal. ment.Loin d'être du somnambulisme,qui a heu lors Le paradoxe de cet état? Montrer des signes pro du sommeil lent, ce comportement est dû à des lé fonds de sommeil tout en étant une phase d'intense sions bien localisées au niveau du tronc cérébral. activité cérébrale. Le corps n'a plus aucun tonus « Lesommeilparadoxalest un véritable orage. Une -les muscles sont entièrement relâchés-et pour quantité phénoménale de neurones estactivée,expose tant le bout des doigts, des pieds et surtout les yeux Kazuya Sakai. Bien plus que pendant l'éveil. Le effectuent des mouvements extrêmement rapides, critère absolu de l'entrée en sommeilparadoxal est parfois plus rapides que lors des phases d'éveil. Ces l'activation de neurones bien précis que l'on appelle caractéristiques- visibles à nos yeux-s'accompa SP-on(SP poursommeil paradoxal). » Des neurones gnent de phénomènes neurologiques invisibles qu'il qui sont locaUsés dans une minuscule région du pont faut aller chercher dans l'intimité du cerveau et jus appelée le péri-locus cœruleus alpha,et qui sont sti qu'au cœur de nos neurones. mulés quand d'autres, les neurones inhibiteurs 58 r.Nceisîor.fr
SP-off sont inhibés. Tels des interrupteurs,les unss'éteignent pendant que les autres s'allument(voirles tracés, page de gauche). Le tracé enregistrantleur activité est très caractéristique et signe véritablement l'entrée en sommeil paradoxal. Alors quele silence soudain des neurones SP-off est illustrépar un tracé rectihgne.la stimulation des SP-on s'accompagne de décharges continues.DES NEURONES TRÈS LOCALISÉS Tous ces neurones sont localisés dans deux structures du tronc cérébral:le bulbe rachidien et le pont.Mais « aucune d'elles ne domine dans la genèse dusommeilparadoxal,insiste Kazuya Sakai.car les neurones SP-on et SP-offsont localisés dans les deuxstructures ». La nécessité d'une interrelation entreces deux types de neurones rend le mécanisme d'or ■* A État paradoxal, le sommeil du même nom est un moment d'Intense activité cérébrale et physique. Nos doigts, nos pieds et surtout nos yeux effectuent des mouvements extrêmement rapides, alors que nos muscles sont relâchés.chestration du sommeil paradoxal compliqué. Qui synchrones. En sommeil paradoxal, c'est tout lecommence à activer quoi? L'activation des neu contraire: activation et désynchronisation. Elles inrones SP-on serait-elle la conséquence de celle des terviennent particuMèrement lors des mouvementsSP-off? « On ne saitpas, etsi on pouvait le dire mon oculaires rapides et sont coimues pour être respon sable des rêves et de leurs images. Ces ondes PGOtravail serait terminé! ». commente le chercheur. prennent naissance dans un petit groupe de neu En revanche, pour chaque phénomène (perte du rones PGO-on situés, toujoius chez le chat, dans tmetonus musculaire,mouvements rapides des yeux), région que Kazuya Sakai a nommée « région X »on reconnaît en savoir un peu plus sur les méca du pont. « Cette structure ne portait pas de nomnismes impliqués spécifiquement. Dans l'atonie lorsque je l'ai découverte, dit-il, ilfallait bien lui enmusculaire (perte du tonus),seule l'activation des donner un. » Ces neurones excitent le noyau visuelneurones SP-on,localisés dans le péri-locus cœru- du thalamus, puis le cortex visuel, et donnent ainsileus alpha, est nécessaire. Leur stimulation génère naissance aux images de nos rêves. Cependant, « onune réaction en chaîne qui va inhiber des neurones sait maintenant que ces ondes sepropagent aussi dansmoteurs situés dans la moelle épinière. Il sembleque les SP-off intervierment peu dans le processus. d'autres systèmes sensoriels du cortex cérébral». C'est pourquoi les rêves peuvent faire intervenir des Dans le cas du mouvement rapide des yeux,il faut bruits, et certaines sensations tactiles accompagnéescompter avec les ondes cérébrales appelées PGO de légers mouvements de nos extrémités. L'infor(ponto-géniculo-occipitale). Normalement,lorsque mation du cortex se propage à la moelle épinière, qui commande des neurones moteurs. Les mouvel'activité mentale est faible -c'est le cas lors du som ments sont dits phasiques;ils n'apparaissent que par épisodes très brefs, à la différence de la perte dumeil lent -,les ondes cérébrales sont généralement tonus musculaire - dit mouvement tonique - qui dure tout le long de la phase du sommeil paradoxal. La naissance des ondes PGO nécessite aussi l'in- activation de certains neurones inhibiteurs SP-off. Stimulés, ces derniers empêchent toute activation des neurones SP-on; inhibés, ils permettent à tous les neurones de type « on » d'être au contraire acti vés. Les chercheurs parlent d'un système permissif En cessant d'inhiber les neurones SP-on, ils autori- 59
!hphy<;inlngipdiisnmmpil *■ Hormone du stress, . 'arrêt de leur activité. Le chercheur suppose l'adrénaline est aussi une ^ que l'interruption des neurones SP-off des molécules utilisées comme neuro transmetteur par les neurones SP-off, GABAergiques permettrait une acti- silencieux lors du sommeil paradoxal, f vation de plusieurs populations desent l'entrée en sommeil paradoxal. «Ily a encore neurones SP-on chohnergiques etbeaucoup de choses à découvrir dans ce système in m-, glutamatergiques. Ces neuroneshibiteur, car il est directement impliqué dans l'éveil,explique Kazuya Sakai. L'éveil inhibe le sommeil. » ' s'exciteraient alors mutuelle Les résultats majeurs de ces dernières aimées por ment jusqu'à un stade où ilstent sur la description de ce système inhibiteur. En déclencheraient le sommeil paradoxal.plus de chercher à locahser ses neurones, on s'intéresse à leur neurochimie pour déterminer la nature Le modèle semble bien compliqué: pourquoi fai re appel à une telle variété de neurones dans unede leurs neurotransmetteurs. Au début de ses re seule et même structure ? « Les neuronespossèdent un mécanisme d'auto-inhibition, explique Kazuya Sacherches, Michel Jouvet pensait que la noradrénali- kai. lorsque le neurone libère son neurotransmetteur,ne, une monoamine, était libérée par des neurones ilagit directement sur lui-même. » Des neurones choSP-on. « Maintenant on sait que c'est l'inverse, dit hnergiques ne peuvent donc activer que des neuKazuya Sakai, ce sont les SP-off. » Aujourd'hui, on rones non chohnergiques, à glutamate par exemple.convient que les neurones de type « on » - regroupés dans un système exécutif - sont d'au moins deux L'étude des mécanismes neurologiques du somsortes: les chohnergiques (ayant l'acétylcholine pour meil paradoxal se complexifie d'année en année.neurotransmetteur) et les acides aminés excitateurs, Faire des schémas configurant toutes les relationsglutamate en particulier. entre populations de neurones est devenu un véri table casse-tête. Surtout lorsqu'on en découvre réNEUROTRANSMETTEURS IMPLIQUÉS gulièrement de nouveaux. Il y a peu, deux équipes Sur ce dernier point, « ilreste encore à fournir des de chercheurs distinctes mettaient en évidence despreuves mais c'est grandement probable ». Pour lesystème permissif, donc les neurones SP-off,les mo- neurones de l'hypothalamus ayant pour neurotransnoaminergiques dominent. Ce sont des neurones metteurs des peptides inconnus jusqu'alors, l'orexi- ne et l'hypocrétine. Deux noms pour une seuleaux neurotransmetteurs variés: noradrénaUne, adré molécule, qui est imphquée dans le phénomène de la narcolepsie (voir l'article d'Emmanuel Monnier,naline, histamine (voir l'article d'Anne Teyssèdre p. 120). Kazuya Sakai vient, quant à lui, d'y découp. 62), et sérotonine. Tous sont impliqués dans vrir des neurones de type SP-off mais présentant,d'autres voies neurologiques comme la régulation comme les GABAergiques, une faible activité lorsde l'humeur, de la mémoire et des états de vigilance. d'un épisode de sommeil paradoxal. Ils sont hista- minergiques et localisés dans l'hypothalamus. Loin Aujourd'hui, c'est au GABA que s'intéresse du pont et du bulbe rachidien. Os semblent particiKazuya Sakai (voir l'encadré), tout en sachant que per à la mise en route du sommeil paradoxal. « Desle système majeur est celui dirigé par les neurones neurones de ce type, iln'y enpas beaucoup à découSP-on. Pour l'instant, on sait que les neurones mo- vrir », suppose Kazuya Sakai.noaminergiques inhibent les SP-on. mais aucunepreuve ne permet de dire qu'ils les stimulent par Enfin même si la clé du sommeil paradoxal se situe dans le périlocus cœruleus alpha, le modèle ne semble pas prêt d'être simplifié...IDes SP-off pas comme Ses autresLe GABA (acide gamma-ami- (c'est-à-dire à noradrénaiine, son hypothèse, ils sont yeux. Tout le contraire desnobutyrique) est un des plus adrénaline, histamine ou GABAergiques et doivent monoaminergiques. La difféimportants neurotransmet sérotonine) et que lors d'un jouer un rôle important, mais rence est grande pour leteurs inhibiteurs du système épisode de sommeil para chercheur, d'autant plus quenerveux centrai : ii régule différent des neurones mono quand le système GABAer- doxal, ils sont silencieux. gique est inactivé, l'apparitionentre 60 à 80 % des neu aminergiques. Ces neurones du sommeil paradoxal aug Or, Kazuya Sakai, chercheur présentent en effet unerones. L'hypothèse classique à l'inserm, a découvert dans mente considérablement. Toutsuppose que les populations le bulbe une nouvelle popula certaine activité lors d'événe tion de neurones SP-off pas porte à croire que ce systèmede neurones SP-off du fronc ments intenses de PGO tout à fait silencieux lors de la a un rôle dans le déclenchecérébral sont tous des neu (ondes cérébrales ponto- phase paradoxale. D'après génicuio-occipitaiejetde ment du sommeil paradoxal.rones monoaminergiques mouvements rapides des60
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LA MOLECULE62
ocomotion,réflexion,comportement alimen taire ou même sexuel... Toutes nos activités ; conscientes tiennent à l'état d'éveil de notre cerveau. Au plan neurophysiologique,cet état cor respond notamment à une désynchronisation de l'activité des neurones du cortex. On le distingue également,sur le tracé d'un électro-encéphalogram me,par la disparition complète des ondes amples et lentes(0,8 à 3Hertz),typiques du sommeil profond, au profit d'ondes rapides(25 à 60 Hz)d'amplitude modique,semblables à celles du sommeO paradoxal (voir l'article de Lisa Gantier page 56), La désynchronisation des ondes cérébrales ne se fait pas toute seule. L'« allumage » du cortex dé pend en effet d'un réseau de neurones déployé entre le tronc cérébral et le cerveau basai. On y compte cinq principales aires d'éveil:les noyaux intralaminaires et médians du thalamus,qui sont eux-mêmes activés par des neurones à acétylcholine issus du tronc cérébral(tegmentum mesopontique ou TMP),les noyaux monoaminer- giques de ce même tronc cérébral(locus cœruleus et raphé dorsal),la substance irmominée du cerveau basai, et, enfin,l'hypothalamus postérieur. C'est le fonctionnement de cette dernière structure que nous allons maintenant détailler. LES PREMIÈRES AVANCÉESCela fait moins de vingt ans que l'on Remontons à l'année 1926. Le baron et neuroa découvert l'existence de l'tiistamine logue autrichien von Economo évoque,le premier, un lien entre hypothalamus postérieur et éveil. Il aen tant que neuromédiateur du en effet observé que les personnes victimes de lésystème nerveux central. sions de cette structure cérébrale souffraient d'hy-Depuis lors, les rechercties l'ont persomnie. Une vingtaine d'années plus tard,projetée au cœur des mécanismes l'Américain W.H.T.Nauta entreprend chezle rat lesneuroptiysiologiquesde l'évei l... premières lésions expérimentales de l'hypothala mus,dans sa partie postérieure,antérieure et dansla Par Anne Teyssedre région préoptique voisine. Comme ces lésions en traînent respectivement une hypersomnie pour la première, et une insomnie des animaux pour les deux autres, Nauta conclut à l'existence d'un « centre de l'éveU » dans l'hypothalamus postérieur et d'un « centre du sommeil » dans l'hypothalamus antérieur et la région préoptique.Et suggère leur in teraction dans le contrôle du cycle veille-sommeil. Par la suite,en étudiant d'un peu plus près le rôle de l'hypothalamus de mammifère,notamment par des stimulations électriques, on démontra qu'il régulait nombre d'autres fonctions neuro-endocri niennes et comportementales: température interne, i respiration,tonus cardiovasculaire,réactions de fui- i te ou de défense,comportements alimentaire et i sexuel,etc.Sa structure hétérogène reflète d'ailleurs ± cette multiplicité de fonctions. Sa partie postérieu- 63
