Important Announcement
PubHTML5 Scheduled Server Maintenance on (GMT) Sunday, June 26th, 2:00 am - 8:00 am.
PubHTML5 site will be inoperative during the times indicated!

Home Explore Atypeek Mag N°2

Atypeek Mag N°2

Published by Atypeek Mag, 2017-04-06 12:08:18

Description: Magazine collaboratif d'Atypeek (Musique - Mode - Design - Tattoo - Cinéma - Geek - Sub Culture - BD...) www.atypeek.fr

Keywords: Sub Culture,Music,Design,Cinema

Search

Read the Text Version

ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017 101


102 ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017 COMBINAISON DE CONTES ET D’AMOURS VÉGÉTALES, LE GÉANT VERT TRÔNE À LA 3e PLACE SUR LE PODIUM DES PERSONNAGES PUBLICITAIRES LES PLUS CONNUS AU MONDE. TOUT ÇA POUR DES PETITS POIS. COMME QUOI : PLUS C’EST GROS, PLUS ÇA POUSSE. LE GÉANT VERT03 02


Article par :Visuels : ® General Mills On a toujours besoin de petits pois chez soi », disait un petit oiseau à la fin des années 01 04 60, au profit d’une campagne de communication collective. Plus énergétiques que la majorité des légumes verts (81 cal/100 g), riches en vitamine C (25 mg/100 g), et OH ! OH ! OH ! bénéfiques pour leur apport en sucres solubles, en lysine et en fibres, les petits pois con- — stituent effectivement une base d’alimentation parfaite. Le slogan est tellement éclatant, se substitue si naturellement à la morale de La Fontaine « on a toujours besoin d’un plus En 1960, Géant Vert traverse l’Atlantique et arrive en France, en devenant la première petit que soi », au pied près, qu’on en oublie presque la formule originale. Et comme marque à commercialiser du maïs doux grâce à son unique boîte « L’Original ». À cette l’art du contre-pied est une constante en matière de publicité, quoi de plus efficace que même époque, la société lance ses premiers légumes surgelés : le bon géant s’adapte et le gigantesque pour parler du minuscule. adopte une posture qui le protège du climat, tandis que sa garde-robe se voit embellie L’Incroyable Hulk tirait-il sa couleur d’un régime alimentaire à base végétale ? Ou est-ce d’une longue écharpe rouge destinée à le mettre à l’abri des vents frais qui soufflent sur simplement par malice que notre esprit aime déduire des caractères en se basant sur des le marketing. Dans un autre contexte, on pourrait croire qu’il aurait été casté pour une codes couleurs ? Vert de peur, vert de rage, vert comme l’espoir ou comme la putréfaction, campagne Oscillococcinum… Mais non. Quant à son attitude définitive, celle qui l’a la couleur symbolise un vaste éventail de valeurs plus ou moins contradictoires. Mais rendu célèbre et iconique à nos jeunes années, elle a finalement été fixée en 1976, et il est une contrée où les choses sont plus simples et moins équivoques : le Minnesota, n’a guère bougé depuis. 03 terre du Géant Vert. Certes, dans les années 70, jugeant peut-être que le Géant Vert devait finir par se sentir Derrière le personnage, une grosse compagnie déjà séculaire : la Minnesota Valley Can- seul dans sa grande vallée, les responsables de la communication lui trouvèrent un ning Company, créée en 1903, à Le Sueur. Elle se destine essentiellement à la fabrication compagnon (au nom certainement plus euphonique avec l’accent d’origine) : Sprout de légumes en conserve, qu’elle commercialise sur le marché américain dès le début du 04 . Ce petit personnage, jeune « pousse » littéralement ingénue, n’était en réalité pas xxe siècle. En 1925, elle introduit dans sa gamme une espèce de petits pois plus grands seulement venu pour combler la solitude du grand, mais plutôt pour remplacer la que de coutume, auxquels elle donne le nom emphatique de « green giant great big voix off en apportant une touche didactique et tender peas ». Le positionnement commercial est de taille ; et pour allier le marketing renseigner le client sur le produit et les innovations à la communication des atouts intrinsèques de son produit, elle se dote trois ans plus de la marque – avec plus de trois mots cette fois. tard d’une figure de style : The Green Giant. Le bien nommé Géant Vert apparaît donc Au fil des décennies (bientôt neuf), et malgré des en 1928 dans la publicité. À deux détails près : il n’était pas vert et ne ressemblait pas à débuts légèrement tâtonnants, le Géant Vert s’est proprement parler à un « géant » 01 . C’était plutôt une sorte d’ogre trapu aux cheveux forgé une renommée exemplaire. L’illustre magazine hirsutes, qui n’était pas sans rappeler quelque caricature sortie des contes de Grimm, américain Advertising Age le classe en 3e position drapée dans un costume une pièce d’un style paléolithique, et dont les bras aux biceps parmi les icônes publicitaires les plus célèbres, tendus peinaient à soutenir la masse encombrante d’une énorme gousse de petits pois. après le cowboy Marlboro et Ronald McDonald. Sans doute conscients qu’il lui manquait quelque chose d’édifiant vis-à-vis du produit À défaut d’un oscar, ça valait bien une statue… La qu’il devait symboliser, les communicants de la compagnie eurent l’initiative deux ans sienne mesure 55 pieds et trône sur un mont de Blue plus tard de marquer son physique d’une teinte plus à-propos, plus immédiate, qui Earth, sa ville natale, depuis 1979. Texte : J. Tourette deviendrait sa signature : le vert. Apparemment, l’innovation visuelle – aussi ambitieuse fût-elle – n’était pas tout à fait à la hauteur des desseins de l’entreprise et du succès attendu. Si la mascotte avait bel et bien été créée, elle ne parvenait pas en l’état à générer ce capital sympathie si cher au monde de la communication. La Minnesota Valley Canning Company s’offrit alors en 1935 les services de l’agence Erwin, Wasey & Co, et plus particulièrement de son publicitaire talentueux : Leo Burnett. Il redressa le géant, troqua son vêtement animal contre une parure de feuilles qui le rapprochait davantage de l’univers végétal dont il était issu et, surtout, lui donna le sourire 02 . Renommé The Jolly Green Giant, le personnage jovial et rassurant toucha en n sa cible, se trouva un public. En 1950, le Géant Vert était devenu tellement populaire aux États-Unis que la firme en fit sa figure emblématique, et changea de raison sociale au profit du nom de son icône en se rebaptisant The Green Giant Compagny. Pour gagner en notoriété, les publicitaires décidèrent alors de s’emparer du petit écran. Mais contre toute attente, les premiers pas du colosse à la télévision, en 1954, furent désastreux : incarné tour à tour par un homme peint en vert ou par une marionnette aux gestes saccadés, le résultat ne parvint qu’à générer au mieux un senti- ment d’étrangeté ; au pire d’effroi… Histoire de renverser la tendance, les grands moyens furent déployés : on lui bâtit un décor où il puisse plastronner à sa mesure, paisible et bienfaisant, droit comme un « i », les mains sur les hanches, protecteur et vigilant, là, au milieu de la vallée ; et il reçut la parole, à travers la voix généreuse et grave d’Elmer « Len » Dresslar Jr., lançant sur les monts et les vaux du Minnesota de longs et profonds « Oh ! Oh ! Oh ! », à faire pâlir le Père Noël. Les téléspectateurs applaudirent enfin. Kiblind N°47 - Découvrez plus d’articles sur : www.kiblind.com ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017 103