La physinlngjp du snmmpilre,en particulier,contient des neurones de tailles et (GThalamusdeformes variées,aux caractéristiques biochimiquestrès diverses;sans compter desfibres ascendantes et Substance jet raphé(descendantes issues d'autres régions de l'encéphale. Parmi tous ces neurones,lesquels sont impliqués Hypothalamus antérieur (Tronc cérébral)dans l'éveil? Et quelles sont leurs connexions avec (centre du sommeil) HypothalàmnSpbstérièùrle cortex et le reste du « réseau de l'éveil »? (Noyau tubéromammilaire) Au cours des deux dernières décennies,à l'aide de v Cinq aires principales de l'éveil interviennent lors detechniques biochimiques et histologiques sophisti r« allumage » du cortex cérébral: le tegmentum mesopon-quées,plusieurs équipesontidentifié une ribambelle tique,qui active certaineszones du thalamus,le locuscœru-de neuromédiateurs dans l'hypothalamus posté leus,la substance innominée et l'hypothalamus postérieur.rieur:des enképhaUnes,la substance F,la dopamine, histaminergiques dans le maintien de l'éveil.GABA... Et l'histamine. D'autres neurones de cette région cérébrale in- D'abord cormue uniquement en tant que substan tervieiment-ils sur l'éveil? Pour le savoir, des cherce aux effets hypotensems,immunostimulants et sti cheurs ont cartographié les zones correspondant àmulants de la digestion,l'histamine n'a été identifiée l'éveil et au sommeil dans l'hypothalamus du chat,de manière certaine comme neuromédiateur du sys grâce à l'injection d'un inactivateur neuronal,letème nerveux central qu'en 1984 chez le rat, puis muscimol. Leurs résultats montrent que le « terrien 1986 chez le chat. Les neurones à histamine,en toire d'éveil »(noyau tubéromammilaire(TM)etcore appelés neurones « histaminergiques »,sont son voisinage immédiat)recouvre précisément lasitués dans la partie ventro-latérale de l'hypothala distribution des neurones histaminergiquesmus postérieur,plus exactement dans le noyau tu- Poursuivant leur exploration fonctionnelle,en 1990,béromammillaire(TM)et à sa proximité immédiate. ces chercheurs ont mis en évidence trois types de A peine mis en évidence,ces neurones ont été neurones dont l'activité est liée à l'état de veille dansprojetés au centre des recherches sur les mécanismes de l'éveil. S'ils sont impliqués dans l'éveil, l'hypothalamus postérieur de chat:des neuronesils peuvent éclairer d'unjour nouveau certains effets de type 1, dispersés dans toute cette région dudits secondairesdes médicaments antihistaminiques,utilisés chez les personnes sujettes aux allergies: cerveau et dont l'activité coïncide avec l'éveil et leces effets sédatifs,loin d'être secondaires,pourraient sommeil paradoxal;des neurones de type II,euxtraduire une action directe des molécules antihista aussi éparpillés dans cette structure et actifs surtout pendant le sommeil paradoxal;enfin des neuronesminiques sur les aires cérébrales de l'éveil... de type III,situés dansle noyau tubéromammillaire, actifs quant à eux durant le seul éveil. C'est probaUNE LOCALISATION PARTICULIÈRE blement des derniers qui correspondent aux neu rones histaminergiques de l'éveU. La distribution de ces neurones dans le systèmenerveux central des mammifères est par ailleurs Le noyau tubéromammillaire dans lequel ils seétonnante. Depuis 1984,plusieurs équipes hollandaise,finlandaise,japonaise et française ont succes trouvent est au carrefour du réseau de l'éveil et dusivement constaté chezle rat et le chat que les corps sommeil.Commentfonctionne-t-il? Quelles sont lescellulaires de ces neurones se trouvent exclusive relations exactes de l'hypothalamus postérieurment dans l'hypothalamus postérieur:il n'en existe (noyau TM)avec les autres territoires impliqués? ^pratiquement nulle part ailleurs dansle système nerveux central. En revanche,ils donnent naissance à En sectionnant chez des chats les fibres connec- ides projections très larges et diffuses,atteignant lecortex et la plupart des régions cérébrales,incluant 3celles impliquées dans l'éveil ou le sommeil. I - Deux autres territoires ont en outre été circonscrits: un territoire du ° Pour démontrer l'action de l'histamine sur l'état sommeil(hypotlialamus antérieur et région préoptique voisine)et|un ter-d'éveil,on a administré à des rats et des chats un ritoire d'inhibition du sommeil paradoxal(hypothalamus postérieur caudal), qinhibiteur de sa synthèse (l'alphafluorométhyl-histidine) par voie intrapéritonéale : tous cesanimaux ont plongé dans un état de somnolence.La micro-injection de cet inhibiteur dans l'hypothalamus postérieur de chat a donné les mêmes résultats. Cela confirme le rôle majeur des neurones64 Pour vmpsàii0iiner:w««wàexcdlsior.Êr
tant le tronc cérébral au cerveau,des chercheurs ont donc bien à désynchroniser le cortex et à maintenirpu constater,en 1999,que les animaux se retrouvaient plongés dans un sommeil profond. Ils ont un état d'éveil harmonieux dans des circonstancesalors vérifié l'action excitatrice des neurones à his- comportementales variées. Quant à l'interrupteur contrôlant de l'extérieur ce réseau, il s'agittamine sur l'activité corticale par l'injection d'une principalement des noyaux suprachiasmatiques-«molécule bloquant l'auto-inhibition de l'histamine l'horloge biologique » des vertébrés. Ils activent à(récepteurs H3,voir l'encadré). Puis,ils ont précisél'activation neuronale par un double marquage mo la fois des structures de l'éveil et du sommeil lentléculaire. Résultat ; la déshinibition ou l'activation (voir l'article de Patrice Fort, page 50).comme de l'hypothalamus antérieur.des neurones histaminergiques entraîne chez cemodèle une hypersomnie exprimentale, un éveil DES INTERACTIONS CONFIRMÉEScortical total et durable. Hypothalamus postérieur et antérieur agissent respectivement en activant ou en inhibant l'éveil. Grâce à des techniques issues de la génétique Ces deux régions communiquent par des faisceaux(hybridation d'ARN),ces mêmes chercheurs ont de fibres nerveuses. Or,quand on injecte de l'histamis en évidence chez le cobaye une forte densité de mine dans la zone antérieure,le chat s'éveille, alorsrécepteurs à histamine sur les neurones à acétyl- qu'il s'endort si on inactive chimiquement la zonecholine du tegmentum mésopontique(TMP).On l'a postérieure,suite à l'hyperactivité de l'autre zone.vu,ces neurones sont également des activateurs de Les prolongements des neurones à histamine parvel'éveil. Une micro-injection d'histamine à leur nant dans l'hypothalamus antérieur exercent doncniveau déclenche la désynchronisation du cortex : bien sur lui un effet inhibiteur. En retour,les projecles neurones histaminergiques qui s'y projettent tions des neurones à GABA de l'hypothalamus anpeuvent donc bien les exciter. En retour,le TMP térieur et de la région préoptique inhibent l'hypoenvoie des prolongements de ses neurones vers thalamus postérieur. Il existe donc une inhibitionl'hypothalamus postérieur et le thalamus(dans les réciproque entre les deux zones de l'hypothalamus.noyaux intralaminairesjP'. D'ailleurs,l'injection En 1946,Nauta avait donc vujuste:le cycle veille-dans l'une ou l'autre de ces deux structures sommeil dépend,du moinsen partie,de l'interaction entre les deux parties de l'hypothalamus. Ces deuxd'une molécule mimant l'action de l'acétylcholine centres de contrôle n'agissent cependant pas seuls ;déclenche bien l'éveil des sujets. il existe d'autres aires cérébrales impliquées dans ce cycle. Enfin,ce sont les noyaux suprachiasma Les interactions entre l'hypothalamus postérieur tiques qui,en amont,régulent le tout. Iet les autres aires neuronales d'éveil concourent2-Ces deux régions reçoivent également les prolongements des neuronesaminergiques du tronc cérébral. Les trois récepteurs de I histamineOn connaît aujourd'hui premiers sont post-synap- déclenchent, entre autres, par les récepteurs H3 sont des tiques : lis sont iocaiisés sur autorécepteurs : ils sont trois types de récep leur liaison à l'histamine, uneteurs de i'histamine, baptisés ia membrane ceiiuiairede modification de l'activité situés sur ia membraneH1,H2etH3. Les deux leurs neurones cibles, dont ils cellulaire des neurones électrique. L'activation des récepteurs H1 réduit le flux émetteurs. En y réduisant de potassium et augmente l'activité d'une enzyme ainsi ia dépoiarisation du (i'histidine décarboxyiase), neurone cible, et donc son excitation. Celle des récep ieuractivation diminue ia teurs 1-12 modifie l'activité synthèse et ia libération d'histamine par ce neurone: des canaux à sodium: elle est, selon le cas, excitatrice elle est donc auto-inhibitrice. (sur certains types de Ces récepteurs jouent ainsi neurones du cortex) ou un rôle important dans le dés-inhibitrice, conduisant à contrôle du système histami- une augmentation de la nergique. Leur biocage, no décharge neuronale. tamment par injection locale À ia différence de H1 et H2, de ciproxifane, augmente l'ac tivité des neurones émetteurs. 65
a phy<;inlngip du snmmpilLES RÉSEAUXDORMANTSET LEURS AGENTSOn sait aujourd'liui que plusieurs réseaux de neuronessont impliqués dans l'alternance des cycles de l'éveil et du sommeil. Mieux : on a pu les localiser, et identifierles neurotransmetteurs mis en jeu. Par Jean-Louis ValatxIlyapeudetempsencore,lesommeilétaitconsi autonome. C'est l'étude de son ontogenèse qui est à l'origine de cette interprétation. Au cours de la déré comme la mise au repos du centre de l'éveil. maturation cérébrale du fœtus,et en particuher dans Puis,de cette notion passive,on est passé à une la seconde moitié de la gestation,le SP est en effet lethéorie plus active avec la caractérisation des molé premier état de vigilance qui apparaît:l'enfant àcules(monoamines,peptides)impliquées dans la naître est danscet état 90% de son temps.Les struc tures responsables de son déclenchement et de soncommunication entre neurones. Des neurones maintien,situées dans le tronc cérébral,dépendent de l'apport de substances énergétiques et de l'inconnectés les uns avec les autres,et qui forment un fluence de mécanismes inhibiteurs. Progressivevaste réseau dans notre cerveau pour chacun des ment,les systèmes permissifs deviennent maturesétats de vigilance. Actuellement,cette notion de ré et contrôlent de façon très stricte le déclenchementseau couvrant les structures neuronales prédomine du SP. Cet état ne peutsurvenir que dans des condilargement pour expliquer l'alternance régulière des tions optimales de sécurité, le sujet étant alorscycles successifs de l'éveil et du sommeil. particulièrement vulnérable (paralysie musculaire, relâchement des sens). Le sommeil est régulé par des paramètres àlafoisinternes et externes,ce qui entraîne une complexitécroissante dans le fonctionnement des réseaux neu-ronaux misenjeu.Toutefois,ces derniers sont maintenant convenablement localisés et leurs transmet LES DIFFÉRENTS SOMMEILSteurs globalement identifiés. On sait, par exemple, Contrairement à la définition du SP qui comque la spécificité d'un réseau réside dans son archi prend un ensemble de critères mesurables(activitecture et dans les interfaces qu'il réalise, à travers tés des neurones SP-on,SP-off),celle du sommeil calme à ondes lentes(SL)se suffit à elle-même.ses transmetteurs,avec les autres réseaux. L'activité électrique cérébrale ralentit et montre une synchronisation. Son étude a permis de mettre en Dans le cas du sommeil paradoxal (SP), lesneurones responsables de l'activation corticale, de évidence un réseau exécutif de neurones utilisant lel'atonie musculaire et du mouvement des yeux ont GABA comme neurotransmetteur. Ce réseau estété identifiés. Ce sont les neurones dits SP-on dont situé au niveau du cerveau antérieur(noyau réticu-l'activité est spécifique au sommeil paradoxal(voir laire du thalamus,cortex), et est à l'origine du blol'article de Lisa Gamier,p. 56). Ce réseau de com cage des messages sensoriels au cours du sommeil.Ilmande,dit exécutif, est sous le contrôle d'un autre est également considéré comme un pacemaker,carréseau,celui des neurones appelés SP-off qui ne même isolé, il continue d'osciller rythmiquement.s'arrêtent simultanément que pendant le SP. Ils Son fonctionnement spontané dépend de la levéelèvent l'inhibition qu'ils exercent sur le système des influences inhibitrices exercées par le systèmeexécutif. C'est pour cette raison qu'ils sont égale de l'éveil(acétylchohne,noradrénaline,histamine).ment désignés comme « permissifs ». Pendantle sommeillent,l'organisme fait des éco- Le réseau du SP peut être comparé à un pacemaker fonctionnant en permanence et de manière66
1 A Les neurones communiquent entre eux au niveau dessynapses (en bleu). Ils forment, dans notre cerveau, un vaste réseau pour chacun des états de vigilance.nomies d'énergie : la température corporelle baisse pothalamus,télencéphale basai)qui activent ensuiteet l'ensemble du métabolisme ralentit. Mais l'organisme constitue également des réserves. Le SL est, directement le cortex.Pour chacun des éléments duen effet, associé à une synthèse cérébrale de protéines et de glycogène(une forme de stockage du réseau,on a identifié un neurotransmetteur(glutaglucose),qui permet de reconstituer des stocks éner mate, acétylcholine, histamine, noradrénaline,séro-gétiques pour l'éveil ou le SP suivant. On parle de tonine, GABA),associé ou non à un neuropeptide.modèle énergétique du rythme ultradien du som Il est possible que chaque structure prenne en charmeil ;sommeil lent(mise en réserve)-sommeil pa ge un aspect de la régulation de l'éveil. Ainsi,lesradoxal(utilisation de l'énergie). neurones à histamine semblent stimuler le compor tement,comme la manifestation d'une certaine cu Le réseau de l'éveil apparaît très complexe. Une riosité lors d'un événement nouveau (voir l'articlebonne dizaine de structures cérébrales, allant du d'Anne Teyssèdre p.62);les neurones à noradrénabulbe rachidien au cerveau antérieur,sont impli line,la perception d'une situation stressante. Enfin,quées dans sa régulation. Les structures du cerveau très récemment,on a découvert un nouveau pepti-postérieur(formation réticulée,bulbe rachidien)sti de,l'hypocrétine(orexine),imphqué dans le déclenmulent celles du cerveau antérieur(thalamus,hy- chement de la narcolepsie/cataplexie et qui stimule le réseau de l'éveil. 67
ENDORMISSEMENt Environnement sant. Il semble que l'endormissement soit la résulAntl^éveil (Lumière, bruit...) tante d'un mécanisme généré par l'éveil lui-même, un système anti-éveil (voir l'encadré) se produisant GABA ■Stimulations à la base du cerveau antérieur (dans l'aire préop (Neuro- Internes tique) par le biais de la sérotonine. Les projections transmetteulrl (Douloureuses, nerveuses de l'aire préoptique semblent aussi faire végétatives, intervenir les neurones du noyau du faisceau soli // affectives, taire (NES) situés dans le bulbe rachidien : la sti cognitives, mulation des fibres du NES au niveau du cou, près GABA anxiété...! des artères carotides, provoque l'endormissement Ad glu I GLU Ach Gly d'un animal insomniaque. Ceux qui pratiquent les SOMMEIL r SOMMEIL arts martiaux cormaissent bien les effets des coups LENT PARADOXAL portés à ce niveau. Dans la Grèce antique, les mé decins l'avaient déjà observé ; ils ont d'ailleurs don ▲ Les réseaux de sommeil sont sous le contrôle Inhibiteur de l'éveil. Ce dernier est entretenu par des stimulations venant né le nom de carotide à l'artère du cou, pour signi de l'extérieur comme de rintérleur. L'endormissement résulte fier « qui provoque un sommeO profond ». du blocage de l'éveil, et est activé par la sérotonine (5-HT). Ce système anti-éveil est un processus de régula L'éveil est la conséquence de deux mécanismes tion prédictif. Son maillon principal est situé à unparallèles : l'inhibition des réseaux du sommeil, et carrefour stratégique dans l'aire préoptique del'activation généralisée de ceux liés à l'éveil. Cette l'hypothalamus antérieur, une région qui participedernière permet au cerveau d'être attentif aux au contrôle des fonctions vitales (par exemple lastimulations internes comme externes, d'en faire thermorégulation, la faim, la reproduction, etc.).Ill'analyse et de réagir d'une manière adaptée. semble prendre en compte l'état fonctionnel de l'organisme et déclencher le sommeil avant sonL'activation des réseaux de l'éveil est commandée épuisement, à un moment précis du cycle circadienpar notre horloge interne. Elle est également entre indiqué par l'horloge biologique.tenue par nos motivations, nos émotions, nos sens(lumière, bruit, etc.) et notre système nerveux végé Les réseaux de l'éveil et de son contrôle (le réseautatif (faim, soit douleur, etc.). anti-éveil) ont donc un rôle primordial dans le Lorsque les réseaux de l'éveil sont activés, com déclenchement du sommeil. L'insomnie, notamment l'envie de dormir peut-elle être déclenchée ?L'arrêt de toute stimulation ne semble pas suffi ment, est bien un trouble de l'éveil puisqu'elle est la conséquence de la surstimulation de son réseau. De même, la narcolepsie a également été classée dans les troubles de l'éveil, par défaut de contrôle du sommeil paradoxal. JLC'aestcelné196d4,uà pasrtior dmes minejecitlant un produit intermé différentes régions du cerveau « centre » du sommeil. Car,premières expériences de diaire (5-HTP), on rétablissait permit de localiser l'aire si tel était le cas, il ne serait préoptique de l'hypothalamus plus possible de déclencherptiarmacologie du sommeil, le sommeil. La sérotonine fut antérieur. Lorsqu'on la détrui ie sommeil après sa lésion. sait expérimentalement, cela On en vint donc à penser queque ie rôle primordial de la alors appelée « l'hormone du provoquait chez l'animal une la région préoptique exerce insomnie de très longue du plutôt un contrôle de l'éveil.sérotonine (5-HT) a été sommeil ». Il a été démontré rée, supérieure à 3 semaines. Aujourd'hui, on sait que ladécouvert. En bloquant la plus tard que les neurones On avait là une confirmation sérotonine stimule l'aire préoptique qui, en retour,première étape de sa synttiè- 5-HT, dont les corps cellu du rôle hypnogène de ces neurones. En revanche, inhibe l'ensemble du réseause, on provoquait une insom laires sont exclusivement iinsomnie était à son tour in de l'éveil et permet auxnie de 3 jours, alors qu'en situés dans ie tronc cérébral, terrompue par l'injection d'un réseaux du sommeil d'être ne sont en réalité actifs que neurotransmetteur inhibiteur, actifs. L'éveil provoque, avec pendant l'éveil. Ils ne peu le GABA, dans l'hypothala un certain délai, sa propre vent donc pas déclencher le mus postérieur. Ce retour du inhibition. C'est donc bien sommeil suggérait que i'aire sommeil. D'où l'idée que la préoptique n'est pas un un système anti-éveil qui sérotonine pourrait agir sur facilite l'endormissement. d'autres neurones, respon sables, eux, du sommeilLa sérotonine pendant l'éveil.« hormone du sommeil »? L'étude systématique des Pmir vousabonner: mivw.excelsior#68
Partez à la découverte des racines du monde. Abonnez-vous aux Cahiers de Science & Vie. 100 pages d'histoire liM Ld science physique ck's drchitectes qofhiquesdes civilisations anciennes ENCEÉ/IE PIdns, rhdrpenîes, oulils.. ou disparues revues et corrigées îouf sy la ronslruetion par la science. I'invention du f hantier orqanise Sciences & techniques des bâtisseurs de iKaia I I H seulement OFFRE NOUVELLE FORM^ et recevez en cadeau cette superbe lampe-coffret BULLETIN D'ABONNEMENTà compléter et à retourner avec votre règlement à l'ordre des CAHIERS DE SCIENCE £- VIE sous enveloppe affranchie à : Service Abonnement - l, rue du Colonel Pierre Avia 75503 Paris cedex 15. je profite de votre offre exceptionnelle et je m'abonne Nom I L II II IIIOUI un an aux Cahiers de Science & Vie (soit 6 numéros) Prénom L II III pour 25 € I iô3,M FI seulement au lieu de 30 €* 1196,79 fi.J'ai bien noté que je recevrai en cadeau ^' Adresse I[I III la superbe lampe-coffret**. f IIII Code postals Je choisis de régler par : Ville ! L _L J_ II III□ chèque bancaire ou postal à l'ordre des CAHIERS DE SCIENCE & VIE Offre valable jusqu'au 31/I2'2002 pour un premier abonnement livré en France métropolitaine Vou5 pouvez aussi vous abonner par téléphone au 01 46 48 47 û8. pat Internet : http; www excel&ior.fr□ carte bancaire J III f~i^ Dare et signature ^ I IIIIL année ■ Prix de vente de la série en kiosque \"Prévoir un délai de réception de 4 à 6 semaines et dans la limite des stocks disponibles.expire à fin I I En application de l articie L 27 de la loi du o/Oi. 1078. les informations ci-dessus sont indispensables au traitemeni de votre commande et sont exclusivement communiquées au destinataire la traitant. Elles peuvent donner lieu à l'exercice du droit d'accès et de rectification auprès d'Excelsior Vous pouvez vous opposer à ce que vos nom et adresse soient communiqués ultérieuremem SV HS 220
-, n I S i ilt ik:.\"«'H ^1.ss Un sommeil plustrou 'I i ble pendant la nuit et ^^ { une plus grande propen- slon à s'endormir le jour, ss^ * Les non-voyants, déjà ligg plus vulnérables, se fc S retrouventainsi avec une 0 ± y vigilance amoindrieface f «1% If au risque d'accidents, fe ,^11 * '*I/; 1 î. t.,fV I.I:r'W.t ^, à s .î ss I;,
m Depuisquelquesannées,médecinsetcherSi de multiples raisons expliqM cheurs spéciahstes du sommeil étudient avec un intérêt croissant le sommeil des aveugles. lestroubles du sommeit,^e Des travaux importants ont déjà permis d'en préci ser certaines caractéristiques physiologiques et pa d'elles paraît déterminanfl^ thologiques;par leur nature ou leur fréquence,elles s'avèrent différentes de celles des voyants. c'est l'absence de percei^tron de L'exploration du sommeil des aveugles s'appuie sur des méthodes « classiques », basées sur la lumière,comme l'ont montrade polysomnographie. Cette dernière associe l'électro- encéphalogramme,l'électromyogramme menton- récentes études menée^sufe nier qui mesure l'activité et le tonus musculaire à l'aide d'électrodes disposées sur les muscles du sommeil des aveugle! visage et l'électro-oculogramme pour évaluer les mouvements des yeux. Commencés dès le coucher, Par;Damien Léger et les enregistrements couvrent toute la période de sommeil. Chez les non-voyants,ils révèlent a priori Auréuen Marabelle les mêmes caractéristiques de structure et de composition du sommeil que chezles voyants:c'est- à-dire une succession de cycles de sommeil montrant chacun la même alternance de sommeil lent(SL)et de sommeil paradoxal(SP). DES PATHOLOCIES PLUS FRÉQUENTES Pour aller plus loin dans l'étude de leur sommeil, nous avons réahsé une enquête épidémiologique au près de plus de 1000 personnes aveugles afin de comparer leurs habitudes de sommeil à celles des voyants. Il apparaît qu'en dépit des mêmes heures de lever et de coucher,elles semblent dormir en moyenne une demi-heure de moins(7 h de som meil contre 7h 30 en moyenne chez les voyants). Or, plus de 80 % d'entre elles se plaignent de troubles du sommeil contre seulement la moitié des voyants; cette différence concerne tous les types de perturbation: difficultés d'endormissement,réveil trop précoce,réveils nocturnes avec difficultés à se rendormir,sommeil de mauvaise quahté ou encore sensation de manque de sommeil(voir le tableau en page suivante). Avec,à la clé, une plainte d'insom nie(c'est-à-dire des troubles du sommeO plus répé tés et plus sévères)plus fréquente. Cela étant,il s'agit de la seule maladie du sommeil proprement dite à toucher les aveugles defaçon net tement supérieure. Rien de cela avec les autres pathologies comme le ronflement, le syndrome d'apnée du sommeil ou encore le syndrome des Jambes sans repos. Voyants et non-voyants sont à égahté face à leur survenue, mais non pas, en revanche,face à leur retentissement diurne: les seconds sont plus sujet à la somnolence et aux endormissements involontaires durant la journée. Cela a des conséquences sur leur sécurité, une vigi lance amoindrie augmentantle risque d'accident. 71