104 ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017 ©DR 2 Bouchon de bouteille ©DR MODE AU VILLAGE DES CRéATEURS “Les jambes Vaudésir”1 Toupie-Horloge de table Bouchon de bouteille blanc Very chic Wine en silicone alimentaire pour bouteillesDes objets avec une histoire, élégants, de vins et spiritueux. Made In France.singuliers, colorés, des objets 100 % hermétique, gage de sécurité,au design épuré d’influence scandinave et de conservation du vin, s’adaptentmais tellement frenchy par leur à tous types de bouteilles.technicité, une conception http://www.verychicwine.euéco-responsable, des matériauxnaturels, du made in France, 3 M ontureet c’est déjà pas mal.http://www.gones.fr Plug & See ©DR Plug & See c’est une seule paire de verres avec une forme standardisée qui s’adapte sur une infinité de montures, de formes, de couleurs ou de matières différentes. Plug & See vous permet de changer de style à tout moment. http://plugandsee.fr ©DR


©DR ©DR 5 Collection homme ©DR4 Assiettes angle Amandine Leforestier 6 Luminaire JackBenjamin Rousse aime Jouer sur la Lauréate de Talent de Mode 2013, Aman- par Vendredisgéométrie de l’espace avec les assiettes dine Leforestier propose un vestiaire auxangles il rompt avec l’archétype de détails subtils conçu pour la vie quotidi- Jack est une ligne de lumi-l’assiette (ronde) tout en gardant le côté enne. Chaque pièce qui le compose est naires et mobilier imaginéeempilable. Plus l’angle est prononcé, conçue pour que le corps qui les habite par l’équipe des faiseursplus il y a de la place pour mettre s’y sente bien. Un design minimal et élé- (architectes, designer, men-en valeur les plats. gant, des matières douces pour le confort, uisiers, ébénistes, artistes) des formes oversizes pour l’allure et la de Vendredis, tous amoureuxhttp://www.benjaminrousse.com liberté du mouvement, des coloris neutres des matériaux nobles et choisis comme des intemporels. produit bruts. http://www.amandineleforestier.com Jack est un homme sérieux et rigoureux qui dégage une certaine sophistication. Son corps filiforme se meut lentement… souvent à l’étroit il tend à disparaître dans son environnement. Récemment nous l’avons rencontré avec sa chimère. http://www.vendredis.bizLe Village des Créateurs - Découvrez le concept sur : www.villagedescreateurs.com ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017 105


106 ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017 ROVT Design ROVT est un projet, une signature, un signe d’ap- Vincent Rousseau a commencé à détourner des objets en 2012 et crée partenance, une marque transversale imaginée et ROVT en 2015. Attiré par les pièces et les techniques industrielles, il créée par Vincent Rousseau. ROVT se présente en aime en révéler la beauté en les transposant dans un autre univers et hybride : agence de design - studio de décoration leur attribuant une autre fonction. Ses pièces sont à découvrir dans son - atelier de fabrication – laboratoire… ROVT est showroom lyonnais installé au Village des Créateurs, Passage Thiaffait. à la fois rien de tout ça et tout à la fois ! Créateur instinctif et spontané, il est passionné, d’artisanat, Décorateur, fabriquant, chercheur, designer, Vincent Rousseau propose de techniques industrielles et de matières. une vision décalée des objets, de l’espace, et il s’attache à une certaine simplicité du produit et de la vie.©ROVT à savoir : ROVT vient de créer, pour un chalet à Tignes, un plan vasque en vélo sur la thématique Amsterdam, des luminaires-appliques dans des bombes de peinture, des réservoirs de chasse d’eau dans des bouteilles de gaz, dans un seau industriel en acier et dans une conduite d’aération !


ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017 107 ZOOM CRéATEUR ©ROVT à la fois décalés mais toujours simples À SAVOIR « ROVT est à l’image des évolutions de notre société qui parfois donnent naissance à des mutations génétiques : Retrouvez la collection la nôtre est permanente, évolutive et critique ce qui nous ROVT en vente à Lyon au Village des permet de nous adapter, comprendre, influencer, orienter Créateurs : 19 Rue René notre démarche. Et donc à l’image de la nature humaine Leynaud, 69001 Lyon©ROVT faite de contradictions et d’ambivalences, ROVT crée des produits à la fois décalés / contemporains / extravagants PLUS D’INFOS et simples » explique Vincent Rousseau. À l’instar d’un pot à lait transformé en chasse d’eau et la lampe en conduit de www.rovt-design.com cheminée ! Un accord est à venir avec un industriel dans le secteur du sport pour l’édition de luminaires inspirés d’un jeu ancré dans l’ADN de notre pays. ROVT et l’upcycling l’alternative maline « Nous essayons de détourner le maximum d’éléments afin de ne pas avoir à refaire ce qui est déjà fait dans d’autres secteurs. Nous aimons et pratiquons autant que possible l’upcycling qui est une alternative à cette surconsommation de produits neufs. » Affaire à suivre ! Le Village des Créateurs - Découvrez le concept sur : www.villagedescreateurs.com ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017 107


108 ATYPEEK MAG #01 SEPT./OCT./NOV. 2016


Article par : TATTOOISME 3, ce n’est pas moins d’une centaine d’artistes pré- sentés, de tous styles, de toutes générations, de tous horizons, avec chacun une histoire, leur histoire, à laquelle se mêle aussi la nôtre, comprenant notre évolution et notre propension à aimer ce que nous faisons… et inversement ! Dans ce volet, Tattooisme aborde et présente du tatouage pur, des travaux artistiques de plusieurs géné- rations de tatoueurs, et, de ce fait, l’évolution du tatouage lui-même. Des découvertes, des talents émergents, de nouvelles directions et d’autres aspects plus traditionnels du tatouage d’aujourd’hui défilent dans les pages de ce nouvel ouvrage. Tattooisme va au-delà du simple objet collector : c’est l’envie et le besoin de créer, de s’expri- mer et de s’affirmer qui priment, à travers les œuvres des artistes présentés dans chaque ouvrage, autant que dans la démarche des auteurs eux-mêmes, qui avancent dans un processus de création aux multiples têtes chercheuses. Ici nous vous proposons une sélection de l’ouvrage pour une pré-immersion au sein de ce nouvel opus de l’aventure Tattooisme ! Viva la Tattooisme Army ! Chris Coppola et Frédéric Claquin, Paris, avril 2015 — Fred Inhvader — INKVADER 7 Sète, France Fred est né à Paris, il vit et travaille dans le shop qu’il a monté, Inkvader 7… à Sète, dans le sud de la France. Seize années de métier avec lui, Fred pratique le built to last ! : « construit pour durer ! » C’est le style de tattoo qu’il défend, des pièces solides qui durent dans le temps, aux tracés et contours épais avec des couleurs bien rentrées, bien plantées. Alimenté par l’adrénaline du skate, qu’il pratique toujours avec ses deux garçons, comme par le skate art, imbibé de musique et de l’univers graphique qui en découle — le P-Funk de Funkadelic, le hardcore urgent de Negative Approach, la pop électrique et acidulée de Ween —, Fred se nourrit de ce qui l’a construit, il prend, utilise et redonne. Son style dominant est le tatouage japonais, car c’est celui qui s’adapte le mieux au corps, il laisse un grand nombre de possibilités tant graphiques que symboliques et permet quelques détournements. Pour autant il ne rejette pas certains autres genres, qui eux aussi ont la capacité de donner un meilleur rendu une fois porté. Plus réservé qu’exubérant, Fred s’exprime au travers de ses tattoos, de ses dessins et de ses peintures. Ses remerciements vont à Boris Inkvader et à ses deux fils : Elliot et Téo.TATTOOÏSME N°3 - Découvrez plus d’artistes sur : www.tattooisme.com