If / Stress lié aux diffi cultés quotidiennes, sensibilité accrue au Aussi les non-voyants recourent-ils plus à des dans l'obscurité. Or,cette bruit... De nombreusessolutions palliatives de ces perturbations: sieste,consommation de somnifères et d'anxiolytiques. raisons sont évoquées Plusieurs raisons peuvent expliquer ce surcroît dernière semble jouer un pour comprendre lede troubles du sommeil,comme un excès de stress rôle prépondérant dans surcroît de troubles du les rythmes circadiens.En sommeil chez les non-lié aux difficultés quotidiennes ou encore leur sen témoignentses nombreux voyants. Des raisons récepteurs siu les cellules certesfondées, mais quisibilité accrue au bruit,source de réveils nocturnes. du noyau suprachiasma- n'expliquent pas tout.Mais elles n'expliquent pas à elles seules l'importan tique-considéré comme le centre régulateur de nosce des troubles observés. La cause essentielle en est rythmes internes-et l'ajustement des précédentssemble-t-il l'absence de perception de la lumière, paramètres biologiques surson rythme de sécrétion.facteur clé de la régulation des rythmes biologiques. Chez la personne voyante,l'horloge interne se synD'AUTRES CYCLES JOURNALIERS chronise avec l'alternance naturelle jour-nuit de Grâce aux expériences dites d'isolement,où desindividus sont coupés du monde extérieur(grottes, 24 heures grâce au rythme social(école, travail,pièces isolées sans fenêtres,etc.),on sait que le rythme circadien endogène de sujets sains-défini par repas), mais aussi et surtout à la lumière du jour,les alternances entre veille et sommeil-s'écarte le probablement via la mélatonine. Réalisé chez lesplus souvent de 24 heures. Une autre approche de ce non-voyants,le même type d'étude a révélé beaucycle consiste à mesurer des variables biologiquesmontrant une évolution spécifique durant la jour coup d'altérations du rythme endogène circadien.née. On en compte trois principales: la température corporelle qui varie de 1 °C entre le lever et le En dépit d'un rythme social de 24 heures, leurscoucher; le cortisol, hormone sécrétée par lesglandes surrénales en grandes quantités tôt le ma sécrétions de mélatonine et de cortisol ainsi quetin et moitié moins le soir;la mélatonine,hbérée parla glande épiphysaire seulement durant la nuit ou l'évolution de leur température corporelle suivent des cycles supérieurs(24,5 heures en moyenne). On a ainsi montré que l'horloge biologique de certains d'entre eux avait un rythme endogène « en libre cours »(comme les voyants privés des alternances jour-nuit)en dépit d'im rythme social normal. Cette absence de synchronisation pourrait expli quer une partie de leurs troubles du sommeil.Plus
Sensation de H 25% De notre côté, nous avons montré que les enfantsmanque aveugles semblent moins soumis au rythme « ende sommeil ®■m 19% 34% 49% libre cours » que les adultes. La raison ? Probable ment des mécanismes de suppléance qui influencentSommeil de 54% fortement leur horloge biologique afin de la maintemauvaise qualité 45% nir sur vingt-quatre heures.Réveil nocturne | 34% LES THÉRAPIES À VENIRet difficultés Au vu de ces résultats, des médecins anglais etd'endormiss* américains ont prescrit de la mélatonine à leurs pa tients non-voyants souffrant de troubles du sommeilRéveil trop ® hés à une perturbation de leurs rythmes endogènes. Prise au moment du coucher, elle devait synchroniprécoce ser horloge biologique et « horloge » sociale. Avec succès pour certains. Mais le nombre de patients inDifficultés 24% clus dans l'essai est trop faible pour pouvoir généd'endormiss' raliser cette attitude thérapeutique. D'autant que 35% des incertitudes persistent encore sur les effets se condaires à long terme, notamment sur la fertilitéA Chez les non-voyants (bleu pâle), les (comme le suggèrent des expériences animales).troubles du sommeil, comme le réveil noctume Pour conclure, le « mauvais » sommeil des non-etc., sont plus importants que chez les voyants voyants proviendrait souvent de l'absence de per(bleu tbncé). 80 % des aveugles s'en plaignent ception lumineuse; elle altère la sécrétion de la mé latonine, essentielle pour synchroniser les rythmesprécisément, elle est cohérente avec ce qu'on note; circadiens endogènes sur l'alternance jour-nuit.des phases sans altération du sommeO (lorsque leurssécrétions de mélatonine se font pendant qu'ils dor En comprenant de mieux en mieux les perturbament) alternant avec des phases de trouble noctume tions du sommeil des aveugles, on peut envisager de nouvelles perspectives médicales: médicamentset de somnolence diurne: la sécrétion de mélatonine dérivés de la mélatonine, luxthérapie. Destinée aux individus ayant une perception lumineuse infravi-s'est alors progressivement décalée vers la journée. sueUe, l'exposition à une source lumineuse vive peut Reste que certains aveugles ne montrent pas de en effet réguler leur sécrétion de mélatonine. A court terme, ces voies thérapeutiques devraientperturbation au niveau de leurs sécrétions hormo améhorer leur sommeil et donc réduire leur impornales endogènes. On sait aujourd'hui l'expliquer: tante consommation d'hypnotiques et d'anxiolyleurs yeux peuvent percevoir ime faible quantité de tiques. À long terme, et grâce à une réduction deslumière et la transmettre au cerveau - sous forme effets secondaires diurnes, c'est leur intégrationd'influx nerveux -par des voies non visuelles. Même sociale qui en bénéficiera.Iténue, cette perception suffirait à « caler » les deuxrythmes, endogène et social. Comment expliquer de telles différences au seind'une même population de non-voyants ? Elles sontprobablement hées à l'origine de leur cécité: congénitale, accidentelle, totale ou partielle, etc. De cefait, plusieurs équipes ont montré l'importanced'éviter l'énucléation pour des raisons esthétiques.Certains aveugles ont beau ne pas percevoir la lumière, ils y restent influencés via la voie optique.À quoi les aveugles rêvent-ils?« La question du rêve Si les ttièmes de leurs rêves Le monde onirique se diffé d'autant plus importante quedes aveugles permettra- rencie un peu chez les la cécité est ancienne. Àt-elle d'envisager le sont similaires à ceux des aveugles ayant perdu leur vue l'inverse, les références aux aufres sens (ouïe, odorat,contenu non visuel de voyants, ils Interviennent tardivement: ceux-là conti toucher, goût) s'amplifient. . . dans des proportions diffé nuent longtemps à décrirenos rêves ? » rentes: on y observe plus de À tout cela s'ajoutent des des images visuellesLes rêves des aveugles sont situations de violence ou éléments en continuité avecaussi vivants et impiiquants antérieures à leur cécité.que ceux des voyants, images d'amitié au détriment de rêves leur comportement cognitifet sensations oniriques Mais elles sont petit à petit de la journée précédente;s'apparentent aux sensations de succès ou d'éctiecs. Pas remplacées par d'autres comme pour les voyants, sensations expérimentéesvécues iors de l'éveil. Et les de différence, en revancfie, pendant l'éveil. Preuve que ce dernier reflète les idées concernant les songes liés àcouleurs font partie de la l'absence de référence intimes du sujet au coursdescription de ces rêves. la nourriture ou bien encore à de sa vie quotidienne. visuelle dans les rêves est la malcfiance (sauf dans les rêves touctiant les transports). 73
13 nhv<;înlnnip Hiiinmmpili' * - - ... » 4. - ^ • * . ..',1 Su l.l'.4il^i!v i *•*••«11^^ÎÏSii'... conditions exige une boime dose de sang-froid. ^. \"t^V. « C'est le problème desjeunes coureurs,explique Noussommes en 1994,en pleine course en Laurent Bourgnon,deux fois vainqueur de la route solitaire du Figaro. L'étape est particulière du rhum,la plus célèbre des courses transatlantiques ment longue et éprouvante: 6 jours. À en sohtaire. Au début, quand on courtsur des multi l'arrivée, pour Catherine Chabaud,c'est la catas coques, lancés à pleine vitesse dans des endroits par trophe: «Je n'avais quasimentpas dormi,raconte- t-eUe. J'étais complètement à côté de mes pompes... fois trèsfréquentés, on est dopé par la peur. On tient Tellement épuisée que... je me suis trompée de portl » Il faut dire que les conditions météorolo comme ça deux ou troisjours. Après,on tombe.Si on giques étaient particuhèrement instables. Mais,sans doute, aussi. Catherine manquait-elle encore ne gère pas bien son sommeil,on se retrouve vite rui d'expérience. Le danger d'une collision avec un paquebot,le stress de la course,tout comme l'envie né physiquement et moralement. » Depuis sa mésa- ^ de rester aux commandes pour grappiller du temps venture, Catherine Chabaud a appris à mieux dor-| sur les autres concurrents:s'endormir dans de telles mir. C'est ainsi qu'en 1996, elle est devenue la i première femme à accomplir en course un tour du ; monde en solitaire sans escale. !74
. \"j4 Les courses trânsa^i^fitiqùes en solitSTfê pdusse^nt soumBUes ^<*^;mêmes.Etles oDIigent à'gérer aù;^: \"^ieux- leur-sommeil, àMe'^t; décougeren petiteatrancliesfr.'v^,; Par Anne Debroise f!'H; -4ljes marinsdoiventapprendr^. àfractionner leursonarteil pour surmonter les épreuves; dessommeilsflashs de 2à3 minutes peuventsuffire à augmenter les performances (course en solitaire du Figaro99). « À force de naviguer, on finit par apprendre à manque de sommeil estsynonyme de danger.Et pas seulement parce que le bateau peut se retourner,gérer son sommeil. Quand je convoyais des bateaux ou entrer en collision avec un rocher,un paquebot,dans des zones trèsfréquentées,je mettais mon réveil ou un iceberg. « Quand la dette de sommeil est tropà sonner toutes les 20 minutes. Et rapidement,je me importante, les marins sont victimes d'hallucinationssuE réveillée avant la sonnerie »,raconte-t-eOe.Pour hypnagogiques,prévient le Dr Bertrand de la Gioptimiser ses périodes de sommeil, Catherine a clais, attaché de recherche au centre du sommeil àrencontré des médecins spéciahsés sur le sujet. Elle L'hôtel-Dieu de Paris,praticien au centre hospitahera appris à reconnaître les moments propices à l'en d'Anemasse-BonneviUe,et qui suit des navigateursdormissement,et depuis elle utilise des méthodes de depuis plus de 12 ans. La peur de ne pas se réveillerrelaxation inspirées du yoga ou de la sophrologie déclenche une trèsforte anxiété au moment de l'enpour se reposer dès qu'elle est fatiguée et tomber dormissement. En temps normal,l'organisme inhibeplus vite dans un sommeil profond et réparateur. cette anxiété au cours du premier quart d'heure d'en trée dans le sommeil. Mais s'il y a tmeforte dette de Comme elle,les navigateurs font de plus en plussouvent appel à des spécialistes. Car, en mer. le 75