— Fred Inhvader — INKVADER 7 Sète, France110 ATYPEEK MAG #01 SEPT./OCT./NOV. 2016


Article par :TATTOOÏSME N°3 - Découvrez plus d’artistes sur : www.tattooisme.com


Article par :BBraliecyedier : créateur de Arkaïc Skateboards Aujourd’hui, nous vous présentons le travail de Brice Baleydier, un shaper Lyonnais, expert en matériaux et procédés de fabrication. En 2010, il lance son projet de création d’un atelier de fabrication éco-responsable, lié au design, sports de glisse et à la com créative.112 ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017


© Cloud Pictures - www.facebook.com/CloudPictures1


114 ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017INTERVIEW


Article par :© DR ©DR circuit court. En second lieu, c’était de montrer que l’atelier La motivation est ouvert d’esprit et qu’il y a de la place pour des projets première un atelier de fabrication dans les sports de glisse et la création. Je fais beaucoup a toujours été éco-responsable, de prestations aussi. Notamment, l’usinage de noyaux de de montrer lié au design, wakeskate, la fabrication de moules, de pièces pour le ski, que l’on peut sports de glisse la réparation de planches à voile et surfs, etc.… Et pas mal faire un de référents viennent me chercher pour mes compétences skateboard Salut Brice, peux-tu nous présenter Arkaïc ? artisanales, la dynamique et la discrétion de mon concept. Made In Brice : Arkaïc Concept est un projet qui est né début France… Et aujourd’hui, qu’est-ce qui t’inspire pour créer ? aussi résistant 2010. Le premier atelier « professionnel » de conception qu’un skate- est arrivé en 2012 grâce à l’aide de pas mal de copains Brice : Mon inspiration vient de mon respect de board et depuis 1 an, l’entreprise et l’atelier ont élu domicile à la culture skate et de la board culture en général. C’est américain Caluire. J’interviens de la conception d’un produit jusqu’à important pour moi de garder ses codes, ils sont moteurs. la production en passant par le prototypage, le tout en Et je les amène au local, en ironisant l’artisanat avec des À SAVOIR étant le plus éco-responsable possible. visuels subtils et des noms de produits qui laissent pas- ser mon message. En gros, je fais un produit de qualité Arkaïc-Skateboard Pourquoi t’es-tu mis à faire des planches de skate ? et « made in France » mais qui ne se prend pas trop au Brice : Par passion avant tout, mais l’idée de base, sérieux : parce que le skate c’est fun quand même. L’atelier propose également une marque propre de c’était de faire d’Arkaïc Concept un atelier multiglisse Ce que je ne veux surtout pas, c’est rentrer dans la skateboards artisanaux en faisant du cruiser bichonné, de la board de street et mode moustache / drapeau tricolor, skate / bobo, parce que dénommée « Arkaïc- même des longboards. La motivation première a toujours c’est facile de se fondre dedans et de se faire cataloguer. AdSeRkFTarJeIaoCtsnenLsbcEaeeotnah&creadsénc»dAo,el-1clb0oi0onr%içaxunMlsdoacvadiauexdines été de montrer que l’on peut faire un skateboard Made Je considère être un acteur du milieu et je ne souhaite pas In France, avec des matériaux locaux, bien fait et qui sera entrer dans la facilité marketing et les tendances de la mode. dans une économie aussi résistant qu’un skateboard américain ou chinois à circulaire. prix équivalent, via un système d’économie circulaire et de The Daily Board | Skate Art Magazine : www.thedailyboard.co/fr/


INTERVIEW “J’ai l’impression C’est quoi ton dernier projet ? de faire rêver des marques qui me font rêver !” Brice : Mon dernier ou les derniers ! C’est assez divers car je propose pas mal de prestations à mes clients. En ce Est-ce que tu peux nous en dire plus sur ta démarche moment je développe un skateboard électrique dénommé éco-responsable ? UNIKBOARDS, une planche qui pourra atteindre 60 km/sur le plat. La première prod est en cours ! Brice : La construction éco-responsable est l’éthique du projet. Elle implique des règles sur la maîtrise de la Sinon j’ai fabriqué les trophées du REDBULL BOWL matière première, des déchets, sur l’utilisation des matériaux RIPPER à Marseille et je me suis fait un plaisir d’aller les polluants etc.… Toute la matière première des skateboards livrer sur place et apprécier le spectacle. J’ai aussi dével- vient d’un rayon de 350 km. Le bois vient des Vosges, oppé une longboard en collab avec l’association lyonnaise la colle vient d’Alsace et le verni vient de Saint-Étienne. BOARDS OF MANGROOVE. Une conception locale avec des produits locaux pour un impact carbone minime. J’essaie aussi de mettre en place © DR © DR un recyclage efficace de mes chutes des planches cassés. Je vous en dirais bientôt plus ! J’ai vu que tu as un certificat éco-responsable ! Brice : En fait, il n’existe pas de certification pure et dure, mais oui je me suis fait auditer pour connaître mon impact et consolider ma démarche. Ça certifie que mes planches composites sont à 95 % éco-construites avec de la fibre de verre et des résines. Pas mal, non ? (rires) Tu bosses pour Redbull, Globe, le Fise… comment est né le partenariat avec ces grandes marques ? Brice : C’est grâce au réseau et par des relations de confiance qui se sont installées que j’ai eu cette chance ! J’ai l’impression de faire rêver des marques qui me font rêver ! (rires) C’est hyper motivant de monter des projets comme ça. De plus, j’ai l’impression d’apporter une dimen- sion humaine à ces marques qui adhère à la philosophie de l’atelier et font vivre la scène locale de plus en plus.116 ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017


Article par :© DR © DR“La distribution elle est Revenons à tes boards, niveau distribution, comment Retrouvez comme le concept : ça se passe ? The Daily Board en circuit court ! En fait, sur Internet et suivez je gère et sélectionne Brice : La distribution elle est comme le concept : en les sur Facebook : les shops qui sont circuit court ! En fait, je gère et sélectionne les shops qui http://urlz.fr/51wS revendeurs. J’essaye de gérer sont revendeurs. J’essaye de gérer au mieux entre l’atelier Arkaïc Concept : au mieux entre l’atelier et la marque de skate pour équilibrer l’ensemble et garder http://arkaic-concept.fr et la marque de skate pour la cohérence du projet. Pas mal de shop sur Lyon, un peu équilibrer l’ensemble dans le sud et dans le centre de la France comme le Big et garder la cohérence Skate and Ski, avec qui j’ai fait une collab ! du projet” Certains magasins me demandent, alors je vais les En fait je n’ai jamais qu’un seul projet. Là est peut- voir et j’avise, mais l’essentiel de mes ventes se font enêtre la force de l’activité ce qui me permet de changer direct au showroom, lors d’évènements et sur internet.constamment d’univers tout en gardant le plaisir commeligne de conduite. Le plus dur est de suivre la cadence, tout Tu dirais quoi à des mecs qui veulent se lancer, pasen restant acteur milieu glisse mais j’espère être épaulé forcément dans la fabrication de skate, mais qui onttrès prochainement. Pour Arkaïc SKATEBOARDS il y a pas les couilles de faire un projet ?mal de surprises qui arrivent… Brice : Force et honneur ! Et après pour ma part, c’est mon réseau qui m’a porté et motivé à faire ça ! Et là on peut dire que je suis au-dessus de mon rêve de gamin ! The Daily Board | Skate Art Magazine : www.thedailyboard.co/fr/


Janv./Fév./Mars 2017 Antoine Gary- Photographe LA GALERIE ANTOINE, AMATEUR à NANTES Interview original Bonjour et merci beaucoup à Atypeek de m’accueillir sur ces quelques pages. Mais GRAND MERCI surtout à toutes celles qui y sont présentes avec qui nous partageons chaque fois ensemble de beaux instants de rencontres, d’échanges, de rires et d’affection. Je vous embrasse fort. Je m’appelle Antoine, amateur sur Nantes. Pas d’autre ambition que de me et vous faire plaisir. Il en reste ces quelques images toutes simples et sans prétention. Juste des regards croisés, inattendus parfois, souvent improvisés, complices toujours, sans calcul aucun… Pardon à celles qui ne figurent pas ici. Une autre fois peut-être ? Antoine L’ensemble de mon book sur http://www.antoine44nantes.book.fr/ Mon profil Facebook : https://www.facebook.com/www.antoine44nantes.book.fr Merci à Patrice Molle - 67 Poses - Nantes118 ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017


ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017 119


120 ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017


ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017 121


122 ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017


ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017 123


124 ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017INTERVIEWDAV GUEDIN DaDnsavlaGcuuiesdinienDE


Article par :©DAV GUEDIN la musique tantôt joyeusement désinvolte tantôt noire et “Ben oui c’est triste comme du charbon. Ça et les manières étranges de importantA comme Amour pantin désarticulé du chanteur Robert Smith. Et puis toutes l’amour. Je veux ces nanas aux cheveux ébouriffés c’était génial ! pas avoir l’airBen oui c’est important l’amour. Je veux pas avoir l’air d’une d’une sorte desorte de hippie à la noix, mais sans amour, on fait quoi ? D comme Le Dernier Cri hippie à la noix,J’ai eu la chance de grandir dans l’amour et j’ai bien vu mais sans amour,auprès de mes amis ou des enfants avec qui j’ai travaillé La maison d’édition de Marseille aux livres tordus et beaux. on fait quoi ?les dégâts causés par le manque. Ça laisse des traces à vie. Quand j’en ai découvert l’univers, moi qui lisais plutôt la J’ai eu la chanceAlors vite de l’amour pour tout le monde bordel ! BD rock des années 80, ça a été un choc visuel. Putain, on de grandir dans a le droit de faire ça ! m’étais-je dit. J’ai rencontré Pakito l’amour et j’aiB comme Bêtises Bolino, le boss du Dernier Cri, en 2002-2003 pour refaire bien vu auprès de leur site internet. Je lui avais envoyé un mail pour dire que mes amisAux Beaux-Arts, nous étions à Cambrai avec mon frère. D’où « Franchement vos éditions c’est terrible mais votre site ou des enfantsce parallèle alambiqué. On en a fait des « bêtises » quand c’est de la merde. » Il m’avait pris au mot et m’avait défié avec qui j’ainous étions dans la même classe, et puis ils nous ont bien d’en faire un mieux. Ça tombait bien j’étais webmaster ! travaillé lesvite séparés. J’aime bien aussi ce mot, parfait euphémisme Je me suis fait griller en le travaillant à mon taf du mo- dégâts causés parquand on parle de ses propres erreurs ou conneries. J’aurais ment. On est devenus amis. Pour me payer, il m’a proposé le manque.aussi pu parler de Charles Burns et l’un de ses premiers d’imprimer un bouquin au départ. J’ai demandé à mon Ça laisse despersonnages de BD, El Borbah, le détective Luchador que frère de participer. C’était symbolique pour moi. Faire un traces à vie. Alorsj’adore. Mais j’aurais peur de passer pour un groupie. Ah livre ensemble au Dernier Cri, mon rêve ! Et puis l’envie vite de l’amourmince j’viens de le faire. Je l’ai tatoué sur ma main droite de faire des bouquins ne m’a plus quitté. pour tout lecar c’est un allié de taille. monde bordel !” E comme EnfantC comme The Cure DAV GUEDIN J’ai un rapport fort avec l’enfance. La mienne déjà. J’aiLe groupe The Cure est le premier dont j’ai été fan. Pre- des souvenirs extrêmement précis de plein de choses.mier concert de ma vie, j’avais 14 ans et mon frère 12, L’enfance, je l’ai vécue comme quelque chose de magiquenotre père nous avait accompagnés avec un sac rempli de où les choses ont une vraie importance. Quant à celle dessandwiches et de boissons. Je l’ai bien vite égaré dans la autres, j’ai commencé à travailler avec des gosses commefoule avec son sac pour bien en profiter. J’étais fasciné par animateur à 16 ans et je n’ai jamais complètement arrêté. J’ai un rapport super simple et super sain avec eux. Ils me déçoivent tellement moins que le reste de l’humanité aussi. Je crois également que c’était pour moi un moyen de rétablir la balance en protégeant les plus faibles et en les rendant sympathiques aux yeux des autres, parce qu’enfant je n’avais pas vraiment été une crème avec les autres gosses. ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017 125