fhphysiningipdijsnmmpilsommeil, cette inhibition n'a pas le temps de sefaire.Une anxiété trèsforte apparaît, quiprovoque des hallucinations. » Ces hallucinations,tout le monde a pules expérimenter à petite échelle; on se met à entendre des bruits bizarres, une porte qui claque parexemple. Mais en mer,le phénomène est exacerbé.« J'ai vu des navigateursfoncer sur des rochers. Unautre quicroyaitse retrouver à la campagne au milieudes moutons. Un troisième qui annonçait à la radioqu'il passait la barre à son beau-père pour aller chercher les croissants alors qu'il étaitseul à bord. Heureusement, il s'est réveillé en mettant le pied dansl'eau!Si la dette de sommeil est trop importante, celapeut vite tourner au délire », poursuit le médecin.D'AUTRES STRATÉGIES DE REPOS ces moments-là, on peut avoir des sommeils-flashs: on ne s'endort que2ou 3 minutes. On a montré que En dehors de ces situations extrêmes,l'engoue ces sommeils éclairs étaient très efficaces pour augment des navigateurs pour une approche scienti menter la vigilance. » Comment les détecter? Il suffique de leur sommeil a une dernière explication, fit de passer une nuit sans dormir,et de noter sesque donne Michel Tiberge,directeur du centre du heures de moindre vigilance. Cela donne une presommeil de l'hôpital Rangued,à Toulouse,et spé mière indication.Ensuite,ilfaut bien se connaître,etcialiste lui aussi du sommeil des navigateurs. « Ces savoir écouter son corps. Un bâillement, un coupdernières années, les écarts entre les coureurs se sont de pompe,sont des signes à ne pas laisser passer.resserrés. Alors naturellement, ils ont cherché à augmenter leurs performances. Ils ont vite vu qu'il était LES PORTES DU SOMMEILimportant de pouvoir récupérer dès que les conditions météo et de navigation le permettaient. » Une Quand les conditions de navigation le permettent,constatation que Claudio Stampi, fondateur de ces portes du sommeil ouvrent surtout sur un véril'Institut de recherche chronobiologique à Boston table sommeil qui permet de récupérer de la fatigue(Massachusetts)avait déjà confirmée en 1989.Dans physique. Laurent Bourgnon,qui a servi de cobayeune célèbre étude parue dans le magazine Work and au Dr Bertrand de la Giclais pendant 4 ans, estStress et incluant 99 navigateurs,il montre que lesstratégies de sommeil polyphasique augmentent les devenu un virtuose en la matière. Il a effectuéperformances en cas d'effort prolongé. plusieurs courses avec des électrodes sur la tête: une « Le sommeilpolyphasique, c'est un sommeil an- sur chaque hémisphère du cerveau,pour enregistrercestral que l'homme utilisait quand il était tine proie l'activité électrique cérébrale; une autre au niveaupotentielle, explique Michel Tiberge. Il n'était pas du menton pour juger de la tonicité des muscles dequestion alors de dormir8 heures d'affilée!Comme la mâchoire,ce qui donne une bonne indication deles autres animaux, l'homme dormaitpar tranches. » la phase de sommeil dans laquelle on se trouve;Le sommeil polyphasique a été mis en évidence une autre, parfois,au niveau de l'œU pour en enre gistrer les cUgnements caractéristiques de la phasechez les mammifères dits « menacés ». Ceux-ci de sommeil paradoxal. Résultat:en transatlantique ou en course type « Figaro », Laurent Bourgnonadoptent un rythme fractionné d'activité et de repos dort 4 ou 5 fois une heure par 24 heures. « Et avecpour se protéger de leur environnement. Le petitde l'homme,à sa naissance,présente lui aussi unsommeil polyphasique,rythmé par les repas. Maiss'il adopte très vite un sommeil monophasique,l'homme est capable de revenir à la polyphasie sison environnement social ou professionnel l'exige. Pour retrouver ce sommeil ancestral, il faut déterminer ce que Stampi a baptisé « les portes dusommeil »:des instants propices à l'endormissementqui correspondent à des débuts de cycle. Ces portesdurent quelques minutes. Et savoir les repérer peuts'avérer fort utHe,comme l'indique M.Tiberge: « A76 Pour vous abonner: www.excelsior.fr
À ► Laurent Bourgnon l'a Laurent Bourgnon va beaucoup plus loin. Car testé : dormir sur commande profiter des portes du sommeil pour s'endormir à 4 à 5 fols une heure par 24 certains moments de la journée ou de la nuit, c'est heures lui permet de rester bien. Sauf que ces moments ne coïncident pas forcé éveillé lors des longues traversées en solitaire. ment avec une météo stable. L'idéal est donc de ça, je suis au top de ma forme, exulte le navigateur. pouvoir s'endormir sur commande, dès que les J'ai même dormi comme cela pendant des mois, à conditions le permettent. Comment ? Par l'autohyp- terre, à despériodes de rush ou de fête. D'ailleurs, ce nose. « J'ai rencontré ily a quelques années Gérald sommeil est utilisépar un certain nombre d'hommes Arcas, un hypnotiseur ».raconte Laurent Bourgnon. politiques ou des chefs d'entreprise qui n'ont pas le temps défaire autrement. » UN CAS À PART Mais comment font-ils ? Première condition pour Le rendez-vous est pris en plein après-midi, après adopter un sommeil polyphasique : se mettre en une bonne nuit de sommeil. Il a lieu dans une pièce dette de sommeil. Laurent Bourgnon, par exemple, bruyante qui donne sur les Champs-Elysées. Lau ne dort quasiment pas les premières 48 heures de rent Bourgnon s'allonge sur un lit de camp peu course. Le corps s'adapte alors en optimisant le sommeil. La part de sommeil léger, qui est un som confortable. « Je n'avais aucune envie de dormir. meil de transition, est nettement diminuée au profit du sommeillent profond, qui sert à se remettre de la L'hypnotiseur m'a parlé et, en quelques minutes, je fatigue physique, et du sommeil paradoxal, récupé-> rateur de la fatigue psychique. « Au lieu de passer donnais comme un bébé. » En tout,il dort deux fois 10 minutes. Les enregistrements de ses phases de\ 50 % de son temps en sommeil léger comme c'est le sommeil, effectuées pen: cas à terre, le navigateur n'enpasse que20 ou 30% », dant l'hypnose, montrent qu'il a vécu à chaque fois uni conclut Bertrand de la Giclais. Moins de sommeil épisode de sommeil lent profond. La nuit qui suit,> léger, mais du sommeil paradoxal et du sommeil deux petites heures de som meil lui suffisent pour se'i lent profond en quantité suffisante, voilà le secret sentir en pleine forme. Ini des navigateurs comme des petits dormeurs. trigué. convaincu, 0 retour ne voir l'hypnotiseur. Celui- ci lui donne les moyens de pratiquer l'autohypnose.Il lui donne, sous hypnose, une « clé », une image. «Ilme suffit d'activer cette image mentale, et je m'endors aussitôt, dans n'im porte quelle condition. Ilme suffit d'avoir accumulé unpeu de sommeil en retard. » Qu'en pense Bertrand de la Giclais, qui a assisté à l'expérience ? « Au début, j'étais e.xtrêmement dubitatif. Mais j'ai dû me rendre à l'évidence. Sur certaines personnes très réceptives, comme Laurent, l'autohypnose est efficace. En fait, ce n'est niplus ni moins qu 'une méthode de relaxation. » Une métho de remarquablement efficace. Et qui pourrait, com me d'autres méthodes de relaxation, faire l'objet d'une véritable éducation. Un cours de sommeil à l'école ? Quand il fait le bilan de ce que son expé rience lui a apporté. Laurent Bourgnon ne peut s'empêcher d'en rêver. Un souhait qu'approuve Bertrand de la Giclais; « Quand on observe les périodes de la journée où ily a le plus d'accidents de la route, on trouve comme par hasard qu 'elles cor respondent aux phases de moindre vigilance. Si tout le monde apprenait à mieux gérer son sommeil, ily aurait moins de morts sur les routes », conclut-il.I 77
3 physinlngjp du <;nmmpil vI \\ StEVEILSFORCÉS Dans le civi l comme dans l'armée, nombreux sont ceux qui ne dorment pas la nuit, ou qui n'atteignent que rarement leur quota d'heures. Les privations expérimentales de sommeil permettent de trouver les moyens d'amoindrir les conséquences de ces éveils prolongés... Par Didier Lagarde
Im/ Rester éveillé et bien réveillé, cela peuts'avérer vital dans certaines conditions. Jusqu'à quand reste- t-on lucide, et à quel moment devient-on un danger pour ses coéquipiers? Lesexpé riences de privations de sommeil cherchent à connaître ces limites.
■Ia physinlngjp du snmmpilOnle sait depuisl'Antiquité:laprivation prolongée de sommeil modifie l'humeur, Ce que provoque le manque altère les facultés de jugement et peut prolongé de sommeil :conduire à la démence et à la mort. En la contrôlant,de façon expérimentale, on cherche d'abord à mieux Uneteleprivation agit aussi : sensation de fatiguecomprendre le rôle du sommeil. Ce qui, en retour, sur les processus état dépressif. Irritabilité,devrait permettre d'aider tous ceux qui - des infir mentaux: manque de perte d'intérêt pour sonmières aux personnels navigants - travaillent de nuit concentration, périodes entourage et les événements,et ne dorment que rarement huit heures d'affilée. d'inattention, réduction de ia vigilance, lenteur dans et, bien entendu, envieC'est notamment le cas, dans la vie militaire, des l'action, mémoire à courtcombattants en opération. terme altérée, perte de la croissante et irrésistible de perspicacité, erreurs d'inter D'un point de vue physiologique, on classe prétation, illusions visuelles dormir. Les tâches les plusaujourd'hui leurs missions en deux catégories: les altérées sont celles qui sont« CONOPS » pour « continuons opérations » et les et désorlentation sont le lot« SUSOPS » pour « sustained opérations ». Les soutenues, sans stimuli,premières sont des opérations de longue durée et de commun de tous ceuxfaible intensité, pendant lesquelles les militaires routinières, de surveillance,peuvent bénéficier d'un repos compensateur, mais qui ne dorment plus. pas assez apprises, avecpas forcément nocttrme et généralement fractionné. une charge de travail élevée Leur tiumeur s'en ressent et/ou demandant des prises de décision complexes.Les secondes, moins étalées dans le temps, sont plus forte lumière est un moyen de prolonger l'éveil.intenses et n'autorisent aucun moment de repos. L'utilisation de drogues en est un autre, et la caféineMême de nuit, les combats se poursuivent, grâce aux est la plus ancienne d'entre elles : ainsi, c'est ensystèmes d'aide à la vision nocturne développés ces constatant l'excitation de ses chèvres qui broutaientvingt dernières années. des plants de caféier, qu'un berger yéménite déci Dans ce contexte, le seul facteur limitant n'est da, il y a 1200 ans, de faire des décoctions de caféautre que l'être humain. Il importe donc de pour résister au sommeil.connaître les moyens de gérer aumieux son manquede sommeil. C'est le but auquel répondent certaines LES MESURES DU SOMMEILexpériences. Ce que l'on cherche à obtenir, dans le La plupart des expériences de privation decadre de telles privations expérimentales de som sommeil ont été réalisées sur des animaux: chats,meil, c'est un éveil de qualité pendant une période rats et plus rarement primates. Chez l'homme, lessupérieure à la durée habituelle d'éveil. Lt ce, par expérimentations reposent sur différentes situationsdes méthodes physiologiques, ou pharmacologiques. simulant ou reproduisant un environnement réalis Notre vigilance est régulée par une horloge te. Des méthodes subjectives et objectives permetinterne située au cœur du cerveau, au niveau d'un tent alors de mesurer d'une part la somnolence,petit groupe de neurones baptisés noyaux supra- c'est-à-dire l'envie irrépressible de dormir, etchiasmatiques (voir l'article de DauviUiers p. 34). d'autre part la fatigue, à savoir la difficulté du cortexCette horloge est constamment remise à l'heure par préfrontal à fonctiormer.l'alternance jour-nuit. De ce fait, l'exposition à une Les premières s'appuient sur des questionnaires mettant en jeul'aptitude de301- Les effets pénalisants d'iine privation de sommeil 6000 L's l'homme à évaluer son ; propre raisonnement et son I % état psychique. Nombre de 5000 J ces questionnaires ont fait Jouri Jour 2 Jours 4000 -1u l(eSutrasnpforerduvSelese, pteinlsesles SScSaS-20 Nombre moyen de microsommeils 3000 1-| ■* Pour évaluer l'activité du10 - burée moyenne cumulée des microsommeils cerveau, l'EEG reste laméthode l*!*! I 1* 'I n 1 1 n n rrrrrrrrrrrii''rrrri rrrrrrrri Heures de privation de sommeil la plus précise. On réalise ici 2000 une étude de plusieurs jours 80 sur l'apparition des microsom- 1000 meils, leur fréquence et leur durée, en fonction des heures de privation de sommeil.