126 ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017INTERVIEWDAV GUEDINF comme Frère 1999, avec Craoman. Un sujet dont on parle trop peu à “J’ai tellement mon goût. On avait d’ailleurs essayé de me décourager à l’esprit deJ’en ai qu’un, on m’a toujours dit de bien m’en occuper. ce moment-là. Mais nous avons tenu et je me rends bien clan que mêmeQue c’était important dans la vie et patati et patata. Je compte que cette BD a marqué pas mal d’esprits. Beaucoup lorsqu’oncrois que c’est aussi pour cette raison que lorsque l’on de retours de lecteurs travaillant ou ayant travaillé dans ce était auxm’a proposé de faire un livre, j’ai naturellement pensé à secteur et qui ont vu le livre comme un reportage/hommage Beaux-Arts,inviter mon petit frère à se joindre. J’ai tellement l’esprit au personnel encadrant et aux personnes handicapées. j’ai mis unede clan que même lorsqu’on était aux Beaux-Arts, j’ai mis gifle à un mecune gifle à un mec qui lui parlait mal. Alors que mon frère I comme Internet qui lui parlaitétait plus grand et plus costaud que moi et ne nécessitait mal.”plus la protection de son grand frère. Une aubaine pour les fanzineux de tous poils. On est arrivés au bon moment. On pouvait communiquer et diffuser à DAV GUEDING comme Guedin travers le monde à moindres frais. Directement du produc- teur aux consommateurs ! C’est très excitant d’envoyer des À SAVOIRPseudo choisi il y a quelques années déjà. Comme ça sonne zines/comics de l’autre côté de la planète (surtout grâce aucomme un vrai nom on m’a déjà fait des chèques à cet tarif « livres et brochures » de la Poste). C’est beaucoup de Fred Druart est l’illustrateurordre. Mais c’est juste un sobriquet à la con, assez facile à travail la diffusion, il faut avoir un côté « vendeur », mais de plus de 10 bandesassumer en vernissage quand on a un verre dans le nez. À pour quelqu’un comme moi qui ai vendu La Mouise du dessinées, dont Groupel’époque ce mot m’amusait beaucoup, je le servais un peu professeur Choron dans la rue, c’est une partie de plaisir. Tel-Aviv, La Métaphore duà toutes les sauces. Aujourd’hui encore je ne le regrette Papillon, Le chien de minuit...pas. Dernièrement j’ai fait un atelier bande dessinée en J comme Jojo Jojoprison à Bois-d’Arcy (à BD comme on dit là-bas) et j’étais PLUS D’INFOSmort de rire quand j’arrivais et que les détenus gueulaient C’est mon père, il comprend pas grand-chose à ce que« wesh Guedin ! » dans les corridors. l’on fait et il est assez admiratif pourtant de l’énergie que http://fredtoshy.wixsite. l’on déploie pour ça. Deux fois il a marqué de l’intérêt com/illustrationH comme H pour notre travail : quand on a fait Mémoires de bâtards au Dernier Cri, car il y avait plein d’histoires le concernantSubstance dont je continue à abuser depuis bien des et où il s’en prenait plein la tête.années avec toujours la même passion. Je pense aussi à« Hitler » car j’ai lu il y a un ou deux ans un très bon livre Il y a notamment appris que je crachais volontiers dansà mon sens, La Part de l’autre d’Éric-Emmanuel Schmitt. son café quand il m’en demandait avec autorité pendantJe ne raffole pas de l’auteur, mais il a écrit ce récit où il mon adolescence. La deuxième fois quand il a identifiémet en parallèle la « vraie » vie d’Hitler et celle fantasmée au premier abord notre BD pastiche Des Aventures pourdu petit Adolf s’il avait été pris aux Beaux-Arts au début les vrais bonhommes comme des « men’s adventures »,du xxe siècle. C’est passionnant, le mec a mis les mains le genre de BD qu’il lisait quand il était gamin. Ça voulaitdans le caca volontairement et ce qui en ressort est une dire que c’était réussi ! « Jojo » aussi comme « ah oui c’estréflexion sur l’être humain et ses choix en fonction de son pas jojo !  » et toutes ces expressions désuètes et un peuparcours. Je pense également à « Handicap » car je suis ploucs qui me font bidonner. « Ça coûte bonbon », « tutrès fier d’avoir fait une BD sur le thème, Colo Bray-Dunes vas pas nous en chier une pendule ! »…


Article par :ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017 127


128 ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017INTERVIEWDAV GUEDIN


Article par :©DAV GUEDIN nelle, elle m’a donné l’amour des gosses. Elle m’a aussi “Notre premier donné l’amour des livres et pas n’importe lesquels ! Grâce livre édité étaitK comme KKK à elle j’ai lu Les Ritals de Cavanna, j’avais à peine 12 ans. un détournement Et plein d’autres. Elle aimerait bien que je me trouve un des codes de laNotre premier livre édité était un détournement des petit personnage de BD comme Titeuf et que je m’assure triste organisa-codes de la triste organisation. Brothers Caca Klan que ça une place au soleil. Mais je crois qu’elle a enfin compris tion. Brotherss’appelait. On avait repris toute l’imagerie folklorique du que c’est pas mon truc. Caca Klan quegroupe en la présentant comme une secte dans laquelle ça s’appelait. Onil fallait se retenir de déféquer pendant un an. Tous les N comme NTM avait repris toutegags s’articulaient autour de ce postulat. Je vous laisse l’imagerie folklo-imaginer la suite. Je n’ai pas écouté de rap avant l’âge de 20 ans, moi j’étais rique du groupe un punk et pis c’est tout. Les petits zoulous des campagnes en la présentantL comme Lucifer étaient bien relous avec nous, ce qui nous rendait encore comme une secte plus fermés à leur musique. Et puis j’ai commencé à bosser dans laquelle ilJ’ai longtemps été fasciné par tout ce qui avait rapport de plus en plus avec des gamins de Seine-Saint-Denis et là fallait se rete-au diable. Non par réelle croyance ou adhésion, plus par ça a fait BOAAAH ! J’ai été happé par le truc ! J’ai même un nir de déféquerrejet de ce qui était censé être le bien et par attrait pour temps renié mes anciennes amours. Maintenant j’écoute pendant un an.la représentation du mal. J’ai eu la chance de passer au un gros mix de choses très différentes et ça me va bien. Tous les gagsPrado de Madrid il y a peu où j’ai pu voir le triptyque Le s’articulaientjardin des délices (1490-1510) de Jheronimus Bosch, avec O comme Origines autour de cele paradis, le péché et l’enfer. Je me suis dit putain mais postulat. Je vousqu’est-ce qu’on a fait de mieux depuis ! La trilogie de J’ai longtemps cru être d’origine juive parce qu’on m’avait laisse imaginerDamien, La Malédiction, a un peu vieilli mais le charme dit que notre vrai nom l’était. Avec le prénom de David par- la suite. ”opère toujours ! Quand ils ont sorti le jeu vidéo Lucius où dessus le marché, je me suis rapidement identifié commel’on incarne le personnage du diable sous les traits de tel. Ça expliquait pourquoi je ne ressemblais pas au type DAV GUEDINl’enfant recueilli, je n’ai pas boudé mon plaisir. « normand » (puisque nous venons de Normandie). Alors je me suis documenté, je me suis rapproché de personnesM comme Maman issues de cette communauté. Et puis il s’est avéré que pas du tout. Et j’ai complètement lâché l’affaire. Comme quoiBen oui, j’ai parlé de papa, alors pas de jaloux. Ma mère on est quand même vachement formaté par nos origines ouest une muse, ma mère est géniale. Institutrice de mater- ce qu’elles sont censées être. Il est arrivé à deux reprises que des propriétaires juifs me prennent pour un des leurs et que cela m’avantage pour avoir accès à la location d’un boui-boui et je me suis bien gardé de les contredire. P comme Prison J’en parlais tout à l’heure. J’ai réalisé il y a quelque temps que c’est une épée de Damoclès au fil bien ténu qui se bal- ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017 129


130 ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017INTERVIEWDAV GUEDIN “À force de faire ance au-dessus de nos têtes (à part pour l’oligarchie). J’y ai T comme Tatouage des livres où échappé. Et pour l’avoir fréquentée en tant qu’intervenant, je parle de je suis bien content d’en être resté à l’écart. Le concept Je ne peux le nier, je suis assez fan de tatouage. Quand est inepte. Les conditions sont inhumaines bien souvent. j’en veux plus j’en veux encore. Même si l’engouementsperme, de caca et Ça n’apprend pas grand-chose. Beaucoup sont là pour pour ce dernier depuis un certain temps a pris beaucoup autres friandises, pas grand-chose. Il y règne pourtant une solidarité qui trop d’ampleur, habiller sa peau avec des dessins qui nous fait plaisir à voir. plaisent, ressentir la chaleur de l’aiguille et communier on pense que j’ai avec le tatoueur reste un sacré kiff. D’ailleurs, je me suis une fascination Q comme Qu’est-ce qu’on attend interdit de le pratiquer depuis des années et je commence pour le sale et pour foutre le feu ? à changer d’avis. Il est pas dit qu’en 2017 je ne me mette pas à piquer des gens de temps en temps !le graveleux alors Chanson de NTM qui résonne encore et toujours dans ma qu’en fait je suis tête. Quand on voit l’absurdité et la vacuité du discours U comme Uni quelqu’un de politique d’aujourd’hui, les manigances et manipulations très propre et dont nous sommes victimes, on se demande bien ce qu’on Ou la chanson de Sham 69 « If the kids are united… They ordonné.” attend. J’en peux plus d’entendre des gens m’expliquer will never be divided ». Ado, Je voyais le punk et la Oi ! pourquoi il faut voter comme ci ou comme ça pour ne pas comme les musiques qui rassemblaient les gens comme DAV GUEDIN avoir le PIRE au pouvoir. L’usage de ce dernier mot déjà moi pendant des concerts sauvages pour former une grande me fait honte. Pouvoir ? Mais la personne qu’on élit devrait famille. On était jeunes et fous, on allait tout péter. On a fait À SAVOIR être « au service de », pas au pouvoir. Tout est à refaire. ce qu’on pouvait et on continue, chacun avec ses armes, mais l’esprit du clan est resté intact chez moi. J’ai connu Fred Druart est l’illustrateur R comme Rage des désillusions bien sûr mais je conserve l’essence du truc. de plus de 10 bandes dessinées, dont Groupe Je pense à ces magnifiques dessins de Pierre Déom, cet V comme Vandalisme Tel-Aviv, La Métaphore du instituteur/illustrateur/ rédacteur du journal La Hulotte qui Papillon, Le chien de minuit... nous contait les Ardennes. Je me souviens très bien de cet Pendant mes études, j’ai passé beaucoup de temps à article sur la rage et ce qu’il fallait faire si on la contractait. traîner tard le soir dans la rue et notre petit jeu était de PLUS D’INFOS Ce mec avait réussi le cocktail parfait de presse spécialisée se réapproprier le paysage urbain. On faisait pas vraiment sur la nature avec juste ce qu’il fallait d’humour pour nous de graffitis mais on redécorait des sculptures pompeuses http://fredtoshy.wixsite. donner envie de dévorer chaque magazine. La rage au sens avec tout ce qu’on trouvait. On ajoutait du volume et de com/illustration non médical, je l’ai eue longtemps et toujours un peu. la fantaisie là où il en manquait. Le mieux c’était quand Pour aller au bout d’un projet conséquent comme une BD on croisait d’autres vagabonds nocturnes qui nous par- « longue », par exemple, ça demande beaucoup d’énergie laient de nos exploits sans savoir que nous en étions les et de patience. Moi c’est la rage qui m’a fait avancer. initiateurs. Jouissif ! S comme Saletés W comme Whisky À force de faire des livres où je parle de sperme, de caca Mon alcool préféré quand il est mélangé avec du Coca. Je et autres friandises, on pense que j’ai une fascination pour sais, ça fait très parigot de boîte de nuit mais en vérité le sale et le graveleux alors qu’en fait je suis quelqu’un c’est la boisson dont on se délectait aux réunions du de très propre et ordonné. Sans cela je pense que ça soir des colonies de vacances. Pour moi c’est associé au m’amuserait moins de jouer avec ces matières. Ce serait plaisir, à la détente et à la connerie. Après chaque réunion moins transgressif pour moi. Donc voilà, pas de conclusions ça partait en sucette : les coinssos ne l’étaient plus et on hâtives s’il vous plaît. pouvait enfin se lâcher pendant que les mômes dormaient. Le whisky-Coca c’est magique !


Article par :©DAV GUEDINX comme X marié et avec des enfants, il y aura toujours une place chez Retrouvez AAARG ! lui pour moi et inversement. La preuve, c’est déjà arrivé. tous les moisLe sexe est un moteur dans la vie. Eros et Thanatos constitu- Je souhaite à tout le monde un pote comme ça. Quelqu’un en kiosque et suivezent les pulsions essentielles de l’homme. C’est bien connu. pour qui le mot amitié n’est pas vain, comme moi ! J’aurais le magazine sur Facebook :Le sexe est à lui seul une passion pour moi. Je parlais de aussi pu parler du Yéti car gamin j’étais passionné par tous http://urlz.fr/50CIl’amour au tout début de cet abécédaire, mais l’amour ces prétendus monstres contemporains, j’ingurgitais toutsans sexe mwen pas comprendre. Chacun le pratique à sa ce qu’il était possible sur la bête du Gévaudan… Une fois,façon, avec plus ou moins de réussite. Mais nom di diou, y on était en camping en Écosse avec mes parents, on avaita quand même rien de mieux qu’un orgasme partagé. Les vu sur le lac du Loch Ness ; avec mon refré, on a passé lamots deviennent inutiles, les pensées parasites s’envolent nuit à deviner le monstre dans tous les recoins de l’étendueet on se sent bien vivants. En plus, c’est bon pour la santé ! d’eau jusque sur les bords. C’était super !Y comme Yoyo Z comme ZombieMon meilleur ami. Tout le monde s’en fout. Il apparaît à Passionné du concept de survie en milieu infesté de zombiesplusieurs reprises dans Confessions d’un puceau. Dans depuis belle lurette, je me suis réjoui de cette nouvelle vagueune vie, on n’a pas tant d’amis que ça. Je veux dire de de films, séries et jeux vidéo, même si par moments c’étaitvrais amis. Lui, c’est le seul dont je ne peux douter. Même un peu too much et répétitif. Je peux vous dire que j’en aisi aujourd’hui il est banquier et qu’on n’est pas toujours bouffé de la viande pourrie. Je joue encore en ligne à und’accord sur des tas de sujets, la base est là. Je serai jamais jeu sorti en 2007, Left 4 dead. Si vous y croisez par hasardun clochard car le gars me laissera pas à la rue même s’il est un « davguedin », il y a de fortes chances que ce soit moi.Aaarg ! N°7 - Découvrez plus d’articles sur : www.aaarg.net ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017 131


Janv./Fév./Mars 2017 Photo 1 : Route entre le lac Khövsgöl et la ville de Mörön Photo 2 : Chèvres et moutons : il y en a plus de 50 millions en Mongolie, alors qu’il n’y a que 3 millions d’habitants Photo 3 : Des vaches et une yourte (appelée « ger »), habitation traditionnelle des familles nomades de Mongolie Photo 4 : Un mois de mars enneigé (-10 °C en moyenne en journée) Région de Khövsgöl, au nord de la Mongolie, début mars. par Alice Féray- Photographe132 ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017


140 ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017 Le Geek C’est Chic


© DR Janv./Fév./Mars 2017 Valentin Blanchot - Journaliste LE CAHIERDES GEEKS AVISÉS Marques & consommateurs : les rituels à l’ère du digital IArticle Siècle Digital Valentin Blanchot, Journaliste ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017 141