v »■ Dans la vie militaire comme dans le civil, de nombreusespersonnes exerçant des métiers à risques doivent rester vigilantes la nuit, et ne peuvent bénéficier d'heures de repos suffisantes. Mieux comprendre le rôle du sommeil devrait permettred'améliorer leurs conditions de travail. le), le POM (Profile Of Mood state), le SAM (U.S. parant l'extinction de la lumière et l'apparition de Air Force School of Aerospace Medicine subjecti divers stades du sommeil (Multiple Sleep Latency ve fatigue Mst), les échelles visuelles analogiques de Test), ou au contraire de noter ce qui se passe quand Bond et Ladder 'i*... Exception faite des privations on demande au patient de rester le plus longtemps prolongées, où les sujets finissent par manquer de perspicacité, leurs résultats sont le plus souvent possible éveillé (Maintenance of Wakefulness Test). parfaitement corrélés avec les mesures objectives, Les méthodes d'évaluation des performances elles aussi nombreuses. On y distingue des méthodes électrophysiologiques, d'autres visant à évaluer les donnent indirectement des informations sur le performances psychomotrices, cognitive et phy sique, d'autres encore fondées sur des entretiens niveau de vigilance. Différents tests y sont mis en psychiatriques répétés... œuvre, pour apprécier les capacités d'attention (test de barrage de signes), de reconnaissance spatiale, de L'enregistrement de l'électroencéphalogramme mémoire, de raisonnement grammatical, de pour est sans doute la méthode la plus précise pour éva suite visuelle (Stantardized Tests for Research with luer l'état d'activation du cerveau. Il s'agit néan Envirorunental Stressors des pays de l'Otan)... En moins d'une investigation lourde, qui nécessite la laboratoire ou sur le terrain, les performances pose d'électrodes sur le cuir chevelu et le recueil physiques sont évaluées par la mesure de la d'un signal EEG de l'ordre du microvolt. Elle peut puissance mécanique des muscles extenseurs des être réalisée en continu sur plusieurs jours: onpour ra ainsi détecter des moments de microsommeil, noter leur durée et leur fréquence d'apparition, et définir un index de somnolence lors de l'analyse du signal (voir le tableau ci-contre). L'enregistrement peut aussi s'effectuer à des moments choisis du nyc- thémère:ilest alors possible de mesurer le temps sé-I I - Un test d'évaluation du risque (Evar) a été récemment développé en France par Sicard pour évaluer l'influence des contraintes observées en ^ opérations spéciales, et notamment de la privation de sommeil, sur la -r prise de risque dont on sait qu'elle influence elle-même la prise de décision.Pour vous abonner : 01 4648 47 81
n a physinlngjp du snmmpil jambes ou encore de la force de préhension de la Ses effets seront aussi variables en fonction de sa main.Et ce, après une à quatre nuits d'insomnie totale. Ou encore suite à des privations sélectives durée. Au bout d'un certain temps d'insomnie,tout de certains types de sommeil: paradoxal ou lent,de travail devient pénible. Certaines tâches sont alors plus difficiles que d'autres à effectuer. Et ce,d'au début,de milieu ou de fin de nuit tant plus qu'elles sont complexes,sans intérêt, de longue durée,voire encore insuffisamment maîtri Bien que le rôle exact et complet du sommeil ne sées. Celles qui comportent une charge de travail soit pas encore parfaitement connu,de nombreux importante font l'objet de fautes d'inattention. Les travaux ont montré qu'il a une fonction restauratri tâches routinières présentent,quant à elles, une ré ce,permettant entre autres de réduire la vulnérabi duction importante du taux de réponses en raison lité au stress. L'absence totale et prolongée de du manque d'enthousiasme et de motivation. Les sommeil est,comme nousl'avons dit,mortelle. Chez performances physiques,elles,ne sont affectées que le rat, après 5 à 6 jours d'insomnie forcée, les pour des atteintes sévères de l'intégrité physique. animaux présentent un degré de stress élevé accom Enfin,outre la fatigue et l'irritabilité,la privation pagné de lésions cutanées,de désordres moteurs et de sommeil peut susciter un sentiment de persécu de perte de poids, d'une baisse considérable de tion et entraîner des périodes de désorientation ainsi l'activité électrique du cerveau et d'ulcères diges qu'une incapacité à se concentrer. Ce qui,dans le tifs.Ils meurent,selon les cas,au bout de 3à 33jours domaine militaire,peut être lourd de conséquences. de privation totale de sommeil. Ces altérations de l'état psychique peuvent appa DES EFFETS VARIABLES raître après deux nuits de privation.Plusfréquentes, les baisses d'attention deviennent aussi plus impor Chez l'homme,on sait que les effets sont égale tantes:le sujet peut percevoir desinformations,sans pour autant les enregistrer. La capacité d'initiative ment variables suivant les individus et l'environne et la motivation décroît,la perspicacité est réduite, et la performance comme les capacités à la réaliser ment. Si l'on fait abstraction des pathologies aux sont surestimées.Parallèlement,la mémoire à court quelles l'âge peut nous exposer,il semble n'avoir terme est altérée. Sur le plan physique,surtout chez qu'un impact relativement mineur. On reste toute ceux qui ont pour mission de surveiller des écrans, fois plus vulnérable entre 40 et 60 ans qu'avant. c'est d'abord une fatigue visuelle qui se manifeste. D'un autre côté,on ne réagit pas de la même ma La sensation de faim est aussi augmentée.Et plus nière à une privation de sommeil selon que l'on est la dette de sommeil augmente,plus les effets sontin un gros ou un petit dormeur,un matinal ou un adep tenses(voir l'encadré page précédente). Au bout de te des grasses matinées. Le bruit,la température, 48 heures de privation totale de sommeil,les per l'altitude,le confort,l'environnement psychosocial, formances psychomotrices et cognitives sont en gé la motivation,la connaissance de nos performances néral réduites de moitié(voir les figures ci-dessous). et la manière dont on vit la situation jouent égale ment un rôle important. Enfin,selon le moment où Pour réduire les effets pénalisants de ces priva l'expérience se déroule,la dette de sommeil déjà tions et d'un éveil prolongé au-delà des limites phy accumulée,la prise ou non d'une aide alimentaire siologiques,notamment lors d'opérations militaires, ou pharmacologique,la privation de sommeil n'aura pas les mêmes influences. w Les aptitudes psychomotrices etcognitives, mesurées 2- Comme toute expérimentation humaine, les privations de sommeil ici à i'aide de quatre types de tests,sontvite influencées par sont régies par la loi Huriet Elles ne peuventse faire sans l'aval du CCPPRB ie manque de sommeil:au bout de 48 ti de privation totale, (Comité consultatif pour la protection des personnes en recherche bio nos performances sont généralement réduites de moitié. médicale). et respeaent les normes en vigueur sur les pratiques de labo ratoire (présence d'un médecin responsable de l'expérimentation, d'un%de cliangemement pharmacologue en cas d'administration de substances,d'un réanimateur...) 50, 50^25.G-25 --50 --75 --100._ i-r- IIIII 36 I I I I I I I I -1O0 12 24 48 60 Heures d'éveil 82
on peut,comme nous l'avons dit au début de cet ar A Une étude deticle, recourir à plusieurs types de mesures. Il est privation ded'abord conseillé de ne pas débuter de telles opéra sommeil est lourtions avec une dette de sommeil. Respecter les de à mettre enheures habituelles de coucher et de lever,son quota de sommeil,est indispensable pour garder un œuvre. Les signeséveil de qualité et des performances optimales le vitaux, les ondesplus longtemps possible. On peut également ac cérébrales ainsi qu'une batterie decroître sa résistance au sommeil en faisant une tests cognitifs suivent l'état du« provision » de sommeO quelques heures avant le sujet(Nasa).début des opérations:une sieste dans la période dujour où l'on est le moins vigilant, entre 14 h et 16 h, un retour d'information concernant ses perforsi la privation doit commencer le soir même.Un ré mances, et une bonne motivation. Qui plus est,gime alimentaire léger et essentiellement protidique toutes ces mesures ont un effet limité dans le temps.peut également aider ou favoriser le maintien d'un Le recours à certains médicaments peut alors peréveil; une alimentation trop abondante et riche en mettre de rester efficace plus longtemps. Les plusglucides favorise en effet la somnolence. étudiés,en milieu militaire,sontles amphétamines, la caféine et le modafinil. Les amphétamines ont D'autres « petits » moyens existent, qui ne sont surtout fait l'objet de recherches de la part des Anpas toujours apphcablessur le terrain des opérations glais(Pémoline)et des Américains(Dexédrine).militaires,comme la prise de douches froides,le La caféine,elle,a été étudiée essentiellement par leschangement fréquent de poste de travail, un éclai- Suisses et les Français(caféine à libération prolonrement suffisant, une température plutôt fraîche. gée). Quant au modafinil,son action a été analyséeh3iôu ; n jtiîs -100
Ilaphysiolngjp du snmmpilen grande partie par des Français et des Canadiens. v Avec l'amélioration destechniques,lessystèmes d'aide Si la prise d'amphétamines est tolérée voire à la vision nocturne,etc., les activités militaires se poursui vent même la nuit. Le dernierfacteur limitant est humain,etrecommandée dans certains cas(US Air Force et les travaux sur le sommeil cherchent à le maîtriser...US Army),aucun texte réglementaire régissant defaçon officielle la prise de substances pharmacolo- Les privations expérimentales de sommeil pergiques n'existe. Seules sont disponibles des recom mettent de simuler de la manière la plus sûre et lamandations ou des décisions temporaires en liaison plus exacte de nombreuses situations où le rythmeavec une situation militaire donnée. C'est ainsi que veille-sommeil est altéré. Elles permettent ainsi dela Pémoline fut longtemps préconisée par la Royal déterminer les limites au-delà desquelles un hommeAir Force,jusqu'à ce que d'importants problèmes de ne peut plus remplir sa mission et va mettre en jeutoxicité sur le foie apparaissent et entraînent sonretrait du marché.La Dexedrine,en dépit de ses sa sécurité et celle de ses camarades. Ces étudeseffets secondaires bien cormus,reste recommandéeà faible dose en cas d'opérations soutenues par donnent aussi les moyens de définir les mesurescertaines branches de FUS Army, comme par physiologiques ou pharmacologiques pouvantexemple celle des héhcoptères de combat. réduire les effets pénaMsants observés.COMMENT RÉSISTER De par la lourdeur de leurs protocoles,mais aussi pour des raisons d'éthique qui acceptent plus faci Les recherches menées sur la caféine à hbération lement que l'on cherche à améhorer le sommeil qu'à prolongerl'éveil,ces expérimentations se font rares.prolongée ont mis en évidence ses propriétés phar- Elles sont le plus souvent réalisées en milieumacocinétiques, pharmacodynamiques et la quasi- militaire, où la gestion des rythmes veille-sommeilabsence d'effets secondaires. Les publications font en situation opérationnelle commence à se dévelopétat d'un effet éveillant de bonne qualité, pouvant per dans plusieurs pays de l'Alliance. Ainsi, lepersister plus de 48 heures lors de prises répétées sommeil bien compris et convenablement maîtrisétoutes les 12 heures, mais aussi d'une capacité à ne devrait plus être l'ennemi du militaire, mais auresynchroniser les rythmes biologiques après un voltransméridien. Son action pourrait moduler la contraire son fidèle allié.Isécrétion de mélatonine. 3- En 1984 lors de la campagne de l'Atlantique Sud, plus connue sous le nom de guerre des Malouines, un autre type d'hypnotique a été utilisé. Le modafinU,enfin,est utUisé pour le traitement Les pilotes d'avion de transport de la Royal Air Force ont pu bénéficier dedes narcolepsies et des hypersomnies idiopathiques. doses de 20 mg de Témazépam pour obtenir un sommeil réparateur auC'est une molécule éveillante d'une puissance com cours des six heures de repos qui leur étaient accordées.parable à celle de l'amphétamine, mais sans effetssecondaires majeurs.Son mécanisme d'action estencore peu connu, mais semble très différent decelui des amphétamines. Étudié dès 1978 par leCentre d'études et de recherche en médecine aérospatiale, ce produit fait maintenant l'objet derecherches dans de nombreux pays dont les États-Unis,où il a reçu l'agrément de la Food and DrugAdministration. En France,il est réservé aux situations de survie ou de sauvetage. Les drogues à effet hypnotique peuvent aussi êtremises à profit pour facihter un sommeil de récupération ou une sieste prophylactique. En effet, denombreuses situations mihtaires ne permettent pasau combattant placé dans un contexte de guerre des'endormir rapidement et d'avoir un sommeil dequalité. Un hypnotique à courte demi-vie et comportant peu ou pas d'effets secondaires,comme leZolpidem,peut alors être d'une aide précieuseCette sorte de « repos sur ordre »,s'il permet dedormir dans un contexte difficile, ne peut en aucuncas être utilisé en vol en raison de la dinée d'actionde la molécule et de ses effets sur la réactivité.84 Pour vous abonner:wvvw.exeelsior.fr
Où se forment nos songes?
DE QUOI REVE-TQu'ils soient agréables ou cauchemardesques,que nous le voulionsou pas, les rêves sont les compagnons de toutes nos nuits. Maisd'où tirent-ils leur inspiration et ont-ils une quelconque utilité?Par Joseph de KoninckLes rêves représentent souvent le côténégatif des choses:angoisse et anxiété yprédominent.(Robin Williams dans le filmWhat dreams may corne).