142 ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017DIGITAL / Analysesles rituels àMarques & consommateurs :l’ère du digitalRédaction : Siècle digital Rédacteur : Valentin Blanchot   INFOS : https://siecledigital.fr/Depuis la découverte des traces laissées par les premiers © DRHommes sur la Terre nous savons que nous sommesune espèce ritualisée. Peu importe l’ère traversée ou la Des rituels passés aux rituelssociété analysée, l’amour, la mort, la vie, ou d’autres contemporainsmoments clés sont ritualisés. Le rituel apporte un confort(sous toutes ses formes) à l’Homme et intervient dans Les rituels tels que nous aurions pu les connaître jadis étaient d’abordune situation à laquelle il prête beaucoup d’importance. poussés par des croyances. Pour les sociétés d’Histoire chrétienne, la naissance est accompagnée par le baptême, l’amour célébré à traversNotre société a considérablement changé depuis une le mariage, la mort par les funérailles. Chacun de ces rituels doit secentaine d’années. Elle s’est transformée en séparant faire dans un contexte bien précis et en respectant un ordre bien précis.la religion et le gouvernement, en créant des marques, S’ils sont encore bien présents de nos jours, nous ne croyons plus de laou encore en se connectant avec le reste du monde même manière. Notre vision des pouvoirs qui nous régissent a changé,grâce aux nouvelles technologies. Cette transformation a et aussi notre façon de vivre ces rituels. À présent, il existe plusieurschangé notre façon de vivre les rituels jusqu’à permettre façons de célébrer ces évènements clés. Si ces schémas étaient si im-au numérique d’en créer plus aisément pour une cible portants à cette époque, c’est que la religion faisait partie intégranteplus vaste.Siècle Digital - Découvrez encore plus d’articles sur : www.siecledigital.com


Article par :de la vie de tous les jours. Elle régissait les vies de la Si le monde physique sait exporter simplement les Dans ce sens, les échangesnaissance jusqu’à la mort. À présent, ce sont les marques rituels, c’est parce qu’ils sont d’abord culturels avant intercommunautaires ont per-qui remplacent les religions dans les sociétés modernes. d’être communautaires. À l’inverse, le monde numérique mis de mettre en exergue desDu levé au couché, de la naissance jusqu’à la mort, a su créer des rituels de marque, mais ceux-ci sont expériences communes danselles nous accompagnent. La balance du pouvoir se nés des communautés puis sont devenus mainstream. la consommation de marques,serait-elle alors inversée en faveur du consommateur ? et par conséquent de créerC’est ce que nous nous surprenons à croire. Pourtant Naissances des rituels des rituels.c’est bien notre façon de consommer une marque qui de marque à l’ère du digitalcrée le(s) rituel(s). Certains sont personnels, d’autres Si cet aspect théorique peutsont populaires et traversent les frontières pour créer De la même façon que la culture des marques depuis paraître vague ou peut-êtredes marques emblématiques. une centaine d’années a contribué à transformer notre bullshit, voici des exemples manière de vivre les rituels. Internet apporte lui aussi de rituels de marques nés desLa manière ritualisée de manger un Oreo est un très son lot de changement. Comme dit plus haut, les rituels communautés sur Internet.bon exemple. On en vient à dire que c’est la manière issus du monde physique ont été créés par la masse,de manger le cookie qui importe, impliquant d’une sans liens communautaires. Internet depuis sa créa-certaine façon que c’est le cookie en lui-même qui a de tion a d’ailleurs facilité la création de communautésl’importance. Tout ça ne fera qu’élever la valeur perçue en effaçant les frontières. Aujourd’hui chacun d’entreet susciter le désir chez le consommateur. De la même nous appartient à plusieurs communautés. Blogueurs,manière, les « connaisseurs » de bières ajouteront geeks, runners, gamers, foodies, etc. Chaque person-une tranche de citron dans leur Corona et apprécieront nalité est entremêlée d’une affinité plus ou moins fortedéguster la mousse justement dosée de leur Guinness. avec des communautés et les marques qui y sont liées.Sans ces petits paramètres, on peut juger l’expérience À présent nous sommes beaucoup de consommateursde consommation ratée. identifiables dans une seule et même personne. Ce(s) consommateur(s) que nous sommes a des lieux trèsEnfin, nous connaissons tous la technique de faire divers pour échanger : les réseaux sociaux. Facebook,un volcan de purée et mettre du jus à l’intérieur. Ce Twitter, LinkedIn et même 9GAG ont permis de façonnermimétisme sera propulsé par Mousline et sa fameuse des cultures propres à un persona.chanson. Le cinéma, la télévision et les publicités ontpopularisé les rituels liés aux marques avant l’apparitiondes communications numériques. Si vous n’avez jamaismangé d’Oreo, ou bu de Corona, vous savez néanmoinscomment faire. Vous avez aussi en tête une façon bienprécise d’aller chez Starbucks où vous pouvez lireou travailler après avoir récupéré votre latte-caramelavec votre prénom écrit dessus. Plus largement, vousêtes capables d’associer certaines marques à certainsévènements. © DR ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017 143


144 ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017DIGITAL/ANALYSE/CRéativité/Technologie© DR Taco Bell et sa digestion© DR © DRLe Star Wars Day Si cette chaîne de fastfood est devenue si populaire aux États-Unis, c’est avant toutMay The Force Be With You. Ou plutôt devrait-on dire « May 4th ‘grâce’ à la digestion de ses clients. LesBe With You » pour célébrer la saga culte pendant le printemps. médias sociaux ont participé à populariserSi l’histoire autour des origines de cette journée reste floue, la cet aspect de la fréquentation de Taco Bell.première véritable journée de commémoration a été organisée en Nombreuses sont les personnes qui partagent2011. L’expression a été empruntée à une célèbre phrase de 1979 ou illustrent leurs expériences après leurfélicitant Margaret Thatcher pour son élection en tant que Premier passage dans un des restaurants.Ministre du Royaume-Uni : « May the Fourth be with you, Maggie. Si vous n’avez pas passé le stade anal, jeCongratulation ». La culture geek omniprésente sur Internet en 2011 vous invite à faire de plus amples recherchesaura permis à cette journée de devenir célèbre et de s’exporter. par vous-même.Aujourd’hui, nombreux sont les marques ou les médias à contribuerà cette journée avec chacun son clin d’œil à la série Star Wars.


Article par :“Une soirée Netflix & Chill représente à présent un binge watching impliquant relation sexuelle.”« Netflix and chill »Alors que Netflix est né en 2009 aux États-Unis, lespremières expressions liées à « Netflix & Chill » nais-sent dans la foulée. À la base utilisée dans une phraseet non comme expression, elle s’est popularisée poursymboliser une certaine façon de consommer le service.Une soirée Netflix & Chill représente à présent un bingewatching impliquant relation sexuelle.© DR © DRSiècle Digital - Découvrez encore plus d’articles sur : www.siecledigital.com ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017 145


146 ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017 On vous dit tout,on ne vous dit rien


© Vincent de White Janv./Fév./Mars 2017 Laurent Courau - Journaliste LE CAHIERRESPONSABLE RÉMI SUSSAN  LES UTOPIES POST-HUMAINES IInterview La Spirale Propos de Laurent Coureau ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017 147


148 ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017INTERVIEWAUTEUR RÉMI SUSSAN POLSETS-HUUTMOPAIIENSES


Article par : LE SAVIEZ-VOUS Mutations / Underground / Gonzo / Cyberpunk / Nomadisme / Freaks / Finance / Chaos / Activisme / Robots / Prospective / Résistance / Fantastique PLUS D’INFOS www.laspirale.org/ ©DR - Rémi Sussan réapparaître en position d’interviewé dans l’eZine un voyage ini- des Mutants Digitaux pour un entretien où il est tiatique dans les UNE INTERVIEW question de l’influence des marges culturelles, de tréfonds de la DE LA SPIRALE rock psychédélique, de transformation de l’espèce contre-culture, et du « couch potatoe » comme modèle de système de la cybercul- Journaliste spécialisé dans les nouvelles technologies posthumain ! Quand je vous disais que nous nageons ture et de ce de l’information, Remi Sussan a écrit pour Science & en pleine dévolution… qu’il convient Vie High Tech, Computer Arts, Info PC et Technikart. aujourd’hui de Il s’est également illustré dans La Spirale avec une Les lecteurs assidus de La Spirale se souviennent de ton nommer la cul- interview d’Alexander Bard et un Manuel de survie excellent Manuel de survie à l’usage de l’étudiant des reli- ture du chaos. à l’usage de l’étudiant des religions du futur qui gions du futur. On te retrouve aujourd’hui avec un nouveau resteront dans les annales de ce site. La Spirale l’a livre, Les Utopies Post-Humaines, publié chez Omniscience. Propos recueillis retrouvé à l’occasion de la sortie des Utopies Post- Quel fut le point de départ de ce projet ? par Laurent Courau. Humaines, un voyage initiatique dans les tréfonds de la contre-culture, de la cyberculture et de ce qu’il Une discussion avec mon éditeur. Il s’avérait qu’il Copyrights : La Spirale.org convient aujourd’hui de nommer la culture du chaos. n’existait pas en français (ni même réellement en anglais, Un eZine pour quand on y réfléchit) d’ouvrage introductif à ce mouve- les Mutants Digitaux ! Vraie réussite et futur ouvrage de référence, Remi ment à la fois contre-culturel et futuriste. On trouve parfois© DR - Timothy Leary Sussan signe un essai qui mérite de figurer en des allusions dans certains livres à la cyberculture, et il bonne place dans vos bibliothèques et lui vaut de y a même eu quelques traductions, comme les premiers volumes d’Illuminatus, mais sans mise en perspective du La Spirale - Découvrez plus d’articles sur : www.laspirale.org ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017 149


150 ATYPEEK MAG #02 JANV./FEV./MARS 2017contexte, sans vision globale du phénomène, ces morceaux Je n’étais pas le seul à le penser, puisque tout le rock “Je suis tombéde connaissances apparaissaient souvent comme incom- psychédélique que j’écoutais alors était truffé de références sur l’une despréhensibles, ou sans intérêt. Comme j’étais passionné au voyage spatial (8 Miles High des Byrds ou cet excellent rares expositionspar ces mouvements depuis les années 1970, retracer leur album du Jefferson Starship, Blows Against the Empire - et de la théorie desévolution m’a paru un défi intéressant à relever. je ne parle pas de Pink Floyd, je déteste les Floyds). 8 circuits de Leary en français,Comment en es-tu venu à t’intéresser à tous ces mouve- Je suis tombé sur l’une des rares expositions de la je ne sais plusments de pensée parallèles et alternatifs ? théorie des 8 circuits de Leary en français, je ne sais plus où. La chose était où. La chose était tellement nouvelle, tellement bizarre ; le tellement Ça dure depuis longtemps, puisque j’ai commencé vocabulaire utilisé était si étranger à ce que j’avais lu jusqu’ici nouvelle, telle-à investiguer cette « contre-culture futuriste » à la fin que ça m’a immédiatement fasciné. C’était d’autant plus ment bizarre ;des années 1970, en gros lorsque Timothy Leary sortait étonnant que j’avais lu la politique de l’extase du même le vocabulairesa théorie des huit circuits, que Wilson et Shea écrivaient auteur, et que ça ne m’avait guère emballé. utilisé étaitIlluminatus, etc. si étranger à Ton livre est sous-titré « contre-culture, cyberculture et ce queOk, mais comment en es-tu venu à t’intéresser a cette culture du chaos ». Peux-tu revenir pour les lecteurs de La j’avais lu« contre-culture futuriste » ? Était-ce au travers de la lit- Spirale qui n’auraient pas suivi sur les liens qui unissent jusqu’ici quetérature fantastique ou de science-fiction, du rock psyché- la contre-culture à la cyberculture et nous expliquer ce que ça m’adélique, des premières expérimentations proto-robotiques tu entends par « culture du chaos » ? immédiatementde Kraftwerk ? Quelles furent les causes des premiers émois fasciné”contre-culturels du jeune Remi Sussan ? Les liens qui unissent la contre-culture et la cyber- culture sont multiples : tout d’abord, une bonne part des Je pense qu’il est énorme, J’ai toujours adoré la science-fiction. Dans les an- idées des années 60 venaient de conceptions très scien- et bon nombre de nostalgiquesnées 70, j’étais plutôt dans les philosophies orientales, tifiques, comme la cybernétique, la physique quantique… ronchons ne cessent de s’en plain-le Grateful Dead, et tutti quanti. On opposait beaucoup, Ce n’est que plus tard que la contre-culture est devenue dre (quoiqu’ils préfèrent critiquerà l’époque, les cosmonautes au crâne ras, et les hippies plus « passéiste ». De fait, bon nombre des acteurs de la la « pensée 68 », alors que Mai 68chevelus. Pour moi, ils étaient les deux faces d’une même cyberculture des années 90 étaient présents à l’époque ne fut qu’une version locale d’unentreprise enthousiaste d’exploration des espaces internes du mouvement hippie. Tout le monde connaît le passé vaste mouvement international).et externes. hippie de Steve Jobs, mais sa participation n’a en fait été Tout, dans notre habillement, qu’anecdotique. Bien plus important a été le rôle joué par nos distractions, notre sexualité, Timothy Leary, Stewart Brand ou John Perry Barlow. a été marqué par cette époque. En gros, tout ce qui concerne la La « culture du chaos » est, selon moi, la dernière sphère privée. Maintenant, les incarnation de cette « contre-culture technologique ». Elle grosses institutions, l’armée, l’état, part du principe que le monde est beaucoup plus complexe, l’entreprise, l’école, comme toutes plus aléatoire, plus imprévisible qu’on ne l’a jamais imaginé. les organisations reposant sur les Cela implique un nouveau type d’individu, beaucoup plus réflexes archaïques de dominance « léger », c’est-à-dire débarrassé de bon nombre de certi- tudes et de présupposés, susceptible d’évaluer rapidement les modèles du monde et d’en changer. Quel a été selon toi l’impact de la contre-culture des 60’s ©DR - Alan Moore et des 70’s sur la culture de masse occidentale ?© DR - Grant MorrissonLa Spirale - Découvrez plus d’articles sur : www.laspirale.org


Like this book? You can publish your book online for free in a few minutes!
Create your own flipbook