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lÀ la snurcp dp<;rôs A Les trois quarts de nos rêves se rapportent à la journée précédente. Le Tousrêveurs,nous savons que les songes quart restant peutfaire Intervenir desfaits vécus une semaine auparavant incorporent des éléments de notre vie éveillée. Près de 70% d'entre eux se rappor les rêves tme fois seulement leiu\"imprégnation faite. tent à la journée précédente;ce chiffre diminue au On peut alors s'interroger sur ces traces remon fil desjours passésjusqu'aux événements vécus une semaine auparavant.On note ensuite une recrudes tant très loin dans le passé de l'individu. L'un de cence des faits datant de sept à huit jours. Le neurophysiologiste français Michel Jouvet a été le nos collaborateurs vient de mener tme étude stu\"les premier à le rapporter.11 a étudié ses propres rêves pendant plusieurs armées,notamment au cours de rêves de femmes âgées de 60 à 77 ans. Celles-ci ont tenu un journal de rêves pendant une semaine et ses voyages. À cette occasion,le chercheur a obser dormi tme nuit au laboratoire potir des collectes de rêves liés au sommeil paradoxal. Elles ont alors vé qu'im délai d'une semaine s'écoulait avant l'in identifié la période de leur passé à laquelle se réfé tégration onirique de son nouvel environnement. rait chaque élément onirique (personnages,lieux, Même phénomène lorsqu'on expose en laboratoire objets,événements,activités).Comme prévu,la plu des sujets à des stimulations troublantes, par part d'entre eux remontaient à un passé récent(un exemple un film d'horreur:il se passe parfois plu jour à une semaine précédente)avec une baisse pro sieurs jours avant l'apparition des éléments du film gressive des événements du passé moins récent.Plus dans leurs rêves. Cela montre que le rêve peut être très sélectif et peu empressé de représenter les étonnante fut la recrudescence de références liées à expériences saillantes de la vie éveillée. des expériences vécues voilà plus de 40 ans,lorsque LES RÊVES ET LA MÉMOIRE les rêveuses étaient adolescentes ou jeunes adultes. Nous avons demandé à huit sujets de porter Comme le montrent aussi des études américaines pendant quatre jours consécutifs,des prismes inver sant leur champ visuel de haut en bas. La journée, sur la mémoire autobiographique,cette période de l'adolescence demeure particulièrement saillante ils effectuaient des tâches visuelles et motrices afin dans la mémoire toute la vie. Avec,à la clé, une de réapprendre leur coordination visuomotrice. Durant les deux dernières nuits de l'expérience, nous avons collecté leurs rêves à toutes les périodes de sommeil paradoxal. Résultat:la proportion de ce stade s'accroît par rapport aux nuits de référence. Ce qui conforte l'hypothèse de son rôle sur l'ap prentissage etla mémoire.Plussurprenant,la moitié seulement des sujets a rapporté un ou plusieurs rêvesfaisantréférence à l'inversion du champ visuel. Une autre série d'expériences consistait à étudier le sommeil et à enregistrer les songes de personnes qui suivaient des cours intensifs d'une seconde langue(des anglophones apprenant le français)sur six semaines.Encore une fois,le sommeil paradoxal augmentait durant l'immersion; et un délai de plusieursjours,voire de semaines,s'écoulait avant l'intégration de parcelles de la nouvelle langue.Mais ce phénomène-comme dans l'étude sur l'inversion du champ visuel-apparaissait plus tôt et en plus grand nombre chez les sujets mieux adaptés à la nouvelle donnée. Qu'en déduire? Mémoire et apprentissage dépendraient effectivement du sommeil paradoxal, mais pas du contenu ni du déroulement des rêves. En jeu, ce serait donc le substrat neurophysiologique du sommeil paradoxal. Le rêve,lui, ne refléterait que le résultat de l'ap prentissage accompli. En d'autres termes,certaines traces mnésiques deviendraient disponibles pour88
A Notre adolescencea desrépercussions directes sur le contenu de nos rêves. Des personnes âgées peuvent ainsi se référer à desfaits datant de plus de 40 ans.A Le rêvetransforme la réalité.Tout élé répercussion directe sur le contenu des rêves.ment réel devient méconnaissable à une Malgré certains principes communs,les mémoiresautre personne à qui Ton raconte le rêve. des rêves et de la vie éveillée fonctionnent diffé remment.En témoigne la sélectivité des rêves. A côté de leurs contenus sexuels dénués de censure,ils n'intègrent pas certains types d'activités comme lire, écrire et calculer, pourtant prédominantes dans la vie éveillée de la plupart d'entre nous. Plus remarquable encore,le fait que les éléments diurnes intégrés aux rêves subissent des transfor mations majeures. Au point, même,d'être mécon naissables par toute autre personne que le rêveur. Dans l'une de nos expériences, des personnes dé crivent d'un côté leurs rêves et de l'autre,les activi tés et préoccupations de leur journée précédente; puis on demande à desjuges de jumeler,sans indi ce préalable,les deux formes de récits. Résultat:les jumelages corrects ont à peine dépassé le niveau du hasard... même si le juge est un psychologue chni- cien. On a donc beaucoup de difficultés à recon naître les éléments de la vie quotidienne dans les 89
lÀ la source des rêvesrêves d'autrui. Les rêveurs eux-mêmes,oui.Ils peu mars. Ils se caractérisent par un contenu élaboré etvent retrouver dans leurs songes les différentes très anxiogène, et une survenue durant les dernièrestraces de leur passé proche ou lointain. périodes nocturnes de sommeil paradoxal. A l'in verse des terreurs nocturnes, qui, elles, apparaissent Cela explique que les chercheurs peinent à dé en début de nuit et au cours des périodes de somcouvrir les caractéristiques de la personnahté,de la meil lent profond (sommeil à ondes lentes). Ré veillées à ce moment-là, les personnes se souvienculture et des rôles sociaux dans les rêves. Loin nent rarement du contenu mental imagé et détailléd'être le reflet direct de la vie éveillée, ceux-ci de leur terreur nocturne; elles éprouvent plutôt uneconstituent-comme l'a proposé Jung-une expres sensation d'étouffement fatal. Les causes des causion très imagée et nouvelle de la réahté psychique.Au-delà de la reproduction,ils étabhssent des Mens chemars? On les connaît peu. D'autant que les cau chemars apparaissent spontanément chez les ennouveaux entre les éléments de la veille et les mul fants: 25 à 35 % des enfants de trois à six ans ettiples souvenirs accumulés dans la mémoire.Piagetconcevait le rêve comme un acte pur d'assimilation, 20 % de ceux de 10 ans en souffrent réguhèrement. Ce phénomène diminue à l'adolescence pour se sisans contrainte du monde extérieur. Ces nouveaux tuer autour de 5 % chez l'adulte. Des enquêtes ré centes révélaient que la moitié - au moins - desrésultats suggèrent plutôt un acte associatif. Selonle psychiatre Hartmann,de l'Université Tufts au adultes avaient des cauchemars occasioimels.Massachusetts,c'est pour cette raison que nos rêvesécartent les activités trop dirigées telles la lecture et On dispose toutefois de quelques éléments. Déjà,l'écriture. Ils disposent au contraire d'un hbre accès il semble y avoir une prédisposition héréditaire.aux banques de la mémoire et de la possibilité de D'après une récente étude, la majorité des parentscombiner plusieurs éléments sans obéir à la logique d'enfants affectés de cauchemars fréquents enet aux lois de la physique. D'où une exploration avaient eu aussi durant leur enfance. À l'inverse,presque illimitée de scénarios et d'images souvent très peu de parents d'enfants sans cauchemars entrès créateurs. Nombre d'œuvres artistiques ou bien avaient souffert dans leurs jeunes années.de découvertes(formule du benzine par Kékulé,mécanismes de la transmission nerveuse par Loewi) STRESS ET CAUCHEMARSen ont découlé. Sur le plan personnel, le rêveexplore ainsi des solutions à nos problèmes.Pour À défaut de les prédire, nous savons que la frécomprendre ce mécanisme,un de nos projets de recherche consiste à comparer les stratégies utilisées quence des mauvais rêves augmente dans les pédans la vie éveillée et dans les rêves. riodes de stress. Les enfants les attribuent souvent L'une des caractéristiques étonnantes du rêve est à des émissions de télévision marquantes. Autreson côté négatif. Agression et anxiété dominent,lesscénarios catastrophes y ont cours. Dans les expé facteur déclencheur, les traumatismes. Ils sont susriences d'inversion du champ visuel ou d'apprentis ceptibles de provoquer des cauchemars récurrents,sage d'uneseconde langue,les rêves exprimaient plusune frustration devantla tâche à accomplir que l'ap dont le contenu est directement lié au choc.prentissage de langue ou de coordination.Une personnesoumise à D'ailleurs, les critères de syndrome de stress post-l'inversion visuelle a rapporté le traumatique incluent la présence de ces mauvais rêves. Nombre de situations peuvent en être resrêvesuivant:« Ilavaitalluméleslu ponsables: drames personnels,mières etj'essayais de les éteindre mais aussi catastrophes natumais je n'en étais pas capable. Je relles, guerres et attentats terrojouaisavecdes boutons.J'avaisdeladifficulté carje voyaisà l'envers. » ristes. Les événements du Or,ce mauvais aspect des rêves 11septembre 2001survenus auxpeutdevenir envahissant,au point États-Unis ont engendré une red'avoir un impact néfaste sur le crudescence de troubles du somrêveur. C'est le cas des cauche- meil et de cauchemars chez les *■ Les enfants font spontanément des cauchemars. Ce phénomène diminue à Américains. D'après Freud et d'autres auteurs, les cauchemars l'adolescence et subsiste à une fré quence moindre chez l'adulte. liés aux traumatismes vien draient « rappeler à l'ordre » le rêveur pour qu'il résolve son problème. Cauchemars et troubles de sommeil vont souvent de pair. Insomnies ou réveils prolongés90
Les traumatisnies peuventdéclencher des cauchemarsrécurrents. On a ainsi observéune recrudescence de troublesdu sommeilchezlasAméricainsaprès le 11 septembre.peuvent ainsi réduire la quantité et la qualité du sualisation à le déclencher.Sans oublier les appareilssommeil.Pire,les cauchemars pourraient engendrer capables de signaler au dormeur qu'il est en som-des troubles physiques. C'est en tout cas ce que sug meO paradoxal,donc en train de rêver. Mais restonsgère un psychiatre de l'Université McGill à Mont prudents. La méthode ne « marche » pas sur tout leréal,sur la base d'études effectuées chez des pa monde,et elle nécessite parfois de longues périodestients souffrant de troubles psychosomatiques.Autrement dit,le rêve anxiogène serait susceptible d'essai avant d'aboutir à un résultat. Autre inconde provoquer certains maux comme les migraines. vénient: certaines périodes de lucidité onirique Comment s'en libérer? Il n'existait jusqu'à pré « coïncident » avec des tracés électro-encéphalo-sent que deux approches. La première consiste à graphiques d'éveil. Cela pourrait avoir un impactréduire,par moyens pharmacologiques,la quantité sur la quahté du sommeil et son pouvoir réparateur.de sommeil paradoxal:on empêche ainsi la production de rêves,bons et mauvais.Ce faisant,le sujet est Reste ime approche toute récente etfort prometprivé d'im stade de sommeil soupçormé dejouer un teuse,la répétition de l'imagerie. A partir des récitsrôle important dans l'apprentissage et la mémoire. de cauchemars,on en imagine une version positiveLa seconde approche est la psychothérapie,souvent qu'ils'agira de visualiser mentalement avantle somd'orientation psychanalytique;encore faut-il accepter meil. Avec succès,semble-t-il. L'une de nos collasa durée et son coût. Heureusement,on dispose au boratrices a ainsi traité une vingtaine d'enfants âgésjourd'hui de moyens plus simples telle la suggestion de 9 à 11 ans et affectés de fréquents cauchemars.préhypnique. Plusieurs années de recherche ont Comparativement à un groupe contrôle(mis en at tente de traitement),elle a constaté une forte réducmontré sa faculté à rendre le contenu des rêves tion de leur survenue-passant de deux cauchemars par semaine à moins d'un par mois. Et ce,grâce àmoins anxiogène. Dans le même registre,la tech une seule session deformation à cette technique,acnique du rêve lucide consiste à prendre conscience compagnée d'un suivi par téléphone. In fine, lesde son rêve; voire à en contrôler le déroulement. sources et mécanismes de formation des rêves deDéjà mentionné par Aristote,ce phénomène a été meurent encore largement méconnus. Mais nousbien décrit et étudié par Hervey de Saint-Denys,en disposons aujourd'hui de différentes méthodes ca1867. On a montré plus récemment l'efficacité des pables d'en influencer le contenu et, ainsi, d'en éU-suggestions préhypniques ou des exercices de vi miner les aspects les moins agréables.I 97
lÀ la mœ fjps rpvpsou SE FORMENTOn les croyait propres au Celafaitbientôtcinquanteansquelesommeilsommeil paradoxal. On saitaujourd'hui que les rêves se paradoxal a été décrit pour la première foisproduisent également dans par les Américains Eugène Aserinsky etd'autres phases du sommeil. Ce Nathaniel Kleitman. C'était en 1953. Six ans plusqui complique la recherche de tard, Michel Jouvet donnait ses différentes compo santes anatomiques. Et, depuis, les débats n'ontleur localisation. cessé de faire rage quant au moment privilégié d'apparition du rêve durant le sommeil, et à sa Par Joseph de Koninck source neurophysiologique.Et ce,d'autant plus que ces dernières années, les techniques d'étude du w Le rêve résulte-t-il de sommeil ont fait de grands progrès. l'activation deszones infé Dans leurs observations, Aserinsky et Kleitman notaient que 80% des personnes que l'on réveillait rieures ou supérieures du cerveau ? La question, se souvenaient de leurs rêves si elles étaient à ce mo encore débattue, trouvera bientôt réponse grâce, ment-là en sommeil paradoxal.En revanche,peu notamment, à l'imagerie de rappels de rêves étaient obtenus pour des réveils cérébrale.(Images IRM.) provoqués durant d'autres stades du sommeil.Chez les scientifiques comme dans le grand public,ces résultats ont lié de façon inextricable rêve et som meil paradoxal. Les mouvements des yeux caracté ristiques de cette phase du sommeil semblant coïn cider avec l'acuité visuelle du rêve,on a même cru à un isomorphisme entre les deux.Dans les années 60,des recherches plus poussées,comme celle de l'Américain David Foulkes,ont néanmoins démon- il92
NOS SONGES?tré que l'on pouvait obtenir des rêves à partir de meil paradoxal a provoqué l'engouement des neun'importe quel stade de sommeil,et à tout moment rophysiologistes.Rapidement,ils se sont mis à cherde la nuit. Reste que c'est en sommeil paradoxal cher,dansles générateurs cérébraux du sommeû paqu'on trouve les rêves les plus vivants et les plus radoxal,le principe déclencheur des rêves et lesélaborés,de même que les cauchemars,comme en bases neurophysiologiques de leurs contenus si partémoigne la figure page 94. ticuliers. Au tournant des années50,Michel Jouvet a ainsi démontré chezle chat,par une série delésions,UNE ASSOCIATION ÉTROITE de stimulations et d'électro-encéphalogrammes,que c'est la région pontine du tronc cérébral qui est res Chez le jeune adulte, en temps normal,la nuit ponsable des principales caractéristiques du somcommence par la rêverie de l'endormissement,la meil paradoxal. En détruisant chez le chat le locusquelle est souvent trèsimagée par saforme mais peu cœruleus qui y est situé, il a ensuite constaté queélaborée sur le plan du scénario.S'ensuit le sommeil l'animal avait des comportements oniriques; il selent profond (stades III et IV),durant lequel on levait brusquement,ou semblait courir après uneretrouve des pensées et réflexions plus près de la proie imaginaire,tout en restantendormi.M.Jouvetréalité que de l'imagerie: en début de nuit, on est également parvenu à prouver que les structurespourra y observer des terreurs nocturnes,ces ré antérieures du cerveau(prosencéphale)sont incaveils brusques avec sensation d'étouffement mais pables de produire seules le sommeil paradoxal,etsans contenu mental élaboré, sinon la présence qu'elles ne sont pas essentielles à sa survenue.d'une peur extrême. Vient alors le sommeilparadoxal,pendant lequel on retrouve la majeure Pour expliquer ces résultats, Allan Hobson et sespartie de l'activité onirique. La séquence se répète collaborateurs de l'Université Harvard ont supposéquatre ou cinq fois par nuit,le sommeil paradoxal que le sommeil paradoxal était déclenché et mainteréapparaissant environ toutes les 90 minutes. Les nu par des cellules de la région médiopontine,alorscauchemars s'y produiront le plus souvent le matin. qu'il était inhibé par d'autres situées dans le locus cœruleus(localisé dans le premier étage du pont) L'association inextricable entre le rêve et le som 93
lÀ la source des rêves •4 On sait, depuis les années 60,que l'on peut rêver à tous les stades du sommeil et à toutes les heures de la nuit. C'est néanmoins en sommeil paradoxal (SP) que nos rêves sont les plus vivaces et les mieux élaborés.et le raphé dorsal. Associant toujours lesommeil pa certaines drogues,engendrent laradoxal aux rêves,la même équipe est allée plus loinen proposant que l'imagerie des rêves prenait sa formation de rêves aussi vivantssource dans la stimulation directe et indirecte du qu'en sommeil paradoxal. Le débat s'est enfin enrichi grâcortex par certaines cellules du tronc cérébral. ce à Mark Solmes,de l'universitéDES VOIES EMBROUILLÉES de Londres. Ses propos sont ve Selon cette école de « l'activation-synthèse »,le nus raviver la notion de rêve comrêve ne provenait pas des régions supérieures ducerveau, mais de l'association fortuite de pseudo me résultat d'activités des zonessensations générées d'abord au niveau sous-cortical.L'idée ne faisait pas le bonheur de tous. Que l'acti supérieures du cerveau. Selonvité onirique soit le simple résultat d'une activation Solmes,c'est en effet par le trude centres inférieurs du cerveau n'était pas pour chement des centres supérieurs du cerveau(pro-plaire aux psychiatres et psychologues du rêve. Qui sencéphale),reliés par un circuit dopaminergique,plus est,cela ne permettait pas de bien expliquer la que les phénomènes psychologiques du rêve pourprésence de rêves dans les autres périodes de som raient être produits. Pour étayer ses dires,il s'estmeil.Hobson trouva réponse à cette critique en ré appuyé sur des travaux déjà existants de pharmacotorquant que l'activité onirique émanant des autres logie,d'imagerie et de neuropsychologie.stades de sommeil était quahtativement « inférieu Plusieurs études ont montré que les patients dontre »,et engendrée par des mécanismes corticaux dif certaines voies nerveuses - carrefour temporo-férents.Ce qui provoqua un autre débat:le rêve est- pariéto-occipital ou quadrant ventro-médian duil le fait d'un seul,ou de deux générateurs? lobe frontal-ont été lésées sontincapables de rêver. Mais ces lésions sont sans effet sur la fréquence,la Plusieurs recherches,effectuées ces dernières an durée etla densité du sommeilparadoxal.Solmesennées, montrent que 10 à 30% du contenu des rêves a déduit que le sommeil paradoxal met en marcheprovenant de périodes de sommeil non paradoxal un système dopaminergique générant le rêve dansne peut être distingué de celui des rêves obtenus en les régions supérieures mentionnées plus haut,etsommeil paradoxal.Tore Nielsen,de l'université de particuhèrement la région préfrontale du cerveau.IlMontréal, a tenté récemment de réconcilier ces n'exclut pas toutefois que des stimulationspoints de vue. Selon ses hypothèses,les rêves du provenant d'autres centres,voire même desstimulasommeil non paradoxal seraient le résultat d'une tions extérieures, déclenchent également la forma tion de rêves dans les centres supérieurs: l'apparimanifestation dissociée de certains mécanismes du tion de cauchemars récurrents provoquée par une activité de type épileptique, au niveau du lobesommeil paradoxal (comme la baisse du tonus temporal,en est la preuve.musculaire,l'activité électrique...). D'ailleurs,la Ce modèle permet d'expliquer la présence deprivation de cette phase,tout comme l'usage de rêves élaborés en dehors du sommeil paradoxal. Il redonne également au rêve toute sa complexité psy chologique,et rétabhtson statut d'activité cognitive: les découvertes scientifiques faites à partir de rêves etles différentesformes de psychothérapies utUisant les rêves gardent ainsi leur légitimité. L'imagerie cérébrale permettra sans doute de trancher entre ce modèle et ses concurrents. Fournissant des images de différentes parties d'un cerveau rêvant, elle est une des voies les plus prometteuses dans rélucidation des mystères de la vie onirique.I94 Pour vous abonner ; vvww.excelsior.fr
6Comment devient-on insomniaque?Gérer ses insorrinies^ Les Datholoaieset retroyver ses nuitée du sommeil •r/'f f Hypnotiques:fe vrai risque ^ f\" : ïndancej *r; •• La maladie r::îfe# du « trop±' dormir »
mm ^ 1^ rt ^K^'t^rt'Çï^^®^^few- *f-*4 îft»Ssa«MESf »-. WSSfcfBî c
On ne passe pas sans raison une mauvaise nuit. C'est seulement lorsque le ptiénomène se.tépète et que la joijfnée suivante est imfianquablement peiufbée,que l'on pafe d'insomnie. ■it' il ' W-) s« , ... Souvent liée au stress, aux angoisses passagères, l'insomnie s'installe pas à pas. Mais elle ne 4 devient une véritable maladie que dans des cas extrêmes. PAR SYLVIE ROYANT-PAROLA
I PS pathnlngjps du'^nmmpil I al dormir une nuit est une expérience Ce n'est jamais sans raison que l'on dort mal une nuit. Une mauvaise nouvelle qui vous tombe dessus commune que nous connaissons (ou et vous trotte dans la tête sans relâche, une douleur pénible qui vous assahle. une gueule de bois après l connaîtrons!)tous. Mais pourquoi se ré- un diner trop arrosé, une chaleur excessive de la chambre... Toutes ces situations ont un point compète-t-elle toutes les nuits chez certains,au point de mun:elles relancent les systèmes d'éveil, qui doise transformer en un réel handicap avec des consé vent se désactiver pour laisser les mécanismes dequences pénibles sur la forme du lendemain? Cer sommeil se mettre en place. Mais si nous les avonstaines maladies psychiques ou physiquess'accompagnent d'insomnies. La moitié d'entre elles est tous vécues à un moment donné,nous ne sommesengendrée par l'anxiété et la dépression. Destroubles physiques gênants,comme les reflux gastro pas pour autant tous insomniaques.Plusieurs facœsophagiens ou les douleurs articulaires,en sont teurs rendent les mauvaises nuits chroniques:la réégalement à l'origine. Il existe néanmoins des situa pétition d'une situation nous éveillant et l'existence de maladies associées organiques ou psychiatriques.tions où l'insomnie semble survenir d'une manière Imaginez que toutes les nuits, et plusieurs foisincompréhensible. C'est le cas de l'insomnie psy par nuit, quelqu'un(ou quelque chose)vous emchophysiologique,qui se construit petit à petit, puis pêche de dormir ou vienne vous réveiller pendantévolue pour son propre compte,en véritable mala votre sommeil. Lorsque la situation qui provoquedie. C'est également le cas des insomnies hées à des cet éveU est source d'anxiété et se reproduit d'unepathologies spécifiquement déclenchées par le som manière répétitive,on aboutit au bout d'un certainmeil,comme le syndrome desjambes sans repos ou temps à un endormissement difficile ou à un éveilles troubles respiratoires hés au sommeil. qui se produit sans raison apparente.11 est en réah- té sous-tendu par des mécanismes subtils de condi L'insomnie se définit comme la plainte d'un mauvaissommeil.Elle se traduit par des difficultés d'en tionnement. Quand vous êtes confronté à une sidormissement,des réveils nocturnes, un réveil définitif trop précoce ou encore la perception d'un tuation répétitive, votre cerveau « sait » que voussommeil agité et non récupérateur.Pour parler d'in allez être réveillé et anticipe l'éveil. Ainsi, quandsomnie,il estindispensable que la quahté de lajour vous vous couchez,le signal de sommeil est remplanée soit perturbée par ce mauvais sommeil. Cette cé par celui de l'éveil.intrication jour-nuit est telle qu'il est impossible des'intéresser au sommeil sans comprendre ce qui se UNE LUTTE CONTRE LE SOMMEILpasse pendant l'éveU. C'est en effet dans lajournéeque le corpsfabrique les substancesindispensables à C'est une situation beaucoup plus courante qu'on ne le pense : ceux qui s'occupent d'un parent ayantl'organisation du sommeil de la nuit. À l'inverse,la besoin de soins ou dont les enfants se réveillentquahté de la nuit conditionne celle de la journée entermes de sensation de récupération,de vigilance, toutes les nuits pendant de longs moisla connaissent bien. Elle peut aussi faire suite à un traumatisme.de mémoire ou d'humeur. Adolescente,une de mes patientes a été violée au cours de son sommeil par son beau-père. Les nuits Û suivantes,elle s'est tenue éveilléejusqu'au petit ma tin en craignant qu'il recommence.Malgré une gran de fatigue,elle a continué de lutter contre le som meil. Puis, au cours du temps, une insomnie d'endormissement s'estinstallée et a persistéjusqu'à l'âge de trente ans. Au tout début,c'est la peur qui l'a tenue éveillée. Ensuite,alors que tout danger avait disparu,c'est l'empreinte inconsciente du sou venir dans sa mémoire qui l'a empêchée de dépasser sa peur. L'analyse de ses réactions et de ses émo tions, par un travail de psychothérapie,l'a aidée à surpasser son handicap. -4Parce qu'il stimule les systèmes d'éveil, le travail de nuitImpose d'ignorer lessignaux de sommeil. À la longue, il peut être res ponsable de difficultés d'endormissement.98 Pour vous abonner ; www.exceisior.fr
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